La pauvreté aujourd'hui

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philémon.siclone
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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par philémon.siclone » ven. 16 juil. 2010, 23:04

Voici peut-être une référence qui vous semblera acceptable :
Luc 21
1. Levant les yeux, il vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.
2. Il vit aussi une veuve indigente qui y mettait deux piécettes,
3. et il dit : « Vraiment, je vous le dis, cette veuve qui est pauvre a mis plus qu'eux tous.
4. Car tous ceux-là ont mis de leur superflu dans les offrandes, mais elle, de son dénuement, a mis tout ce qu'elle avait pour vivre. »
Le tableau que vous me faites de gens sereins par rapport aux questions d'argent ne me semble tout simplement pas correspondre au monde dans lequel je vis.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par Petit Matthieu » ven. 16 juil. 2010, 23:09

Ce sujet m'intéresse même si je ne fais que lire, aussi j'aurais aimé que vous développiez un peu, si bien sur vous le désirez, cher Philémon !
"Ce n’est que pour ton amour, pour ton amour seul, que les pauvres te pardonneront le pain que tu leur donnes."
Phrase finale de saint Vincent de Paul dans le film "Monsieur Vincent".

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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par Pneumatis » ven. 16 juil. 2010, 23:37

Bonsoir Philémon,
philémon.siclone a écrit :J'aimerais bien qu'on me montre l'exemple d'un catholique refusant de toucher un million de dollars...
Griffon m'a un peu devancé, mais pas dans le sens que je visais... Mère Térésa est allé recevoir le prix Nobel de la paix... et de fait l'argent qui va avec. Pourtant, à ma connaissance, on ne l'a pas vu beaucoup profiter de l'importante somme (aujourd'hui le prix Nobel rapporte justement un million de dollars) à l'époque, et il est certain que ce sont les pauvres qui en ont profité... ce qu'aurait d'ailleurs pu faire ce M. Perelman au demeurant.

Et pour la petite anecdote, que l'on m'a raconté, la petite Mère Térésa, trop humble pour accepter une telle glorification, mondaine qui plus est, mais aussi consciente du bien que pouvait faire cet argent et le témoignage de la foi au monde, est allé recevoir son prix. Et tout en le recevant, avec le cérémonial prévu pour l'occasion, elle a toujours baissé la tête et détourné les yeux pour refuser la louange qu'elle ne pensait pas mériter.

Cette même Mère Térésa qui faisait dire aux pauvres ne croyant pas en Dieu : vous me donnez envie d'y croire et de l'aimer. C'est un bel exemple, non ?
Site : http://www.pneumatis.net/
Auteur : Notre Père, cet inconnu, éd. Grégoriennes, 2013

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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par Petit Matthieu » ven. 16 juil. 2010, 23:48

On sait que l'on peut, au cours de notre vie, incarner nombre de personnages des Evangiles : le bon samaritain, Pierre reniant son maître, la femme adultère, le centurion confiant, le fils prodigue ou caïphe...
Devant cette interrogation de la pauvreté, peut-être que la meilleure question à se poser est : si un jour le Seigneur me dit "Vends tous tes biens et donne les aux pauvres, et suis-moi" comme il l'avait fait à ce jeune riche, serai-je capable de lui dire oui ?
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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par philémon.siclone » sam. 17 juil. 2010, 0:34

Petit Matthieu a écrit :
philémon.siclone a écrit :Voici peut-être une référence qui vous semblera acceptable :
Le tableau que vous me faites de gens sereins par rapport aux questions d'argent ne me semble tout simplement pas correspondre au monde dans lequel je vis.
Ce sujet m'intéresse même si je ne fais que lire, aussi j'aurais aimé que vous développiez un peu, si bien sur vous le désirez, cher Philémon !
Personne n'est jamais serein par rapport à l'argent. Tout le monde, riche ou pauvre, vit sous la contrainte et même la pression de l'argent. Si tout le monde en avait suffisamment pour vivre décemment, ce ne serait pas un problème. Mais il y a des inégalités. Du coup tout le monde a peur et souffre. Les pauvres souffrent des difficultés matérielles. Les riches ont peur des pauvres. Voilà la réalité concrète que je connais, sur le terrain de la vie humaine, et non pas dans je ne sais quel rêve chimérique où tout le monde est merveilleux.

