Sur les traces du déluge

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Ungarsduweb
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Re: Les enfants d'Abel ?

Message non lupar Ungarsduweb » sam. 07 mai 2011, 14:05

Concernant l'arche de noé je pense que c'est une fable plus qu'une réalité historique tant elle est irréaliste

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mike.adoo
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Re: Les enfants d'Abel ?

Message non lupar mike.adoo » lun. 09 mai 2011, 11:13

Concernant l'arche de noé je pense que c'est une fable plus qu'une réalité historique tant elle est irréaliste
Je suis d'accord mais je remplacerais volontiers " fable " par " allégorie " , puisqu'il y a un sens caché .
Prendre ce récit comme une réalité historique n'est pas gênant à condition d'en voir le message et de ne pas perdre son temps à essayer de prouver sa véracité par des recherches pour le moins hasardeuses et , à mon sens , inutiles .

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Xavi
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Déluge, vallée de l’Araxe et culture kouro-araxe

Message non lupar Xavi » sam. 13 avr. 2013, 14:41

Selon les datations bibliques, un déluge se serait produit environ 2.400 ans avant notre ère et les survivants se sont échoués dans les monts Ararat.

A Nakhchivan (ou Nakhitchevan), située en Azerbaïdjan, dans la chaîne de montagne de l’Ararat, on considère que le nom de la ville évoque en arménien la descente de l’arche, à l’endroit où elle se serait arrêtée dans les monts Ararat.

Vue générale :
Image

Vue montrant davantage la vallée de l’Araxe :
Image

On est dans une vaste vallée à la jonction actuelle de l’Arménie, de la Turquie, et de l’Iran.

Son altitude ne dépasse guère 900 m sur près de deux cents kilomètres de longueur et sur une largeur de 20 à 40 kilomètres. Cette vaste vallée est entourée d’immenses reliefs montagneux de plus de 1.400 mètres d’altitude avec plusieurs sommets au delà de 3.000 mètres, que le fleuve Araxe traverse avant de s’écouler par un goulot montagneux étroit.

Les dimensions de cette vallée entourée de montagnes de plus de 1.400 m sont
impressionnantes :
Vue vers le sud est depuis Khor Virap :
Image

Vue vers le nord depuis le sud de la vallée :
Image

Vue de la vallée vers le sommet de l'Ararat :
Image

Vue de Nakhchivan vers le sud :
Image

Dans cette région où il y a de nombreux tremblements de terre, le goulot montagneux de l’Araxe, au sud est de Nakhchivan (très visible sur la carte plan Google en relief) a pu être obstrué d’une manière qui a pu provoquer une inondation de la vallée sur plus de 100 mètres de hauteur par des eaux boueuses provenant des étendues montagneuses qui l’entourent et y déposer une couche de plusieurs dizaines de mètres de terres d’alluvions. On y a relevé une épaisseur d’alluvions atteignant 300 mètres.

Une telle obstruction du goulot d’évacuation de cette vallée et le dépôt de boues provenant des montagnes a pu y relever le niveau du sol de plusieurs dizaines de mètres ce qui peut expliquer qu’elle est quasi plane et que le fleuve Araxe qui la traverse n’y descend que doucement de 60 mètres d’altitude sur les 150 kilomètres qui précèdent ce goulot en amont alors qu’elle descend ensuite de 540 mètres dans les 200 kms suivants ce qui peut concorder avec une importante retenue des eaux qui a pu faire monter le niveau de la plaine de la vallée de plusieurs dizaines de mètres.

La culture kouro-araxe ou kouro-araxienne est une civilisation qui semble avoir persisté dans la période d’environ 3.400 à 2.000 ACN. La métallurgie y était développée par des gisements miniers du petit caucase et le travail des métaux y aurait atteint un raffinement remarquable.

Leurs capacités techniques sont confirmées par des découvertes relativement récentes : les mines de sel extraordinaires de Duzdagi, à proximité immédiate de Nakhchivan, ou plus loin, la découverte de la mine d’or à Sakdrissi, à 50 kms au sud ouest de Tbilissi, qui paraît comme un écho au piyshown du jardin d’Eden dans lequel des commentateurs ont reconnu le fleuve Koura (Gn 2, 11-12).

Les premières traces de la culture Kouro-araxe apparaissent dans la plaine de l'Ararat et la cause de la disparition de cette culture ne semble pas claire.

La question qui peut être posée est de savoir si le déluge biblique peut se référer à une vaste inondation de la vallée de l’Araxe et si la culture kouro-araxe, qui semble avoir atteint un état de civilisation très élevé, pourrait être celle des ancêtres bibliques antérieurs au déluge.

L’immensité aplanie de cette vallée fait penser à une couverture uniforme des différences de relief par des terres déposées par une telle inondation.

Des lecteurs du forum pourraient-ils partager des informations à ce sujet ?
Dernière édition par Xavi le sam. 04 mai 2013, 15:03, édité 1 fois.

