Omission du confiteor

Cinci
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Re: Omission du confiteor

Message non lu par Cinci » ven. 19 avr. 2019, 13:32

Pourquoi ?

"Pourquoi tant de prêtres ne respectent-ils pas les rites liturgiques pour la célébration de la messe ?"

C'est un prêtre en retraite qui m'écrit. Il ajoute : "Quand on vient me chercher pour assurer des messes à l'extérieur, je n'aime pas qu'on vienne me chercher à la dernière minute, car je veux voir s'il y a tout sur l'autel et savoir comment est célébrée la messe sur place. En effet, il peut y avoir des surprises." Cela rejoint l'expérience d'un prêtre ami, appelé à célébrer le dimanche dans des secteurs sans prêtre résident. Il m'a raconté comment il avait dû résister fermement à une responsable laïque, qui voulait à tout prix lui imposer une liturgie revue et corrigée. L'argument de cette personne pleine de zèle et sûre d'elle-même était péremptoire : "Ici, c'est comme ça qu'on fait."

C'est étrange. Quand on voyage en voiture, on respecte le code de la route. Quand on joue au bridge ou à la belote, on respecte les règles du jeu. Quand on participe à une association, une entreprise, une action collective, on s'attache à bien remplir son rôle. Comment comprendre que pour certains la liturgie soit devenue un domaine où peuvent régner la subjectivité, l'improvisation, à la limite l'irresponsabilité ?

C'est peut-être un défaut de formation. Peu de gens, même parmi les prêtres et les diacres, ont eu une occasion d'approfondir l'esprit de la liturgie et la dynamique propre des célébrations, ce que le cardinal Daneels appelle le fil rouge : "Beaucoup ne voient dans la liturgie qu'une succession de paroles et de rites comme autant de rondelles d'un même saucisson. Tout se rassemble et s'assemble comme des blocs réunis par la monotonie. De là à rêver d'un peu plus d'audace et de fantaisie ..." Dans l'ignorance du sens des choses, on pense qu'elles sont manipulables, interchangeables, modifiables à l'infini. Et quand des personnes mal formées en forment d'autres ...

Peut-on pousser l'interrogation plus loin ? Un article de Bruno Hetsch amorce une réflexion décapante, qui m'a paru incontournable. J,en cite quelques phrases. Avec la liturgie, personne ne peut tricher ... Pour peu qu'il soit psychologue, celui qui observe un célébrant à l'autel peut deviner, à travers ses comportements, ses gestes et attitudes, sa vraie personnalité ... Les clercs qui adaptent sans cesse la liturgie à ce qu'ils imaginent être la mentalité et les goûts des fidèles qui sont devant eux, révèlent en réalité leur désir inconscient d'être du monde ... On s'aperçoit que, chez beaucoup, l'irrespect de la liturgie se double progressivement d'une incapacité à assumer pleinement l'état sacerdotal ...

Les mêmes questions se posent aux animateurs laïcs. Le risque est en effet que des personnalités psychologiquement mal assurées ou socialement mal situées trouvent dans la liturgie un espace ouvert pour une expression narcissique de soi, ou un champ libre pour récupérer un pouvoir.

Père Alain Bandelier, Simple question sur la messe et la liturgie, p. 51




Ceci :

Avec la liturgie, personne ne peut tricher ... Pour peu qu'il soit psychologue, celui qui observe un célébrant à l'autel peut deviner, à travers ses comportements, ses gestes et attitudes, sa vraie personnalité ... Les clercs qui adaptent sans cesse la liturgie à ce qu'ils imaginent être la mentalité et les goûts des fidèles qui sont devant eux, révèlent en réalité leur désir inconscient d'être du monde ... On s'aperçoit que, chez beaucoup, l'irrespect de la liturgie se double progressivement d'une incapacité à assumer pleinement l'état sacerdotal ...

C'est une magnifique description de ce que j'aurai pu ressentir si vivement face au prêtre de mon exemple. Par un comportement physique, par les gestes et attitudes ... la transmission d'une forme d'irrespect et de mal être par rapport à cet état sacerdotal.

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Re: Omission du confiteor

Message non lu par Cinci » sam. 20 avr. 2019, 3:18

Le cérémoniaire du pape explique :

"... parfois, à l'époque communément appelée "post-conciliaire", sous prétexte de créativité, on en est arrivé à bouleverser de diverses manières la liturgie de l'Église. Au nom du principe d'adaptation aux situations locales et aux besoins de la communauté, certains se sont approprié le droit d'enlever, d'ajouter et de modifier le rite liturgique sous la marque de la subjectivité et de l'émotion.

Au-delà de la superficialité de cette attitude, qui n'est certainement pas adaptée à la pensée saine de l'Église, il est bon de retrouver les motivations profondes qui devraient nous préparer à une manière différente d'aborder la célébration liturgique.

Pour illustrer ces motivations, je m'appuie sur le passage d'un très beau texte, rédigé à l'époque par le cardinal Ratzinger, extrait de L'esprit de la liturgie :

"La créativité ne peut jamais être une partie authentique de la réalité liturgique. De plus, ce terme est né de la vision du monde propre au marxisme. Créativité signifie que dans un monde privé de sens, qui s'est développé sous le sigle d'une évolution aveugle, l'homme réalise finalement un monde nouveau et meilleur, à partir de ses propres forces. Dans les théories artistiques nodernes, ce terme sous-entend une idée nihiliste de la création : l'art ne doit rien imiter; la créativité artistique est le libre espace de l'homme, qui ne s'attache à aucune mesure ni à aucun but, et qui ne peut se soumettre à aucune demande de sens ... Cette façon de créer n'est pas celle de la liturgie. Cette dernière ne vit pas de trouvailles de telle personne ou de telle commission. Elle est, au contraire, la venue de Dieu, le fait de trouver Dieu dans notre monde, et elle génère vraiment la libération ... Oui, la liturgie devient personnelle, vraie et nouvelle non au moyen de banales interventions orales ou gestuelles, mais par le courage de se mettre en chemin vers quelque chose de grand, qui, à travers le rite, nous précède toujours et que nous ne pouvons jamais posséder totalement."

