L'Inquisition

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Charles
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Message non lu par Charles » sam. 13 mai 2006, 1:53

Chère Laiglejo
laiglejo a écrit : On brulait comme sorcières des gens dénoncés le plus souvent par jalousie ou par vengeances familiales. Beaucoup d'histoires nous ont été relatées concernant des femmes pieuses, bonnes chrétiennes voir quasi-saintes qui étaient ainsi supliciées
Oui mais dans ce cas, on peut citer toutes sortes de cas similaires pour ce qui est de la justice civile. Pensez-vous que l'institution judiciaire doive disparaître sous prétexte qu'elle est parfois instrumentalisée par des particuliers ? Nos tribunaux d'aujourd'hui doivent aussi faire face à des dénonciations calomnieuses. Je pense que votre argument n'est pas valide.
Dernière modification par Charles le sam. 13 mai 2006, 12:09, modifié 1 fois.

wanderer
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Message non lu par wanderer » sam. 13 mai 2006, 6:52

Je me demande si on prend la peine de me lire. Encore un dialogue de sourd et encore une discussion qui ne peut pas avancer sur de telles bases.

Sincèrement navré,

Wanderer

:)

elanor
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Message non lu par elanor » sam. 13 mai 2006, 9:37

wanderer a écrit :Soit je me suis mal exprimé, soit vous avez mal lu, soit les deux. En tout état de cause, je vais essayer de préciser.

Le principe de l'inquisition n'est pas de brûler les hérétiques, le principe de l'inquisition est de juger les hommes pour hérésie. Ce principe là est saint et a toujours sa place dans l'Eglise actuelle, même si l'inquisition a changé de nom et s'appelle congrégation pour la doctrine de la foi. Ne pas être d'accord avec ce que je viens de dire, c'est contredire Pie XII et l'Eglise, ce qui n'est pas permis.

Autre question et c'est celle que vous posez, la question des sanctions prononcées. De ce point de vue là, on peut discuter et je suis d'accord pour dire qu'il y a sans doute eu des fautes de commises quoique l'Inquisition a fait beaucoup moins de morts que l'on peut le dire et que ce nombre là doit être mis en parallèle avec le nombre de victimes faites par les autres tribunaux de l'époque. J'ai un livre qui donne des chiffres, je vais essayer de regarder ce week-end si j'ai le temps.

Enfin sur le plan historique, je ne pense pas que les inquisiteurs aient été excommunié. Je n'ai pas la connaissance que l'Inquisition romaine jugeait des juifs (corrigez moi si je me trompe). Quant aux histoire de laiglejo, n'en ayant pas la connaissance, je ne peux pas y répondre et dois mettre cours à la discussion malgré moi. Cela dit, relisez Pie XII, le PRINCIPE, hors de ses MODES D'APPLICATION, est indiscutablement saint. Nier cela, c'est nier le rôle de la congrégation de la plus importante congrégation de la Curie romaine, ce qui n'est pas acceptable.

Cordialement,

Wanderer

:)

"tuer au nom de Dieu est un blasphème"Jean Paul II
il n'est pas raciste,donc c'est aussi valable pour les chrétiens.il n'y a pas à juger les hérétiques,chacun doit obéïr à sa conscience dans la pratique de la religion,comme l'a dit le Pape.par contre ,l'Eglise a le droit de dire à l'hérétique:si tu crois en ceci,si tu fais cela:tu n'appartiens plus à l'Eglise catholique,il faut CHOISIR.