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Re: Déluge, vallée de l’Araxe et culture kouro-araxe

Message non lupar Xavi » dim. 14 avr. 2013, 12:33

Gyrovague écrit :
Selon Flavius Josèphe, c'est dans le pays dit de Carrhes ('Haran) que se trouvent les restes de l'arche où, dit-on, Noé échappa au déluge, restes qui, jusqu'à nos jours, sont montrés à ceux qui veulent les voir.
Et voici les photos de ce qui pourrait être l'Arche de Noé échoué sur l'une des faces du mont Ararat.
Vous parvenez à y croire un peu, cher Gyrovague ?

Il me semble qu’il en faudrait bien plus pour donner une apparence de crédibilité sérieuse permettant d’attribuer un lien entre cette forme mythologique d’un bateau, naturelle ou construite à une époque quelconque, et l’arche de Noé qui, pour rappel, a dans la Genèse une forme rectangulaire.

La position de la trace montrée par vos photos rejoint une interprétation littérale extrême du texte de la Genèse que rien n'impose. Lorsqu’un témoin d’une vaste inondation dit qu’il y a de l’eau « partout » et que « tout » est inondé, le sens normal ne nous fait pas comprendre que l’Everest est sous eau.

Comment imaginer de l’eau surmontant les 8.000 mètres de l’Everest, le pôle nord et le pôle sud, sans aucun problème ni de froid, ni d’altitude pour ceux qui flotteraient au-dessus ?

Comment imaginer que des couples de chacune des milliers (voire les millions) d’espèces animales et d’espèces d’oiseaux se seraient concentrés à un endroit de la planète pour monter dans une arche, auraient survécu plus d’une année dans cette arche, seraient redescendus à près de cinq mille mètres d’altitude pour retourner qui au pôle nord (pingouins et ours blancs par exemple), qui au centre de l’Afrique, (hippopotames, chimpanzés, éléphants …), qui en Australie (par quel bateau mystérieux des kangourous en seraient-ils venus puis retournés ?) et en Amérique du Nord et du Sud… ?

Comment imaginer qu’un cataclysme recouvrant toute la planète d’eau sur plus de 8.000 mètres d’altitude il y a moins de cinq mille ans ne laisserait aucune trace scientifique ?

Certes, pour Dieu tout est possible. Mais tout est aussi possible pour notre imagination et n’est pas pour autant vrai.

Pourquoi imaginer au delà du texte de la Genèse et de ce qu'il impose que Dieu aurait assuré miraculeusement le transfert d’un couple de pingouins du pôle nord vers l’arche puis son retour au même endroit et sortir totalement de la réalité concrète raisonnable, de manière extrêmement déconnectée de la nature que Dieu a réellement créée autant que des miracles qu'il y accomplit toujours dans un profond respect de cette nature que manifeste beaucoup de discrétion ?

Revenons les pieds sur terre car nous sommes fortement hors sujet. Le sujet ici concerne la vallée de l’Araxe et la civilisation Kouro-araxe.

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Re: Déluge, vallée de l’Araxe et culture kouro-araxe

Message non lupar Xavi » sam. 04 mai 2013, 15:08

Comment ne pas penser à la description terrestre de ce « jardin » que nous décrit le début de la Genèse ? Le mot hébreu « gan » signifie un endroit clos, fermé. Il vient du mot « ganan » qui signifie protéger, entourer. Cette vaste vallée de l’araxe de près de 6.000 km², située à l’orient du sommet de l’Ararat, n’est-elle pas un endroit clos, entouré de montagnes, au milieu d’un vaste massif montagneux d’où sortent quatre grands fleuves qui s'écoulent sur plus de 1.000 kilomètres : le Koura et l’Araxe qui coulent vers le nord est (à travers ce qui est devenu la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaidjan), le Tigre et l’Euphrate qui coulent vers le sud est (à travers l’ancienne Mésopotamie qui se situe aujourd’hui en Turquie, en Irak et en Iran).

N’est-ce pas cet endroit que l’auteur de la Genèse nous présente ?

Après que les premiers humains aient été privés du monde spirituel de l’Eden, qu’est devenu l’endroit terrestre où ils vivaient ? N’a-t-il pas été détruit comme a pu l’être la terre entière de cet endroit clos entouré de montagnes qu’est la vallée de l’araxe au milieu d’un vaste massif montagneux ?

Nous ne pouvons parler que de manière imagée de la réalité spirituelle du jardin que Dieu a planté dans l’Eden, dans son « monde » spirituel, mais qu’en est-il de la réalité terrestre des humains qui y ont été mis ?

