Ex-sédévacantiste

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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par coeurderoy » mar. 14 avr. 2009, 18:55

une, sainte, catholique et apostolique
cette apostolicité n'existe plus depuis 45 ans dans la thèse sédé, quant à la thèse guérardienne, le temps est court et ces distinctions scholastiques réservées à une élite cérébralisée confinée aux bibliothèques ne me font plus rire : je juge la charité aux fruits de sainteté...
Bien cordialement !
Dernière modification par coeurderoy le mer. 15 avr. 2009, 8:53, modifié 1 fois.
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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par Cgs » mar. 14 avr. 2009, 22:39

Bonsoir,

Merci à vous pour ces précisions, particulièrement votre discernement, coeurderoy, au moyen des fruits (ou plutôt l'absence de fruits) produits par les sédévacantistes.

Puissent les âmes égarées de la sorte revenir vers la Vérité.

Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.

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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par coeurderoy » mer. 15 avr. 2009, 8:07

Pour revenir au thème...du fil (que nous suivons d'ailleurs), il faut comprendre que le désir de louer Dieu de tout son être, corps, esprit, âme, coeur a conduit deux générations au moins à éviter d'offenser le Seigneur en cautionnant par leur présence des "machins" para-liturgiques tarabiscotés, arides ou bavards, mondains ou puérils (rien voir avec l'esprit d'enfance : les enfants aiment le sacré, le vrai, le beau !), bref tous ces papotages déprimants et intellectuellement nuls où se complaisent certaines dames oisives ...(et des hommes aussi, allez :/ )

Notre jeunesse (une maladie...dont on guérit trop vite !) fut donnée par les plus généreux et naïfs d'entre nous à cette cause qui nous a semblé sainte...
Je l'ai évoquée par MP avec Deo Gratias, et je n'ai plus trop envie de vous raconter les détails (insignifiants) de ma petite vie, ses échecs, déceptions : le sain (saint) réalisme vous rattrape un jour ou l'autre et Dieu en soit béni ! Mais que penser de ma voisine pratiquante, 65 ans qui n'a pas ressenti la crise, lit Le Pèlerin Magazine et se trouve...comme un poisson dans l'eau dans les messes festives très "seventies" : nostalgie de sa jeunesse ???
Qui a perdu des plumes, qui a tiré "les marrons du feu", qui s'en est sorti le mieux???
A vue humaine les clercs "recyclés", ralliés, les instituts créés pour les "fourvoyés" de bonne foi ont permis aux plus chanceux (et socialement favorisés souvent car là aussi les sousous ça compte) de s'en sortir la tête haute : c'est chouette pour l'ego de faire figure d'ex-martyr désormais fidèle :saint: soutien du Pape en plus...
Bien des laïcs entièrement donnés, ayant (imprudemment) sacrifié avenir professionnel, vie affective, relations familiales se sont retrouvés déboussolés, incompris, floués.
D'où le réflexe sécuritaire d'un noyau dur, apeuré, replié dans son bastion doctrinal, pointant par chaque meurtrière tels couleuvrines et traits à poudre, les encycliques et actes du Magistère antérieurs à Jean XXIII.
Le club tradi "bon-chic-entre-soi "d'un certain milieu parisien très "papolâtre" depuis l'élection de notre cher Benoît XVI ne touche quant-à-lui qu'une mince élite, assez voyante et fièrotte : faut bien trouver des conjoints "classieux" dans ce petit microcosme mon cher :-D !
Personnellement, je me suis vraiment réjoui, le 19 avril 2005 de l'élection du Cardinal Josef Ratzinger au Souverain Pontificat : depuis le 21 janvier dernier je m'en réjouis de + en + et l'acharnement du malin sur lui me le rend particulièrement cher : enfin un Pape soucieux de la mysticité de l'Acte Liturgique : Deo Gratias !
Né le 16 avril 1927, sous le patronage de Benoît-Joseph Labre patron des clochards, incompris, personnes "déplacées", le Vicaire du Christ fêtera demain ses 82 ans : prions pour lui mes frères !
Dernière modification par coeurderoy le mer. 15 avr. 2009, 11:15, modifié 1 fois.
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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par Pneumatis » mer. 15 avr. 2009, 10:55

