La prière comme puits de lumière

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Jésus à Sainte-Catherine de Sienne

Message non lu par etienne lorant » mer. 29 oct. 2008, 17:59

J'avais lu - et je l'avais constaté par moi-même aussi (il serait temps !), le Seigneur s'adresse à nous de mille et une façons, parfois complètement inattendues, et la plupart du temps de manière à ce que nous puissions toujours reprendre notre liberté et dire : "telle chose bonne m'est arrivée parce que j'ai toujours eu de la chance"... Mais en dépit même de la découverte de partages concordants chez différents auteurs, il me manquait "le ciment" entre les témoignages et mes propres expériences. Et aujourd'hui, je reçois d'une internaute cet extrait d'un dialogue de Jésus à sainte Catherine de Sienne:

"Mes dons sont temporels ou spirituels. J’appelle temporels toutes les choses nécessaires à la vie de l’homme, et ces choses je les dispense avec une grande inégalité. Je ne les donne pas toutes à un seul, afin que des besoins réciproques deviennent une occasion de vertu et un moyen d’exercer la charité. II m’était très facile de donner à chacun ce qui est utile à son corps et à son âme ; mais j’ai voulu que tous les hommes eussent besoin les uns des autres pour devenir ainsi les ministres et les dispensateurs des dons qu’ils ont reçus de moi. Que l’homme le veuille ou non, il est forcé d’exercer la charité envers son prochain : seulement, si cette charité ne s’exerce pas par amour pour moi, elle ne sert de rien dans l’ordre de la grâce.

Ainsi tu vois que c’est pour organiser la charité que j’ai rendu les hommes mes ministres, et que je les ai placés dans des états et des rapports si différents. Il y a bien des manières d’être dans ma maison, et l’amour est la seule chose que je vous demande ; car c’est en m’aimant qu’on aime le prochain, et celui qui aime le prochain accomplit la loi ; quiconque possède l’amour rend avec bonheur à son prochain tous les services qu’il peut lui rendre."

Voici un "dire" prêté au Christ, où je reconnais pleinement le Seigneur que j'aime. Je le reconnais à la joie-en-moi. Comme je j'ai déjà dit en d'autres occasions, si un texte ne m'apporte pas la joie, alors je le mets de côté, mais celui-ci étincelle, que dis-je, il illumine cette journée. Merci à toi, Grâce, qui me l'a fait parvenir !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Offrande de la peine

Message non lu par etienne lorant » lun. 03 nov. 2008, 16:44

Office simplifié du Soir du lundi 03 novembre 2008
de la férie - 31ème semaine du temps ordinaire
V/ Dieu, viens à mon aide,
R/ Seigneur, à notre secours.

Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit,
au Dieu qui est, qui était et qui vient,
pour les siècles des siècles.
AMEN ALLELUIA

Quand tout décline, tu demeures,
Quand tout s’efface, tu es là !
Le soir descend, tu resplendis
Au cœur de toute créature.

Et quand l’aurore qui s’annonce
Se lèvera sur l’univers,
Tu régneras dans la cité
Où disparaissent les ténèbres. Hymne Auteur : A. Rivière / Éditeur : CNPL

Pour la première fois de cette terrible année 2008, je me retrouve non seulement isolé, mais malade (sans doute un refroidissement). J'ai une légère migraine depuis le matin, légère mais lancinante et fatigante. J'ai pensé à la mort, qui semble toujours lointaine, mais qui était là dès ma naissance. Sans doute étais-je déjà moins en forme dans l'après-midi de dimanche car j'ai subi une "attaque d'angoisse" vers 17 h, si forte que j'ai eu l'impression d'étouffer. L'idée m'est venue d' allumer une bougie de neuvaine. Pour ne pas demeurer complètement inoccupé, je me suis attaqué à ma vaisselle de célibataire (c'est-à-dire une vaisselle de quinze jours). J'ai lavé, frotté, essuyé, tout en récitant des dizaines de Rosaire.