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Re: Sur les traces du Déluge

Message non lupar Xavi » sam. 18 mars 2017, 20:01

Dans le sujet « Comment considérer la Genèse ? » du sous-forum « Ecriture Sainte », Trinité écrit :
Dans le cadre de notre discussion fort intéressante , je vous propose de consulter l'article relatif au déluge ,de Paul Scély ,dans "science et Foi"
Il s’agit d’un article du théologien protestant évangélique Paul Seely, intitulé « Regard scientifique et théologique sur le déluge de Noé » qui est en ligne par le lien suivant :
http://www.scienceetfoi.com/ressources/ ... eluge-noe/

M. Seely y trace un tableau général que rien ne permet de mettre en doute : « Des données provenant de différentes disciplines scientifiques nous donnent des indications claires sur le fait que le déluge de Noé n’a pas recouvert tout le globe…
A une extrémité nous avons Adam, dont la culture est néolithique et ne peut donc être daté pas avant 9000 ou 10 000 avant J.C. A l’autre extrémité nous avons Abraham qui peut être daté approximativement en 2000 avant J.C. Dans ces deux généalogies, le déluge est au milieu de ces extrémités…
Depuis 9000 avant J.C. jusqu’à présent, les seules roches de la Mésopotamie du Nord qui ont été façonnées par les rivières ou les océans se trouvent le long des rives des rivières. Ceci nous montre que les seules inondations qui ont affecté le nord de la Mésopotamie ces 11 000 dernières années ont été causées par des débordements de rivières…
les seules traces d’inondations conséquentes dans le Proche Orient à cette période sont sur les bords des rivières…
après 5000 avant J.C., il existe des sites … dans le Proche Orient à cette date où des gens ont vécu sans être dérangés par une quelconque inondation…
Les données empiriques de la géologie, de la glaciologie et de l’archéologie, interprétées par la quasi-totalité des scientifiques qualifiés dans ces domaines nous attestent clairement qu’aucune inondation n’a recouvert le globe ou même tout le Proche Orient depuis 11 000 ans
».

Il observe que « Il y a tant de ressemblance entre le récit biblique du déluge et le récit mésopotamien que des théologiens « conservateurs » comme Alexandre Heidel, Merril Unger, Donald Wiseman, John Walton et d’autres en ont conclu que le récit du déluge remonte à une tradition commune à propos du même déluge. Ceci signifie que si nous pouvons localiser le déluge mentionné dans les récits mésopotamiens, nous aurons localisé le déluge biblique ».

Cela paraît, en effet, exact.

Ainsi, selon Wikipedia, Ziusudra « régna sur la cité de Šuruppak aux environs de 2800 av. J.-C. Ayant été informé en songe par un dieu que le genre humain allait périr par un déluge, il construisit un grand navire, y fit entrer sa famille, des oiseaux, des animaux de chaque espèce, puis quand les eaux baissèrent, débarqua sur une montagne et fut enlevé au ciel ».

Cela permet de considérer que le récit des origines n’a pas été « inventé » par Moïse ou d’autres rédacteurs du peuple hébreu, mais qu’il devait déjà exister à l’époque d’Abraham, il y a environ 4.000 ans, lorsque celui-ci était un Mésopotamien parmi les autres, vivant à Ur, au sud est de la Mésopotamie.

Selon Wikipedia, « Plus tard, les Hébreux transposèrent l'histoire de Ziusudra à leur patriarche Noé ».

En réalité, rien ne permet d’affirmer une telle transposition plutôt que l’inverse. Rien ne permet davantage de prétendre que le récit de la Genèse n’existait pas déjà du temps d’Abraham, bien avant la constitution du peuple hébreu en Egypte et la rédaction du livre de la Genèse

Car, si les récits mésopotamiens sont très semblables au récit de la Genèse, rien ne permet d’en déduire que le récit de la Genèse s’en est inspiré. L’inverse n’est pas moins vraisemblable. Les faits relaté par la Genèse, qui ont pu être initialement un récit mésopotamien du temps d’Abraham, ont pu inspirer plusieurs autres récits mésopotamiens avec diverses déformations.

P. Seely relève cependant qu’ « En travaillant à partir d’inscriptions et de la liste des rois sumériens, on peut dater sommairement le Noé sumérien : Ziusudra, qui vivait dans la ville de Shuruppak en environ 2850 avant J.C. » et que « Ceci est en accord avec la seule inondation mésopotamienne qui a laissé des traces en trois endroits simultanément (Shuruppak, Uruk et Kish) » de sorte que « Un nombre conséquent de spécialistes du Proche Orient Ancien en ont donc conclu que ce déluge est probablement celui dont il est question à la fois dans les récits biblique et mésopotamiens ».

Ici encore, rien ne prouve que le déluge biblique et la dernière inondation majeure survenue en Mésopotamie vers 2900 avant JC ne sont qu’un seul et même évènement. Il me semble qu’on a plutôt ici une hypothèse basée sur la prémisse plus qu’incertaine qu’il n’y aurait eu qu’une seule inondation majeure dans la région et que la seule inondation mésopotamienne connue serait le fameux déluge biblique.