Là-dessus, nous vivons aujourd'hui avec un modèle prôné publiquement, fait de cupidité et de cynisme. D'ailleurs qu'est-ce que le cynisme si ce n'est une forme discrète de cruauté ? Tout nous y encourage : le cinéma, le comportement des stars, la politique, le sport, le discours économique ambiant... et tout cela de la façon la plus décomplexée.

Et au milieu de tout cet enfer terrestre, un homme a été capable de dire non à : "one million dollars", ce qui est complètement à contre courant du système actuel. Et comme par hasard, ça dérange.

Pourtant, il se pourrait bien que ce soit ce genre d'exemple qui puisse apporter courage et soulagement. Les hommes marchent beaucoup à l'exemple. Quand il s'agit de faire quelque chose, il faut toujours que ce soit un modèle suivi par d'autres. Il suffit donc qu'un homme dise non, pour que les autres se sentent déliés du carcan qui les retenait. Notre monde a besoin d'exemples comme celui-là, parce que la recherche obligatoire des richesses est pour eux un poids, une pression insupportable. Je suis convaincue que la pauvreté acceptée est libératrice. La crise actuelle est avant tout une crise de la cupidité, de la concurrence exacerbée entre les hommes. Il suffirait de relâcher cette étreinte pour que les rapports humains et sociaux se détendent enfin.
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Message non lu par papillon » sam. 17 juil. 2010, 1:02

philémon.siclone a écrit :Le tableau que vous me faites de gens sereins par rapport aux questions d'argent ne me semble tout simplement pas correspondre au monde dans lequel je vis.
Bien sûr que non, car il ne sont pas légion. Le monde dans lequel nous vivons n'est pas peuplé en majorité de ces gens, évidemment, et l'image qu'on retient de ce monde est celle de l'attachement à l'argent.
L'argent pour la satisfaction de l'égo, du pouvoir, du prestige, de la vanité, des plaisirs de toutes sortes.
Je dis simplement que les gens qui ont des valeurs autres que celles de l'égo, sans être pour autant des saints, existent, et qu'ils sont quand même plus nombreux qu'on ne croit, car on a tous une vilaine tendance à voir le mal plus que le bien et à porter davantage attention au péché de notre voisin de gauche qu'à la vertu de celui d'en face.
(serions-nous jaloux de cette vertu? il est en effet plus confortable de condamner que de louanger, car en condamnant, on se met en quelque sorte du bon côté, alors qu'en louangeant, on est souvent forcé de reconnaître qu'on ne fait pas soi-même aussi bien...)

En regardant bien autour de soi, Philémon, on en voit régulièrement des gens pour qui l'amour, l'entraide, le bien commun, le respect de l'autre sont bien plus importants que le fric. Ce sont souvent des gens bien 'ordinaires'. Mais évidemment, faut se donner la peine de les regarder (et de s'en inspirer), car ils ne font pas toujours la première page des journaux...

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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par philémon.siclone » sam. 17 juil. 2010, 2:58

Justement, Papillon, je ne suis pas en train de dire qu'il y a les bons d'un côté (qui seraient désintéressés), et les mauvais de l'autre (qui auraient besoin de satisfaire leur égo). Il ne s'agit pas du tout de ça, mais bien du contraire : je dis que l'humain est le même partout. Il y a en tout homme un samaritain qui sommeille, prêt à prévenir le nécessiteux quoi qui l'en coûte, comme il y a aussi en lui l'homme qui passe vite son chemin en détournant le visage. Etre un bon samaritain ne vient pas naturellement. Ou bien celui qui l'est naturellement n'a pas un grand mérite, puisqu'il obéit à un penchant naturel. Pour le commun des mortels, cela demande des efforts, un courage inouï.

Et à plus forte raison dans une société qui accorde tant d'importance au paraître. Quand les gens sont occupés à entretenir le paraître, ils n'ont pas de temps à consacrer à autre chose, ils n'ont pas de temps gratuit. Ce n'est pas seulement une question d'argent, c'est aussi une question de temps passé à faire ceci ou cela, à faire quelque chose d'utile dont on escompte un intérêt, ou à faire quelque chose qui coûte du temps et ne rapporte rien. Dans un tel contexte, le pauvre, le nécessiteux devient effrayant. Parce qu'il coûte du temps et ne rapporte rien.