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Message non lu par Eremos » sam. 13 mai 2006, 10:47

Bonjour,

J'ai l'impression, comme Wanderer, que c'est un dialogue de sourd, car lorsqu'il vous propose de séparer clairement "le PRINCIPE [...] de ses MODES D'APPLICATION" vous ne l'écoutez pas. Wanderer n'a pas entrepris de défendre l'usage de la torture où du bucher, mais a essayé de vous expliqué que l'intention initiale était positive, à savoir garder le peuple de Dieu de toute hérésie. L'Eglise est d'ailleurs arrivé à la même conclusion que lui puisqu'elle a conservé la Congrégation pour la Doctrine de la Foi dont c'est précisément le but. Y a-t-il de quoi se scandaliser de l'existence de cette Congrégation ? Si ce n'est pas le cas, alors pourquoi chercher à contredire Wanderer ?

viewtopic.php?t=231&start=0

Sachez sortir des images d'épinale pour mieux comprendre votre interlocuteur. ;-)

En Christ,
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(Liber Psalmorum, 126)

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Message non lu par wanderer » sam. 13 mai 2006, 10:49

Elanor, je tiens à vous dire en toute amitié que j'ai beaucoup de respect pour vous et que je suis sûr que vous venez converser avec nous en toute bonté d'âme, mais je tiens aussi à vous dire que je ne souhaites plus discuter avec vous si vous ne vous engagez pas à prendre le temps de la réflexion avant de me répondre. En faisant comme vous faîtes, nous ne progressons vers Dieu ni l'un ni l'autre et nous perdons notre temps.
"tuer au nom de Dieu est un blasphème"Jean Paul II
Si vous remettez le texte de Jean-Paul II dans son contexte, vous verrez que ce que le pape dénonce est le terrorisme qui est évidemment une chose abjecte que je repousse de toutes mes forces. Toutefois, s'il est évidemment mauvais d'agresser l'autre au nom de Dieu, il peut être légitime de se défendre d'un oppresseur religieux, y compris par la force. Il est évident que c'est un crève-coeur quand cela arrive, mais cela peut être nécessaire. Ainsi, quand les musulmans ont pris de force la Terre sainte en empêchant son accès aux pèlerins chrétiens et en en les réprimant par la force, il a pu être nécessaire d'entreprendre des guerres de religion pour défendre les chrétiens oppressés. Cela ne justifie pas certains graves excès, en particulier le sac de Constantinople pour lequel Jean-Paul II a demandé pardon, mais le principe même de la première croisade est lui tout à fait catholique. La généralisation que vous faites de la phrase de Jean-Paul II est tout à fait abusive. Je vous invite à lire le texte en entier.
La lutte légitime contre le terrorismedont les odieux attentats du 11 septembre dernier sont l’expression la plus effroyable a redonné encore la parole aux armes. Face à l’agression barbare et aux massacres se pose non seulement la question de la légitime défense, mais aussi celle des moyens les plus aptes à éradiquer le terrorisme, de la recherche des facteurs à l’origine de telles actions, des mesures à prendre pour engager un processus de «guérison» afin de vaincre la peur et d’éviter que le mal s’ajoute au mal, la violence à la violence. Ainsi convient-il d’encourager le nouveau gouvernement installé à Kaboul dans ses efforts en vue d’une effective pacification de tout l’Afghanistan. Je me dois enfin de mentionner les tensions qui opposent, encore une fois, l’Inde et le Pakistan, pour inviter instamment les responsables politiques de ces grandes nations à donner la priorité absolue au dialogue et à la négociation.