A cet égard, P. Seely admet « qu’aucun déluge réel, ni le déluge de 2900 avant J.C., ni celui de la mer Noire, ni la fonte de calottes glaciaires en divers endroits ne correspondent étroitement à la description biblique du déluge. Les théories d’un déluge local ne correspondent pas au récit biblique sur des aspects secondaires, tels que la durée d’une année et la destruction de tous les oiseaux (même localement). Plus important, aucune théorie locale du déluge n’est en accord avec le récit biblique sur des points critiques : l’échouage de l’arche sur les montagnes de l’Ararat, un déluge qui couvre tout le Proche Orient (Genèse 9 :19, « toute la terre »=Genèse 10), l’établissement de Noé en tant que nouvel Adam, c’est-à-dire, un nouveau commencement de la race humaine, et le démantèlement de l’univers par une dé création des jours deux et trois de Genèse 1.7 ».

P. Seely croit pouvoir en déduire que le récit du déluge de Noé serait une légende et qu’il raconterait une histoire « comme si elle avait eu lieu avec le but de nous apprendre une leçon d’ordre spirituel », mais il omet de considérer que si les récits les plus anciens sont mésopotamiens, rien ne permet d’en déduire que le déluge local raconté se serait nécessairement produit en Mésopotamie et non dans une région voisine d’où aurait émigré Noé ou Ziusudra, du fait même de la destruction totale racontée par les récits mésopotamiens.

A cet égard, les points critiques qui fondent son raisonnement paraissent fragiles.

On ne peut certes que constater les incompatibilités du récit biblique avec l’inondation mésopotamienne survenue vers 2900 avant JC et avec toute autre inondation de la Mésopotamie.

Mais, si « l’échouage de l’arche sur les montagnes de l’Ararat » ne correspond pas à l’hypothèse d’une inondation de la Mésopotamie, elle reste compatible avec la possibilité d’un autre déluge local, par exemple dans la seule vallée de l’Araxe, voire dans la vallée de la confluence de l’Araxe et du Koura.

L’affirmation que la Genèse relate « un déluge qui couvre tout le Proche Orient (Genèse 9 :19, « toute la terre »=Genèse 10) » se fonde sur la seule hypothèse que « toute la terre » signifie nécessairement « toute la planète » ou « tout le Proche Orient » alors qu’il s’agissait principalement, dans la Genèse, d’une destruction de l’humanité issue de l’adamah, la terre argileuse rouge très présente dans la vallée de l’Araxe, de sorte que « toute la terre » cela peut aussi signifier seulement « toute la terre de l’adamah », toute la terre où Dieu avait créé l’humanité.

Le critère de « l’établissement de Noé en tant que nouvel Adam » ne se retrouve pas comme tel, de manière précise, dans la Genèse. Un nouvel Adam, cela signifierait d’abord un nouvel homme parfait, sans péché. Or, malgré la sainteté de Noé, rien ne permet d’affirmer qu’il ait été préservé du péché originel. Les occupants de l’arche de Noé sont seulement présentés comme les survivants de l’humanité détruite sur toute la surface de la terre de l’adamah. Il est d’ailleurs possible qu’après seulement dix générations, tous les descendants d’Adam et Eve se trouvaient encore concentrés dans la région de l’adamah qui pourrait être la vallée de l’Araxe de Erevan à Nakhitchevan.

Quant à un « démantèlement de l’univers par une dé création des jours deux et trois de Genèse 1.7 », P. Seely s’éloigne lui-même à cet égard du récit biblique et il n’est pas possible d’y voir une objection à la réalité possible d’un déluge local.

Bref, la question reste ouverte, de même que l’hypothèse de la vallée de l’Araxe.

Comment ne pas penser à la terre argileuse rouge de l’adamah en observant la « colline rouge » de Erevan ?

J’espère que des recherches archéologiques approfondiront cette hypothèse qui reste particulièrement intéressante.

On y a retrouvé à Duzdagi et Tuzluca les plus anciennes mines de sel du monde, ce qui atteste d’une ancienne présence d’un lac salé dans la vallée de l’Araxe qui a laissé d’importantes concentrations de sel et qui devait être semblable à l’actuel lac de Van qui se situe à proximité (à 100 kms au sud du Mont Ararat) et fait 120 km de long, 80 km de large et 457 m de profondeur.

Cet ancien lac qui occupait la vallée de l’Araxe s’est vidé à une époque actuellement inconnue, mais qui, dans l’espace quasi clos du massif de l’Ararat où coule actuellement l’Araxe, a pu se remplir à nouveau en grande partie en cas de fermeture de son étroite sortie par l’effet de l’un des nombreux séismes de la région et de pluies abondantes.