Deo Gratias a écrit :Pour ce qui est des théories des "sédévacantistes", ce serait trop long à vous expliquer ici, mais vous pouvez "taper" ce mot sur un moteur de recherche et vous trouverez votre bonheur.
Bonjour,

Ma question n'était pas en vue d'obtenir des théories mais plutôt des témoignages et c'est ce que vous m'avez offert avec Coeurderoy. Je vous en remercie donc chaleureusement. Je suis très touché par ces témoignages car justement, à connaitre "de loin" les théories sédévacantistes on ne peut que se demander "comment peut-on en arriver là ?". Coeurderoy répond très bien à cette question dans son dernier message, et d'une manière qui me touche beaucoup.

Je tiens à dire que je suis de ces "ouvriers de la dernière heure" (relativement à aujourd'hui), converti du XXIème siècle, qui n'a eu connaissance de ce schisme que très très tardivement et qui, ignorant les émotions et attachements très forts des uns et des autres, ne peut que rester interloqué par ces crispations extrêmes dont l'unité des chrétiens a à souffrir encore aujourd'hui.

Merci pour vos témoignages.
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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par coeurderoy » mer. 15 avr. 2009, 11:12

Merci Pneumatis !
Deo Gratias et moi-même portons je crois encore aujourd'hui certains stigmates dus à la confusion et au désordres liturgiques que nous avons connus : nous sommes très loin d'être les seuls. Par delà regrets, amertumes, essayons de voir le plan de Dieu dans nos vies, de l'accepter du moins . Je suis heureux de voir une génération de l'âge de mon aîné (18 ans), adorer le Saint-Sacrement, se confesser, dire le Rosaire sans complexes oui, grâces en soient rendues à Dieu et à ses ouvriers, de la première à la onzième heure !
In Christo !
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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par Virgile » mer. 15 avr. 2009, 12:27

Bonjour,

merci à tous pour vos témoignages que j'ai lus avec attention.

En ce qui me concerne, ces témoignages sont une aide précieuse dans la mesure où ils m'indiquent qu'il y a des gens qui ont vécu des expériences similaires à la mienne et qui ont réussi à "survivre" à ce qui s'est passé, sans perdre pour autant leur dignité et leur foi catholique.
Je ne peux pas "rayer de la carte" ce que j'ai vécu dans l'Eglise de 1968 jusqu'au début des années 90... mais je voudrais bien essayer de considérer d'une autre façon ce que j'ai jusqu'à présent pensé être des années perdues, gâchées et désespérantes.

Amicalement.
Virgile.

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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par coeurderoy » mer. 15 avr. 2009, 12:29

Virgile a écrit :Je ne peux pas "rayer de la carte" ce que j'ai vécu dans l'Eglise de 1968 jusqu'au début des années 90... mais je voudrais bien essayer de considérer d'une autre façon ce que j'ai jusqu'à présent pensé être des années perdues, gâchées et désespérantes.
Tout est Grâce ! Cher Virgile !

Bien fraternellement !
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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par Virgile » mer. 15 avr. 2009, 16:01

Pneumatis a écrit : ... on ne peut que se demander "comment peut-on en arriver là ?"
Cher Pneumatis,

ce fut la question d'un certain nombre de catholiques devant les graves dérives liturgiques et pastotales qu'ils avaient à subir.
Ce fut aussi la question de tous ceux qui eurent à payer, de diverses manières, et parfois avec leur santé ou leur équilibre psychologique, le prix de leur fidélité à la foi catholique, au magistère de l'Eglise, au Pape et à des tas de choses que l'on trouve tout naturel de faire ou de dire aujourd'hui.
Ce fut une question éprouvante pour certains - devant toute cette haine, ces attaques d'une méchanceté inouïe, ces insultes, et toute cette bétise déployée pour des détails, et tout ce mépris pour des choses si essentielles: "comment peut-on en arriver là?"

