Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Cheminement et vocation

Message non lupar etienne lorant » sam. 13 janv. 2018, 18:19

Le samedi de la 1re semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 9,1-4.10c.17-19.10,1.
Il y avait dans la tribu de Benjamin un homme appelé Kish, fils d’Abiel, fils de Ceror, fils de Becorath, fils d’Afiah, fils d’un Benjaminite. C’était un homme de valeur. Il avait un fils appelé Saül, qui était jeune et beau. Aucun fils d’Israël n’était plus beau que lui, et il dépassait tout le monde de plus d’une tête. Les ânesses appartenant à Kish, père de Saül, s’étaient égarées. Kish dit à son fils Saül: « Prends donc avec toi l’un des serviteurs, et pars à la recherche des ânesses. » Ils traversèrent la montagne d’Éphraïm, ils traversèrent le pays de Shalisha sans les trouver; ils traversèrent le pays de Shaalim: elles n’y étaient pas ; ils traversèrent le pays de Benjamin sans les trouver. Alors ils allèrent à la ville où se trouvait l’homme de Dieu. Quand Samuel aperçut Saül, le Seigneur l’avertit : « Voilà l’homme dont je t’ai parlé ; c’est lui qui exercera le pouvoir sur mon peuple. » Saül aborda Samuel à l’entrée de la ville et lui dit : « Indique-moi, je t’en prie, où est la maison du voyant. » Samuel répondit à Saül : « C’est moi le voyant. Monte devant moi au lieu sacré. Vous mangerez aujourd’hui avec moi. Demain matin, je te laisserai partir et je te renseignerai sur tout ce qui te préoccupe. Alors, Samuel prit la fiole d’huile et la répandit sur la tête de Saül ; puis il l’embrassa et lui dit : « N’est-ce pas le Seigneur qui te donne l’onction comme chef sur son héritage ?


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,13-17.
En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer; toute la foule venait à lui, et il les enseignait.En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples: «Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs!» Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Toutes les vocations passent par un cheminement. Et dans les textes bibliques, ce chemine-ment est tout à fait concret: on quitte sa maison, son travail, ses habitudes et l'on part sans très bien savoir que réserve la prochaine étape. L'important, c'est que l'on sort de chez soi, de son travail et de ses habitudes et que l'on se mette en marche sans vraiment savoir ce que l'on va trouver. Il en va de même en en notre temps:  il est très courant qu'en cherchant l'activité qui nous paraissait la plus évidente, on s'en retrouve dérouté mais de façon heureuse. Dans mon cas personnel, j'avais songé à donner cours de français dans un établissement quelconque de la région. Mais en attendant d'être appelé, j’ai assisté une commerçante dans son travail.

Elle vendait toutes sortes d'articles en solde. Un jour, elle acquit un stock de plusieurs caisses de livres en format de poche, mais ne sachant pas comment biens les présenter, les classer selon le thème, ou bien encore: répondre aux questions de la clientèle, c'est moi qui m'en suit chargé. Et quelques mois plus tard, j'ai ouvert mon propre magasin.

La vocation de Saul fut aussi l’aboutissement d'une "mise en route" dont il ne pouvait pas dire où celle-ci le conduirait. Il ne savait pas ce que pourrait lui apporter de suivre Jésus, sauf qu'il sentait bien que cette occasion de changer de vie ne se représenterait pas une seconde fois. Il fut comme un homme qui se jette à l'eau, sans avoir appris une forme de nage performante, mais qui avait pleine confiance.



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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Dimanche 14 janvier 2018 s

Message non lupar etienne lorant » dim. 14 janv. 2018, 23:13

Comme il est rare qu'un texte comme celui-ci soit bien récité, bien lu - on ne peut désirer que autre chose que le partager:









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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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A vin nouveau, outre neuve

