Pourquoi donc me lever ?

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » dim. 31 juil. 2011, 18:47

La messe de ce matin fut beaucoup plus facile à suivre ce dimanche. Il faut dire que le prêtre, après avoir lu l'épître et l'Evangile en latin, les a de nouveau lus en français au micro avant son homélie. Cette dernière ne nécessite pas de commentaire particulier, mais j'ai souri de bon coeur quand l'Abbé nous a demandé de prier pour nos frères musulmans qui 'carèment' le jour devant les media, avant de 'débaucher' en toute discrétion dès le coucher du soleil... :exclamation:

Mais aussitôt ensuite, il nous a rappelé aussi que l'Assomption est une fête d'obligation... l'Eglise nous fait un devoir d'y assister et ferons-nous mieux que les musulmans ?

Après la messe, j'ai parcouru vingt kilomètres supplémentaires pour visiter le village natal de ma mère. La journée s'est déroulée de façon paisible et j'ai dû reconnaître à nouveau combien l'attitude de 'Dieu premier servi' est 'payante' par la suite. Avant de m'y rendre, je me disais à quoi bon -tandis que mon ange gardien bataillait ferme (j'imagine), et après la messe, toutes les contradictions intérieures avaient été évacuées.

Pour le reste, Lise-Marie, qui fut ma meilleure amie, est en ville mais se cache... Pauvre Lise, elle m'écrit qu'elle ne trouve plus "le sens" mais "pourtant, c'est la création qui nous fait vivre"... Je lui ai répondu: la création qui donne du sens... mais encore ? ... et puisqu'elle ne me donne pas l'occasion de la rencontrer, je l'ai simplement renvoyée à son volonté propre: si elle ne communique pas avec moi tout en étant libre de le faire, il n'y a pas moyen de parler vrai.

Demain, visite d'un chauffagiste... C'est incroyable d'avoir reçu un certificat de bon entretien en mars, et d'avoir eu une déperdition d'eau - sur toute la moitié de la cave, pour deux jours de chauffage en juillet... Encore une journée à domicile dans l'attente du réparateur. Et s'il ne vient pas, une lettre recommandée est déjà prête.
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C.-J.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » dim. 31 juil. 2011, 21:03

Je vous avais dit (et l'avais fait) que je vous dirais pourquoi je me lève.

Déjà, je voudrais dire que je suis heureuse de me réveiller le matin, je me dis : merci mon Dieu de me garder en vie. Je suis heureuse parce que je pense à tous les êtres que j'aime, avec lesquels j'ai un grand bonheur à partager, à donner...
Ma principale raison de vivre est là, elle est sur le même plan que mon amour pour Dieu.
J'ai eu une semaine fort chargée, beaucoup de monde est passé à la maison, des adultes, des enfants, des animaux aussi et j'ai eu plaisir (cela fait du bien également) à me retrouver avec moi-même aujourd'hui. J'en ai besoin, je me ressource ainsi.
J'ai téléphoné à un de mes proches, ce que je fais, chaque jour, pour lui.
J'ai envoyé plusieurs messages à ma nièce Amandine. Je suis très proche d'elle, elle a été et reste mon rayon de soleil. Amandine vient de passer son bac et s'engage (elle a la volonté) vers le milieu médical.
Quand j'y pense, c'est surprenant le nombre de proches qui sont dans ce milieu. Il y a 2 médecins et Amandine qui va tout faire pour le devenir, 1 infirmière, 1 cadre de santé, 1 neveu qui débutera prochainement à l'école d'infirmiers(ères), 1 responsable pôle secrétariat médical, je crois que je n'en n'ai pas oublié(s).
Et il y aurait dû y avoir moi. Je voulais être infirmière, ma mère ne m'y a pas autorisée. J'aurais pu reprendre mes études et concrétiser mon souhait, j'avais cependant le devoir de veiller sur mes jeunes frères et soeurs et cela m'a pris beaucoup de temps, temps que je ne regrette pas, parce que l'amour que je leur porte m'a fait m'oublier moi-même.
Je me rends compte qu'en fait de parler de ce qu'a été ma journée, du pourquoi je me suis levée, je me suis laissée porter et je suis un peu sortie du sujet.
Pour faire court, je dirais que cette partie de journée passée était agréable.
Belle soirée à vous et à tous et toutes.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » dim. 31 juil. 2011, 22:39