Il nous faut aussi entendre la question qui nous est adressée du cœur de cet abîme: la place et l’usage de la religion dans la vie des hommes et des sociétés. Je veux redire ici, devant toute la communauté internationale, que tuer au nom de Dieu est un blasphème et une perversion de la religion, et je veux répéter ce matin ce que j’écrivais dans mon Message du 1er janvier: «C’est une profanation de la religion que de se proclamer terroriste au nom de Dieu, d’user de violence sur les hommes au nom de Dieu. La violence terroriste est contraire à la foi en Dieu Créateur de l’homme, en Dieu qui prend soin de l’homme et qui l’aime» (n. 7).
Le contexte historique récent ne laisse guère de doute quant à la manière d'interpréter ce texte.
par contre ,l'Eglise a le droit de dire à l'hérétique:si tu crois en ceci,si tu fais cela:tu n'appartiens plus à l'Eglise catholique,il faut CHOISIR.
Ca en revanche, c'est exact, c'est ni plus ni moins ce que j'ai dit. Par contre, il y a eu des circonstances historiques où l'Inquisition a pu prononcer des peines temporelles, mais avec des gens comme les cathares, véritables fanatiques d'une violence inouïe, il n'y avait peut-être pas grand chose d'autre à faire. Cela ne constitue pas le principe de l'Inquisition et vous avez de toute façon le droit de ne pas être d'accord avec cette façon de procéder, ce n'est pas un point de foi selon moi. Pour ma part, je n'ai pas arrêté ma position à ce sujet car je n'ai pas de connaissances historiques suffisantes pour le moment.

Bien cordialement,

Wanderer

:)

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Message non lu par elanor » sam. 13 mai 2006, 18:31

la croyance aux bienfaits de certains côtés de l'inquisition ou seulement à son intention n'est ni un élément du credo ni un dogme de l'Eglise auquel il faut absolument croire.je ne dévie absolument pas de la foi catholique en reniant tout ses côtés et en ne reconnaissant aucun côté positif.
la congrégation de la foi n'est pas une suite des côtés positifs de l'inquisition,mais une institution complètement différente.
Jean-Paul II nous l'a dit clairement:personne ne doit devenir catholique par la force mais chacun doit obéïr à sa conscience.
quand aux personnes qui conduisent les catholiques à l'hérésie,l'Eglise n'a pas autre chose à faire que de les excommunier,puisqu'elles n'adhèrent pas à la foi catholique.dans ce sens,cela ne relève pas d'une punition mais d'un choix de la personne qui n'adhère pas à la foi et choisit un autre chemin,c'est lui qui s'est coupé de l'Eglise,et non le contraire.

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Message non lu par Eremos » sam. 13 mai 2006, 20:08

elanor a écrit :la croyance aux bienfaits de certains côtés de l'inquisition ou seulement à son intention n'est ni un élément du credo ni un dogme de l'Eglise auquel il faut absolument croire.je ne dévie absolument pas de la foi catholique en reniant tout ses côtés et en ne reconnaissant aucun côté positif.
Peut-être pas, mais alors c'est un sacré manque de lucidité ! L'intention de l'Inquisition était de sauver les gens de l'hérésie : comment pouvez-vous rejetter cela ? Ce que vous rejettez c'est seulement les moyens qu'elle a utilisé pour arriver à ses fins (torture, bûcher et compagnie - reste à savoir dans quelle proportion mais ceci est le travail de l'historien).

Je crois que votre opposition, avec toute l'estime que j'ai pour vous qui êtes ma soeur en Christ, a quelque chose de farouchement dogmatique, et d'historiquement correct.
la congrégation de la foi n'est pas une suite des côtés positifs de l'inquisition,mais une institution complètement différente.
Si, ne soyez pas de mauvaise foi, tout le monde le sait et cela n'a jamais été nié, d'ailleurs. La Congrégation pour la Doctrine de la Foi a pour but de protéger les fidèles de l'hérésie : son intention n'est pas différente de celle de l'Inquisition, seuls ses moyens le sont. Mais comme il n'y a que les moyens qui étaient scandaleux, il n'y a pas de problème avec la Congrégation actuelle !
Jean-Paul II nous l'a dit clairement:personne ne doit devenir catholique par la force mais chacun doit obéïr à sa conscience.
"Convertir" est une intention noble.

"Par la force" est un moyen détestable.

