Un vieil ennemi

« Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière afin que tous croient par lui. » (Jn 1.7)
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L'Inquisiteur
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Un vieil ennemi

Message non lu par L'Inquisiteur » jeu. 23 sept. 2010, 20:01

[Note : Ce texte est une description imagée d'une victoire que j'ai obtenue dans mon combat spirituel, à savoir, réagir positivement face au fait que mon ex-petite amie, avec laquelle pour le moment la situation est mauvaise (elle m'en veut en tant que croyant ...), est maintenant "en couple" avec un ami. Si vous souhaitez que je développe certains points de mon témoignage, faites-le moi savoir.]
Je fis un signe de tête aux gardes.
« Ouvrez la Porte », dis-je d'une voix ferme et décidée.
Ils inclinèrent la tête en réponse, et commencèrent à désactiver les différents verrouillages de la Porte. Alors qu'ils s'exécutaient, l'Inquisiteur s'avança à côté de moi.
« Êtes-vous sûr de ce que vous faites ? »
« Assurément », répondis-je. Je pouvais sentir un certain étonnement inquiet chez l'Inquisiteur.
« Je ne comprends pas ... Le Seigneur Dieu nous a donné la grâce de pouvoir enfin à nouveau enfermer l'Ennemi ... Et vous voulez lui ... parler ? »
« N'oubliez pas, Inquisiteur, qu'il est une part de moi tout autant que vous... Voire même, plus... »
« Je comprends », répondit mon interlocuteur, « Mais c'est la part damnée, l'homme ancien guidé par ses convoitises mauvaises ... »
Je levai la main pour le faire taire.
« J'admire vos connaissances des lettres de Saint Paul, Inquisiteur. Mais rassurez-vous, je sais ce que je fais ».
Les gardes avaient terminé d'ôter les protections qui verrouillaient la Porte, et ils attendaient mes instructions. Je tournai la tête vers le chœur des moines guidé par le Mystique, et lui fis un signe de tête. Sous la direction du Mystique, le chœur entonna alors des litanies implorant la miséricorde et la protection divine.
Je me tournai alors vers l'Inquisiteur.
« N'ayez donc crainte. Armez-vous donc de votre épée de feu et de zèle, et assurez vous que vos Gardes Sacrés sont prêts. Et si cela ne suffit pas, priez donc avec le chœur. »
Il s'inclina, puis sortit son épée de son fourreau, la prit à deux mains et la posa contre sa poitrine tandis qu'il commençait à réciter des exorcismes. Je pus lire sur la lame, flambants dans leurs lettres d'or, les mots « verbum Dei ». Suivant l'exemple de l'Inquisiteur, les Gardes Sacrés, vêtus de leurs massives armures consacrées, sortirent leurs armes et récitèrent des prières d'exécration.
Je me tournai alors vers la Porte.
« Nous y voilà ... Théologien ? »
« Me voici », répondit une voix derrière moi.
« Récitez donc les Commandements de notre Seigneur, je vous prie ».
« Comme vous le souhaitez », dit le Théologien.
Comme d'autres fois, je sus qu'il prit une volumineuse Sainte Bible portée par un de ses suivants, et qu'il trouva aisément la page nécessaire. Sa voix alors s'éleva harmonieusement entre le chant du chœur et la prière des Gardes Sacrés, tandis qu'il psalmodia les Commandements du Décalogue.
Moi-même, je fis un signe de croix, puis je désignai la porte aux gardes.
« Maintenant, ouvrez cette Porte ».
Pour ouvrir chaque battant, il fallut trois hommes tant cette porte était lourde et solide. Alors que la Porte s'ouvrait lentement, je vis qu'il n'y avait que ténèbres derrière elle. Je m'avançai alors au plus près, m'arrêtant dans l'encadrement de la Porte.
« Sayn ? »
Prononcer ce nom avait faiblement fait frémir mon cœur tant il était chargé de noirceur et de malice, de corruption et de damnation.
« Sayn ? Je t'adjure par notre Seigneur Jésus-Christ de me répondre et de venir à moi ! »
Deux petites lueurs pâles apparurent tout à coup dans les ténèbres. Je savais que c'étaient ses pupilles au milieu de la noirceur de ce qui chez un humain normal devrait être le blanc de l'oeil.
« Maudit sois-tu, Alexis, et maudit soit ton Christ ... », murmura Sayn d'une voix pleine de rancoeur.
« Cesse donc tes blasphèmes, car il n'y a que toi qui est trois fois maudit, et pour l'éternité », dis-je d'une voix forte.
Il poussa alors un hurlement de rage et je le distinguai alors tandis qu'il sortait des ténèbres pour se jeter sur moi. Le chant du chœur et la prière des Gardes Sacrés redoublèrent de force, et j'entendis que les Gardes préparaient leurs armes à feu sanctifiées. Mais je ne bougeai pas alors que Sayn fonçait comme une ombre sur moi... pour s'arrêter à un mètre de moi.
Il hurla à nouveau tandis que les sept chaînes dont nous l'avions couvert l'empêchaient d'avancer plus loin. Je supposais qu'il souffrait non seulement de ces entraves, mais également des litanies et exécrations que nous avions gravées sur ces chaînes bénies.
Après avoir vainement lutté contre ses chaînes, Sayn se calma, et s'arrêta devant moi. Il me regarda alors. Je pus observer son visage pâle parcouru d'arabesques étrangement toujours en mouvement sur sa peau, ses longs cheveux noirs et ses yeux si étranges. Il portait la même longue veste que moi, quoique la sienne était abîmée et pourvues de sombres pointes, comme pour symboliser la corruption qu'il représentait.
