Propositions de réforme du système monétaire et financier

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Christophe
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Propositions de réforme du système monétaire et financier

Message non lu par Christophe » jeu. 02 août 2007, 17:08

Salut à tous, salut Renaud !

Au point de reflexion où j'en suis, voici le système financier qui me semble le plus efficace et le plus juste :
  • Une banque centrale "indépendante mais publique" (comme la justice peut être indépendante de l'exécutif) qui aurait le monopole de l'émission monétaire. Cet institut de création monétaire prêterait son argent aux banques de crédit et à l'État, à un taux variable.
  • L'institut aurait pour objectif de contenir l'inflation et de soutenir la croissance économique ; cette politique monétaire se traduirait par la définition du taux d'intérêt (taux directeur) des prêts faits aux banques privées et à l'État. Les banques privées et l'État devront rembourser les emprunts contractés au taux directeur auprès de l'institut dans les délais anticipés.
  • En même temps qu'il émettra l'argent pour le prêter aux banques et à l'État, l'institut créera l'argent correspondant aux intérêts et le créditera sur les comptes de la nation. Ainsi, la masse monétaire en circulation correspondra toujours à la somme des prêts courants grevés des intérêts.
  • Enfin, la couverture monétaire des banques privées serait fixé à 100%, elles ne pourront plus prêter que l'argent qu'elles auront en dêpot : l'argent emprunté à l'institut et celui déposé par leurs épargnants.
Merci de vos commentaires et à votre disposition pour les questions. :p

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Renaud
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Re: Le Crédit Social

Message non lu par Renaud » sam. 04 août 2007, 16:45

Merci Christophe de remettre ce sujet à l'ordre du jour.

Il y a 4 points dans les réflexions que vous exposez.

""Une banque centrale "indépendante mais publique" (comme la justice peut être indépendante de l'exécutif) qui aurait le monopole de l'émission monétaire.
--->Cet institut de création monétaire prêterait son argent aux banques de crédit et à l'État, à un taux variable.""

Tout à fait d'accord sur ce principe. Mais cet institut ne doit pas être un fixateur de taux d'intérêts comme le sont, du moins sur le papier, la ou les banques centrales actuelles. En effet, le rôle de cet institut serait d'émettre la monnaie correspondante à la production effectuée durant un exercice comptable, et naturellement d'être un régulateur de masse monétaire en détruisant les franges monétaires relevant du risque d'inflation. Mais dans le système du Crédit Social qui émet la monnaie basée
- uniquement - sur l' "étalon" de la production d'un exercice comptable donné, il existe là un système auto-bloquant de facto contre l'inflation précisément, car ce sont les données statistiques de production qui autorisent la quantité de monnaie pouvant être émise. D'intérêts bancaires aucun, si ce n'est des frais de gestion sans commune mesure avec les montants écrasants et assasins des intérêts bancaires actuels.

""L'institut aurait pour objectif de contenir l'inflation et de soutenir la croissance économique ;
----> cette politique monétaire se traduirait par la définition du taux d'intérêt (taux directeur) des prêts faits aux banques privées et à l'État. Les banques privées et l'État devront rembourser les emprunts contractés au taux directeur auprès de l'institut dans les délais anticipés.""

Pourquoi faudrait-il qu'il y ait à nouveau l'introduction d'un taux (ou plusieurs)d'intérêts bancaires si à ce stade? Puisque la "stérilité" de l'argent (et l'inflation = 0) est garantie et que cela entraîne pour la plus grande clarté et limpidité de la source monétaire aucune déformation due aux transferts d'argent.


""--->En même temps qu'il émettra l'argent pour le prêter aux banques et à l'État, l'institut créera l'argent correspondant aux intérêts et le créditera sur les comptes de la nation. Ainsi, la masse monétaire en circulation correspondra toujours à la somme des prêts courants grevés des intérêts."""

Là encore il faut garder la source monétaire absolument vierge d'hypothèques et de marges bénéficiaires bancaires à ce stade injustifiées

""Enfin, la couverture monétaire des banques privées serait fixé à 100%, elles ne pourront plus prêter que l'argent qu'elles auront en dêpot : l'argent emprunté à l'institut et celui déposé par leurs épargnants.""