Pas de bougie de neuvaine à la boutique ce lundi, mais à l'heure de la miséricorde (aujourd'hui 15h), j'ai eu un mouvement de toute mon âme pour offrir les désagréments que je ressentais "pour l'amour de Dieu". Cette offrande est une constante de la vie religieuse, vivement critiquée dans le monde - évidemment. Mais tout aussitôt, j'ai retrouvé le goût de la prière, qui m'avait quitté il y a plus d'une semaine. A présent, je prie, je prie en écrivant, je prie même tandis que j'écoute les plaintes des clients, je peux tout faire malgré ma peine, car c'est comme une respiration lente, une respiration d'adoration et de louange qui monte du creux de ma poitrine. Comme l'Eglise d'aujourd'hui a besoin de nos prières !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Misère de l'écriture

Message non lu par etienne lorant » mer. 05 nov. 2008, 18:16

Des personnes proches, qui ne disposent pas d'un ordinateur et qui s'estiment trop âgées pour y venir, m'ont demandé de leur imprimer quelques-uns de mes partages. Comme je me suis senti flatté ! Et j'ai donc laissé tourner l'imprimante. Puis je suis passé à la relecture... Horreur et stupéfaction ! J'ai trouvé des phrases trop lourdes, de multiples répétitions, des mots passe-partout (chose, faire, arranger, etc.), des expressions qui me dérangent (quoi qu'il en soit, toujours est-il que, encore faut-il que, etc.) Sans rien dire des fautes d'orthographe, des phrases à six lignes sans la moindre pause, des erreurs de subjonctifs, des omissions de prépositions. Je me suis mis au travail d'abord au crayon, puis au traitement de texte. Au moment d'imprimer de nouveau, j'ai manqué d'encre. Ensuite, j'ai décidé de ne garder que le meilleur, puis j'ai changé d'avis: c'est tricher, il faut l'un et l'autre, comme dans ma vie. Au bout de trois semaines, j'ai péniblement "accouché" d'un petit fascicule de vingt pages. J'avais lu cette chez Julien Green : "Trois heures pour avancer mon roman de six lignes"... mais il ne s'en plaignait pas. Lui-même s'était jugé en écrivant: "je suis un paresseux qui travaille". (Paresseux ? Qu'est-ce que je devrais dire!) Mais le bouquet, c'est qu'en effectuant des corrections, je crains de perdre le principal, qui consiste à poursuivre, à écrire encore, à me laisser inspirer et me raconter, à me libérer dans l'écrit et laisser le Seigneur employer ce pauvre instrument, le seul que j'ai pour Le servir... Soudain, je me rends compte de la situation de ce mauvais intendant, celui qui n'avait reçu qu'un seul Talent et qui l'avait enterré enveloppé dans un tissu: "Voilà, Seigneur, tu as ce qui t'appartient". Faux ! Les dons de Dieu qui restent inemployés s'épuisent et se dégradent et celui qui n'a rien à rendre en plus, ne peut même pas justifier le peu qu'il a ! Il faut travailler plus.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

jeanbaptiste
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Re: Misère de l'écriture

Message non lu par jeanbaptiste » mer. 05 nov. 2008, 19:07

Douleurs et joies de l'enfentement spirituel !
"je suis un paresseux qui travaille"
Oui !!

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De nouveau le désert

Message non lu par etienne lorant » jeu. 06 nov. 2008, 19:26

Voici deux jours que je n'ai plus cherché à joindre les membres de ma famille. Les funérailles de mon oncle ont eu lieu ce mercredi; en cette occasion, mes deux sœurs et ma mère se sont rencontrées à la maison de repos de celle-ci, mais je n'ai pas eu le moindre coup de fil. Très peiné sur le moment, j'ai choisi de laisser les choses suivre leur cours, car j'ai besoin, du moins je le crois, de me détacher du passé, avant que le passé ne détache sur moi - ce jeu de mot était si simple que je n'y ai pas résisté. :rire: De toute manière, n'est-il pas juste de commencer à penser à autre chose qu'à ma famille ? Ma famille, telle que j'ai connue depuis des années, c'est-à-dire de l'intérieur ? Avec la maladie du père, la grande fatigue de la mère, j'avais aussi le monastère des Clarisses. Eh bien, trait de plume: tout cela c'est du passé. Un long trait de plume sur plus de quinze années de vie, mais soit, il n'est pas question que je me laisse absorber par la mélancolie, comme toutes les fois où j'entends parler du "bon vieux temps". Le bon temps n'a jamais été aussi bon qu'il semblait, et ce qui est vieux sent le vieux.