Amicalement.
Virgile.

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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par coeurderoy » mer. 15 avr. 2009, 17:39

Comment peut-on en arriver là !... Les couvents qui virent s'affronter camp contre camp, moines et curés défroquant de concert, optimisme béat et coupable d'épiscopes en goguette : relisons Clavel (Dieu est Dieu Nom de Dieu !), brûlot qui à 19 ans m'ouvrit un peu les yeux.... J'ai vu hélas en Limousin, en 2002 un jeune prêtre plein de bonne volonté chanter au micro dans le plus pur style de la Star Ac des fadaises sirupeuses pour "appâter" les jeunes. L'année suivante il tombait en dépression nerveuse. Comment a-t-on pu abandonner tant de sains repères doctrinaux, liturgiques, spirituels et encourager le culte du...vide : Evêques nous mourons par Vous ! ça ne vous dis donc rien cette apostrophe ? oui, comme je l'évoquais avec Deo Gratias certains dégats psychologiques ont été graves chez les plus fragiles, le plus donnés, les plus fervents parfois !
Vous répondrez, pour un certain nombre d'entre vous de l'incurie et de la négligence avec lesquelles vous laissâtes les agneaux... se faire bouffer par les loups !
Dernière modification par coeurderoy le jeu. 16 avr. 2009, 17:29, modifié 1 fois.
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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par Virgile » jeu. 16 avr. 2009, 8:47

Ils reviennent au soir, ils grognent comme chien, ils rôdent par la ville...
Voici qu'ils déblatèrent à pleine bouche, sur leurs lèvres sont des épées : "Y a-t-il quelqu’un qui entende ?"


Dans "tout ça", ce qui m'a le plus frappé c'est l'extraordinaire absence non pas de charité, de foi et d'espérance, mais bien de la plus élémentaire bienveillance. La bienveillance n'est pas exclusive de la fermeté. "Ils" auraient pu être fermes sur leurs positions sans pour autant abandonner la bienveillance. Mais je suis sans doute naïf...

En somme, "ils" nous ont expliqué que l'Eglise d'après le concile avaient inventé la vraie religion, et qu'avant on ne savait pas vraiment vivre de la foi. D'ailleurs, avant le Concile il n'y n'avait que des réponses, alors qu'après le Concile il n'y avait plus que des questions. Il fallait obligatoirement se remettre en question, puisque le chrétien était un chercheur. Il fallait se convertir à la remise en question, puisque seuls les imbéciles ne changent jamais d'avis, etc.

Par ailleurs, toute remise en question de l'idéologie ambiante était considéré comme un retour au temps où l'on ne savait pas vivre de la foi, à cet "avant" où il n'y avait que des réponses, à l'époque barbare et tridentine de l'absence de remise en question, c'est-à-dire à l'ère du stupide et triomphaliste "religieux".

Se déclarer l'adversaire des idéologies à la mode et s'opposer aux agissements des tenants d'une Eglise réservée à la seule élite (le fameux "peuple de Dieu" version réduite de la vulgate "progressiste") s'était aller se ranger parmi les extrémistes réactionnaires et bourgeois. L'obéissance ou la mort, en somme.
Et celui qui protestait en disant que tous les discours qui asphyxient l'âme ne valent pas les gestes solennels de la liturgie, à celui qui signalait qu'un endoctrinement à base de "blablabla" n'apprendrait jamais à personne une simple prière, on opposait le mépris le plus violent. Et pas seulement du mépris.

C'est que l'ébranlement systèmatique des fondements scripturaires, l'affadissement des théologies, le dessèchement des liturgies étaient considérés comme des signes libérateurs : le catholicisme acceptaient – enfin, de répondre aux " vraies questions" posées au seixième siècle. Il fallait se débarrasser du passé, de la tradition, pour renouer avec le " vrai" et authentique christianisme. Et le vrai exemplifié, c'était les autres, nos frères séparés, ces admirables protestants à qui nous étions redevables de tout ou presque...