Les mines de sel de la vallée de l'Araxe constituaient un atout majeur pour l’habitat dans cette vallée relativement protégée des chaleurs de la Mésopotamie à son altitude de 800 à 1.000 mètres. En effet, ces mines de sel fournissait un abri sûr dans lequel non seulement la température y était plus tempérée tant en été qu’en hiver, mais, dans lequel surtout la présence abondante de sel permettait une conservation prolongée des aliments recueillis par la chasse, la pêche, la culture ou la cueillette.

L’air, riche en minéraux, y était particulièrement favorable à la santé au point qu’on y a d’ailleurs installé actuellement, dans les kilomètres de galeries retrouvées, des grottes thérapeutiques.

Les mines fournissaient, en outre, un abri contre tous envahisseurs dont la population locale était relativement protégée au creux des hautes montagnes qui entouraient la région.

Avec des entrées à plus de cent mètres de hauteur par rapport au niveau de l’Araxe, ces mines pouvaient aussi fournir un abri contre les risques des crues.

Ces mines expliquent peut-être pourquoi tous les habitants de la région ont pu être tués par le déluge à la seule exception de la famille de Noé.

Lorsque les eaux ont commencé à monter, pourquoi se réfugier dans une maison flottante comme Noé et sa famille l’ont fait plutôt que de monter dans la montagne et, au besoin, de fuir vers la Mésopotamie ou la plaine du Koura ? Pourquoi tous ont-ils péri sans que quelques uns ne parviennent à fuir par les montagnes ?

N’est-ce pas parce qu’il y avait un abri qui paraissait sûr à l’intérieur des mines de sel ? Le premier choix par mauvais temps, n’était-ce pas d’abord de se réfugier avec les troupeaux dans les grottes surélevées par rapport à l’Araxe, mais ce refuge a pu devenir un piège si un niveau imprévu des eaux en a englouti les accès ?

L’hypothèse reste à vérifier, mais une montée imprévisible des eaux extérieures a pu y noyer tous les occupants si ceux-ci se sont retrouvés dans des salles souterraines sans issues.

Il y a beaucoup à réfléchir.

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Re: Sur les traces du Déluge

Message non lupar TREBLA » sam. 18 mars 2017, 21:11

Cher Xavi,

Merci d'avoir réouvert cette discussion.

Veuillez considérer :
On a retrouvé des fossiles marins végétaux et animaux à une altitude de plus de 3 500 mètres à environ 50 kilomètres au nord de Lhassa au Tibet.
http://www.zonehimalaya.net/Himalaya/origine.htm
Que le Seigneur vous bénisse.

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Re: Sur les traces du Déluge

Message non lupar Xavi » lun. 20 mars 2017, 15:08

Cela paraît étranger au déluge biblique dès lors que l’Himalaya semble s’être formé il y a environ 40 millions d’années par une collision de plaques continentales qui a provoqué un important soulèvement de fonds marins qui explique les fossiles marins trouvés à 3.500 m d’altitude.

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Re: Sur les traces du Déluge

Message non lupar TREBLA » mer. 22 mars 2017, 0:07

Cher Xavi,

Veuillez considérer :
Il est présenté comme « unique au monde ». Le fossile d’un reptile marin vieux de 127 millions d’années a été découvert par une équipe de paléontologues dans la cordillère des Andes en Colombie, a annoncé mercredi 8 mars le service géologique du pays.

Les spécialistes du Musée José-Royo ont trouvé les restes d’un plésiosaure qui vivait durant le crétacé inférieur (– 145,5 millions d’années à – 65,5 millions d’années), la semaine dernière près de la cité touristique de Villa de Leyva, à trois heures de la capitale, Bogota. Durant cette période, cette zone était occupée par une mer regorgeant de formes de vies.
http://www.lemonde.fr/paleontologie/art ... 50762.html
Villa de Leyva, à trois heures de la capitale, Bogota, est située à 2.149 m d'altitude.

Que le Seigneur vous bénisse.

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Re: Sur les traces du déluge

Message non lupar Grblle électro-ciblé » ven. 05 mai 2017, 11:14

Bonjour,

Il y a aussi pas mal de vestiges sous marins un peu partout dans le monde, comme par exemple une construction pyramidale immergée sous l'eau au Japon.

A la création, Dieu a rassemblé la mer en un seul endroit et on pourrait penser qu'il a fait apparaître la terre au milieu et que cette terre était donc unique avant de se disloquer en plusieurs morceaux. Ce qui expliquerait donc qu'on retrouve un peu partout dans le monde des similarités en Amérique du Sud et Centrale, Asie et Afrique dans les constructions et dans les cultures.

C'est la théorie de la pangée.

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Re: Sur les traces du déluge

Message non lupar TREBLA » ven. 05 mai 2017, 15:12

Bonjour Grblle électro-ciblé,
A la création, Dieu a rassemblé la mer en un seul endroit et on pourrait penser qu'il a fait apparaître la terre au milieu et que cette terre était donc unique avant de se disloquer en plusieurs morceaux.
Oui, vous avez raison !
Gn 1, 9 Dieu dit: " Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. " Et cela fut ainsi.
Cette image correspondrait à la théorie de la pangée.