Il me semble que je dois chercher quelque chose de neuf. Dans un message, au cours de ces derniers jours, j'ai dit que j'attendais une nouvelle illumination. Sans doute faut-il que je sois un peu plus "pro-actif", que je tente une chose ou l'autre ? Une demande m'a été transmise, puis une autre et une autre encore, afin que j'imprime quelques pages de ce journal et j'ai entrepris le fastidieux travail de la copie, de l'impression et surtout: de la correction. Je songe à récupérer certains éléments de mon ancienne vie. J'ai voyagé beaucoup entre les années 70 et les années 90, puis d'un seul coup en 1993, devant un superbe paysage de lac de montagne, dans les Vosges, j'ai éprouvé une pensée foudroyante: "Je n'ai plus besoin de voyager. Si je ne peux pas rencontrer l'Auteur d'un tel décor, rien ne me comblera plus, mais je me dirai toujours : il manque la signature, quel dommage!" Je pourrais essayer de voyager autrement, boucler la valise et tenter l'expérience: plus rien ne me retient (en dehors du travail). J'ai vu Barcelone, mais jamais Assise ou Rome. J'ai lu les notes de voyages de Julien Green et son regard curieux m'interpelle: il s'attache à des détails qui ne figurent jamais sur les guides, mais qui ont l'une ou l'autre qualité.

Quoi d'autre ? La musique, évidemment. Jusqu'à présent, je ne me suis jamais retrouvé dans une salle de concert. Et le chant grégorien ? L'Abbaye de Solesmes est-elle toujours ouverte ? Je m'en remets au Seigneur. Guide-moi Ô mon divin berger !
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François-Xavier
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Re: De nouveau le désert

Message non lu par François-Xavier » ven. 07 nov. 2008, 8:11

etienne lorant a écrit :L'Abbaye de Solesmes est-elle toujours ouverte ? Je m'en remets au Seigneur. Guide-moi Ô mon divin berger !
Cher Etienne,

Evidemment !
Allez-y donc fire un tour, pour une grande fête : le 8 décembre prochain ? Vous devriez ne pas être déçu du "voyage"....

http://www.abbayedesolesmes.fr/

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Prière pour intérioriser et se détacher

Message non lu par etienne lorant » sam. 15 nov. 2008, 18:29

Après avoir écouté aujourd'hui le douloureux appel du Seigneur: "Le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ?", j'ai résolu de prier et pour cette fois, la prière a commencé de couler d'abondance de mon coeur. Je prie également comme cela m'a été recommandé en abordant la théologie de la Miséricorde divine : afin de demander l'Esprit Saint pour m'assister dans mon étude. Mais cette fois, c'est en vue de l'intériorisation, thème cher à Maître Eckhart, que je prie. Après avoir avoué mon ignorance, dans un précédent, message, un livre m'est tombé dans les mains et ce que j'y ai trouvé m'a attiré:

Autant tu es détaché, autant tu possèdes;
Autant je me désapproprie, autant j'aurai...
Quand Dieu est-il ton Dieu ?
Quand tu n'aspires à rien d'autre, car ainsi tu as le goût de Dieu. (Sermons Allemands)

Dans une lettre reçue hier d'une amie, j'ai essuyé hier de lourds reproches. J'ai trop parlé de l'épreuve comme d'un bien pour le croyant, car il le maintient en éveil, et j'ai trop dit que beaucoup de choses en ce monde sont des leurres et des miroirs qui trompent. Bon, avec cette lecture axée sur le détachement, je ne risque pas que ma "cote" augmente, c'est sûr ! :sonne: ... mais tant pis.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

zélie
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Re: Julien Green et sa mère