C'est tout à fait le but à atteindre.
Simplement l'argent emprunté à l'institut ne serait pas grevé d'intérêts, ces "prêts" de l'institut d'émission ne seraient effectués que dans le cas (d'ailleurs fréquents) de processus de production long, avec beaucoup d'intermédaires industriels (sous-traitants, etc) nécéssitant pour tous les partenaires participants à ces productions des financements intermédiaires car toutes les entreprises ne fonctionnent pas toutes avec leurs fonds propres. Le coût de ces financements serait à peu prês nul pour un allègement - déterminant - des prix à l'arrivée devant l'acheteur final. C'est l'un des point clé des expérimentations du major Douglas (l'économiste allemande Magrit Kennedy trouve aujourd'hui les mêmes résultats que le major Douglas) le contenu des prix que nous payons frôlent en moyenne les 50% de frais financiers absolument injustifiés. Un vol "parfait"...

Ci dessous un lien qui donne beaucoup d'indications relativement à vos quatre points

http://www.michaeljournal.org/finsain4.htm

Par ailleurs, voici quelques autres sites et liens propres à éclairer nombre de questions soulevées par la fausseté du système financier actuel et les façons d'y rémédier sainement.
Voir (il n'y a pas d'ordre particulier dans cette liste de sites et de liens):

http://tiki.societal.org

http://www.bip40.org/fr/

http://hussonet.free.fr/

http://fragments-diffusion.chez-alice.fr/

http://assoc.orange.fr/aded/

http://www.chomage-et-monnaie.org/

http://didierlacapelle.over-blog.com

http://www.consciencedupeuple.com/html/ ... sland.html

http://wikisocrate.org/

http://www.sol-reseau.org/

http://www.caracoleando.org/

http://www.h-50.fr

http://interactions-tpts.net

http://www.aises-fr.org

http://www.earthday.net/goals/fooprintnations.stm et
http://www.earthday.net/footprint/info. ... ench&wfVos
http://globalrichlist.com/

http://perso.orange.fr/marxiens/

http://www.tva-sociale.org/

http://ultraliberalisme.online.fr/index.html

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/ ... ndex.shtml

Tous ces sites et liens proviennent du livre: "Les 10 plus gros mensonges sur l'Économie", auteur: André-Jacques Holbecq, éditions Dangles (2007)

Étant moins disponible qu'auparavant, Crédit Social oblige! Je ne peux pas venir autant que je le souhaiterais sur le forum Cité catholique, ni, hélas tout y lire malgré l'intérêt des sujets. Mais enfin, il y a parfois des créneaux.

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Re: Le Crédit Social

Message non lu par Christophe » sam. 04 août 2007, 22:12

Bonjour Renaud

Merci pour votre réponse.

Bien que je n'apprécie pas spécialement le mouvement éco-sociétaliste auquel l'auteur du livre Les 10 plus gros mensonges sur l'Économie semble se rattacher, je pense l'acheter et le lire.

Pour en revenir à notre sujet, il y a effectivement deux spécificités dans le système que j'ai préconisé supra par rapport à "l'orthodoxie créditiste" telle qu'à pu la développer Louis Even. Vous avez très bien perçu ces deux divergences, aussi je souhaiterai discuter de façon plus approfondie de leur raison d'être avec vous.

Voici ces deux différences :
  1. Dans le système financier créditiste, la monnaie est émise au fur et à mesure de la production réalisée. Dans le système financier que j'ai proposé ci-dessus, la monnaie est émise au fur et à mesure de la demande de crédit.
  2. Dans le système financier créditiste, la monnaie émise n'est "nativement" grevée d'aucun intérêt. Dans le système financier que j'ai proposé ci-dessus, la monnaie émise est "nativement" grevée d'un taux d'intérêt qui a priori n'est pas nul.
Concernant le premier point, qui me semble le plus fondamental, je propose que - comme actuellement - la création monétaire suive la demande de crédit et "précède" en quelque sorte la production alors que le créditisme propose de "suivre" la production. Autrement dit, dans un cas la création monétaire est tirée par les perspectives de production et dans le second, la création monétaire est poussée par la production. L'objectif est bien évidemment de ne pas "brider" la croissance potentielle : tout projet d'investissement rentable est susceptible de trouver un financement, quelque ait été le niveau de la production (et donc le niveau de la masse monétaire dans les exercices précédents). Il s'agit de rendre disponible ce qu'Even appelle le "crédit réel du pays" et qui ne correspond pas à la production passée, mais aux capacités de production (éventuellement sous-exploitées par le passé) ! Dans le cas, où la masse monétaire émise serait calculée par la "comptabilité nationale", il risque d'y avoir des écarts entre les besoins de financement des banques (et donc de la production) et le volume de monnaie émise qui se base sur la comptabilité nationale. Que faire alors de la monnaie en trop ? Comment arbitrer entre les différentes demandes de crédit dans le cas inverse ? Cette proposition me semble davantage compatible avec le principe énoncé par le Major Douglas : «Toute production nouvelle doit être financée par des crédits nouveaux».

