Pourquoi donc me lever ?

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par cracboum » mar. 02 août 2011, 13:28

stephlorant a écrit :Si c'est une peine de l'âme que je traverse, je voudrais en reconnaître les symptômes. Parler de nuit passive, sans savoir quels sont les signes identiques ou différents...

Trouvé ce commentaire qui explique beaucoup de moments que je traverse.

Sainte Catherine de Gênes, sainte Thérèse, saint Jean de la Croix ont comparé aux souffrances des âmes dans le purgatoire, l'état de l'âme qui subit ici-bas les angoisses de la nuit de l'esprit. « Cette forme purgative que je vois dans les âmes du Purgatoire, dit sainte Catherine de Gênes, je la sens en mon âme , surtout depuis deux ans et chaque jour je la sens et la vois plus clairement. Mon âme demeure en ce corps comme dans un purgatoire, semblable et conforme au vrai Purgatoire, avec la mesure toutefois que le corps peut supporter sans en être détruit ; néanmoins, ce purgatoire augmentera peu à peu jusqu'à ce que le corps succombe. Mon esprit est devenu étranger à toutes les choses même spirituelles, qui pourraient le nourrir, telles que la joie, la délectation ou la consolation. Il n'a puissance de goûter autre chose, soit temporelle soit spirituelle, par volonté, par entendement ou par mémoire, de façon à ce que je puisse dire que l'une me plaît davantage que l'autre. Mon intérieur se trouve assiégé de telle sorte que tout ce qui procurait quelque rafraîchissement à la vie spirituelle ou corporelle lui a été successivement enlevé. Et par là même que ces choses lui ont été enlevées, il reconnaît qu'il pouvait s'en repaître et en jouir... quant à la partie extérieure de mon être, comme l'esprit ne lui correspond plus, elle éprouve de si violentes attaques qu'elle ne trouve rien sur la terre dont elle puisse se rafraîchir selon son instinct humain. »

Le texte est de Gabriel Huan. Jusqu'à présent aucune recherche ne m'a permis de trouver une biographie de cet auteur. Je ne sais même pas s'il est catholique. J'avais déjà poser la question, mais personne n'a pu me répondre:

http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?p=106792[/quote]



:arrow: J'ajoute que Dieu fait le vide autour de vous, ce qu'il fait quand il veut posséder une âme sans partage.
Saint Jean de la Croix est le grand théoricien de la vie mystique, il faut le lire, en sachant que c'est une oeuvre didactique, donc forcément schématique, qui ne s'applique pas telle quelle. Chaque âme est absolument unique et il serait tout à fait présomptueux de faire un diagnostique dans le cadre d'un forum. Seul un directeur spirituel qualifié peut s'y aventurer. Si vous n'en avez pas, Dieu pourvoiera.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » mar. 02 août 2011, 19:29

stephlorant a écrit :La messe de ce matin fut beaucoup plus facile à suivre ce dimanche. Il faut dire que le prêtre, après avoir lu l'épître et l'Evangile en latin, les a de nouveau lus en français au micro avant son homélie. Cette dernière ne nécessite pas de commentaire particulier, mais j'ai souri de bon coeur quand l'Abbé nous a demandé de prier pour nos frères musulmans qui 'carèment' le jour devant les media, avant de 'débaucher' en toute discrétion dès le coucher du soleil... :exclamation:
Je me disais que le prêtre avait peut-être exagéré un peu au sujet de la 'grosse bouffe' après la journée de diète et puis je suis tombé sur un article sur le salon Beige, de Michel Janva:

La Croix fait son Ramadan


... Le soleil couché, on met – au sens propre du terme – les bouchées doubles. Et que l’on s’empiffre – histoire de rompre le « jeûne » – comme on ne le fait à aucun autre moment de l’année. Tout commence avec une soupe, la harira. Une soupe qui tient au corps : viande de mouton, pois chiches, lentilles, ails et oignons. On continue avec un méchoui ou/et différents tajines d’agneau. Pour suivre, un couscous vert aux légumes. Et des pâtisseries. Orientales. A savoir des cornes de gazelle, une chamia (ou kalb el louz), des mlaoui, des balkanas, des beghrirs, des makrouds aux dattes, etc. La plupart de ces pâtisseries sont à bases de semoule, de pâte d’amande, de miel. Vingt secondes sur le palais, une nuit sur l’estomac, vingt ans sur les hanches…

On peut ainsi manger (et je n‘évoque là que la nourriture) toute la nuit avec la famille et des amis dans une ambiance festive et bruyante. D’où l’expression « faire du ramdam ». [...] Naguère, j’ai enseigné dans des universités de pays musulmans – et des pays chauds – où les étudiants faisaient le ramadan. Sans que cela n’entraîne le cinéma auquel on assiste aujourd’hui."