Il y a quelque chose de douloureux en chacun de nous. Ce doit être le refus de finir. Comme avait dit un prêtre, il est bon que les choses commencent et il est bon aussi qu'elles finissent. Il est bon de savoir que si un bonheur s'achève, le malheur qui suit prendra fin, lui aussi. Ce qu'il y a de pénible en moi, ce soir, c'est d'anticiper sur demain. Oui, C.-J., vous avez raison : je ne suis pas patient. Un de mes plus gros défaut, sans doute, puisque ce n'est pas l'impatience qui change quoi que ce soit sur le passage du temps.

Oh, vous vouliez être infirmière et votre mère vous en a empêchée ? Comme mon père, qui m'a empêché de devenir prof de littérature et langues romanes, ce qui était mon but en sortant du collège. J'étais troisième en français sur vingt-neuf. Mais il n'a pas voulu, il me voulait ingénieur civil ! Très certainement quelque chose que lui aurait aimé devenir. Mais n'a-t-il pas eu son heure de gloire à l'INEAC ? Il existe même un 'bilulu' (insecte) qui porte son nom ! Cependant, si lui a pu passer sans effort d'un domaine à un autre, ce n'était pas mon cas. J'ai échoué dès la première candi. Le grand plouf à l'exercice de math. Mais la grande dis' en philo. Ce temps-là est achevé lui aussi.

Vous voyez clair dans les âmes avec le secours de Dieu, mais vous souffrez vous aussi, il m'est donné aussi de le ressentir, de manière indéfinie pour le moment, mais on dirait comme un regret d'un manque de douceur, c'est assez vague. Néanmoins, je termine ce soir en vous offrant à la Miséricorde divine, non seulement qui connaît tout, mais dont la profondeur est insondable. Dieu vous bénisse et je le dis parce que c'est déjà fait.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » dim. 31 juil. 2011, 23:39

C'est vraiment beau le partage.
Je reviens sur vos écrits :
stephlorant a écrit :Comme avait dit un prêtre, il est bon que les choses commencent et il est bon aussi qu'elles finissent.

Je pense qu'en parlant ainsi, il avait une idée précise quant à ces choses. Je ne ferai toutefois pas une généralité de cette pensée.
L'amour fraternel, c'est à cela que je pense en ce moment, n'a aucune raison de finir. J'ai un ami prêtre et ce que je partage avec lui est d'une grande beauté. Cela relève de l'amour fraternel. Je ne crois pas un instant que Dieu souhaite une fin à cet amour. Il est difficile d'atteindre ce type d'amour, d'autant plus difficile lorsqu'il s'agit d'un homme et d'une femme, cela est possible pourtant. Dieu me permet de le vivre.
stephlorant a écrit :Il est bon de savoir que si un bonheur s'achève, le malheur qui suit prendra fin, lui aussi.

Nous vivons des bonheurs et des malheurs. Il faut savoir profiter du bonheur, le savourer. Comme il faut savoir se faire aider lorsque le malheur est là.
Le malheur a de nombreuses causes, c'est un vaste sujet.
stephlorant a écrit :Ce qu'il y a de pénible en moi, ce soir, c'est d'anticiper sur demain.