Quant au second point, il découle naturellement du premier : si c'est la demande de crédit qui tire l'émission monétaire, il est nécessaire d'établir un principe régulateur de cette demande qui, sans cela, serait infinie (si l'argent est gratuit - ie sans intérêts - il n'y a rien qui freinera la demande). En régulant le taux d'intérêt, nous régulons l'émission de monnaie donc la croissance et l'inflation qui sont réputés être antagonistes.

Je vous propose de séparer cette discussion de celle sur le Crédit Social, puisque le système financier présenté diffère substantiellement de la solution créditiste, bien qu'il repose sur la même analyse.

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Re: Le Crédit Social

Message non lu par Renaud » lun. 13 août 2007, 15:02

Ave Maria

Bonjour Christophe,

C'est avec un grand intérêt que je voudrais plus vite développer une réponse par rapport à votre dernier message en date. Mais je suis sur le point de partir hors d'europe et suis très "coincé" question disponobilité. Aussi, toujours d'accord pour reprendre ces thèmes à n'importe quel moment ultérieur (que je ne peux trop préciser à cette heure).
Mais je pense que ce qui suit peut, déjà, vous apporter des éléments de réponses, ou de réflexions.
Voici un extrait d'un chapitre (chapitre que j'avais reproduit dans sa totalité dans le forum Cité Catholique, il y a sans doute plus d'un an) du livre de l'architecte Jean Gaston Bardet (1907-1989) extrait son livre prophétique: Demain, C'est l'An 2000! écrit en 1949-1950 (première édition 1950). Les mots ou phrases en majuscules sont de moi pour souligner leur impact.

extrait:

PAS DE CONCENTRATION SANS DESTRUCTION

Le mécanisme moderne du Crédit, portant sur la production va conduire au même effondrement que la simple usure de l'antiquité, portant sur la consommation , car il ne possède plus d'autorégulation venant des signes monétaires légaux, de l'argent accumulé ou thésaurisé, de l'éparge.

Lorsque des consommateurs investissent leur épargne, tout d'abord, le taux d'intérêt réel reste limité, inférieur à 10% mais surtout, l'industrie qui emprunte ne peut se développer qu'en fonction de cette épargne, de ce surplus qui n'a pas été dépensé pour la consommation. A moins de fabriquer des objets superflus, cette industrie risque peu de surproduire, c'est-à-dire de produire au-delà des possibilités d'achat des consommateurs. Tandis que dans le cas du financement par les banques, qui émettent une monnaie scripturale anticipée , basée sur l'hypothèse de la vente des objets produits, les exploitations de la production s'enflent à une vitesse dépassant les pouvoirs d'achat réels qui sont désormais négligés et ignorés.

Il s'en suit une hystérie de la production qui offre l'alternative: chômage ou guerre pour la destruction des biens qui encombrent le marché.

Il y a donc deux financements possibles de caractères totalement opposés: l'un provenant de l'épargne, de l'argent en supplément et l'autre projeté par anticipation . Dans le premier cas, l'autorégulation doit venir de l'offre des capitaux existants, dans le second, de la demande en besoins primaires les plus certains.

Ainsi le financement bancaire — mis en lumière — est tout indiqué pour la construction et l'équipement immobilier profitant à l'ensemble du pays. Là où il n'y a point à craindre de surproduction, C'EST VRAIMENT LA DEMANDE QUI FIXE L'ÉMISSION. Ce sont les besoins en logements, en routes, en ponts, en hopitaux, en écoles, en forêts, qui cette fois, deviennent les RÉGULATEURS de la monnaie scripturale anticipée, si dangereuse dans ses anticipations. Mais dans ce cas, seuls des offices régionaux — et non une banque de crédit centralisée (6) — permettraient d'avoir la confiance du public de la région et le contrôle effectif des besoins proches. Comme là, il s'agit de prêt de consommation et non plus de production, il ne peut plus être question d'intérêt. La Région ne peut être usurière. Le mécanisme bancaire, EN TANT QUE MÉCANISME, est utilisé sans compromission avec l'usure, il possède son AUTORÉGULATION ORGANIQUE: la connaissance de la communauté dans ses besoins propres. C'est le seul cas où posant le Bien au départ, nous le récoltons à l'arrivée.