Michel Janva
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » mar. 02 août 2011, 20:46

C.-J. a écrit :
Eh bien dites-moi ! Si votre âme souffre autant, il est grand temps d'agir.
Je vous propose quelques chose : vous indiquez une souffrance (il faut y aller une par une) que vous ressentez, ici même si vous le voulez (et en plus, par votre sincérité, vous allez sûrement aider d'autres êtres qui ne souhaitent que retrouver la joie, la paix...) et nous y travaillons ensemble.
Il faut beaucoup d'humilité pour y parvenir, mais il faut aussi être grand, très grand spirituellement. Seule les âmes qui ont une grande maturité spirituelle sont en mesure de se "dénuder" face à tous.
A vous de voir.
Fraternellement,
Voici une souffrance incompréhensible : comment un acte de miséricorde fut suivi de deux fautes, elles-mêmes suivies de trois pénitences.

Allons-y. Au cours de la journée d'hier, je croise un jeune attablé en compagnie de deux autres personnes plus adultes, et j'entends le jeune se plaindre que la pension de retraite de sa mère ne dépasse pas six cents euros par mois... Je continue ma route, et puis je fais demi-tour, je me présente, et comme je suis connu du fait de mon passage quotidien depuis les années 80, on m'offre un siège. Je dis au jeune homme: en fait, si ta mère n'est pas propriétaire de sa maison, ni propriétaires d'immeubles qu'elle loue, elle a droit au revenu garanti des personnes âgées. Mais lui ne comprend pas: "On le lui aurait dit, tout de même !" Je lui réponds que non, que çà fait partie du jeu de ne pas dire leurs droits aux personnes qui ne se plaignent pas... A ce moment-là, j'avais déjà reçu deux verres d'alcool à la table.

Le jeune homme est têtu, et je me décide: je vais à ma boutique, j'allume mon ordi et je lui imprime toute la documentation avec les numéros d'appel pour les renseignements et les lieux où soumettre la demande. Cette fois, il y croit. "Combien je te dois pour les feuilles et le reste ?" Mais rien du tout, c'est normal de s'entraider ! Et hop, tournée générale du jeune homme... Bref, je suis sorti de là passablement éméché. Il était trop tard pour retravailler et je suis rentré chez moi. Voilà mes deux fautes: ivrognerie et conduite en état d'ivresse, la seconde me paraissant la plus grave, car c'est mettre en danger la vie d'autrui.

Une fois rentré, je m'en voulais beaucoup et je me suis mis deux doigts dans la gorge pour vomir - c'est plus radical comme méthode, mais on se sent mal ensuite (C'est ma première pénitence). Le lendemain, comme c'est jour de congé j'ai d'abord voulu récupérer en restant couché, mais j'étais toujours contrarié par ma mauvaise conduite de la veille. Donc je me suis levé et en plein soleil, ce qui m'a fait me sentir mal un peu plus longtemps (seconde pénitence), j'ai tondu toute la pelouse et ensuite j'ai passé le taille-haie, jusqu'au moment où j'étais vraiment tout inondé de sueur et épuisé.

J'ai dormi une heure et suis parti travailler. J'ai songé aux musulmans et j'ai fait diète: rien au petit déjeuner, rien à midi, une assiette de soupe ce soir (troisième pénitence). A présent, je suis vraiment très fatigué. Ce qui m'a le plus étonné en fin de journée, c'est que j'ai été capable malgré tout, bien que je ressente à chaque instant avec les larmes aux yeux, l'absence de Dieu, c'est que Lui m'a permis d'écrire ma méditation quotidienne - laquelle fait partie de la règle des membres de ma Congrégation. Le message c'est effacé une fois, et j'ai dû le réécrire. Je suis étonné qu'il ne soit pas mauvais, mais je n'ai éprouvé qu'une très mince consolation.