Faites juste la différence. ;-)

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Message non lu par elanor » sam. 13 mai 2006, 20:47

bien sûr,témoigner de sa foi pour convertir,c'est bien,et c'est un droit.pour ce qui est des intentions de l'inquisition,l'évêque Cochon,lorsqu'il a brûlé Jeanne,je doute qu'il ait eu des intentions très pieuses.et c'est certainement le cas d'un grand nombre d'autres inquisiteurs,qui ne devaient certainement pas se soucier du salut de leurs "ouailles"."on reconnaît l'arbre à ses fruits".si l'Inquisition était si horrible,ses intentions aussi étaient horribles.
je crois en l'Eglise et en tous les dogmes,en reconnaissant que beaucoup de "Judas" ont commis des horreurs qu'il ne faut pas légitimer,et l'Eglise condamne de tels hommes.

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Info ou Intox ?

Message non lu par Christophe » dim. 14 mai 2006, 9:34

Bonjour Laiglejo
laiglejo a écrit :J'ai habité quelques années dans les hautes-alpes où l'inquisition a fait des ravages. Les historiens de la région ont beaucoup de documents et font souvent des conférences sur les victimes, villageoises de nos montagnes qui portaient des noms de familles que nous connaissons. On brulait comme sorcières des gens dénoncés le plus souvent par jalousie ou par vengeances familiales. Beaucoup d'histoires nous ont été relatées concernant des femmes pieuses, bonnes chrétiennes voir quasi-saintes qui étaient ainsi supliciées
L'auteur du Da Vinci Code (chap. 47) affirme qu'en 300 ans, 5.000.000 de femmes ont été brûlées sur le bûcher par l'Eglise.

Voici ce qu'en dit le supplément gratuit du magazine Il est vivant! répond à cela :
[align=justify]Intox ! Ce qui équivaudrait à une moyenne de 1700 femmes brûlées par an ! Une aberration. En effet, sur les 120.000 procès de l'Inquisition espagnole [1] (réputée la plus sévère en Europe), 59 ont aboutis à une condamnation à mort, certaines exécutées par contumace en brûlant des mannequins. On sait que les accusés préféraient être jugés par le tribunal de l'Inquisition plutôt que par un tribunal civil. Il était jugé plus clément : il est vrai que sur les 100.000 procès en sorcelleriedes tribunaux civils d'Europe, 50.000 ont aboutis à une condamnation à mort.

[1] Actes du Symposium international organisé au Vatican du 20 au 31 octobre 1998 sur L'Inquisition.[/align]
[align=justify]Autant dire que l'amalgame "bûcher = Inquisition" est un raccourci pour le moins rapide, sinon précipité. La sorcellerie était un délit pénal. Vos villageoises de vos Hautes-Alpes n'ont certainement pas été les victimes de l'Inquisition mais de la justice civile. Il serait bien fâcheux que vous colportiez involontairement et par ignorance la propagande anti-religieuse des révisionnistes historiques...

Que Dieu vous bénisse.
Christophe[/align]
« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » (Matthieu 25, 40)

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Message non lu par MB » lun. 15 mai 2006, 13:44

Bonjour !

Attention à ne pas tout mélanger.
On confond bûchers de l'Inquisition (peu nombreux) et bûchers pour sorcellerie (parmi d'autres peines) qui eux, ont été beaucoup plus nombreux, mais surtout aux XVè et XVIè siècles ; je vais vérifier, mais il me semble qu'ils ont été plus le fait des autorités civiles que spirituelles. D'ailleurs ils ont eu lieu aussi, et parfois plus souvent, en pays protestant.
Il semble que le bûcher ait été l'une des peines prévues par les pouvoirs civils pour tel ou tel crime ou délit. Rien à voir avec la religion. Mais cette peine étant si terriblement évocatrice, il est difficile de rester calme en y pensant...