« Viendrais-tu donc me narguer ? », cracha-t-il avec un air de dédain.
« Allons », lui dis-je sans sourciller, « Je viens juste discuter ».
Sayn pencha la tête comme s'il observait quelque chose de curieux, et haussa un sourcil.
« De quoi donc, cher frère ? », susurra-t-il.
Je claquai des doigts, et un serviteur aveugle qui se tenait en retrait m'apporta une tablette de données, que je tendis à Sayn. Celui-ci la prit avec un geste sec, puis la porta devant son visage et parcourut le compte-rendu qui s'y trouvait.
Puis il pulvérisa la tablette en la serrant entre ses doigts terminés par des griffes.
« Que ... Quoi ? Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? », hurla-t-il.
« Tu as lu comme moi ce qu'il y avait d'écrit. Qu'en penses-tu donc ? »
« Ce que j'en pense ? Ce que j'en pense ??? »
Sa voix était devenue un hurlement, tandis qu'il usa de ses sombres pouvoirs – heureusement réduits par les chaînes consacrées – pour s'élever en lévitation aussi haut que ses entraves lui permettaient. Un vent surnaturel commença à souffler depuis sa prison, faisant se balancer ma veste et les parchemins des sceaux de pureté que je portais. Je distinguai la voix de l'Inquisiteur dans le bruit du vent et les chants de mes suivants :
« Faut-il ouvrir le feu, maître ? »
« Non ! », répondis-je. Puis je criai à Sayn : « Cesse donc ton cinéma, il ne m'impressionne pas ! ».
Le vent retomba, mais Sayn resta en l'air, et me regarda. Bien que je me savais en sûreté, je ne pus m'empêcher de sentir mon cœur se glacer en soutenant son regard impie et meurtrier.
« Ce que j'en pense ? Qu'est-ce que cela peut te faire ? Car tu le sais, mon frère : je les hais, voilà ! Je les hais, je les hais ! De la même haine qui m'a donné naissance, de la même haine qui m'a animé ces années pour la Première ! »
Je frémis en entendant ces paroles, considérant combien la nature humaine sans la grâce – ce qu'était sans conteste Sayn – pouvait être abjecte et maléfique. Je vis alors Sayn dresser ses bras vers le plafond, tandis que ses doigts étaient comme parcourus de tics d'énervement.
« Je les hais, mon frère, et tu le savais déjà ! Je les hais et tu ne pourras rien contre ça, car tu ne peux pas me tuer. Tu m'as enfermé, mais je serai toujours là pour te combattre ! Car je suis toi ! »
Je sortis alors un crucifix que je tenais caché sous ma veste, et le tendit vivement vers Sayn.
« Je conteste tes paroles, démon ! Car voici que j'ai avec moi la Croix de notre Seigneur ! Par Sa grâce, j'ai prévalu sur toi. Par Sa grâce, je te tiens enfermé ici. Par Sa grâce, j'ai choisi la charité plutôt que la haine. Par Sa grâce, j'ai choisi la prière plutôt que les insultes. »
Sayn se tordit de douleur, hurlant sa rage.
« Maudit soit ton Dieu qui m'a privé des plaisirs de ce monde ! Maudit sois-tu de l'avoir choisi plutôt que de m'écouter, moi ! », hurla-t-il avec une voix sombre et haineuse.
« Je n'avais pas à t'écouter, car il n'y avait et il n'y a en toi aucun amour ; seule te motivait ta recherche d'accomplissement de plaisirs égoïstes. J'ai choisi de ne pas écouter tes mensonges que tu faisais passer pour de l'amour. Car l'amour c'est tout donner, et se donner soi-même, et non utiliser l'autre pour ses plaisirs personnels et égoïstes. Tes mensonges corrompaient mon amour et souillaient mon âme, et j'ai choisi d'y mettre fin en choisissant le Christ Seigneur ! ».
Sayn fondit vers moi depuis sa position surélevée, ses griffes tendues tandis qu'il hurlait des malédictions et des insultes. Vif comme l'éclair, je dressai de ma main libre un pistolet béni aux munitions consacrées et tirai une balle vers Sayn, dont le mouvement fut interrompu sous l'impact. Il tomba à quelques mètres de moi. Je savais que je ne pouvais le tuer, mais c'était le meilleur moyen pour le calmer.
Tandis qu'il se relevait, je rangeai mon arme, et sortis un parchemin de ma poche, que je déroulai devant moi et lus d'une voix ferme et solennelle.
« Au nom de Notre-Seigneur-Jésus-Christ, je te condamne, Sayn, à l'enfermement dans cette prison consacrée. Je refuse ta haine et tes regrets impies. Par la grâce du Seigneur Dieu, je choisis la charité et la prière. Tes plans impurs et tes mensonges, la loi d'amour du Christ Seigneur les confond et les récuse. Par la grâce du Seigneur Dieu, Père Tout-Puissant, Fils Rédempteur, et Esprit Vivificateur, je te condamne à l'oubli et au silence pour les siècles des siècles. »
Je roulai le parchemin et tournai le dos à la prison de Sayn pour retourner près de mes suivants. Tandis que les gardes refermaient lentement la porte, les hurlements de haine de Sayn retentirent encore plus fort, jusqu'à ce que dans un claquement massif, les battants de la Porte soit refermés.
Je restai ensuite devant la Porte tandis qu'accompagnés par les chants d'action de grâce du chœur, l'Inquisiteur et les Gardes Sacrés, assistés par le Théologien, apposaient rituellement de nouvelles protections sacrées sur la Porte.
Je laissai passer un soupir, puis écoutai le Mystique terminer d'une voix admirable le Te Deum :
« In te Domine speravi, non confundar in aeternum »1
Je méditai sur cette parole, puis fis un signe de croix. Je me promis que désormais, notre vigilance ne faillirait plus jamais.