Ah !!! Voilà un autre point sur lequel vous allez devoir travailler. Vous prendrez, pour y parvenir, le temps qu'il faudra. Toutefois, vous devez y arriver, là encore....(allez ! Je ne vous l'dis pas).
Vous devez être en confiance, cela signifie faire confiance à Dieu et aussi, avoir confiance en vous. Lorsque cela sera, vous apprendrez alors, petit à petit, à vivre le présent et uniquement le présent.
Vous vous fatiguez inutilement à anticiper. Dieu seul sait (à part ce que nous avons programmé comme des nécessités) de quoi sera fait demain.
Votre travail consiste à être en confiance, à vivre le plus positivement possible votre journée d'aujourd'hui. J'insiste sur le : plus positivement possible, car notre positivité de ce jour, définira la positivité des jours à venir. Cela, c'est ce que nous sommes en mesure de faire, ce sur quoi, nous pouvons avoir un contrôle.
stephlorant a écrit :Oui, C.-J., vous avez raison : je ne suis pas patient. Un de mes plus gros défaut, sans doute, puisque ce n'est pas l'impatience qui change quoi que ce soit sur le passage du temps.

C'est normal d'être impatient lorsque nous aspirons à retrouver la paix intérieure. C'est tellement humain !
stephlorant a écrit :Oh, vous vouliez être infirmière et votre mère vous en a empêchée ?

Eh oui ! C'était pourtant bien défini en moi ce choix.
Et je voulais être religieuse, lorsque enfant j'étais (8/9 ans).
stephlorant a écrit :Comme mon père, qui m'a empêché de devenir prof de littérature et langues romanes, ce qui était mon but en sortant du collège. J'étais troisième en français sur vingt-neuf. Mais il n'a pas voulu, il me voulait ingénieur civil ! Très certainement quelque chose que lui aurait aimé devenir. Mais n'a-t-il pas eu son heure de gloire à l'INEAC ? Il existe même un 'bilulu' (insecte) qui porte son nom ! Cependant, si lui a pu passer sans effort d'un domaine à un autre, ce n'était pas mon cas. J'ai échoué dès la première candi. Le grand plouf à l'exercice de math. Mais la grande dis' en philo. Ce temps-là est achevé lui aussi.

J'ignore comment vous vivez cet interdit qui a été, comme ce fut mon cas, (notre choix professionnel) mais j'ai bien conscience qu'à travers cet interdit, je n'ai pas pu me réaliser. C'est amusant que vous disiez votre désir de devenir prof.
Personnellement, ma prof de français m'appréciait, il faut dire que j'adorais et elle me disait tout le temps : vous (car elle vouvoyait) serez prof de français Claudine.
Ce qui est encore plus amusant, c'est que ma prof d'allemand m'appréciait également, et elle aussi, me disait : tu (car elle me tutoyait) seras professeur d'allemand Claudine.
Je n'ai été ni l'un, ni l'autre. :)

J'ai bien ri, quand vous avez évoqué le 'bilulu'.

Est-ce que vous vous épanouissez, professionnellement, actuellement ?
C'est important.
stephlorant a écrit :Vous voyez clair dans les âmes avec le secours de Dieu, mais vous souffrez vous aussi, il m'est donné aussi de le ressentir, de manière indéfinie pour le moment, mais on dirait comme un regret d'un manque de douceur, c'est assez vague.

Bien vu !
La grande souffrance de ma vie, ce sont les bébés que je désirais tant (c'est tellement beau un enfant) que j'ai perdus en cours de grossesse.
C'est peut être cette souffrance que vous ressentez.
Vous aussi vous avez ce don de ressentir les êtres. C'est Dieu qui nous le donne. Nous devons nous en servir pour aider, soulager.
stephlorant a écrit : Néanmoins, je termine ce soir en vous offrant à la Miséricorde divine, non seulement qui connaît tout, mais dont la profondeur est insondable. Dieu vous bénisse et je le dis parce que c'est déjà fait.
Merci !