La réaction normale de bien des fidèles catholiques, encore habitués au cléricalisme d'un autre temps, fut alors de tenir le clergé pour coupable à la fois de la "protestantisation" du catholicisme et de l'effondrement de ce qui restait de culture catholique dans la société française. La vérité, c'est que les prêtres français ne disposaient pas d'une véritable autonomie intellectuelle, de ressources spirituelles réelle et d’un soutien institutionnel qui puissent justifier un tel reproche. Le clergé diocésain français était surtout un clergé passif et mal formé.

A vrai dire, le cléricalisme dans la société française était déjà mort au moment du Concile.
En revanche, le pouvoir des prêtres sur les fidèles, largement intact, devint de plus en plus pesant après le Concile. L'autorité "décontracté", en tenue de ville, parlant les "gros mots de tous les jours", se faisant appeler par son prénom et tutoyant tout le monde n'a fait que cacher ce fait.
Certains naïfs s'y sont laissés prendre, sincèrement, sans s'apercevoir qu'ils tombaient dans un piège sournois. C'est l'autorité qui est devenue sournoise, diffuse, implacable et absurde, d'autant qu'elle était souvent sans visage.
D'où le comique insurpassable de ces clercs exigeant qu'on leur obéisse au nom de l'obéissance à une autorité qu'ils bafouaient chaque jour.

Tant d'assurance, d'applomb même, et de fantastique culot, ne pouvait s'expliquer que par une immense ignorance et surtout par une impuissance qui est devenue aujourd'hui flagrante.
Les idéologies défendues par ces clercs, leurs prétentions à la modernité sociale et à l'efficacité temporelle, véhiculaient en fait toute une mélasse fumeuse de préjugés culturels des plus bourgeois. Mélasse nocive et même fatale au catholicisme.
Il y avait un certain "chic" à être "en responsabilité", mais aucun à dire la vérité.
Il fallait touiller dans le pot à idées brillantes avec les autres, ou passer pour un traître promis à une purge inéluctable.

Pour dire les choses simplement, on nous a interdit de prier et de communier, et on nous a demandé à la place d'aller discuter politique et de faire du social. On nous a interdit de nous mettre à genoux à l'église et on nous a culpabilisé de nous asseoir à la table familiale pour les baptèmes, les mariages et les enterrements. Mais on nous a demandé de nous serrer la main en signe de paix, et de vivre notre foi comme on vit une abstraction mathématique. Dans le babillage glacé d'une liturgie qui devait effacer des mémoires toute trace du "triomphalisme" diabolique de cet affreux " avant" dont nous ne devions concerver que la honte.

Ils nous ont assommé les oreilles avec du "dialogue" à toutes les sauces. Pourtant le dialogue aura été étrangement absent de l'histoire de ces vingt ou trente dernières années. Ils nous ont obligé à porter des étiquettes, à entendre tout une fanfare de mots creux et d'arguments mensongers, à devoir nous réfugier dans des "ailleurs" parfois douteux mais qui valaient sans doute mieux que cet "ici" dépourvu de toute bienveillance.

Le pire, ils nous ont fait plonger dans l'ennui. Car ils furent ennuyeux. A l'extrême.
Et nous avons finit par ressembler à ceux que nous combattions.
Nous sommes devenus ennuyeux. Et tristes.
Aujourd'hui, il faut bien le reconnaître, les partisans de chacun des deux camps ont partagé les mêmes aveuglements.

L'Eglise ne peut pas s'identifier avec sa théologie, mais elle s'identifie en revanche avec sa liturgie.
Autant dire qu'il n'y avait la plupart du temps plus de liturgie. Plus de liturgie, mais à la place une sorte de "théosophie liturgique", c'est-à-dire une théologie discourante que l'on sentait déconnecté du culte et du sacrement.
Pseudo-liturgie "ouverte" dans laquelle "ils" pouvaient mettre tout ce qui leur plaisait... vandalisme des "créateurs", vandalisme des "restaurateurs", vandalisme des ignares et des crétins, vandalisme d'amateurs même pas conscients de leur vandalisme.