Au-delà, c'est toute l'existence sociale qui est en jeu. Pourquoi les gens veulent de l'argent ? Ce n'est pas l'argent en lui-même qu'ils recherchent, mais une existence sociale. La réussite attire, elle brille, elle rayonne autour de soi. C'est tout un système de relations qui s'établit sur la puissance de l'argent. Ce n'est donc pas l'argent, au fond, qui pose problème, mais plutôt ce que les hommes cherchent à atteindre par ce moyen. Cependant, les hommes sont changeants et influençables : ils seraient capables d'apprécier une autre façon de vivre, si on savait la leur proposer. Voilà pourquoi des exemples tels que celui que j'ai cité sont si importants, selon moi.
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Message non lu par papillon » sam. 17 juil. 2010, 5:43

philémon.siclone a écrit :Justement, Papillon, je ne suis pas en train de dire qu'il y a les bons d'un côté (qui seraient désintéressés), et les mauvais de l'autre (qui auraient besoin de satisfaire leur égo). Il ne s'agit pas du tout de ça, mais bien du contraire : je dis que l'humain est le même partout. Il y a en tout homme un sammaritain qui sommeille, prêt à prévenir le nécessiteux quoi qui l'en coûte, comme il y a aussi en lui l'homme qui passe vite son chemin en détournant le visage. Etre un bon samaritain ne vient pas naturellement. Ou bien celui qui l'est naturellement n'a pas un grand mérite, puisqu'il obéit à un penchant naturel. Pour le commun des mortels, cela demande des efforts, un courage inouï.
Ben, finalement nous disons la même chose. Quel que soit le mode de vie des hommes, qu'ils choisissent de célébrer leur égo avec, entre autres, tout ce que l'argent procure, ou d'obéir à d'autres valeurs , dans le détachement, cela reste un choix, avec tout ce que ça implique. C'est pas donné, c'est pas inné, c'est pas facile, parce que l'égo est fort en chacun de nous. C'est vrai que nous sommes à la fois potentiellement généreux et égoïste, et que nous devons choisir à chaque instant de notre vie. Mais c'est la beauté de la liberté humaine que de devoir s'assumer, se responsabiliser, faire ses choix et en accepter les conséquences. Les gens n'ont pas à être pris par la main.
Des exemples de vie, on en a sous les yeux tous les jours de toutes les couleurs, de toutes les natures, à tous les degrés, de l'altruisme le plus dévoué, le plus total, au narcissisme le plus outrageant. A chacun de choisir ce qu'il veut faire de la sienne.
Au-delà, c'est toute l'existence sociale qui est en jeu. Pourquoi les gens veulent de l'argent ? Ce n'est pas l'argent en lui-même qu'ils recherchent, mais une existence sociale. La réussite attire, elle brille, elle rayonne autour de soi. C'est tout un système de relations qui s'établit sur la puissance de l'argent. Ce n'est donc pas l'argent, au fond, qui pose problème, mais plutôt ce que les hommes cherchent à atteindre par ce moyen.
Exact. C'est aussi ce que je dis.
Cependant, les hommes sont changeants et influençables : ils seraient capables d'apprécier une autre façon de vivre, si on savait la leur proposer. Voilà pourquoi des exemples tels que celui que j'ai cité sont si importants, selon moi.
Mais enfin, pourquoi chercher midi à 14hres? pourquoi ne pas voir ce qu'on a déjà sous les yeux et chercher ailleurs ce qu'on a déjà sous la main?
Ce n'est pas que les hommes "seraient capables d'apprécier une autre façon de vivre si on savait la leur proposer" .
Ils sont capables d'apprécier une autre façon de vivre et cette façon de vivre leur est déjà proposée, aujourd'hui, et leur a été proposée de tout temps.
L'histoire passée et contemporaine est truffée d'hommes et de femmes qui se sont donnés, sur qui la gloriole, la puissance, le prestige, le pouvoir n'ont eu aucune emprise parce qu'ils ont fait le choix de se détacher de tout cela et de s'ouvrir à l'amour.
Dans notre petite vie de tous les jours, sans tambours ni trompettes, des exemples foisonnent, simples et modestes certes, mais non moins valables. Qu'ai-je besoin qu'une célébrité dise "non" à un million de dollars quand ma copine, qui a très peu d'argent dit "non", à chaque quinzaine à une journée de travail payé pour plutôt faire une journée de bénévolat auprès de malades en phase terminale? Quand un autre renonce du revers de la main à un week-end de ski pour plutôt aider un voisin mal pris? Quand d'autres consacrent leurs journées de congé à l'organisation d'activités sportives ou éducatives pour les enfants de leur quartier?..etc
Ce sont des choix, faits à chaque jour dans la simplicité, qui donnent un sens et une orientation générale à notre vie.
On n'est évidemment pas tous appelés à devenir des 'Mère Teresa'.