Cette page me semble plutôt claire et limpide, Et même, n'est-il pas vrai que nos communautés, parfois, comprenant la liturgie comme le lieu de "trouvailles" toujours nouvelle, avec la bonne intention de capter l'attention des fidèles, les séparent en fait du centre qui est le Christ Jésus ?

Il est vrai qu'une forme d'adaptation est prévue et il est bon qu'elle existe, C'est le Missel lui-même qui l'indique dans quelques unes de ses parties. Mais dans celles-ci et seulement celles-ci, et non dans d'autres de façon arbitraire. Ceci est prévu non pour obéir aux rubriques pour elles-mêmes, mais simplement parce que la liturgie est un don qui nous précède, un trésor précieux qui nous est confié par la prière séculaire de l'Église [...] Tout ceci ne dépend pas de notre subjectivité.

Dans la magnifique encyclique Mediator Dei, Pie XII définit la liturgie comme "le culte public ... le culte intégral du corps mystique de Jésus-Christ, c'est à dire de la tête et de ses membres." Ceci pour dire, entre autres, que dans la liturgie, l'Église se reconnaît "officiellement", reconnaît son mystère d'union sponsale avec le Christ, et se manifeste "officiellement". Avec quelle folle insouciance pourrions-nous, par conséquent, nous arroger le droit d'altérer de façon subjective ces signes saints, ainsi que les appellerait Romano Guardini, à travers lesquels l'Église parle d'elle, de son identité, de sa foi ?

Il faut craindre que, au moins dans certains cas, la recherche épuisée de signes, de textes, de gestes toujours nouveaux et différents soit l'indicateur d'une mauvaise compréhension de la réalité liturgique et aussi, peut-être, d'un mal-être dans sa foi.

Source : Mgr Guido Marini, La liturgie. Gloire de Dieu, sanctification de l'homme. La liturgie expliquée par le cérémoniaire du pape, France, Artège, 2013, p. 50

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Re: Omission du confiteor

Message non lu par Cinci » sam. 20 avr. 2019, 4:12

- Mais, chef, pourquoi est-ce si important de se reconnaître pécheur quasiment dès l'ouverture de la Messe ?


Dispositions intérieures

Pour que cette nourriture divine nous nourrisse et nous fasse vivre en chrétiens, il ne suffit pas que nous soyons à la Messe; il me suffit pas que la Parole de Dieu frappe notre oreille et nos yeux, il faut d'abord que nous nous libérions de ce qui accapare notre vie, en dehors de l'église; il faut que nous soyons attentifs à ce qui se passe, ici, à la Messe; il faut que nous nous efforcions de penser, réfléchir, d'assimiler la Parole de Dieu, de rencontrer le Christ.

Aussi, est-il très important que nous regrettions nos péchés, que nous voulions améliorer notre vie. Être à l'église avec du ressentiment, un peu de haine, c'est empêcher Dieu qui nous parle et le Christ d'arriver jusqu'au fond de nous-mêmes.

Aussi, prions-nous souvent pour que notre conscience soit purifiée.

C'est le

"Je confesse à Dieu"
"Seigneur, prends pitié"
"Purifie mes lèvres et mon coeur"
"Lave-moi de mes fautes et purifie-moi de mes péchés"
"Seigneur, je ne suis pas digne, mais dis seulement une parole et je serai guéri"


La consécration

Un peu d'eau dans le vin

As-tu déjà soupçonné la profondeur de la prière qu'on prononce en versant un peu d'eau dans le vin ?

"De même que cette eau se mêle au vin, puissions-nous participer à la divinité de Celui qui a pris notre humanité".

Deux comparaisons s'imposent :

Les gouttes d'eau représentent le corps et l'âme de Jésus envahis par le Fils de Dieu qui les a pris pour son corps et son âme, au moment de son incarnation en Marie; ces mêmes gouttes d'eau me représentent moi-même, un baptisé qui doit se laisser envahir par la Vie de la Sainte Trinité, par l'esprit de Jésus-Christ.

Ce vin que nous offrons est destiné à être transformé par Jésus :

Il deviendra le vin du Royaume éternel.


"Demande à Dieu de nous accueillir" .... "humble et pauvres, nous te supplions, accueille-nous; que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi."

Je m'explique ; le sacrifice que nous allons offrir, c'est la Victime du Calvaire. En elle-même, elle est infiniment agréable à Dieu. Mais nous-mêmes qui l'offrons, sommes-nous agréables à Dieu ... ? Caïn et Abel sacrifiaient tous deux leurs biens; mais les dispositions intérieures de l'un et l'autre étaient si différentes, que Dieu acceptait les offrandes d'Abel, mais refusait celles de Caïn. Quelles sont nos dispositions intérieures ? Quels sont nos sentiments à l'égard de notre prochain ? N'y a-t-il pas en nous des attaches déréglées à nous-mêmes ou aux biens de la terre ?

Source : Léo Blais, évêque, La Messe. Quoi ? Pourquoi ?, p. 4

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