Ils ont refusé d'admettre qu'entre l'homme et la nature, il y avait la culture.
Et ils ont refusé de penser qu'entre l'homme et l'homme, il y avait aussi la culture.
Et Ils ont aussi refusé de comprendre qu'entre l'homme et Dieu, il y avait encore la culture.
Et ce refus était d'autant plus surprenant qu'ils discouraient sans cesse et à perte de vue sur l'animation socio-culturelle. Et "ils", ces apôtres du "collectif", du "groupe responsable", de la "communauté de base", ne parlaient jamais de corps mystique et de communion des saints : vocabulaire de "grand-mère" au mieux, "d'intégriste" au pire.

Et puis, "ils" savaient tout et mieux que quiconque : t'es "ringard", t'as pas pris le "virage intellectuel", t'es "en dehors du coup", et d'ailleurs "le pape se trompe"... et le brave curé se permet de conclure publiquement par un sonore "ici, l'évêque c'est moi !"

En quelques petites années, "ils" ont réussi à se détacher des réalités, à allèger considérablement le bagage culturel du chrétien moyen, à concentrer tout le pouvoir entre leurs mains, à "raccourcir" les récalcitrants , à refuser de prendre du recul par rapport à leurs propres idées, à différer devant les choix qui s'imposaient, à mettre en veilleuse la plus élémentaire bienveillance vis-à-vis de leurs contradicteurs, à décrocher des honneurs et des sinécures tout en crachant sur le travail de ceux qui avaient le tort de se foutre des médailles et de n'aimer que la gloire de Dieu, à dégager du temps mais seulement pour les "sacro-saintes réunions" où "ils" pratiquaient cette démocratie qui consiste à discuter de décisions qui sont déjà prises, à suspendre ceux qui osaient parler, et enfin à supprimer le bon sens avant de fermer les églises et d'y voir un signe de vitalité.

Ce qui a le plus manqué au catholicisme de ces années-là, ce sont les hommes capables d'administrer la preuve que les livres, les articles, les analyses, les réunions, les grands discours et les disputes étaient inutiles, vains et néfastes si l'on ne vivait pas sa foi d'abord dans l'obéissance et la fidélité à l'Eglise et à son chef.

Paradoxalement, ces hommes ont pourtant été nombreux, et ils auraient pu rappeller que rien de grand ne se fait de bon sans une part primordiale de silence, de solitude et de communion.

Bien entendu, "ils" ont contraint ces hommes à choisir l'autre camp, ou à préférer le renoncement et l'attente de jours meilleurs, ou encore à choisir, dans les larmes et la douleur, la désertion pur et simple...

Finalement, "tout-ça" aura été une sorte d'intermède peu glorieux, comme un arrêt brusque dans une suite de mouvements, sans que jamais ne cesse la prière de l'humanité souffrante qui attendait sans doute autre chose des catholiques.

Merci à SS. Benoît XVI de pouvoir enfin le dire clairement : finalement, "ils" n'ont pas eu le dernier mot. Et c'est sans doute pour "eux" la pire des punitions. Car on ne leur souhaite que d'aller au diable, et quand même pas en enfer.

Amicalement.
Virgile.

PS. Je voudrais changer de signature. Quelqu'un a-t-il une suggestion ?

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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par Pneumatis » jeu. 16 avr. 2009, 10:50

Bonjour Virgile,

Votre témoignage est très précieux car, vous le savez certainement mieux que quiconque, dans cette Eglise post-conciliaire c'est un son de cloche qui n'a pas eu beaucoup droit de cité. Et les gens comme moi n'ont donc que la vision caricaturale du réac accroché à ses vieilles habitudes. J'exagère un peu car j'ai eu il y a quelques temps une discussion avec un très jeune prêtre qui, malgré son jeune âge, avait su m'expliquer combien la réforme brutale après le concile avait pris des allures d'un n'importe quoi qui auraient du braquer n'importe quel catholique digne de foi : on pouvait même voir des prêtres célébrer sur une table de cuisine en formica avec un bout de toile cirée dessus et un verre à moutarde en guise de ciboire. C'était tellement plus cool de faire ça à la maison ! Dieu est plus proche de nous comme ça, n'est-ce pas ?