Comment peut-on accomplir un geste de miséricorde tout en commettant des péchés, çà me dépasse et me trouble complètement... si quelqu'un à une explication qui tient la route.... merci à lui !
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par cracboum » mar. 02 août 2011, 21:24

J'avais une explication mais elle s'est payée un platane.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » mer. 03 août 2011, 0:24

stephlorant a écrit :
Voici une souffrance incompréhensible : comment un acte de miséricorde fut suivi de deux fautes, elles-mêmes suivies de trois pénitences.

Allons-y. Au cours de la journée d'hier, je croise un jeune attablé en compagnie de deux autres personnes plus adultes, et j'entends le jeune se plaindre que la pension de retraite de sa mère ne dépasse pas six cents euros par mois... Je continue ma route, et puis je fais demi-tour, je me présente, et comme je suis connu du fait de mon passage quotidien depuis les années 80, on m'offre un siège. Je dis au jeune homme: en fait, si ta mère n'est pas propriétaire de sa maison, ni propriétaires d'immeubles qu'elle loue, elle a droit au revenu garanti des personnes âgées. Mais lui ne comprend pas: "On le lui aurait dit, tout de même !" Je lui réponds que non, que çà fait partie du jeu de ne pas dire leurs droits aux personnes qui ne se plaignent pas... A ce moment-là, j'avais déjà reçu deux verres d'alcool à la table.

Le jeune homme est têtu, et je me décide: je vais à ma boutique, j'allume mon ordi et je lui imprime toute la documentation avec les numéros d'appel pour les renseignements et les lieux où soumettre la demande. Cette fois, il y croit. "Combien je te dois pour les feuilles et le reste ?" Mais rien du tout, c'est normal de s'entraider ! Et hop, tournée générale du jeune homme... Bref, je suis sorti de là passablement éméché. Il était trop tard pour retravailler et je suis rentré chez moi. Voilà mes deux fautes: ivrognerie et conduite en état d'ivresse, la seconde me paraissant la plus grave, car c'est mettre en danger la vie d'autrui.

Une fois rentré, je m'en voulais beaucoup et je me suis mis deux doigts dans la gorge pour vomir - c'est plus radical comme méthode, mais on se sent mal ensuite (C'est ma première pénitence). Le lendemain, comme c'est jour de congé j'ai d'abord voulu récupérer en restant couché, mais j'étais toujours contrarié par ma mauvaise conduite de la veille. Donc je me suis levé et en plein soleil, ce qui m'a fait me sentir mal un peu plus longtemps (seconde pénitence), j'ai tondu toute la pelouse et ensuite j'ai passé le taille-haie, jusqu'au moment où j'étais vraiment tout inondé de sueur et épuisé.

J'ai dormi une heure et suis parti travailler. J'ai songé aux musulmans et j'ai fait diète: rien au petit déjeuner, rien à midi, une assiette de soupe ce soir (troisième pénitence). A présent, je suis vraiment très fatigué. Ce qui m'a le plus étonné en fin de journée, c'est que j'ai été capable malgré tout, bien que je ressente à chaque instant avec les larmes aux yeux, l'absence de Dieu, c'est que Lui m'a permis d'écrire ma méditation quotidienne - laquelle fait partie de la règle des membres de ma Congrégation. Le message c'est effacé une fois, et j'ai dû le réécrire. Je suis étonné qu'il ne soit pas mauvais, mais je n'ai éprouvé qu'une très mince consolation.

Comment peut-on accomplir un geste de miséricorde tout en commettant des péchés, çà me dépasse et me trouble complètement... si quelqu'un à une explication qui tient la route.... merci à lui !