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Message non lu par laiglejo » lun. 15 mai 2006, 15:52

Christophe,

Les Vaudois pourchassés par l'inquisition se sont réfugiés dans les montagnes des Hautes-Alpes très connues par les historiens pour leurs nombre de buchers

J'ai moi-même assisté à une de ces conférences organisée par le curé de Saint véran. L'historien était venu avec beaucoup de documents et de chiffres. Si j'avais su que cela intéresserait un jour quelqun, j'aurais essayé de m'en rappeler ! En tous cas les chiffres sont impressionnants

On peut peut-être trouver des éléments au musée de Grenoble qui réserve une partie de ses expositions aux hautes-alpes. Ces faits historiques font partie du patrimoine culturel de la région

Depuis, les Vaudois se sont convertis au protestantisme. Dans le Queyras, il y a autant de catholiques que de protestants

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Message non lu par laiglejo » lun. 15 mai 2006, 17:11

Histoire du département
des Hautes-Alpes (Partie 2/2)
(Région Provence-Alpes-Côte d'Azur)

Née dans ses montagnes, la secte des Vaudois
y avait fait de grands progrès. Ils menaient la vie des pasteurs, cultivant les champs et élevant des troupeaux. Leurs docteurs s'appelaient barbes, nom qui, dans la langue du pays, signifie oncles. Simples, sobres et chastes comme les prêtres de l'ancienne Église, ces barbes visitaient les chaumières, prêchant la paix et la charité. « Dio t'absolve et te pardonne, disaient-ils à leurs pénitents, comme il pardonna à Maria-Madalina ! » Chaque jour, malgré les menaces de l'archevêque, le nombre des hérétiques croissait et leur doctrine se propageait.

Alors l'inquisition avisa : elle chargea Borelli de leur faire leur procès. Celui-ci, secondé par le vice-bailli du Briançonnais, ne remplit que trop bien son office. Nombre de Vaudois furent pris.
Ceux qui se convertirent devaient porter deux croix de drap jaune, l'une sur la poitrine et l'autre entre les épaules. Pour les hérétiques obstinés, c'était l'affaire du bourreau. Dans la seule année 1397, il en périt deux cent trente sur les bûchers. Sous prétexte d'hérésie, la persécution frappa même des catholiques. Souvent on condamnait au feu sans formalité de justice. Des moines mendiants, se disant inquisiteurs de la foi, vexaient, torturaient et pillaient les habitants qui leur paraissaient suspects. C'était un véritable brigandage, et l'on s'en plaignit au roi Louis XI, qui, tout dévot qu'il était, y mit bon ordre par lettres patentes du 18 mai 1478.
« De la part des manants et habitants de la Valloyse, Fraissinières, Argentière et autres lieux, tous tels qu'ils se tiennent et comportent, nous a été exposé qu'aucuns religieux mendiants, sous ombre d'office d'inquisiteurs de la foy, les aucuns ont mis en gehenne et question sans information précédente, ont pris et exigé fortes sommes et deniers, et par divers moyens les ont injustement vexés et surveillés à leur grand préjudice et dommage... Pourquoy avons, après bonne délibération, de notre certaine science, gré spécial, pleine puissance, et de notre autorité delphinale et royale, mis et mettons à néant, par ces présentes, toutes poursuites et entreprises quelconques. »

Cependant l'inquisition passa outre, et les Vaudois ne cessèrent pas d'être persécutés.
Ceux de la Vallouise se retirèrent, en 1485, à l'Aile-Froide, caverne située sur les flancs du Pelvoux. Ils étaient pourvus d'armes et de vivres pour deux ans. On prêcha la croisade ; les catholiques s'armèrent, et, bénis par le nonce, ils marchèrent, après la messe, à l'attaque des Vaudois. Le comte de Véras les commandait. Ils avaient, en outre, comme auxiliaires, une compagnie de cinquante à soixante soldats. Aux sommations qui leur furent faites, les Vaudois répondirent en faisant rouler sur les assaillants des quartiers de roc qui en blessèrent plusieurs. Après huit jours de siège, des Vallouisiens étant parvenus, à l'aide d'un long câble, à escalader la montagne qui domine la caverne, y pénétrèrent sur le derrière de la Baume et y mirent le feu, afin d'étouffer les proscrits par la fumée.