Du fond de mon coeur, j'ose espérer que si j'avais connu tout ça, j'aurai résisté avec tous les intégristes contre cette relativisation à l'extrême, sans pouvoir toutefois affirmer que j'en aurai eu l'intelligence et la force. Malgré tout, la dérive ultime fut de confondre l'anarchie des brebis avec le pasteur, et de jeter le pasteur en même temps que les brebis : ce qu'on appelle couramment jeter bébé avec l'eau du bain.

Pour votre signature, je vous en suggère une toute simple et très propice à ces temps-ci : Viva el Papa !

Je ne suis prophète que par mon baptême, mais je crois que des temps nouveaux approches pour ce qui est de l'unité. Cela n'a pas grand chose à voir, mais en écrivant hier soir à mon directeur spirituel, je disais combien je pressentais une future communion pas si lointaine, très forte et magnifique, dans le Christ entre juifs et chrétiens. Le pourquoi de cette "vision" serait un peu long à expliquer ici et un peu hors sujet, mais bon. Notre Eglise va dans le sens de l'unité et c'est quelque chose dont les conséquences seront au-delà de toutes nos espérances, j'en suis convaincu. Car l'unité ce n'est pas juste dire "nous sommes d'accord, paix à nous". C'est aussi combiner toutes nos richesses respectives, et enrichir l'Eglise de cette synthèse et ce dépassement de nos différences.
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Re: Liturgie bâclée : quelles options ?

Message non lu par coeurderoy » jeu. 16 avr. 2009, 11:35

Merci à vous Virgile et Pneumatis :

je suis assez fier finalement d'avoir eu l'attitude "réac" -tive et non réactionnaire comme le disent les perpétuels avant-gardistes courant après un illusoire "Grand Soir" : demain, demain, sera toujours meilleur vous verrez ! La lecture de la vie d'un curé tourangeau : Le Crapaud de Nuit, Jean-Jacques Loisel CLD 1982, prêtre insermenté disant à ses risques et péril la "Messe interdite" en pleine Terreur, se déplaçant incognito pour apporter la Communion, assistant les crève-la-faim-spirituelle de son époque impie, m'avait amplement convaincu que les très gros sacrifices consentis pour que survive la Sainte Liturgie Catholique et Romaine étaient nécessaires.

On se demande tout-de-même ce qu'il en serait aujourd'hui si notre pays (si moqué et détesté) n'avait pas eu l'honneur de cette résistance. Je songe aussi à tous ces officiers catholiques de la fin de l'Ancien Régime qui virent leur carrière militaire impitoyablement brisée pour avoir refusé de commettre, sous les ordres du petit Corse, les forfaits que l'on sait en Europe. Un oncle de mon épouse a fait une recherche sur une famille, incarcérée sous la Terreur (une jeune femme y perdit son enfant), vivotant au début XIXème sur ses terres au moment où les acquéreurs des biens nationaux, terroristes au moment où il fallait l'être, puis bonapartistes, pavoisaient dans des châteaux fraîchement acquis.... Relisez les Mémoires d'Outre-Tombe.
Sans doute n'avons-nous pas vu les têtes de nos proches rouler dans le sang, mais que d'infamie, de pleutrerie, de compromissions, de sacrilèges, de renégats...Comprenez, vous les plus jeunes, une certaine nausée, une tristesse en constatant les dégats spirituels dont les traces sont si visibles pour qui a des yeux pour voir.
L'Eglise n'a cessé d'ennoblir et de sanctifier non seulement les âmes, mais les arts, les cités, les lois, les paysages... Sans la présence de l'Eucharistie et des dons qui en émanent, pas de douceur ni de beauté à attendre que ce soit dans nos rapports humains, notre environnement, notre langue, nos visages, notre culture. La flèche radieuse de Senlis se profilant sur les forêts du Valois, c'est l'Eglise, le souci des pauvres, c'est l'Eglise, l'éducation intelligente faisant confiance à l'enfant, c'est l'Eglise, le respect de la femme, sa juste place dans la vie sociale et familiale c'est l'Eglise, la réunion de la cité priant le Seigneur dans le repos dominical, c'est l'Eglise, la douceur d'un sourire de vraie compassion, c'est l'Eglise, la musique de Josquin des Prés ou de Bach, c'est l'Eglise, la reconnaissance de la valeur infinie de la Création, reflet des splendeurs du Père, c'est l'Eglise...