Je suis très étonnée, lorsque je vous lis, de constater que vous ne voyez pas ce que Dieu vous enseigne en ce moment.
Vous parlez de votre geste de miséricorde, c'est ce que Dieu nous demande.
A travers l'expérience qu'il vient de vous faire vivre, il vous a montré que vous manquez (ce n'est pas du tout un jugement je peux vous l'assurer) de force de caractère. Vous êtes influençable.
Je me place (si vous me le permettez) dans la même situation que vous.
Imaginons que je sois en présence de ce jeune et des deux autres personnes. Je suis pratiquement certaine que j'aurais agi comme vous en ce qui concerne les documents que vous avez cherchés et imprimés.
Par contre, et là j'en suis certaine aussi parce que je ne consomme pratiquement jamais d'alcool (les seules exceptions sont une coupe de champagne aux anniversaires et quand je dis une coupe, je devrais dire 1/3 de coupe), je me serais adressée à eux de la façon suivante.
Je leur aurais dit : vous me ferez autant plaisir si vous m'offrez (je vous laisse le choix de la boisson non alcoolisée que vous aimez)... et j'aurais ajouté (très important) : si je consomme de l'alcool, je prends un risque énorme parce que je vais rentrer chez moi d'ici très peu de temps et de plus, je ne peux concevoir de mettre la vie d'autrui (de mon prochain si vous préférez) en danger.
Vous pouviez ajouter également : si j'avais consommé de l'alcool avant de vous rencontrer, je n'aurais pas été en mesure d'être attentif à ce que vous avez dit.
Vous avez succombé à une simple demande. Dans ce type de situation, vous devez, immédiatement, songer aux conséquences. Le fait, justement, de penser aux conséquences, aurait dû vous stopper net.
Vous n'avez vu que leur demande et le plaisir de consommer avec eux, plaisir partagé par eux probablement.
C'est difficile parfois de dire non. Cependant, il va falloir y parvenir.
Maintenant, lorsque vous serez en présence d'une situation où il y a des risques, vous ne devrez plus voir le plaisir immédiat, mais immédiatement penser aux conséquences.
Etre adulte c'est être en mesure de dire non, parce que dire non, c'est vous protéger et protéger des vies (dans la situation que vous venez d'évoquer).
Vous voyez que nous avançons !

C.-J.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » mer. 03 août 2011, 0:36


Aujourd'hui (hier plutôt, compte tenu de l'heure) fut une belle journée.
Je n'ai pas oublié de dire à mes proches, combien je les aime, de donner de l'amour à mes amis, de rappeler à ma nièce à quel point sa vie est précieuse pour moi. D'ailleurs, je profite de ce message pour dire combien j'éprouve ce besoin de dire à mes proches et voisins, amis, combien leur vie m'est précieuse.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » mer. 03 août 2011, 0:49

cracboum a écrit : La nuit passive s'adresse aux gens qui sont dévorés du désir d'aimer Dieu vraiment, en Esprit et Vérité, d'un amour spirituel, alors Dieu les envahit, ce qui a pour effet de les ramener à leur néant. Ces âme comprennent qu'on ne peut aimer Dieu qu'avec son propre amour et qu'elles n'ont même pas encore commencé à l'aimer. Alors progressivement elles vont le laisser faire, toute leur action sera désormais de le laisser faire et leur seul souci d'entraver son action, c'est la fameuse crainte de Dieu, une attention amoureuse à l'action transformante de Dieu dans l'âme.

Vous ne pouvez imaginer l'amour que je porte à Dieu et ce n'est pas pour autant que j'en suis amenée à souffrir la nuit.
C'est justement le contraire, plus je l'aime, plus je lui fais confiance, plus je le suis, plus je suis heureuse.
C'est un peu n'importe quoi ce que je lis là. C'est trop confus, pas clair pour moi et pire encore, totalement à l'opposé de ce que Dieu est. Il est amour et uniquement amour.

C'est notre bonheur qu'il veut, rien d'autre.
Plus je réfléchis et plus je me dis que rien n'est crédible dans vos réflexions, que je respecte.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par cracboum » mer. 03 août 2011, 3:32

Vous avez raison, C J. je dis n'importe quoi <: et c'est pour ça que je suis en pénitence.
Vous croyez que mon cas est désespéré ?

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » mer. 03 août 2011, 7:52

cracboum a écrit : La nuit passive s'adresse aux gens qui sont dévorés du désir d'aimer Dieu vraiment, en Esprit et Vérité, d'un amour spirituel, alors Dieu les envahit, ce qui a pour effet de les ramener à leur néant. Ces âmes comprennent qu'on ne peut aimer Dieu qu'avec son propre amour et qu'elles n'ont même pas encore commencé à l'aimer. Alors progressivement elles vont le laisser faire, toute leur action sera désormais de le laisser faire et leur seul souci d'entraver son action, c'est la fameuse crainte de Dieu, une attention amoureuse à l'action transformante de Dieu dans l'âme.
Je trouve au contraire qu'il a quelque chose de vrai dans ce que vous avez énoncé ici. L'avez-vous tiré d'un de ces passage de G. Huan ? Lors de ma conversion, l'amour que j'ai ressenti de Dieu était si fort que ma première réaction fut de dire: "Seigneur, laisse-moi mourir tout de suite afin de Te rejoindre !" Il m'a semblé, ce jour-là, de 1985, qu'après avoir entrevu le Ciel, j'étais renvoyé sur la terre, dans ma propre médiocrité, avec mes faiblesses, mes craintes, face à l'incompréhension du plus grand nombre - et particulièrement, hélas, des prêtres et des religieux dans l'Eglise, qui visiblement se disaient, en écoutant mon récit: "Cet homme n'est-il pas un peu 'dérangé' ? Ils m'ont renvoyé en me conseillant de consulter un psy, ce que je n'ai jamais fait.