Message non lu par zélie » jeu. 20 nov. 2008, 21:55

n'en veux pas à tes soeurs d'être ce qu'elles sont, et de ce fait de ne donner que ce qu'elles peuvent... Ne sommes-nous pas ainsi, tous, tout un chacun?
Elles ont des qualités et des défauts, et elles donnent ce qu'elles peuvent. Leur réaction n'est au fond peut-être qu'un message d'apaisement envers tes inquiétudes, qui leur paraissent peut-être aussi disproportionnées, pesantes, et dont elles ont eu besoin de mettre de la distance entre toi et elles pour arriver à respirer dans un moment qui poiur elles aussi a été du questionnement, du souci, même si c'est à un moindre degré que le tien.
J'ai connu une famille où une soeur aînée était tellement épidermique pour s'occuper de sa mère que du coup toute la fratrie fuyait mère et soeur. LE jour où la soeur est partie au loin pendant un mois pour des soins, toute la fratrie a rappliqué avec calme, bonheur et bonne entente. Tu as toi aussi tes qualités et tes défauts...

Et puis, nous savons tellement bien nous plaindre des défauts des autres, de ce que les autres n'ont pas, de l'aide que l'on ne reçoit pas, au lieu de voir ce que l'on reçoit, ce que les autres ton comme points positifs...
Il y a un proverbe machiste qui dit: "a femme voit ce que l'on ne fait pas pour elle, mais jamais de que l'on fait (pour elle)" Nous sommes tous ainsi. Et jésus dans toutes nos jérémiades, quelle patience faut-il qu'il ait, ce jésus qui t'a donné des soeurs curieuses de visiter les merveilles qu'il a créé pour tous pour pouvoir revenir vers ta maman pleines de photos agréables, d'anecdotes de famille, pour papoter ensemble et faire passer le temps de l'hospitalisation, en ouvrant une fenêtre sur le monde au lieu de n'avoir que du quotidien à parler?
Aimerais-tu qu'un jour Il te demande "qu'as-tu fait pour tes soeurs, mes merveilles que je t'ai confié? Qu'as-tu fait pour leur âme, pour leur croissance spirituelle, pour leur donner le sourire, pour les apprivoiser et me les amener, pour leur donner de l'affection et de la sécurité affective, sans les juger?"
Allez, dit le ce soir en priant: "merci, Seigneur, pour mes soeurs qui sont parties égoistement visiter un lac au moment où je me sens seul face à l'opération de maman, car elles sont honnêtes et en bonne santé(et autres qualités des tes soeurs), et elles ne sont pas en prison, sur le trottoir ou en train de malmener leur semblables en s'adonnant à des conduites indignes de Toi, ou en se vendant au Méchant (ou autre des tes craintes...)"
ça te soulagera!

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Re: Julien Green et sa mère

Message non lu par etienne lorant » ven. 21 nov. 2008, 15:12

Bonjour Zélie

Merci pour tes bons conseils. Depuis juillet, comme la situation a évolué ! J'ai fait le choix de me taire désormais et je suis devenu confiant, en m'appuyant sur "Jésus seul". Certains matins, comme ce matin d'ailleurs, ma prière a commencé au réveil, à 5 heures, et s'est poursuivie jusqu'à la fin de la messe, à 8h45. Oui, mes deux soeurs sont formidables et sont désormais pour moi mon prochain, autant que tu l'es toi-même, autant que le sont les membres de ce forum, et même moi-même qui suis mon propre prochain. Selon ce mot de Simone Weil : "Aimer un étranger comme soi-même suppose de s'aimer soi-même comme un étranger" - il suffit de se tenir à un mètre à peu près derrière son ego (ça demande un peu d'attention tout de même) et l'on devient ce que Dieu voudra bien...
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Ce que je demande en prière

Message non lu par etienne lorant » mer. 03 déc. 2008, 18:11

L'expression "faire place nette" m'inspire beaucoup aujourd'hui. Je prie qu'à la fin de cette neuvaine à l'Immaculée Conception, je puisse, par grâce, faire place nette et table rase de tout souci concernant ma santé et mon revenu. Je ne demande pas une santé de fer, je ne demande pas non plus que mon revenu reste stable en période de crise. Ce pour quoi je prie, c'est cette foi d'abandon, la même que je vois dans la constance des prêtres âgés, qu'aucune déficience physique ne semble pouvoir arrêter.