Et on nous a demandé en permanence de...demander pardon : l'Eglise cette grande vilaine nous a brimés, opprimés, déprimés, surveillés, maintenus dans les ténèbres, etc, etc.... et tout le mal qu'elle a pu faire en diffusant le message du Christ aux gentils barbares : ouh ! la vilaine, couvrons nous de cendres et vautrons nous repentants devant tous ces hommes injustement sanctifiés par les affreux missionnaires !

Il y a douze ans de cela un sermon entendu à la cathédrale de Saint-Malo m'avait...fichu le moral à zéro : quoi ! des années d'études au séminaire, les possibilités d'accéder aux trésors spirituels et doctrinaux de l'Eglise pour pondre un pensum du style "chouette, c'est l'Europe, aimons-nous-les uns les autres dans le respect de toutes les différences, cultures et sensibilités" .
Comment se convertiront-ils Seigneur, ceux qui ont peur de faire des vagues ? (un comble à Saint-Malo !).

Prions pour la conversion des égarés, des ennemis du Pape et de l'Eglise, et sanctifions nous !
Dernière modification par coeurderoy le jeu. 16 avr. 2009, 15:57, modifié 1 fois.
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Re: Ex-sédévacantiste

Message non lu par carennac46 » jeu. 21 mai 2020, 2:18

a deo gratias et coeur de roy..

je debarque un peu tard et ne sais si mon propos rejoindra les estinataires...

on voit bien que la confusion est totale, puisque l'un fait de la "visibilité" une note, alors que c'est la réunion de toutes les notes.. qui nous rend "visible l'Eglise, laquelle a été bien des fois persecutée.. et invisible..

quant à ce qui "fait " un Pape, il faudrait revenir aux racines ontologiques, là ou Paul IV avait infailliblement clarifié le sujet..

à bientôt, donc, pour ceux que ca intéressera...

Jean-Mic
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Re: Ex-sédévacantiste

Message non lu par Jean-Mic » jeu. 21 mai 2020, 11:53

carennac46 a écrit :
jeu. 21 mai 2020, 2:18
... là ou Paul IV avait infailliblement clarifié le sujet..
Paul IV ? Vous n'avez pas peur de remonter un peu loin ?

Paul IV a été pape de 1555 à 1559. Il a surtout brillé par ses persécutions à l'égard des juifs : instauration des ghettos, obligation de porter un vêtement jaune, interdictions d'exercer de nombreux métiers, autodafés des ouvrages en hébreu, sans oublier les 24 juifs brûlés vifs à Ferrare. Pour faire bonne mesure, il a aussi relancé l'Inquisition à l'encontre des protestants. Preuve que tous les papes n'ont pas été des saints !

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Suliko
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Re: Ex-sédévacantiste

Message non lu par Suliko » jeu. 21 mai 2020, 16:17

Paul IV ? Vous n'avez pas peur de remonter un peu loin ?
Notre invité fait très certainement allusion à la bulle Cum ex apostolatus officio.
Assez longtemps la foule a entendu parler de ce qu'on appelle les droits de l'homme ; qu'elle entende parler quelquefois des droits de Dieu ! (Léon XIII)

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