Aujourd'hui et dans les jours qui viennent, je vais m'attacher uniquement aux règles de ma congrégation et m'écarter des humains (ce ne sera pas trop difficile : les personnes qui me rendent visite, je les compte sur les doigts d'une seule main et il n'y a personne de ma propre famille.) Je vais suivre un chemin tout droit, et oui, il suffit de laisser Dieu opérer dans l'être tout ce qu'Il voudra. En fait, j'en reviens à mon premier mot: qu'il m'en soit fait non comme je veux, mais comme Tu veux, ô mon Dieu.

Il pleut. Le temps se prête à cet abandon complet. Je file à la messe : "Dieu, tu es le Bien, le grand Bien, le seul Bien, tu es le souverain Bien et je m'abandonne à Toi".
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par cracboum » mer. 03 août 2011, 9:16

Oui Stephlorant, vous éprouvez les mêmes difficultés que moi à traduire en mots votre trés riche et trés profonde vie intérieure, ce qui d'ailleurs contribue au sentiment de solitude, mais aussi nous pousse à nous abandonner à Dieu, comme vous le concluez vous-même, sachant que son action dépasse tellement notre compréhension.
Juste un mot pour répondre à votre question sur le fait de se laisser aller à des faiblesses alors qu'on est déjà trés uni à Dieu, ce n'est pas au même plan : Dieu ne souhaite pas une perfection de façade qui prêterait à l'orgueil, aussi longtemps que l'âme n'est pas totalement sanctifiée, il nous laisse donc à notre misère pour travailler en paix dans la profondeur, se contentant de notre douleur de ne pas encore lui être totalement unis.
Je me souviens d'un dialogue entre un dominicain et un psychiâtre (qui a fait l'objet d'un livre, mais je n'ai pas en mémoire la réf), à propos de la nuit de l'esprit. Ils s'accordaient à relever d'étranges similitudes entre les effets psycho-somatiques de cette redoutable purification et les symtômes de certaines psychoses.
En effet, la fonction de l'âme étant d'animer l'organisme psychosomatique, quand celle-ci est entièrement absorbée par l'action transformante de l'Esprit-Saint, il arrive qu'elle laisse sans force et comme déréglé cet organisme, et Saint Jean de la Croix dit qu'à certains moments c'est Dieu qui le soutient par une grâce spéciale pour éviter qu'il ne défaille et ne meurt.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » mer. 03 août 2011, 10:41

stephlorant a écrit : Aujourd'hui et dans les jours qui viennent, je vais m'attacher uniquement aux règles de ma congrégation et m'écarter des humains.

Chaque être est libre Stephlorant.
Si Dieu est en train de vous inspirer que vous devez vous attacher aux règles de votre congrégation et vous écarter des humains, il faut alors le faire.

Bien fraternellement,

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » mer. 03 août 2011, 11:26

Au cours de la messe de ce matin, j'étais toujours fort chagrin de l'épisode des derniers jours. Comment se fait-il que je me sois laissé prendre à accepter des verres, moi qui suis sobre la plupart du temps ? Et puis tout d'un coup, une Parole s'est inscrite fortement dans mon esprit: "Vous n'êtes que des serviteurs inutiles..." et ensuite : "Les vierges folles ont déjà eu leur récompense".

J'ai su aussitôt ce que cela voulait dire: j'ai rendu service, mais sans "l'accroc" que j'ai rapporté et les pénitences ensuite, je me serais senti très content de moi-même. Or, cette autosatisfaction ne plaît pas au Seigneur, car c'est Sa grâce qui a agi à travers moi, aussi simplement que le menuisier (que fut Jésus aussi) se servait d'un outil. Ou bien est-ce qu'un marteau peut, de lui-même, enfoncer un clou dans une planche ? Non, le propre d'un outil est simplement d'être rangé à sa place et se tenir disponible en toute occasion.