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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par etienne lorant » sam. 17 juil. 2010, 9:27

A partir du moment où un homme a compris que l'argent ne lui permettra ni d'obtenir un amour véritable, ni de sauver sa vie, mais à peine de la prolonger un peu, ou bien il se servira de l'argent pour se pervertir, car sa chair le poussera à jouir jusqu'au comble de l'excès de tout ce qui pourra lui faire oublier sa condition... ou bien il privilégiera tout ce qui est monde et domination dans le monde - et donc tout ce qui est lié à l'argent. Quant au sens des deux piécettes de la pauvre veuve, il faudrait lui demander humblement de partager la joie de son abandon total au Seigneur. A-t-elle eu faim en rentrant chez elle ? Certes non, car Dieu est là qui voit dans le secret et a su le revaloir.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par philémon.siclone » sam. 17 juil. 2010, 11:25

papillon a écrit : Mais enfin, pourquoi chercher midi à 14hres? pourquoi ne pas voir ce qu'on a déjà sous les yeux et chercher ailleurs ce qu'on a déjà sous la main?
Ce n'est pas que les hommes "seraient capables d'apprécier une autre façon de vivre si on savait la leur proposer" .
Ils sont capables d'apprécier une autre façon de vivre et cette façon de vivre leur est déjà proposée, aujourd'hui, et leur a été proposée de tout temps.
L'histoire passée et contemporaine est truffée d'hommes et de femmes qui se sont donnés, sur qui la gloriole, la puissance, le prestige, le pouvoir n'ont eu aucune emprise parce qu'ils ont fait le choix de se détacher de tout cela et de s'ouvrir à l'amour.
Dans notre petite vie de tous les jours, sans tambours ni trompettes, des exemples foisonnent, simples et modestes certes, mais non moins valables. Qu'ai-je besoin qu'une célébrité dise "non" à un million de dollars quand ma copine, qui a très peu d'argent dit "non", à chaque quinzaine à une journée de travail payé pour plutôt faire une journée de bénévolat auprès de malades en phase terminale? Quand un autre renonce du revers de la main à un week-end de ski pour plutôt aider un voisin mal pris? Quand d'autres consacrent leurs journées de congé à l'organisation d'activités sportives ou éducatives pour les enfants de leur quartier?..etc
Ce sont des choix, faits à chaque jour dans la simplicité, qui donnent un sens et une orientation générale à notre vie.
On n'est évidemment pas tous appelés à devenir des 'Mère Teresa'.
Il me semble plutôt que la plupart des hommes sont influencés par les modèles qu'ils ont sous les yeux, non seulement ceux qu'ils ont reçu de leur propres parents et amis, mais également ceux dont on fait la publicité. L'idéologie véhiculée par les médias, par le pouvoir en place, par la philosophie ambiante de la société, compte énormément dans la façon de vivre des gens. A mon avis, cette influence est même décisive. Et elle nous touche nous-même plus que ce que nous croyons.

A quoi veulent ressembler les jeunes, quels sont leurs héros ? Rien qu'en répondant à cette question on découvre l'étendue du phénomène. Et cela a toujours été. Autrefois, du temps où nos sociétés étaient fortement christianisées, le modèle public était le Christ, et les médias de l'époque, à savoir nos églises, étaient remplies de modèles visuels offerts à la foule. De tout temps les hommes sont influencés par ce qui est publiquement mis en exemple.

Ce n'est donc pas pour rien si l'exemple d'un saint François s'est propagé si soudainement en son temps dans toute l'Europe. La société d'alors avait soif d'exemples vivants incarnant le modèle du Christ. Et je suis persuadé que cette soif est bien plus grande encore à notre époque.
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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par zélie » sam. 17 juil. 2010, 11:37

Oui, ce que dit Philémon est vrai; l'exemple conditionne l'homme, et encore plus s'il est récurrent et prégnant, parce que l'homme s'est construit sur l'exemple comme code de comportement et d'apprentissage.