Message non lupar etienne lorant » lun. 15 janv. 2018, 19:32

Premier livre de Samuel 15,16-23.
En ces jours-là, Samuel dit à Saül« Assez! Je vais t’apprendre ce que le Seigneur m’a dit pendant la nuit ». Saül lui dit«Parle.» Alors Samuel déclara: «Toi qui reconnaissais ta petitesse, n’es-tu pas devenu le chef des tribus d’Israël, puisque le Seigneur t’a donné l’onction comme roi sur Israël? Il t’a envoyé en campagne et t’a donné cet ordre: “Va, et voue à l’anathème ces impies d’Amalécites, fais-leur la guerre jusqu’à l’extermination.” pourquoi n’as-tu pas obéi à la voix du Seigneur - Pourquoi t’es-tu jeté sur le butin? Pourquoi Pourquoi s'as-tu fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur?» Saül répondit à Samuel:«Mais j’ai obéi à la voix du Seigneur! ! Je suis allé là où il m’envoyait, j’ai ramené Agag, roi d’Amalec, et j’ai voué Amalec à l’anathème. Dans le butin, le peuple a choisi le meilleur de ce qui était voué à l’anathème, petit et gros bétail, pour l’offrir en sacrifice au Seigneur ton Dieu, à Guilgal.»

Samuel répliqua: « Le Seigneur aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à sa parole ? Oui, l’obéissance vaut mieux que le sacrifice, la docilité vaut mieux que la graisse des béliers. La révolte est un péché comme la divination; la rébellion est une faute comme la consultation des idoles. Parce que tu as rejeté la parole du Seigneur, lui aussi t’a rejeté: tu ne seras plus roi ! »


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,18-22.
En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus: «Pourquoi, alors es disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas?  Jésus leur dit: «Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux  Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve  autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »

©Aelf, Paris


Dans la première lecture, que Dieu reproche Samuel d'avoir outrepassé consignes qui lui avait été données. Une fois la victoire acquise, il ne s'est pas contenté d'avoir vaincu, mais il s'est emparé des biens des vaincus, non comme un "homme de Dieu", mais comme un chef de guerre de son époque: le vainqueur pie le vaincu, torture, fusille, viole les femmes et se rend pire que l'ennemi qu'il a vaincu."Vae Victs !" Mais en agissant ainsi, tout au contrite d'apporter aux peuples une vision plus humaine de l'Histoire, on ne fait que renforcer les violences, multiplier les injustices, rendre des hommes esclaves, susciter des désirs de revanche et accroître la virulence des vengeances. De sorte que le cycle des guerres ne cesse jamais d'en susciter d'autres, avec l'usage de d'armes de plus en plus destructrices.
L'avant dernière guerre a vu l’apparition des gaz sur les champs de bataille - et la dernière la bombe atomique. La "guerre des étoiles" n'est certes pas qu'un film d'anticipation...

Jésus, quant a lui, emploie l'image du nouveau vin qu'on ne peut garder dans de vielles outres ou des vêtements usagés dont on se servirait pour cacher les défauts d'un vêtement neuf - c'est ridicule, mais en de nombreux domaines, la perversité des hommes les transporte jusque dans la folie... Notre prêtre a conclu en posant cette question: "Qui, parmi nous, s'est mis à pratiquer sa foi de mieux en mieux, en renouvelant toutes choses au cours de son existence, de son passage sur la terre, dans la chair ?   Que chacune et chacun d'entre nous prenne donc note, dans un carnet, ses "plus" et ses "moins" de sa vie de baptisé - quel est l'ennemi blessé que nous avons secouru ?


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Pratique religieuse ou quête de sainteté ?