Que le Seigneur vous bénisse.

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Re: Sur les traces du déluge

Message non lupar Relief » ven. 05 mai 2017, 20:24

Le grand et le petit Ararat vus depuis un ballon sonde. A droite sur l'horizon, le Caucase.

Image

Mac
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Re: Sur les traces du déluge

Message non lupar Mac » ven. 05 mai 2017, 20:34

Magnifique Relief :)

Fraternellement :coeur:

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Re: Sur les traces du déluge

Message non lupar TREBLA » ven. 05 mai 2017, 20:38

Merci !
Gn 8, 4 Au septième mois, le dix-septième jour du mois, l'arche s'arrêta sur les montagnes d'Ararat.
Que le Seigneur vous bénisse.

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Re: Sur les traces du déluge

Message non lupar Xavi » sam. 28 oct. 2017, 14:05

Oui, mais, comme le début de la Genèse le rappelle, le Mont Ararat est le siège de quatre grands fleuves, dont le Tigre et l’Euphrate. Il est le sommet d’un vaste massif montagneux qui étend ses racines jusqu’au niveau des mers que rejoignent ses fleuves.

A cet égard, outre l’éventualité d’un déluge local survenu dans la vallée de l’Araxe déjà évaluée dans ce fil, d’autres éléments constatés permettent d’ouvrir une autre hypothèse : celle d’une inondation du pays de Sumer à la fin de laquelle l’arche de Noé se serait échouée à Ur, cette cité antique que son descendant Abraham a quitté à une époque ultérieure.

Lorsqu’on parle aujourd’hui du Mont Ararat, on pense spontanément à son cône enneigé, mais la perspective de la Genèse pourrait être plus large et les mots moins précis.

Un massif montagneux peut être considéré dans son ensemble du sommet jusqu’à ses bases où ses eaux atteignent la mer.

A cet égard, le récit biblique n’exclut pas une telle hypothèse car s’il indique que « l’arche s’arrêta sur les monts Ararat » (Gn 8,4), le mot hébreu « har » traduit par monts est très imprécis, car il peut tout aussi bien s’appliquer à une petite colline qu’à une région de colline ou de montagnes.

Dès le deuxième chapitre de la Genèse (Gn 2, 11-14), le récit biblique paraît davantage dans cette perspective lorsqu’il évoque le jardin d’Eden en considérant globalement les quatre grands fleuves de l’ensemble montagneux de l’Ararat, avec, outre Pishon et Gihon qui correspondent au Koura et à l’Araxe qui s’écoulent par le nord dans la Mer Caspienne, le Tigre et l’Euphrate qui s’écoulent par le sud dans le Golfe Persique.

L’Euphrate, c’est précisément ce fleuve immense qui coule des flancs du Mont Ararat dans le Caucase et qui aboutit à Ur là où, jadis, il se jetait dans le golfe persique avant que le rivage de ce golfe ne recule vers le sud à plus de 200 kms.

Si l’on considère l’ensemble du massif montagneux dont le Mont Ararat n’est que le sommet atteignant 5.137 mètres d’altitude à 980 kms de la ville de Ur, cette cité à l’embouchure de l’Euphrate dans le golfe persique, peut être considérée comme le bas du massif de l’Ararat.

L’hypothèse d’un déluge local reste actuellement la seule crédible dans les dix mille dernières années, pendant le néolithique dans lequel la Genèse situe le récit de la création de l’humanité à l’image de Dieu.

Malgré la lecture littérale que certains en ont faite, il n’y a aucun élément concret qui oblige de considérer que le récit biblique relaterait une inondation de toute la planète engloutissant l’Himalaya avec une arche dans laquelle on aurait eu un couple d’ours blanc du pôle nord et un couple d’éléphants d’Afrique.

En fait, la décision divine indiquée par la Genèse permet, au contraire, de privilégier l’idée que le déluge fut, en réalité, un évènement local. Ce qui fut inondé lors du déluge, c’est la « terre rouge » (l’adamah) où l’humanité fut créée :

« Dieu vit que la méchanceté de l’adam était grande … et Dieu dit « J’exterminerai de la surface de l’adamah [la terre rouge, ce n’est pas la planète entière, mais celle dont la poussière a servi à façonner l’adam (litt. : le rouge) (Gn 2,7)] l’adam que j’ai fait, … le bétail, les animaux, les oiseaux... » » (Gn 6, 5-7).

Le mot exterminer, qui traduit le mot hébreu « macha », ne signifie d’ailleurs pas nécessairement tuer mais seulement enlever de l’endroit : les oiseaux se sont envolés ailleurs, des animaux ont pu s’enfuir.