L'un d'entre eux, l'abbé L., qui avait dépassé 75 ans lorsque j'ai commencé à assister à sa messe, il y a 15 ans, ne s'est absenté que deux fois: la première pour une opération de la cataracte; la seconde, à cause d'arythmie. Il ne s'est absenté que quatre jours en tout. A présent pris du dos, il dit sa messe mi-debout mi-assis sur une chaise haute qu'il a conçu et fabriqué lui-même. Il a la bénédiction de l'Evêque pour dire sa messe en privé, mais a sollicité de pouvoir se déplacer d'une paroisse à une autre selon la demande jusqu'à ce qu'il ne puisse plus bouger du tout.

Faire table rase de tout souci, le mot m'est venu en feuilletant un petit ouvrage consacré à Maître Eckhart. Du fait de petites phrases lapidaires qui forcent l'attention, j'ai reconnu la même disposition d'esprit que chez Simone Weil. C'est un détachement primordial qui nécessité un engagement radical. Comment se fait-il qu'il faille toujours se débattre contre soi alors que Dieu nous a fait libres !
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Les doigts entrecroisés

Message non lu par etienne lorant » lun. 08 déc. 2008, 17:01

J'ai reçu une image-cadeau intitulée "Les mains de ma grand-mère", qui représente les mains d'une vieille maman croisées pour prier. Aussitôt m'est revenu le souvenir de ma grand-mère Hélène qui passait son temps à prier pour ses proches. Cela se passait après le décès de son époux, avant qu'elle ne reprenne l'un ou l'autre service au sein de sa paroisse. Un jour, elle s'est mise à prier pour que chacun(e) de ses petits enfants trouve un travail stable. Petit à petit, c'est arrivé, tous se sont casés. Il n'est resté qu'une cousine, qui peinait beaucoup, ayant souffert de graves complexes, qui faisaient d'elle une personne extrêmement timorée et se jugeant "seulement capable de rien". Au bout de quatre autres années de prière, rien que pour elle (mais qui sur le moment n'en a rien su), A. trouve du travail, mais non seulement cela, elle retrouve la foi. A peu près un an encore, et un "écho favorable" fait qu'A. apprend l'histoire des prières de grand-mère Hélène. Cette dernière déjà bloquée entre sur un itinéraire qui va du lit au fauteuil, du fauteuil au lit, et puis du lit au lit... Mais toujours le sourire ! A. vient lui rendre visite avec un bouquet de fleurs, mais avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, voici la vieille Hélène qui lui lance: "Jésus m'a résisté longtemps, mais j'ai gagné quand-même, n'est-ce pas ?"

Mais l'extraordinaire, c'est que ce souvenir et cette image m'ont aussitôt replongé dans le goût de la prière. Ce goût qui est une sorte de faim qui ne se comble qu'en priant, finit certains jours par "remplir toute la place", par recouvrir une journée et une nuit entières, rend une espérance neuve et une sorte de joie tranquille que j'ai appelée : la paix de Jésus.
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Huit mois ont passé

Message non lu par etienne lorant » mar. 09 déc. 2008, 12:13

Si je calcule bien, il y a huit mois ce matin que mon père est décédé. Contrairement à d'autres, la nuit dernière a été peuplée de cauchemars et de pensées déprimantes car je tiens un journal et je suis assez précis pour pouvoir constater que le reste de notre famille se défait de plus en plus.

Dimanche dernier, ni ma soeur ni moi n'avons pris notre repas avec ma mère qui en a été troublée à la maison de repos ("Quel jour sommes-nous ? Le dimanche est le jour où mes enfants viennent manger avec moi !")
C'est vrai que d'habitude, nous nous consultons de sorte que maman ne soit pas isolée, mais depuis quinze jours, c'est "silence radio" - du coup, j'ai téléphoné à la maison de retraite ce matin pour signaler que je viendrai au hôme chaque jeudi et chaque dimanche jusqu'à la nouvelle année. Il est vrai qu'Annick et Geneviève, fonctionnaires toutes deux (congés payés), partent en vacances comme chaque année, l'été et l'hiver. Pendant les trois premiers mois qui ont suivi les funérailles, j'ai pris trois repas par semaine avec l'une ou l'autre de mes sœurs, et aussi en compagnie de ma mère. Tout s'annonçait assez bien. Puis il y a eu les vacances d'été, durant lesquelles je suis demeuré seul. Ma mère a été opérée le 30 juillet et je n'en suis pas encore revenu qu'elle a failli mourir tandis que j'étais si désarmé et si solitaire. Dire qu'il faisait si beau !!! Et ensuite, ce restaurant italien, le jour du retour de mes sœurs, tandis que maman n'était pas encore en salle de réveil... le malaise que j'ai eu en plein milieu du repas en regardant des images de vacances (je ne comprenais plus ce que je vivais)... reste un souvenir des plus pénibles.