Ceux qui voulurent s'échapper furent massacrés ou se précipitèrent du haut des rochers, pour ne pas tomber vivants entre les mains de leurs ennemis. Vieillards, femmes, enfants, rien ne fut épargné. Il en périt, dit-on, plus de trois mille ! D'où le, nom de Baume des Vaudois resté à ces lieux funestes. Ainsi frappée et dépeuplée, la Vallouise ne fut plus qu'un désert. Proscrits, dépouillés de leurs biens, les malheureux Vaudois étaient condamnés à errer, comme si Dieu leur eût mis sur le front le signe maudit !


Cependant, en 1498, ils se rendirent à Paris, au sacre de Louis XII, pour solliciter de ce prince la rentrée en possession de leurs biens. Le roi entendit leurs plaintes et compatit à leurs maux : « ils sont meilleurs chrétiens que nous » disait-il ; et il chargea Burelli, son confesseur, de prononcer sur l'interdit, qui fut levé solennellement, en 1500. Bien que tardif, cet acte de justice rendit la vie à ce canton, « auquel, dit un historien des Hautes-Alpes, la reconnaissance publique confirma le nom de Vallouise, qu'il avait reçu de Louis XI, et qu'il porte encore. »
http://www.france-pittoresque.com/histo ... s/5-2b.htm

......Ce ne sont que quelques exemples des hautes-alpes.....

bajulans
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Pas d'accord sur les Hautres Alpes

Message non lu par bajulans » mar. 16 mai 2006, 9:18

Chère Laiglejo,

Méfiez-vous des historiens, surtout de ceux qui font des récits partisans, comme c'est le cas.

Les vaudois n'étaient pas des saints et les guerres qui ont pu avoir lieu n'étaient pas l'Inquisition qui était une institution judiciaire.

Quant aux vaudois, qui n'existent plus aujourd'hui, permettez-moi de dire que c'étaient des gens qui, sous prétexte d'Evangile s'en prennaient au mariage et n'ont pas laissé que de bons souvenirs dans ces vallées.

L'historien en question nous décrit un massacre qui laisse la vallée vide, puis nous dit que finalement les vaudois vont repeupler la vallée. Tout cela est flou, vague et sans document et pas très clair, car dans ces vallées glaciales et âpres, d'accès très difficile surtout avant l'invention des explosifs pour faire sauter la roche (ouverture des routes au XVIIIème siècle seulement) on ne peut survivre (avec des enfants !) en errant dans la campagne, c'est absurde. Il y a quelque chose qui "ne colle pas" dans ce récit.

Si le Queyras comprend de nombreux protestants, comme le Valcluson des vallées italiennes, la Vallouise est catholique et l'apostolat de St Vincent Ferrier, complètement passé sous silence par votre auteur, a été très important. (D'où le village de "Puy St Vincent" de la Vallouise, avec sa chapelle St Vincent, dont les fresques sont classées)

Moi j'ai lu d'autres récits qui décrivent les protestants comme des gens agressifs qui s'en prennaient aux églises, détruisaient les images, les brûlaient massacraient les populations catholiques pacifiques. Lesdiguière n'était pas un saint !

D'ailleurs Valcluson est un démembrement de l'ancien écarton d'Oulx, les habitants ayant constaté leurs désaccords religieux s'étaient mis d'accord pour créer un écarton protestant : d'où le Valcluson. Preuve que des négociations avaient lieu et que les catholiques n'étaient pas les sombres fanatiques que l'on décrit systématiquement. Les habitants de Valcluson voulaient vivre leur nouvelle religion, les autres, restés catholiques, n'ont pas fait tant d'histoires !

Méfiez-vous de l'histoire moderne, la plupart du temps ce ne sont qu'ouvrages de propagande mensongers.