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par cracboum » lun. 01 août 2011, 8:50

Je suis un peu perplexe devant ces interrogations, pourquoi se lever ? Comment expliquer tel ou tel état d'âme ?
Se lever est un besoin naturel au même titre qu'une foule d'autres, la réponse est incluse dans le meilleur équilibre possible de ma vie naturelle. Quant à la vie spirituelle, une fois que nous avons positionné le coeur sur "Dieu", ce que nous ressentons n'a aucune importance puisque, de toute façon, tout sera converti en amour. Quand c'est agéable, nous nous épanouissons jusque dans les étages les plus humbles de notre vie naturelle, et quand c'est éprouvant nous revenons à l'essentiel, cad Dieu. Louange-adoration, altérité-union, c'est la respiration de la vie participative de la vie trinitaire. A l'euphorie de la louange succède l'extase de l'adoration, dont l'essence est sacrificielle. Mais, des deux, c'est l'adoration qui l'emporte sur la louange, et donc l'épreuve. Mais si le coeur est en position bloquée sur Dieu, alors l'épreuve est voulue (non recherchée) en tant que volonté de Dieu, et l'amour cesse d'être douloureux pour devenir pure jouissance de l'âme en Dieu. Et, finalement, adoration et louange, épreuve et euphorie, se confondent, les secondes étant le rayonnement des premières. Donc c'est trés simple.
En fait, la souffrance est une illusion, ou plutôt l'idée que nous nous faisons de l'amour est une illusion en croyant que la souffrance n'est pas, est distincte, de l'amour. Une fois la souffrance réintégrée dans l'amour, qu'elle contribue à définir, elle perd ses griffes et ses dents.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » lun. 01 août 2011, 10:56

Aujourd'hui, j'attendrai le passage d'un réparateur de chauffage - il semble qu'une pompe de récupération... soit en panne. Très intéressant, la mécanique des fluides ! Et il fait un soleil, ah, juste le jour où il ferait bon partir et marcher...
Bref, toujours cette impatience chez moi.

Je réponds à C.-J. que oui, du point de vue professionnel, j'ai toute satisfaction. Petite boutique de livres d’occasion, mais très judicieusement placée entre le parking d'un supermarché d'un côté, et un arrêt de bus ainsi qu'une pharmacie de l'autre: même les jours où mes clients n'ont plus un sou vaillant en poche, ils passent et regardent l'exposition en vitrine. En juillet, j'ai fait installer une nouvelle bibliothèque de bandes dessinées (six modules pouvant contenir jusqu'à 180 pièces). La BD est en plein 'boom' avec une production annuelle de 6500 titres différents ! Pour gagner sur ce terrain, ce n'est pas tant l'article qu'il faut connaître, mais ses clients: il faut les écouter (et ils aiment parler !) et leur trouver ce qu'ils cherchent. Le jeu électronique, quelles que soient les consoles de jeu, est en régression du fait du piratage systématique. On peut placer autant de jeux sur une simple prise USB - cette année, j'ai eu la visite d'un contrôleur et je lui ai fait explorer mon ordi afin de lui faire constater (avec un document) que je ne disposais d'aucun programme de copie de programmes. Les films sur DVD sont évidemment téléchargeables comme le reste, mais ici joue le choix du commerçant: il faut rechercher les 'bons' films - pas forcément les plus primés, mais ceux dont tout le monde se souvient et dit: 'comme je voudrais revoir ce film !' Récemment, ce fut le cas du film "Le vieux fusil", avec Philippe Noiret dans un rôle qui ne lui est pas familier.

Ce qui inquiète, pour la rentrée, c'est la multiplication de bandes de jeunes désœuvrés, qui ne fument pas que des blondes et ne boivent pas que des canettes de bière. La police semble dépassée par le phénomène et n'intervient que rarement. Mais dorénavant, me considérant en pré-retraite, je suis capable d'adapter mes horaires de travail selon les jours que l'on apprend à reconnaître comme favorables ou très mauvais.