Message non lupar etienne lorant » mar. 16 janv. 2018, 14:05

Le mardi de la 2e semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 16,1-13.
En ces jours-là, le Seigneur dit à Samuel : « Combien de temps encore seras-tu en deuil à cause de Saül ? Je l’ai rejeté pour qu’il ne règne plus sur Israël. Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi. » Samuel répondit : « Comment faire ? Saül va le savoir, et il me tuera. » Le Seigneur reprit : « Emmène avec toi une génisse, et tu diras que tu viens offrir un sacrifice au Seigneur. Tu convoqueras Jessé au sacrifice ; je t’indiquerai moi-même ce que tu dois faire et tu me consacreras par l’onction celui que je te désignerai. » Samuel fit ce qu’avait dit le Seigneur. Quand il parvint à Bethléem, les anciens de la ville allèrent à sa rencontre en tremblant, et demandèrent : « Est-ce pour la paix que tu viens ? » Samuel répondit : « Oui, pour la paix. Je suis venu offrir un sacrifice au Seigneur. Purifiez-vous, et vous viendrez avec moi au sacrifice. » Il purifia Jessé et ses fils, et les convoqua au sacrifice. Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur ! » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Jessé appela Abinadab et le présenta. Samuel,  dit : « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi.» Jessé présenta Shamma, mais Samuel dit: « Ce n’est pas lui non plus que le Seigneur a choisi.» Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit: « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. » Alors Samuel dit à Jessé: «N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit: « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé: « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé.» Jessé le fit  venir: le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors: « Lève-toi, donne-lui l’onction: c’est lui ! » Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là. Quant à Samuel, il se mit en route et s’en revint à Rama.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 2,23-28.
Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens disaient:  Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis». Jésus leur dit: « N’avez-vous pas lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux avec luiAu temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sauf les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. » Il leur disait encore: « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »

© AELF, Paris


Le lien entre la première et la seconde lecture peut paraître assez faible. Mais il repose tout entier sur la royauté. Il y a, en effet, deux formes de royauté: celle des hommes, selon leurs critères, et celle de Dieu. Les juifs ont réclamé a Samuel d'avoir un roi, afin d'être gouvernés "comme les autres".".  Ils ont beau être le peuple élu, c'est-à-dire le peuple choisi par Dieu parmi tous les peuples, ils nourrissent comme ambition d’être "comme les autres peuples.  Mais avant de les condamner, nous devons bien constater que chacun de nous, et en Eglise aussi, s'efforce le plus souvent d'être "comme les autres"...  Telle est la "pâte" humaine, tantôt cherchant l'exception, puis la conformité et  l'anonymat !

Telles sont les pensées humaines: elles sont le plus souvent confuses. Et lorsque les pharisiens réprimandent les disciples pour avoir transgressé la règle du repos du sabbat en arrachant quelques épis de blés, Jésus rétorque très simplement que le roi David avait fait bien plus en se nourrissant de pains destinés à l'offrande au temple.

La leçon principale à tirer des lectures de ce jour, c'est qu'il nous faut nous conduire, en Eglise comme en rue, comme au bureau, comme à l'usine... en tout temps et en tout lieu non pas en tenant compte de circonstances différentes, mais comme enfants de Dieu - lesquels ne jugent pas selon les apparences mais "en esprit et en vérité". Pour notre prêtre, les saintes et les saints sont des fidèles qui ont eu pour seule ambition de vivre non pas seulement selon la loi, mais en tout temps selon la grâce divine, c'est-à-dire selon les deux premiers commandements.  "Quels sont-ils ?" ....


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Combattre le mal en manifestant le bien

Message non lupar etienne lorant » mer. 17 janv. 2018, 12:21

Le mercredi de la 2e semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 17,32-33.37.40-51.
En ces jours-là, David dit à Saül : « Que personne ne perde courage à cause de ce Philistin. Moi, ton serviteur, j’irai me battre avec lui. » Saül répondit à David : « Tu ne peux pas marcher contre ce Philistin pour lutter avec lui, car tu n’es qu’un enfant, et lui, c’est un homme de guerre depuis sa jeunesse. » David insista : « Le Seigneur, qui m’a délivré des griffes du lion et de l’ours, me délivrera des mains de ce Philistin. » Alors Saül lui dit : « Va, et que le Seigneur soit avec toi ! » David prit en main son bâton, il se choisit dans le torrent cinq cailloux bien lisses et les mit dans son sac de berger, dans une poche ; puis, la fronde à la main, il s’avança vers le Philistin. Le Philistin se mit en marche et, précédé de son porte-bouclier, approcha de David. Lorsqu’il le vit, il le regarda avec mépris car c’était un jeune garçon ; il était roux et de belle apparence. Le Philistin lui dit : « Suis-je donc un chien, pour que tu viennes contre moi avec un bâton ? » Puis il le maudit en invoquant ses dieux. Il dit à David : « Viens vers moi, que je te donne en pâture aux oiseaux du ciel et aux bêtes sauvages ! » David lui répondit : « Tu viens contre moi avec épée, lance et javelot, mais moi, je viens contre toi avec le nom du Seigneur des armées, le Dieu des troupes d’Israël que tu as défié. Aujourd’hui le Seigneur va te livrer entre mes mains, je vais t’abattre, te trancher la tête, donner aujourd’hui même les cadavres de l’armée philistine aux oiseaux du ciel et aux bêtes de la terre. Toute la terre saura qu’il y a un Dieu pour Israël, et tous ces gens rassemblés sauront que le Seigneur ne donne la victoire ni par l’épée ni par la lance, mais que le Seigneur est maître du combat, et qu’il vous livre entre nos mains. » Goliath s’était dressé, s’était mis en marche et s’approchait à la rencontre de David. Celui-ci s’élança et courut vers les lignes des ennemis à la rencontre du Philistin. Il plongea la main dans son sac, et en retira un caillou qu’il lança avec sa fronde. Il atteignit le Philistin au front, le caillou s’y enfonça, et Goliath tomba face contre terre. Ainsi David triompha du Philistin avec une fronde et un caillou : quand il frappa le Philistin et le mit à mort, il n’avait pas d’épée à la main. Mais David courut ; arrivé près du Philistin, il lui prit son épée, qu’il tira du fourreau, et le tua en lui coupant la tête. Quand les Philistins virent que leur héros était mort, ils prirent la fuite.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,1-6.
En ce temps-là, Jésus entra de nouveau dans la synagogue; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « tends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.