Mais ce que Papillon dit, c'est que l'homme, par sa pensée, son intelligence, ses principes, ses choix de vie, a la capacité d'échapper à tout conditionnement et de choisir où poser son regard intellectuel, pour peu qu'il ait la volonté de chercher des exemples de dévouement malgré le matraquage commercialisant de la pensée majoritaire individualisante.

Et ce choix décrit par Papillon, on l'a toujours, il ne tient qu'à nous de bien vouloir le voir, de bien vouloir désirer le voir, et de le mettre en pratique -et c'est là que la culture de principes altruistes (comme ceux de la religion) peuvent être d'un grand secours- on ne fait jamais mieux que ce qu'on a bien voulu apprendre à faire et à cultiver en nous. A désirer le vrai bien on finit par le distinguer dans la masse des comportements.

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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par papillon » sam. 17 juil. 2010, 21:22

Merci, Zélie, vous expliquez mieux que moi ce que je veux dire.
Et je ne nie pas non plus que ce que Philémon écrit est vrai. Les exemples publics pourraient être avantageusement utilisés pour influencer les gens du bon côté, si on peut dire. Oui.
Cependant, d'un autre côté, non seulement a-t-on la capacité d'échapper à un mauvais conditionnement et au matraquage des valeurs égocentriques et matérialistes, mais c'est notre devoir et notre responsabilité de le faire.
Nous sommes doués d'un pouvoir de réflexion et de discernement, et ces 'talents' nous viennent de Dieu pour qu'on les mettent en pratique dans l'exercice de notre liberté. C'est la moindre des choses. Je suis particulièrement allergique aux arguments: "c'est la faute du gouvernement, de la société, des journalistes etc". N'est-on soi-même qu'un sac vide que les médias ont le loisir de remplir à volonté de n'importe quoi?
Je sais que ce n'est pas ce que voulait dire Philémon, mais il reste que la tendance est forte à éviter de se responsabiliser. C'est tellement moins fatigant...

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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par philémon.siclone » lun. 19 juil. 2010, 23:05

En fait, Papillon, je ne vois pas le rapport entre le sujet et votre réaction.

Il est vrai que nous sommes entièrement responsables de notre vie, de nos choix (et encore, c'est assez discutable, il y a une part mystérieuse dans cette appréciation qui n'appartient qu'à Dieu). Mais le Christ n'envoie-t-il pas ses disciples prêcher l'Evangile ? A quoi bon, puisque de toute façon, nous sommes responsables, et nous savons bien ce que nous avons à faire ? A quoi bon dire : aimez-vous les uns les autres ? Puisque nous sommes bien assez grands pour nous prendre par la main ? A quoi bon dire : prenez votre croix et me suivez ? Puisqu'on est suffisamment autonomes et responsables pour prendre nous-mêmes nos décisions ?

Vous êtes tout simplement en train de nous dire que la prédication est inutile.

Alors saint François a fait tout ça pour rien, sans doute ? Il peut bien aller se rhabiller, c'est cela ? Mmh ?

Prêcher l'amour, passe encore (ça coûte rien, hihi !) Par contre, prêcher la pauvreté : hé ho, quand même pas, il s'agit de pognon, tout de même ! C'est sérieux, l'argent ! Faut quand même pas déconner, non mais ho !

C'est fou, cette réaction complètement épidermique... Dès qu'on touche au grisbi, ça rigole plus !
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Re: La pauvreté aujourd'hui

Message non lu par papillon » mer. 21 juil. 2010, 4:42

philémon.siclone a écrit :Il est vrai que nous sommes entièrement responsables de notre vie, de nos choix (et encore, c'est assez discutable, il y a une part mystérieuse dans cette appréciation qui n'appartient qu'à Dieu). Mais le Christ n'envoie-t-il pas ses disciples prêcher l'Evangile ? A quoi bon, puisque de toute façon, nous sommes responsables, et nous savons bien ce que nous avons à faire ? A quoi bon dire : aimez-vous les uns les autres ? Puisque nous sommes bien assez grands pour nous prendre par la main ? A quoi bon dire : prenez votre croix et me suivez ? Puisqu'on est suffisamment autonomes et responsables pour prendre nous-mêmes nos décisions ?