Là-dessus, je m'éveillai de ma méditation.
1: En toi Seigneur j'ai espéré, je ne serai pas confondu à jamais.
=][=
L'hérésie est une plaie pour la vraie Foi. Il faut la cautériser au feu de la sainte doctrine.
=][=

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Re: Un vieil ennemi

Message non lu par PaxetBonum » jeu. 23 sept. 2010, 21:05

Intéressant
Grand talent d'écriture

Qu'est-ce que contiennent les tablettes de données ?
Que doit-on comprendre dans l'intervention du pistolet ?
Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
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Re: Un vieil ennemi

Message non lu par L'Inquisiteur » jeu. 23 sept. 2010, 23:09

Bonsoir,
PaxetBonum a écrit :Intéressant
Grand talent d'écriture
Merci du compliment :)
PaxetBonum a écrit :Qu'est-ce que contiennent les tablettes de données ?
La nouvelle comme quoi mon ex-petite amie est maintenant "en couple" avec un ami.
PaxetBonum a écrit :Que doit-on comprendre dans l'intervention du pistolet ?
Heu, il n'y a rien à comprendre de spécial :-D ; mais on peut considérer que par la grâce de Dieu, je peux porter un coup à l'homme ancien en moi.

Cordialement.
=][=
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Re: Un vieil ennemi

Message non lu par PaxetBonum » ven. 24 sept. 2010, 8:12

Je cherchais si le pistolet pouvait être une protection particulière comme l'épée 'Dei Verbum'
Je dois dire que l'intervention d'une arme à feu m'a surpris dans ce contexte

On comprend toute la force d'amour de Dieu que vous avez du et devez déployer après cette triste expérience humaine !
Je prie Dieu de vous accorder courage, Paix et Bonheur !
Pax et Bonum !
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Re: Un vieil ennemi

Message non lu par L'Inquisiteur » ven. 24 sept. 2010, 9:44

Bonjour,
PaxetBonum a écrit :Je cherchais si le pistolet pouvait être une protection particulière comme l'épée 'Dei Verbum'
Je dois dire que l'intervention d'une arme à feu m'a surpris dans ce contexte
Oui, c'est vrai que ce n'est pas clair, mais le contexte du texte mélange armes modernes et armes blanches. Maintenant, on peut arguer que le pistolet représenterait la protection de la prière, ou le fait de refuser fermement les impulsions de l'homme ancien ...
PaxetBonum a écrit :On comprend toute la force d'amour de Dieu que vous avez du et devez déployer après cette triste expérience humaine !
Je prie Dieu de vous accorder courage, Paix et Bonheur !
Merci ! Car je sais bien que ce n'est que par grâce que j'ai eu cette victoire spirituelle ...

Cordialement.
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