Les textes de ce jour nous rassurent et nous disent de ne pas craindre dans les périodes plus difficiles de notre vie sur la terre. Ne craignos pas ces temps pénibles que nous vivons du fait de ces crises interminables qui traversent le monde.  C'est le péché que nous devons craindre en premier.

La victoire inespérée du jeune David contre un géant, champion de guerre, ressemble bien à la victoire contre les tentations auxquelles nous sommes soumis. de temps à autre. S'il est une tentation qui peut très bien avoir sur nous la puissance d'un géant de guerre, c'est bien la crainte de l'avenir, la peur de venir à manquer, c'est l'angoisse de ne pas venir à bout d'un travail avec succès - et c'est, encore: la maladie et la vieillesse. Des étudiants craintifs, quelle que soit la qualité de leur préparation, éprouvent  des angoisses aussi puissantes que celles qui accompagnent la maladie... Si l'angoisse paralyse parfois, c'est qu'il faut s'appliquer de manière positive. Ainsi, pour le jeune David, venu avec sa fronde et sa jeunesse, la cible énorme que constituait le géant était d'autant plus facile à vaincre du fait de son poids l'empêcherait de se déplacer rapidement.  Que l'on se souvienne aussi des mots de Jésus: "Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui,  c’est celui-là que vous devez craindre."

L’Évangile de ce jour nous montre Jésus désarmer en partie la haine de ses adversaires. Car en ordonnant à l'homme de tendre sa main atrophiée, il ne l'a pas touché. Techniquement, Jésus n'a pas accompli un geste médical, mais c'est le malade qui s'est guéri lui-même. Mais la fureur assassine des conduit ses adversaires à s'allier avec les partisans d'Hérode - qu'ils détestent tout autant.  De même en ce monde : le mal entraîne le mal, mais le bien se retire dans la paix du cœur et de l'âme - belle homélie ce matin !





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Autre commentaire que j'ai pu lire - probablement protestant mais très belle et riche méditation !