Vous êtes tout simplement en train de nous dire que la prédication est inutile.
Mais non , voyons, ce n'est pas ce que je dis. Je dis bien sûr qu'un être adulte, autonome et responsable n'obéit pas aveuglément à n'importe quoi et prend ses décisions. Mais sur quoi se basent-elles? Sur la réflexion. Et par quoi et comment s'exerce la réflexion? Par l'information, la formation, l'enseignement des maîtres, les exemples donnés, les témoignages , l'observation, l'analyse et l'évaluation de tous les 'messages' reçus, par le développement et l'usage de notre faculté de jugement etc. On ne peut prendre de décisions en se basant sur rien.
Dans tout ce processus la prédication trouve son importance et son rôle, évidemment. Elle fait partie en quelque sorte de 'l'information' et de l'enseignement.

Mais votre sujet comportait plus d'une facette: La pauvreté, le rejet de l'argent, l'importance d'avoir des exemples, mais aussi, globalement, la société telle qu'elle est organisée présentement, le capitalisme, notre style de vie matérialiste, la mode, les medias, le matraquage de la publicité etc.
C'est davantage là-dessus, sur ce dernier volet, que je deviens parfois épidermique, j'en conviens. Et j'ai dévié de votre sujet, mais il y a un rapport certain entre les deux. S'il est important d'avoir des exemples de vertu sur lesquels on est amené à réfléchir, il faut aussi réfléchir sur tous les exemples qu'on reçoit, y compris ceux du matérialisme outrancier, de la cupidité, de la superficialité.
Ce que je constate souvent, c'est l'attitude "c'est la faute des autres". C'est caractéristique de certains faits loufoques qu'on voit de plus en plus dans la vie de tous les jours: on se nourrit comme des porcs puis on pense à traîner en cour la chaîne McDo responsable de notre obésité <: . Madame fait une crise de nerfs dans un resto, lance un verre d'eau au visage de son 'chéri', se lève en furie, glisse dans la mare d'eau qu'elle a elle-même créée, puis poursuit le restaurant "responsable" de l'accident (fait réel) etc.
Il en est de même du matérialisme. C'est la faute de la publicité, des médias, des maisons de crédit qui nous encouragent à dépenser etc.
C'est ainsi, par exemple, que deux petits salariés sont confrontés à la faillite, la perte de leur maison et la dépression. Ils avaient acheté une maison de $250,000 avec une mise de fond pratiquement nulle et avaient complété le beau tableau avec l'achat de deux véhicules neufs à crédit. Ils étaient littéralement étranglés par les paiements mensuels de tout ce "bien-être". Bien sûr c'est la faute des banques qui leur avaient facilité les choses...

Ce que je veux dire, c'est que les maisons de crédit, les restos, les agences de publicité etc n'ont pas pour mission ou vocation de nous éduquer. C'est nous qui les produisons. Elles offrent ce qu'on leur demande.
S'il y a de plus en plus de repas "santé" dans les restos, c'est pas que les restos sont devenus vertueux, c'est simplement qu'il y a une demande pour ce changement.
Sur le plan de la santé, on voit l'amorce d'un virage. Les gens s'informent de plus en plus, se prennent en main et exigent des menus-santé. On n'y est pas encore tout à fait, évidemment, mais il y a un mouvement en ce sens.

Finalement, nous faisons la société dans laquelle nous vivons et non l'inverse, et si les exemples de vertu comme celui que vous citez ont leur importance, je ne le nie pas, il n'y a aucune justification à croire qu'ils peuvent être la solution à nos problèmes, car il y aura toujours des exemples contraires, et si nous sommes perméables aux uns nous le serons également aux autres. Nous sommes la solution à nos problèmes.
Prêcher l'amour, passe encore (ça coûte rien, hihi !) Par contre, prêcher la pauvreté : hé ho, quand même pas, il s'agit de pognon, tout de même ! C'est sérieux, l'argent ! Faut quand même pas déconner, non mais ho !

C'est fou, cette réaction complètement épidermique... Dès qu'on touche au grisby, ça rigole plus !
Pour ce qui est de l'argent, j'ai dit ce que j'en pensais. Je ne le vomis pas, pas plus que je lui porte un culte. N'ai-je pas parlé de détachement? Je crois sincèrement à ce détachement. Je ne prétends pas y être, bien sûr, ce serait bien présomptueux mais mon attitude face au compte en banque a quand même beaucoup changé au fil des ans et je le réalise dans ma façon de vivre et de réagir aux événements. Parallèlement, d'autres valeurs plus 'enrichissantes' que l'argent ont pris beaucoup de place dans ma vie.

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