Bref, il faudrait que je recherche dans ma bibliothèque les récits d'histoire locale du briançonnais, si cela vous intéresse, je vous en donnerai des extraits, si je les retrouve.
Dernière modification par bajulans le mar. 16 mai 2006, 11:10, modifié 1 fois.
Loué soit Jésus-Christ

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Message non lu par bajulans » mar. 16 mai 2006, 11:06

A ma connaissance l'Inquisition n'existe plus et a duré cinq ou six siècles (l'Eglise vingt siècles) d'une part.

D'autre part, l'Inquisition ne condamnait pas à mort, c'est l'autorité laïque qui en usait ainsi s'autorisant du jugement inquisitorial, qui ne condamnait pas directement à mort.

Tout cela n'a, d'ailleurs, qu'un intérêt historique.
Loué soit Jésus-Christ

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Message non lu par MB » dim. 22 oct. 2006, 18:46

Avé

Maintenant que j'y pense, voilà ce qu'il faut dire, semble-t-il, à ceux qui condamnent l'Eglise au nom du souvenir de l'inquisition. Je précise avant tout que, en soi, l'inquisition, je suis contre, que je suis pour la liberté de conscience, etc.

- Chez nous, chez la plupart des gens (et certainement les bouffeurs de curés), il y a des opinions qui sont indicibles, qui font trembler. Quand j'entends quelqu'un me dire qu'il faut exterminer les Juifs, j'ai l'impression d'avoir une sorte de vertige ; c'est un scandale absolu dans la société contemporaine. De même, si quelqu'un profère des opinions anti-démocratiques, ou "liberticides", ou racistes, plus personne ne veut lui adresser la parole : c'est comme s'il était pestiféré. Il a proféré une opinion qui ressortit au "nefandum", c'est-à-dire un domaine dont la seule évocation est quelque chose de criminel, d'abominable. Le dogme actuel (je dis "dogme" sans donner à ce mot la moindre connotation) est l'idée de la validité intrinsèque de la démocratie, de l'égalité entre les hommes, et de la liberté. Ce qui va radicalement contre cela tend à être du nefandum.

- Or chez bien des sociétés chrétiennes, au Moyen-Age, ce qui est l'équivalent pour nous de l'expression d'une opinion nazie, par exemple, est l'expression d'une opinion hérétique. Anthropologiquement, c'est pareil : cela fait trembler tout le monde, les gens autour de vous ont l'impression que le sol se dérobe sous leurs pieds, cela paraît radicalement abominable.

- Il se trouve que dans la société française actuelle, l'expression d'opinion nazies ou racistes est interdite par la loi. Des sanctions pénales sont par ailleurs prévues. Mais si nous admettons cette répression pénale comme étant valable chez nous, il n'y a pas de raison de ne pas l'admettre pour les gens d'il y a plusieurs siècles. Bien sûr, des gens vont dire que nous, nous ne condamnons pas au bûcher ; mais autrefois, l'inquisition condamnait rarement à mort. Bien sûr encore, des gens vont dire, "oui mais c'est pas pareil, nous on a raison, etc.". Ce faisant, ils font preuve d'ethnocentrisme. Si l'on admet la relativité des cultures chez les Papous, pourquoi ne pas le faire chez les Européens médiévaux ?
L'exclusivisme des sociétés actuelles, qui tendent à se considérer comme l'aboutissement de l'histoire humaine, devrait être tempéré dès qu'il s'agit de chercher à ne pas paraître ridicule.

Il est donc de très mauvaise foi - mais tout le monde en est ici convaincu... - de reprocher à l'Eglise actuelle les crimes commis au Moyen-Age par des gens qui ne pensaient radicalement pas comme nous. C'est comme si on reprochait aux Italiens d'aujourd'hui la conquête des Gaules par César...

(Je précise aussi que, par conséquent, de la même manière que je suis contre la répression politique de l'hérésie, je suis opposé aux lois restreignant la liberté d'expression actuellement, même si c'est pour contrer des opinions abominables)

A bientôt
MB

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