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David, le roi bien aimé

Message non lupar etienne lorant » jeu. 18 janv. 2018, 19:09

Le jeudi de la 2e semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 18,6-9.19,1-7.
En ces jours-là, au retour de l’armée, lorsque David revint après avoir tué le Philistin, les femmes sortirent de toutes les villes d’Israël à la rencontre du roi Saül pour chanter et danser au son des tambourins, des cris de joie et des cymbales. Les femmes dansaient en se renvoyant ce refrain : « Saül a tué ses milliers, et David, ses dizaines de milliers. » Saül le prit très mal et fut très irrité. Il disait : « À David on attribue les dizaines de milliers, et à moi les milliers ; il ne lui manque plus que la royauté ! » Depuis ce jour-là, Saül regardait David avec méfiance. Saül dit à son fils Jonathan et à tous ses serviteurs son intention de faire mourir David. Mais Jonathan, le fils de Saül, aimait beaucoup David et il alla le prévenir  « Mon père Saül cherche à te faire mourir. Demain matin, sois sur tes gardes, mets-toi à l’abri, dissimule-toi. Moi, je sortirai et je me tiendrai à côté de mon père dans le champ où tu seras. Je parlerai de toi à mon père, je verrai ce qu’il en est et je te le ferai savoir. » Jonathan fit à son père Saül l’éloge de David ; il dit : « Que le roi ne commette pas de faute contre son serviteur David, car lui n’a commis aucune faute envers toi. Au contraire, ses exploits sont une très bonne chose pour toi. Il a risqué sa vie, il a frappé à mort Goliath le Philistin, et le Seigneur a donné une grande victoire à tout Israël : tu l’as vu et tu en as été heureux. Pourquoi donc commettre une faute contre la vie d’un innocent, en faisant mourir David sans motif ? » Saül écouta Jonathan et fit ce serment : « Par le Seigneur vivant, il ne sera pas mis à mort ! » Alors Jonathan appela David et lui répéta tout ce que le roi avait dit. Puis il le conduisit à Saül, et David reprit sa place comme avant.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,7-12.
En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer, et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent. De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait. Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas. Il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que  ceux qui souffraient d'un mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et quand les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient: «Toi, tu es le Fils de Dieu ! » Mais il leur défendait  de le faire connaître.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'interprétation des textes de ce jour devient chose très simple dès que l'on y introduit le mot "contestation". Il y a contestation, de la part du roi Saül, de la renommée grandissante du jeune David - et il y a contestation dans le chef des scribes et des pharisiens contre Jésus du fait de son enseignement qui fait venir à Lui beaucoup de leurs compatriotes et de leurs coreligionnaires. Ne craignent-ils pas de perdre l'autorité qu'ils exercent sur le peuple ?

Tous se sont mis à percevoir que la foule des gens simples pourrait s’éloigner de la grande rigueur de leurs pratiques, en découvrant - avec et par Jésus - que la relation à Dieu (c'est-à-dire: la religion) peut être vécue d'une manière beaucoup plus simple, tout en gardant son authenticité.


De la même façon, le roi Saül craint la popularité du jeune David. Il est  le héro de tout le peuple, lui qui a fait périr Goliath d'une simple pierre et en préservant le peuple des malheurs d'une guerre.  Comment pourrait-on se défaire d'un tel homme? Mais de même que les pharisiens ont précipité  la fin de Jésus, de même le roi Saul cherchera à éliminer le héro devenu trop célèbre en un seul jour..

Si donc Jésus est appelé aussi "fils de David", c'est bien du fait de la simplicité de son enseignement, accessible à tous les cœurs sincères.