Ensuite, en septembre, j'ai achevé tous les papiers de la succession du père, les comptes ont été libérés, j'ai aussi obtenu le paiement de la pension de survie de maman (ce qui était assez compliqué parce qu'il y deux organismes de paiement différents). Du point de vue "officiel" tout est donc rentré dans l'ordre, mais depuis, même à la Toussaint, il n'a plus été question du père. A ce moment, j'ai vraiment choisi de "refermer la porte de la maison". Et c'est en grande partie en retrouvant une pratique religieuse régulière, par mon inscription à ce site, et la découverte du Journal de Julien Green - tout procédant de la grâce, bien sûr - que je suis retombé sur mes pieds - mais il s'agit plutôt de nager !

C'est que, humainement, la sensation de vide donne quasiment le vertige. Je me suis demandé si mes souvenirs, à la longue pourraient s'effacer, au point que je ne sache plus moi-même d'où je suis issu...Rari nantes in gurgite vasto, écrivait Virgile. Mais je surnage un jour à la fois, et le Seigneur me déposera comme Jonas sur une terre plus ferme. En attendant... il me suffit de lutter pour traverser cet hiver. C'est du jour après jour. Le plus curieux, ce sont ces habitudes de militaire (chaque chose à sa place, telles tâches, tels jours, discipline et régularité) qui me sent revenus entre-temps et que j'applique sans état d'âme. Pourtant j'ai été démobilisé en 1979 !

Quelqu'un parmi vous vit-il (elle) une situation semblable ?
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La prière comme puits de lumière

Message non lu par etienne lorant » lun. 15 déc. 2008, 19:56

Ce lundi 15 décembre, première journée d’une semaine qui pourrait être aussi froide que la précédente. Je suis couvert de vêtements chauds des pieds jusqu’à la tête (une chemise de laine, un pull, deux polaires, en plus de deux caleçons longs sous mes Jean’s) et je parviens encore à avoir froid ! Que ferai-je si la température descendait encore ?
Lorsqu’ils se combinent ainsi, le froid, le manque de lumière et la solitude font ressembler mon existence à des tours de pistes dont la majeure partie (de 17h00 à 9h00 le lendemain) se déroule dans un tunnel… Je me fixe donc des tâches simples, un emploi du temps sur lequel je m’applique du mieux que je peux. La prière occupe une place non négligeable. Durant les heures les plus sombres, elle est comme le fil d’Ariane qui me permet de retrouver la sortie vers le jour qui vient. La prière n’est-elle pas comme la lumière ? Quand la lumière ne vient plus de l’extérieur, il s’agit d’aller la puiser profondément dans l’âme, et comme j’écris ceci, je peux rendre grâce encore de disposer de ce recours.

Ce soir, plutôt qu’un film DVD, c’est un puzzle de mille pièces que je rapporte chez moi, car il me permettra de me fixer encore dans la prière. Je chercherai à me détendre ainsi pour parvenir au sommeil tout en étant demeuré à l’écart du petit écran. Les nouvelles du monde, je m’en passe de mieux en mieux. On dit qu'il se passe toujours quelque chose, mais la plupart du temps, ce n'est que l'homme qui s'agite beaucoup pour secouer la cendre d'ennui qui le recouvre. L'ennui mortel qui survient d'avoir négligé de chercher Dieu.
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Du rire aux larmes, des larmes à la paix