Se tenir disponible en toute occasion, voilà ce qui convient au disciple. (Je me souviens de ce que disait Bernadette Soubirous en parlant d'elle-même : "Une fois qu'un balais a servi, on le range dans un placard"...
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » mer. 03 août 2011, 17:24

C.-J. a écrit :
stephlorant a écrit : Aujourd'hui et dans les jours qui viennent, je vais m'attacher uniquement aux règles de ma congrégation et m'écarter des humains.

Chaque être est libre Stephlorant.
Si Dieu est en train de vous inspirer que vous devez vous attacher aux règles de votre congrégation et vous écarter des humains, il faut alors le faire.
Bien fraternellement,
Lorsque j'ai dit vouloir m'écarter des humains, je ne voulais pas dire que je cesserais d'écrire. L'écriture fait partie de mon témoignage, elle y a toujours été liée. Mais je m'écarte des humains dans le sens que je viens de reporter une invitation à dîner d'un ami opéré il y a une dizaine de jours: j'irai donc jeudi prochain, plutôt que cette semaine. Je m'applique plutôt à prier tout en effectuant le plus correctement possible mes 'devoirs d'état'. Désolé si j'ai pu paraître brutal, ce n'était pas mon intention.
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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par C.-J. » mer. 03 août 2011, 17:48

stephlorant a écrit :Lorsque j'ai dit vouloir m'écarter des humains, je ne voulais pas dire que je cesserais d'écrire. L'écriture fait partie de mon témoignage, elle y a toujours été liée. Mais je m'écarte des humains dans le sens que je viens de reporter une invitation à dîner d'un ami opéré il y a une dizaine de jours

Mais ce n'est pas ça s'écarter des humains !
Ce que vous dites là, c'est tout simplement reporter une invitation.

stephlorant a écrit :Désolé si j'ai pu paraître brutal, ce n'était pas mon intention.
Ce n'est pas une question de brutalité, c'est plutôt que vos mots ne traduisent pas une réalité, votre réalité.
Il est déjà particulièrement difficile de comprendre un être, mais si celui-ci expriment des mots qui ne traduisent pas ce qu'il vit réellement, ça devient alors compliqué de l'aider.

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Re: Pourquoi donc me lever ?

Message non lu par stephlorant » mer. 03 août 2011, 18:25

cracboum a écrit :Oui Stephlorant, vous éprouvez les mêmes difficultés que moi à traduire en mots votre trés riche et trés profonde vie intérieure, ce qui d'ailleurs contribue au sentiment de solitude, mais aussi nous pousse à nous abandonner à Dieu, comme vous le concluez vous-même, sachant que son action dépasse tellement notre compréhension.
Juste un mot pour répondre à votre question sur le fait de se laisser aller à des faiblesses alors qu'on est déjà trés uni à Dieu, ce n'est pas au même plan : Dieu ne souhaite pas une perfection de façade qui prêterait à l'orgueil, aussi longtemps que l'âme n'est pas totalement sanctifiée, il nous laisse donc à notre misère pour travailler en paix dans la profondeur, se contentant de notre douleur de ne pas encore lui être totalement unis.
Je me souviens d'un dialogue entre un dominicain et un psychiâtre (qui a fait l'objet d'un livre, mais je n'ai pas en mémoire la réf), à propos de la nuit de l'esprit. Ils s'accordaient à relever d'étranges similitudes entre les effets psycho-somatiques de cette redoutable purification et les symtômes de certaines psychoses.
En effet, la fonction de l'âme étant d'animer l'organisme psychosomatique, quand celle-ci est entièrement absorbée par l'action transformante de l'Esprit-Saint, il arrive qu'elle laisse sans force et comme déréglé cet organisme, et Saint Jean de la Croix dit qu'à certains moments c'est Dieu qui le soutient par une grâce spéciale pour éviter qu'il ne défaille et ne meurt.
J'ai connu des périodes durant lesquelles il me paraissait tout à fait impossible de parvenir à bout d'un certain travail (peu importe lequel: la tenue d'un cahier de comptabilité, le rangement des objets chez moi, passer la tondeuse sur le gazon, etc.), mais il ne s'agissait en fait que d'impressions: avec une attention claire, il était possible de passer au travers de ces "impossibilités", qui se sont évanouies au moment où je m'y suis mis. Le psychisme est vraiment un domaine très étrange !
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