Bon, c'est l'heure de préparer mon plat du jour !
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par Théo d'Or » lun. 01 août 2011, 15:47

Quel échange touchant et très humain!
stephlorant a écrit :Ce qu'il y a de pénible en moi, ce soir, c'est d'anticiper sur demain.
Bienvenue au club: c'est LE problème qui me pourrit la vie depuis toujours. Si je pouvais changer ça, ma vie se modifierait radicalement (mais vraiment radicalement: de A à Z!) C'est très humain comme problème. Pire, s'obséder sur le changement espéré (donc à venir), c'est encore anticiper sur demain. Il faudrait simplement vouloir changer dans l'instant, parce que si on change dans l'instant, le problème de demain est en partie réglé. Mais ce n'est pas facile!

A part ça, les antidépresseurs me permettent d'être de bonne humeur, ouf! :-D

Bon, eh bien... courage mes amis! :oops:

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PS: je me suis levée aujourd'hui parce qu'il le fallait bien :-D
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » lun. 01 août 2011, 21:14

cracboum a écrit :J
En fait, la souffrance est une illusion, ou plutôt l'idée que nous nous faisons de l'amour est une illusion en croyant que la souffrance n'est pas, est distincte, de l'amour. Une fois la souffrance réintégrée dans l'amour, qu'elle contribue à définir, elle perd ses griffes et ses dents.
Et dans ce cas, la souffrance devient un aiguillon de l'amour. Peu importe, cela m'est égal. Ce fil correspond simplement au fait qu'il faut chaque matin se lever et recommencer. Ce fil a un sens parce que la souffrance n'est jamais "automatiquement" réintégrée dans l'Amour: il faut bien que je me lève chaque matin, afin de découvrir ma pauvreté et la revêtir de miséricorde. Si pour vous, l'amour est illusion, et l'idée de l'amour est illusion, peu importe je porterai les deux illusions et le Père m'en sera merci.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par cracboum » lun. 01 août 2011, 22:26

Stephlorant
Certaines épreuves viennent manifestement de Dieu, elles sont un appel à unir notre volonté à la sienne jusqu’à ne faire plus qu’un. Elles demandent un agir héroïque en intensité et pendant une durée indéterminée. Dieu n’aime pas les demi-mesures et veut un don total de ceux auxquels il veut se communiquer.
Quand la volonté de Dieu se fait souffrance, aimer cette souffrance parce qu’elle est, en tant qu''elle est, la volonté de Dieu relève d’un amour très pur, car personne n’aime naturellement souffrir.
Alors l’âme comprend la nature profonde de la souffrance, plus qu’un aiguillon elle est amour, au point qu'au paroxysme du don d'elle-même, l'âme en vient à éprouver la souffrance comme jouissance indicible d’amour, pendant un temps limité à cause de la faiblesse de notre nature, mais qui a une vertu transformante indélébile.
Cet amour n'est pas illusoire comme l’est un amour sans souffrance. Et la souffrance est bien une illusion du point de vue de l'amour.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » lun. 01 août 2011, 23:28