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Tous connus, tous aimés

Message non lupar etienne lorant » ven. 19 janv. 2018, 14:18

Le vendredi de la 2e semaine du temps ordinaire

Premier livre de Samuel 24,3-21.
En ces jours-là, Saül prit trois mille hommes, choisis dans tout Israël, et partit à la recherche de David et de ses gens en face du Rocher des Bouquetins. Il arriva aux parcs à moutons qui sont en bordure de la route ; il y a là une grotte, où Saül entra pour se soulager. Or, David et ses hommes se trouvaient au fond de la grotte. Les hommes de David lui dirent : « Voici le jour dont le Seigneur t’a dit : “Je livrerai ton ennemi entre tes mains, tu en feras ce que tu voudras.” » David vint couper furtivement le pan du manteau de Saül. Alors le cœur lui battit d’avoir coupé le pan du manteau de Saül. Il dit à ses hommes : « Que le Seigneur me préserve de faire une chose pareille à mon maître, qui a reçu l’onction du Seigneur : porter la main sur lui, qui est le messie du Seigneur. » Par ses paroles, David retint ses hommes. Il leur interdit de se jeter sur Saül. Alors Saül quitta la grotte et continua sa route. David se leva, sortit de la grotte, et lui cria : « Mon seigneur le roi ! » Saül regarda derrière lui. David s’inclina jusqu’à terre et se prosterna, puis il lui cria : « Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent : “David te veut du mal” ? Aujourd’hui même, tes yeux ont vu comment le Seigneur t’avait livré entre mes mains dans la grotte ; pourtant, j’ai refusé de te tuer, je t’ai épargné et j’ai dit : “Je ne porterai pas la main sur mon seigneur le roi qui a reçu l’onction du Seigneur.” Regarde, père, regarde donc : voici dans ma main le pan de ton manteau. Puisque j’ai pu le couper, et que pourtant je ne t’ai pas tué, reconnais qu’il n’y a en moi ni méchanceté ni révolte. Je n’ai pas commis de faute contre toi, alors que toi, tu traques ma vie pour me l’enlever. C’est le Seigneur qui sera juge entre toi et moi, c’est le Seigneur qui me vengera de toi, mais ma main ne te touchera pas ! Comme dit le vieux proverbe : “Des méchants sort la méchanceté.” C’est pourquoi ma main ne te touchera pas. Après qui donc le roi d’Israël s’est-il mis en campagne ? Après qui cours-tu donc ? Après un chien crevé, après une puce ? Que le Seigneur soit notre arbitre, qu’il juge entre toi et moi, qu’il examine et défende ma cause, et qu’il me rende justice, en me délivrant de ta main ! » Lorsque David eut fini de parler, Saül s’écria : « Est-ce bien ta voix que j’entends, mon fils David ? » Et Saül se mit à crier et à pleurer. Puis il dit à David : « Toi, tu es juste, et plus que moi : car toi, tu m’as fait du bien, et moi, je t’ai fait du mal. Aujourd’hui tu as montré toute ta bonté envers moi : le Seigneur m’avait livré entre tes mains, et tu ne m’as pas tué ! Quand un homme surprend son ennemi, va-t-il le laisser partir tranquillement ? Que le Seigneur te récompense pour le bien que tu m’as fait aujourd’hui. Je sais maintenant que tu régneras certainement, et que la royauté d’Israël tiendra bon en ta main.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,13-19.
En ce temps-là,  Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui,et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.


On pourrait dire: tout est dans l'intitulé, car le Seigneur ne veut pas la mort du méchant, mais qu'il se convertisse et qu'il vive.

La scène un peu cocasse du roi déchu qui se fait couper un manteau de son manteau dans la grotte où il s'est retiré pour se soulager... nous montre bien que nul n'est à l'abri, nulle part, d'une oeuvre divine. Dans le cas précis, ce qui est admirable, ce n'est pas l'astuce de David, mais c'est - tout à fait - qu'afin de convertir un homme, il n'est aucun moyen dévalorisant.

Dieu sait tout ce qu'il y a dans l'homme, mais il n'agit pas comme s'il n'était qu'un vulgaire cobaye de laboratoire ! Il ne s'agit pas de vaincre, mais de le convaincre, c'est-à-dire: vaincre le cœur,  le convertir un peu plus chaque jour, s'est exclamé notre prêtre.  Il nous voit commettre des péchés, mais Il veut nous guérir du mal et nous rendre saints...

Le lien entre la première et la seconde lecture découle naturellement du fait que les disciples ne sont pas choisis selon leurs aptitudes, comme la connaissance des langues, l'éloquence, l'intelligence, la mémoire, l'attention, l'écoute et autres qualités... mais ils sont choisis selon selon le dessein, le projet de Dieu.

De sorte que Judas, le futur traître, reçoit les mêmes pouvoirs que les autres disciples. Cela nous choque, mais c'est la seulement du fait que nous connaissons déjà la fin de l'histoire ! Un autre aurait pu être le traître, puisque même Pierre, dans un moment de panique, a renié trois fois son maître - après que tous se soient enfuis pour ne pas être arrêtés, eux aussi.!

Les lectures de ce jour nous auront donc conduits plus loin que ce que l'on pouvait prévoir. Mais selon notre prêtre, il en est toujours ainsi, car la Parole, le Verbe est toujours à l'oeuvre dans les âmes. Puis-je dire que je suis ressorti tout émerveillé de me sentir aimé ?  Oui: chacune et chacun d'entre nous sommest connus entièrement et aimé sans réserve. Alléluia !