Certes, selon le professeur Seely, cité dans un message précédent, « les seules traces d’inondations conséquentes dans le Proche Orient à cette période sont sur les bords des rivières », mais cette opinion n’évalue guère la situation particulière du pays de Sumer à l’embouchure du Tigre et de l’Euphrate dont les crues à proximité du golfe persique pouvaient avoir un effet diluvien tant le relief y est peu élevé au dessus du niveau de la mer. Ainsi, par exemple, aujourd’hui encore, la ville de Bagdad, située à plus de 500 kms du golfe persique et en amont du pays de Sumer, n’est qu’à une altitude de 34 mètres et l’antique cité d’Ur, d’où Abraham est sorti, n’est qu’à une altitude de 6 à 10 mètres alors qu’elle est actuellement située à plus de 200 kms du golfe persique.

En réalité, l’affirmation précitée de Seely doit être, au moins nuancée tant les crues pouvaient s’étendre en largeur.

D’importantes couches d’alluvions entre les strates des cités redécouvertes dans le pays de Sumer témoignent de multiples déluges dans la région de la Basse Mésopotamie dus à la conjonction de l’étendue des régions montagneuses drainées par le Tigre et l’Euphrate et de la faible altitude de la région par rapport au niveau de la mer dans le golfe persique qui la borde et où aboutissent ces fleuves.

Le déluge biblique, qui concernait l’adamah, la terre des premiers humains à l’image de Dieu, ne fut pas nécessairement le plus important, ni le plus remarquable.

Ce qui caractérise le récit biblique c’est sa situation sur la terre de l’adamah, c’est l’extermination de tous les humains, des animaux et même des oiseaux de toute la surface de toute la terre « de l’adamah ». Mais non de la Planète, ni même de toute la Basse Mésopotamie.

Durant le troisième millénaire, le rivage du golfe persique, qui a beaucoup varié au cours des derniers millénaires, se trouvait à hauteur de la ville antique de Ur et la première région a être envahie par l’eau en cas d’inondation majeure, c’était la partie la plus au sud de la Mésopotamie bordant à la plus basse altitude le golfe persique : le pays de Sumer.

Certes, la Bible ne cite jamais ni Sumer, ni les sumériens.

Le mot « Sumer », actuellement retenu par les linguistes, les archéologues et les historiens, semble se référer au mot akkadien « Shumeru » par lequel les akkadiens nommait le pays qui, au sud de la région d’Akkad, s’étendait de Babylone jusqu’au golfe persique. Cela n’a rien de mythique : c’est une région bien précise au sud est de Bagdad où coulent le Tigre et l’Euphrate.

Sumer et Akkad formaient ensemble la Basse Mésopotamie unifiée, vers 2340 ACN, dans l’empire d’Akkad, un territoire que la Genèse nomme « pays de Schinear » (Gn 10, 10) ou « Chaldée », sans distinguer clairement sa partie nord (Akkad) de sa partie sud (Sumer).

Selon le récit biblique, Abraham quitte Ur en Chaldée (Gn 11,31).

Le premier livre de la Bible, le livre de la Genèse, apparaît d’abord ainsi comme l’histoire, depuis leurs origines, d’une famille de Sumériens exilés en Egypte, des descendants d’Abraham, Isaac et Jacob. Sumer, c’est le début.

Et, à cet égard, même si les durées chronologiques de la Genèse restent mystérieuses, il est interpellant d’observer que la Genèse établit une coïncidence entre l’époque du départ d’Abraham du pays de Sumer et la fin de la vie de Noé, l'homme du déluge. Les jours de Noé s’arrêtent 350 ans après le déluge (Gn 9,28), soit exactement 58 ans après la naissance d’Abraham dont il séparé par huit générations, selon le calcul précis donné par le chapitre 11 de la Genèse (v. 10 à 26).

N’est-ce pas un indice qui suggère que la durée de la vie de Noé s’achève à l'époque où Abraham quitte Ur et que les 950 ans de Noé ne devraient pas être considérés comme une durée individuelle mais comme une durée collective que ses descendants ont prolongée à Ur, dans le lieu où il s’était établi, de sorte que la fin de sa vie n’est constatée que lorsque ses descendants qui ont prolongée son nom ont quitté son lieu de vie ?

Cette question, concernant les « âges » des patriarches, est approfondie, parmi d’autres, dans un autre sujet de ce forum intitulé « Adam a-t-il vécu 930 ans ? » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... atriarches

Mais, ne faut-il pas considérer ici que Noé a lui-même vécu à Ur et que, lorsque ses descendants la quittent, comme le fait la famille d’Abraham, c’est cela qui marque la fin des jours de Noé ?

Et si c’est à Ur que Noé s’établit après le déluge, n’y a-t-il pas alors un indice sur l’endroit du déluge et, en outre, sur l’endroit de vie des patriarches qui l’ont précédé, l’adamah des origines ?

En effet, rien n’indique, dans le récit biblique, que Noé aurait émigré dans une autre région après le déluge.