cracboum a écrit :Je suis un peu perplexe devant ces interrogations, pourquoi se lever ? Comment expliquer tel ou tel état d'âme ?
Vous en avez le droit.
cracboum a écrit : Se lever est un besoin naturel au même titre qu'une foule d'autres, la réponse est incluse dans le meilleur équilibre possible de ma vie naturelle.
Non non ! Vous traduisez ici ce qui se rapporte à vous, ce n'est pas du tout une généralité. Il y a des êtres qui sont dans un état de souffrance tel, qu'ils n'ont plus aucune envie de se lever le matin.
cracboum a écrit : Quant à la vie spirituelle, une fois que nous avons positionné le coeur sur "Dieu", ce que nous ressentons n'a aucune importance puisque, de toute façon, tout sera converti en amour. Quand c'est agéable, nous nous épanouissons jusque dans les étages les plus humbles de notre vie naturelle, et quand c'est éprouvant nous revenons à l'essentiel, cad Dieu. Louange-adoration, altérité-union, c'est la respiration de la vie participative de la vie trinitaire. A l'euphorie de la louange succède l'extase de l'adoration, dont l'essence est sacrificielle. Mais, des deux, c'est l'adoration qui l'emporte sur la louange, et donc l'épreuve. Mais si le coeur est en position bloquée sur Dieu, alors l'épreuve est voulue (non recherchée) en tant que volonté de Dieu, et l'amour cesse d'être douloureux pour devenir pure jouissance de l'âme en Dieu. Et, finalement, adoration et louange, épreuve et euphorie, se confondent, les secondes étant le rayonnement des premières. Donc c'est trés simple.
Oups ! C'est très simple dites-vous ! :incertain:
cracboum a écrit : En fait, la souffrance est une illusion, ou plutôt l'idée que nous nous faisons de l'amour est une illusion en croyant que la souffrance n'est pas, est distincte, de l'amour. Une fois la souffrance réintégrée dans l'amour, qu'elle contribue à définir, elle perd ses griffes et ses dents.
Je dois dire que j'ai beaucoup de mal à saisir.
Je conçois que se puisse être clair pour vous, mais je n'ai pas compris.
Merci pour ce partage.

C.-J.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » lun. 01 août 2011, 23:34

stephlorant a écrit :Si c'est une peine de l'âme que je traverse, je voudrais en reconnaître les symptômes. Parler de nuit passive, sans savoir quels sont les signes identiques ou différents...
Cela m'interpelle lorsque vous évoquez une nuit passive.
Pouvez-vous m'en dire un peu plus ? Merci

C.-J.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » lun. 01 août 2011, 23:56

Théo d'Or a écrit :Quel échange touchant et très humain!
Merci Théo d'Or
stephlorant a écrit :Ce qu'il y a de pénible en moi, ce soir, c'est d'anticiper sur demain.
Théo d'Or a écrit :Bienvenue au club: c'est LE problème qui me pourrit la vie depuis toujours.
Il me semble, mais je n'en n'ai plus le souvenir tant je vis autrement aujourd'hui, que j'ai dû, il y a très longtemps connaître cela.
Ce n'est même pas le jour présent que je vis, mais l'instant présent. Cela procure une sérénité, un bonheur de chaque instant. Sauf bien sûr lorsque les événements sont contrariants et cela arrive.
Il faut parvenir, petit à petit, à ne surtout pas se questionner vis-à-vis du lendemain. Il faut faire confiance à Dieu. Ainsi, j'ai l'esprit libre et je peux profiter de ce moment présent.
Vous devez y parvenir également. Dans un premier temps, il faut se dire : je dois cesser de me questionner sur ce que sera demain, je place ma confiance en Dieu.
Théo d'Or a écrit :Pire, s'obséder sur le changement espéré (donc à venir), c'est encore anticiper sur demain.
Justement, il faut apprendre à s'abandonner à Dieu. A quoi sert de s'angoisser sur ce que sera demain (car j'ai cru comprendre que ce que vous vivez est angoissant) alors que vous ne savez pas de quoi il sera fait.
Vous êtes dans la crainte que le jour à venir (c'est cela qui est angoissant) soit négatif sur bien des aspects.
Comme vous le dites justement il faut vivre (si je vous ai bien comprise) positivement le moment que Dieu vous accorde, celui-là et uniquement celui-là. C'est tout ce qu'il vous demande.
Théo d'Or a écrit : A part ça, les antidépresseurs me permettent d'être de bonne humeur, ouf! :-D
Et ce n'est pas négligeable. Ce doit être horrible de ressentir une tristesse permanente.
Théo d'Or a écrit : PS: je me suis levée aujourd'hui parce qu'il le fallait bien :-D
Merci pour cette sincérité.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par cracboum » mar. 02 août 2011, 6:07