Message non lu par etienne lorant » jeu. 18 déc. 2008, 17:36

Comme je regardais "Patch", film tiré du surnom d'un médecin aux méthodes peu orthodoxes (un rôle qui va très bien à Robin Williams), à un moment, j'ai été saisi d'un vrai et franc fou rire, un rire aux éclats, à rire à pleurer de rire... C'était un peu trop d'ailleurs car au bout d'un moment, je me suis dit : "Il y a longtemps je n'avais plus ri ainsi !" - Et ce retour sur moi-même m'a fait, d'un seul coup, replonger dans mon chagrin, ma déprime actuelle, entouré comme je suis de toutes sortes de choses inutiles mais qui débordent de souvenirs... Depuis avril, c'est la troisième crise semblable, de courte durée, mais profonde. J'ai tout éteint, je me suis couché, et comme le Seigneur veille toujours mieux que moi, à un moment, j'ai ressenti une paix profonde, comme un courant d'eau extrêmement tranquille sous la surface des tempêtes. Ce matin fut très pénible également, mais j'ai chassé toutes pensées négatives - car je les sais fausses, et j'ai communié comme chaque jour, dans un froid digne seulement d'un mois de février !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

etienne lorant
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Petit bonheur caché

Message non lu par etienne lorant » ven. 19 déc. 2008, 18:49

Ma messe matinale (plutôt que "vespérale", parce que je viens y prendre des forces) est devenue rapidement, dès 1993, le coeur de mon existence. Au début, j'ai résisté quelque peu, car je ne comprenais pas bien ce qui m'arrivait: tout de même, se lever chaque jour à 6h30 pour l'Office de Laudes à 7h00 et la messe à 8h00, cela demandait une discipline supplémentaire. Jusque là, j'avais beaucoup marché un chapelet dans la poche au hasard des faubourgs et des petits coins de nature. Au fil du temps (mais en réalité on oublie le temps), la prière était devenue respiration et quels que soient mes soucis, je pouvais les moudre ainsi, en enfilant les grains de mon chapelet, tout en me préservant des plus lourdes agressions du monde. L'Eucharistie dominicale avait suffit, même que je la trouvais quelque peu agressive, du fait surtout de certaines chorales "jeunes et dynamiques" dont les Psaumes ressemblaient à des chants de marches...

Et puis un jour: la découverte du petit monastères, des Soeurs assises dans un silence absolu mais tellement concentré que je le sentais battre comme un coeur... la contemplation de croix glorieuse de saint Damien, dont je retirais comme la chaleur d'un feu dans la nuit... et puis, tout d'un coup, la psalmodie a capella, lorsque j'ai découvert que je savais encore faire la voix basse... tout cela avant que le prêtre arrive, qui disait sa messe droit comme le I d'Impérial, çà, c'était une découverte extraordinaire !

J'y ai pris goût, mais si c'était simplement du goût, je m'en serais lassé. Comme je venais de traverser une dépression très pénible qui avait duré trois mois, j'avais lu que le Christ recommandait (dans un dialogue "avec une âme souffrante" de communier très régulièrement), j'ai compris que j'étais là pour la force et aussi pour la joie. Quelquefois, en repartant, j'avais les deux, mais j'ai toujours eu, et j'ai toujours la force. Petit à petit, j'ai commencé d'organiser chaque jour de ma semaine, et puis ce que je faisais de mes journées, sur base de cette messe matinale. La vie n'est plus devenue qu'une étape d'une messe à l'autre, et il en est toujours ainsi.

On me dira peut-être que c'est très exagéré. C'est ce qu'on dit aussi de la prière, qu'on reporte toujours à plus tard mais dont le cardinal Mercier a dit: "Ce n'est qu'après trois ou quatre heures (de prière) que viennent les grandes lumières"... Toujours est-il qu'avec ce mode de vie, ce qui était essentiel autrefois (savoir compter par exemple !) devient moins important, et tout ce qui était négligeable (le regard d''un pauvre, pour ne citer que celui-là) a pris une qualité d'humanité si intense ! ...

En août de cette année, j'ai franchi sans m'en rendre compte la quinzième année de pratique quotidienne, le petit monastère a fermé, plus de psalmodies, seulement une courte messe de dix-huit minutes, mais je me prépare à retrouver le rite tridentin, dont je ne me souviens guère (à la fin des années soixante, j'étais enfant de choeur, j'avais 13 ans et je balbutiais les réponds en latin)... mais cela me rajeunira d'autant !

Bref, c'est la description d'un de ces bonheurs cachés... que certains retrouveront à Noël, je l'espère et je prie pour cela !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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