Durant le troisième millénaire avant Jésus-Christ, une inondation importante pouvait concrètement provoquer une étendue d’eau à l’intérieur de la Mésopotamie sans discontinuité avec le golfe persique. La maison flottante prudemment construite par Noé a pu être emportée dans le golfe persique puis ramenée sur la côte, près de Ur, par les courants dominants.

D’où provenait-il avant ? Pourrait-on situer l’endroit de l’adamah où l’arche a été construite ?

En l’absence de déluge important qui aurait amené des flots tumultueux des montagnes, le récit de la Genèse ne parle que d’une montée des eaux, ce qui semble situer le déluge dans le bas du delta du Tigre et de l’Euphrate. La montée des eaux n’est pas associée à un torrent vers la mer qui caractérise les crues situées dans des régions plus encaissées et aux pentes plus accentuées situées davantage en amont.

A cet égard, compte tenu du fait qu’à l’époque le rivage du golfe persique se situait près de 200 kms au nord de sa position actuelle et arrivait jusqu’à Ur, on semble donc bien, avant comme après le déluge, dans le pays de Sumer, entre le Tigre et l’Euphrate, au sud est de l’actuelle Bagdad.

C’est donc aussi là qu’il faudrait situer l’adamah immergé et donc le lieu de la création de l’humanité, mais rien ne permet de le situer plus précisément plutôt du côté sud où se trouve l’Euphrate et les cités de Ur et Babylone que du côté nord où se trouve le Tigre, voire à un endroit entre les deux. Ur, au bord de l’Euphrate, se situe à 130 kms du Tigre, mais la vallée est encore beaucoup plus large.

Noé devait connaître les dangers de cette région de très basse altitude située entre le Tigre et l’Euphrate, ces deux immenses fleuves provenant du massif de l’Ararat.

Le récit biblique d'un déluge authentique a pu inspirer des légendes mésopotamiennes, mais celles-ci peuvent aussi provenir du souvenir d’autres déluges.

Au bas d’une double vallée fluviale de plus de mille kms dans un paysage montagneux, les crues étaient parfois importantes et Noé a pu connaître la légende mésopotamienne de Ziusudra qui évoquait une énorme crue dont ce Roi ancien n’avait été sauvé que sur un bateau.

Un léger retrait par rapport au fleuve, à quelques mètres de hauteur, et la solidité des maisons en brique assuraient la sécurité ordinaire, même en cas de grandes crues, mais Noé, considérant la perspective d’un déluge plus important, élabora, selon la Genèse, un plan écrit d’une maison flottante en bois et en bitume dans laquelle il pourrait s’abriter avec sa famille et un minimum d’animaux préservant, le cas échant, la survie de son cheptel. En veillant à ce qu’elle soit assez grande pour ne pas être déséquilibrée par des flots impétueux, mais pas trop chargée, par un embarquement complet du cheptel, pour assurer au mieux sa flottaison. Un mélange de taille et de légèreté devait assurer son flottement même dans des eaux tumultueuses.

Le déluge biblique causa une inondation majeure, mais pas nécessairement plus grande que quelques autres déluges du passé. Elle a inondé tout le pays de l’adamah et emporté la maison flottante.

Si l’évènement s’est produit dans le pays de Sumer, il est possible qu’après avoir longtemps dérivé sur les eaux qui recouvraient la vaste plaine immergée de l’adamah et qui ne formaient plus qu’une vaste étendue d’eau avec le golfe persique de plus de 200 kms de largeur dans lequel l’arche a pu dériver à perte de vue, les courants ont pu la ramener à Ur, au pied du massif de l’Ararat, là où l’un de ses fleuves venait se jeter dans le golfe persique.

Il en résulte que l’hypothèse selon laquelle l’adamah, où l’humanité a été créée et qui a été inondée par le déluge, se trouvait dans le pays de Sumer, a de la consistance.

Les mots hébreux eux-mêmes semblent le confirmer du fait que le pays de Sumer est historiquement celui des premières villes de l’antiquité dont la construction a bénéficié de l’une de ses caractéristiques principales : celle d’être une terre où l’argile rouge est abondante. Cette argile dont la cuisson permet la fabrication de briques.

En outre, cette abondance d’argile a permis aussi la confection de tablettes pour écrire et les Sumériens sont surtout connus comme les inventeurs de l’écriture, ce qui a fait connaître le sumérien dans tout le Moyen Orient où il a servi de base pour l’écriture de toutes les autres langues.

Or, en hébreu, le mot « adam » signifie « rouge » et le mot « adamah » signifie « terre rouge » ou « argile rouge ».

Comment ne pas penser à un lien possible entre l’argile rouge de l’adamah et les tablettes d’argile rouge qui ont permis, par l’abondance de cette argile dans le pays de Sumer et par sa facilité d’usage, l’invention de l’écriture dans le pays de Sumer ?

Autant d'indices dans le sens d'un déluge dans le pays de Sumer.


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