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
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Message non lupar etienne lorant » Hier, 15:33

Le samedi de la 2e semaine du temps ordinaire

Deuxième livre de Samuel 1,1-4.11-12.19.23-27.
En ces jours-là, David, après avoir battu les Amalécites, revint à Ciqlag et y demeura deux jours. Or, le troisième jour, un homme arriva du camp de Saül, les vêtements déchirés et la tête couverte de poussière. En arrivant auprès de David, il se jeta à terre et se prosterna. David lui demanda : « D’où viens-tu donc ? » Il lui répondit : « Je me suis échappé du camp d’Israël. » David lui dit : « Que s’est-il passé ? Raconte-le-moi ! » L’homme répondit : « Le peuple s’est enfui du champ de bataille ; beaucoup d’entre eux sont tombés et sont morts. Et même Saül et son fils Jonathan sont morts ! » Alors David arracha et déchira ses vêtements, et tous les hommes qui étaient avec lui firent de même. Ils se lamentèrent, pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir, à cause de Saül et de son fils Jonathan, à cause du peuple du Seigneur et de la maison d’Israël, parce qu’ils étaient tombés par l’épée. « Ta fierté, Israël, transpercée sur tes hauteurs ! Comment sont-ils tombés, les héros ? Saül et Jonathan, aimables, pleins de charme, ni dans la vie ni dans la mort ne furent séparés, plus rapides que les aigles, plus vaillants que les lions. Filles d’Israël, pleurez sur Saül : il vous revêtait de pourpre somptueuse et rehaussait de joyaux d’or vos vêtements. Comment sont-ils tombés, les héros, au milieu du combat ? Jonathan, transpercé sur les hauteurs ! J’ai le cœur serré à cause de toi, mon frère Jonathan. Tu étais plein d’affection pour moi, et ton amitié pour moi était merveille plus grande que l’amour des femmes ! Comment sont-ils tombés, les héros ? Comment ont-elles disparu, les armes du combat ? »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 3,20-21.
En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient: «Il a perdu la tête.»


Cy Aelf Paris


Tandis que David pleure la mort de Saül et de son fils Jonathan, Jésus est lui-même confronté aux limites humaines. C'est bien la question des limites humaines que  soulèvent les textes de la liturgie du jour.

D'une part, il y a le deuil des personnes que nous avons beaucoup aimées et dont la mémoire porte la marque d'un chagrin qui demeure. Pleurer celles et ceux qui nous ont aidés à grandir - qu'ils soient ou non - des membres de nos familles -  demeure un remède pour le cœur.

Pour moi-même, je me souviens du superbe été qui a suivi le décès de mon père, Gabriel. Avec leur part d'héritage, mes sœurs sont parties pour l'Italie; elles ont visité tout ce qu'il est possible durant tout un mois.  Quel bel été que celui de l'année 2008 !  

Mais ni la chaleur  ni la lumière ne pouvaient me consoler - d'autant qu'à peine entrée dans la maison de repos, ma mère a dû être opérée d'une très handicapante "descente d'organes". Et le ciel demeurait tout bleu, il faisait bon, et tout ce qui pouvait me consoler et relever
relever mon esprit affligé, retombait comme autant de malveillant d'ironies  malheurs...

C'est dans ces circonstances qu'au cours d'une messe à laquelle je m'étais rendu toujours le front baissé, en marchant avec peine sous le ciel tout bleu... que le prêtre (inconnu de moi), a cité un mot de Julien Green extrait  de son Journal. Or, je venais d'en   découvrir quelques lignes. Aussitôt, j'ai ressenti que cette lecture pourrait me réconforter.  C'est cette année là,  que je me suis inscrit sur un forum catholique. E L'écriture m'a permis de me "resituer" dans ma propre existence. Au bout du compte, cet héritage-là fut beaucoup plus riche que le "monétaire" ! - évidemment.

Du reste, par la lecture de l’Évangile du jour, je suis conforté du fait de découvrir Jésus confronté aux limites humaines. Cette humilité du Seigneur, c'est - elle aussi - qui nous fait l'aimer jour après jour, en toutes circonstances.

Méditation toute personnelle  car pas de messe ce matin...




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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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