C.-J. a écrit :
stephlorant a écrit :Si c'est une peine de l'âme que je traverse, je voudrais en reconnaître les symptômes. Parler de nuit passive, sans savoir quels sont les signes identiques ou différents...
Cela m'interpelle lorsque vous évoquez une nuit passive.
Pouvez-vous m'en dire un peu plus ? Merci
La nuit passive s'adresse aux gens qui sont dévorés du désir d'aimer Dieu vraiment, en Esprit et Vérité, d'un amour spirituel, alors Dieu les envahit, ce qui a pour effet de les ramener à leur néant. Ces âme comprennent qu'on ne peut aimer Dieu qu'avec son propre amour et qu'elles n'ont même pas encore commencé à l'aimer. Alors progressivement elles vont le laisser faire, toute leur action sera désormais de le laisser faire et leur seul souci d'entraver son action, c'est la fameuse crainte de Dieu, une attention amoureuse à l'action transformante de Dieu dans l'âme.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » mar. 02 août 2011, 11:23

C.-J. a écrit :
stephlorant a écrit :Si c'est une peine de l'âme que je traverse, je voudrais en reconnaître les symptômes. Parler de nuit passive, sans savoir quels sont les signes identiques ou différents...
Cela m'interpelle lorsque vous évoquez une nuit passive.
Pouvez-vous m'en dire un peu plus ? Merci
Trouvé ce commentaire qui explique beaucoup de moments que je traverse.

Sainte Catherine de Gênes, sainte Thérèse, saint Jean de la Croix ont comparé aux souffrances des âmes dans le purgatoire, l'état de l'âme qui subit ici-bas les angoisses de la nuit de l'esprit. « Cette forme purgative que je vois dans les âmes du Purgatoire, dit sainte Catherine de Gênes, je la sens en mon âme , surtout depuis deux ans et chaque jour je la sens et la vois plus clairement. Mon âme demeure en ce corps comme dans un purgatoire, semblable et conforme au vrai Purgatoire, avec la mesure toutefois que le corps peut supporter sans en être détruit ; néanmoins, ce purgatoire augmentera peu à peu jusqu'à ce que le corps succombe. Mon esprit est devenu étranger à toutes les choses même spirituelles, qui pourraient le nourrir, telles que la joie, la délectation ou la consolation. Il n'a puissance de goûter autre chose, soit temporelle soit spirituelle, par volonté, par entendement ou par mémoire, de façon à ce que je puisse dire que l'une me plaît davantage que l'autre. Mon intérieur se trouve assiégé de telle sorte que tout ce qui procurait quelque rafraîchissement à la vie spirituelle ou corporelle lui a été successivement enlevé. Et par là même que ces choses lui ont été enlevées, il reconnaît qu'il pouvait s'en repaître et en jouir... quant à la partie extérieure de mon être, comme l'esprit ne lui correspond plus, elle éprouve de si violentes attaques qu'elle ne trouve rien sur la terre dont elle puisse se rafraîchir selon son instinct humain. »

Le texte est de Gabriel Huan. Jusqu'à présent aucune recherche ne m'a permis de trouver une biographie de cet auteur. Je ne sais même pas s'il est catholique. J'avais déjà poser la question, mais personne n'a pu me répondre:

http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?p=106792
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » mar. 02 août 2011, 12:39


Eh bien dites-moi ! Si votre âme souffre autant, il est grand temps d'agir.
Je vous propose quelques chose : vous indiquez une souffrance (il faut y aller une par une) que vous ressentez, ici même si vous le voulez (et en plus, par votre sincérité, vous allez sûrement aider d'autres êtres qui ne souhaitent que retrouver la joie, la paix...) et nous y travaillons ensemble.
Il faut beaucoup d'humilité pour y parvenir, mais il faut aussi être grand, très grand spirituellement. Seule les âmes qui ont une grande maturité spirituelle sont en mesure de se "dénuder" face à tous.
A vous de voir.
Fraternellement,

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