Lorsque s'ajoutent les méfaits de prêt à intérêt de taux scandaleux, de la monnaie scripturale non freinée par les besoins et de l'hystérie de la production, on dévale à roue libre vers la destruction obligatoire.

La ruine vient, d'une part de la Dette nationale et de ses intérêts reportés sur le peuple par l'impôt qui n'est plus "juste", ne répondant pas à un service rendu. Aussi se pose la question: faut-il rendre à César ce qui est à Mammon?

La ruine est augmentée par l'inflation qui déprécie les biens du travail et qui est telle qu'en juillet 1945, les banques réunies des îles Britaniques possédaient en caisse 600 millions de £ et avaient accepté environ 5 400 millions de £, soit neuf fois plus, en reconnaissances de dettes, prêts, avances, investissements. Ces 5 400 millions n'ayant aucune existence réelle ont été créés par les banques, à partir de rien, depuis 1844, au taux de 1 million par semaine (7).

Le système est très exactement satanique. L'homme ne peut rien créer ex-nihilo. L'argent-négatif ou dette peut, et doit, être détruit par un jeu d'écritures sur le grand Livre: la colonne Avoir équilibrant la colonne Doit. Mais subsiste l'intérêt à payer, qui ne le peut être que grâce à une nouvelle création -ex-nihilo- d'argent-négatif et ainsi de suite... Il se produit une boule de neige de dettes, une marée d'argent-négatif, de néant, qui augmente sans cesse et entraîne à la destruction obligatoire des biens réels.

Le chaos économique qui conduit chaque pays à l'alternative: révolution ou guerre, provient d'une méconnaissance de vérités élémentaires, tant des marxistes d'ailleurs, que des économistes libéraux. Marx, en effet, n'a nullement soupçonné le mécanisme de l'argent-négatif, et a reporté ses attaques contre le profit et la propriété. Ces derniers ayant toujours été defendus — dans de justes limites — par l'Eglise, mère des Pauvres, la sagesse commandait de chercher une autre explication.

La voici. Pour qu'il n'y ait pas coexistence de surproduction et de sous-consommation, il faut que le revenu national puisse acheter la production nationale DONC LUI SOIT ÉGAL (8) — la soupape des exportations étant de plus en plus réduite dans un monde qui s'unifie (9).

Or tout prix comporte deux parts: l'une de travail, l'autre de capital, l'une A) de salaires personnels (directs ou indirects mais versés à des personnes pour leur consommation), l'autre B) de rémunération des capitaux engagés, qui sont des capitaux d'argent-négatif en majeure partie — la monnaie légale servant à peine à 5% des échanges (avoua lors de l'enquête précitée M. C. Towers, gouverneur de la Banque du Canada). Tel est le phénomène A + B découvert expérimentalement par le major Douglas en 1920 et au sujet duquel M. de Valera déclarait en 1942: "Malgré mes demandes réitérées, aucun économiste n'a pu me démontrer la fausseté de ce théorème".

Si donc les producteurs touchent un total A, ils ne peuvent, en aucune façon, acheter un total A + B ; le revenu national reste TOUJOURS inférieur à la production nationale. Il y aura TOUJOURS des surplus et les consommateurs seront TOUJOURS en état de sous-consommation. Telle l'origine du phénomène surabondance-misère qu'aucun dirigisme ne peut réduire.

Faut-il souligner que plus la structure productrice est concentrée, plus les investissements dans d'énormes machines sont gigantesques, plus B croît aux dépens de A dans l'équation, moins les salarié peuvent acheter leur production, plus la misère augmente, ce qui se vérifie depuis un siècle, quelle que soit l'augmentation continue des salaires (10).

Le remède financier — dont nous avons déjà montré dans nos autres chapitres la valeur économique — consiste d'une part dans le micro-machinisme et la décentralisation diminuant B. Et d'autre part, dans le retour à l'Etat de son DROIT RÉGALIEN de battre monnaie, enfin dans l'utilisation de crédit public retrouvé, SANS INTÉRÊT, pour la construction des services publics nationaux, régionaux (routes et hôpitaux, écoles et forêts) où la part de salaires personnels est maxima et qui sont en dehors du circuit Production , dans lequel doit jouer seulement la monnaie légale (11).

Faut-il faire remarquer que, quelle que soit la Distribution: structure du commerce et répartition des biens parmi les citoyens, cela ne joue qu'à l'intérieur de A . Il peut y avoir des injustices, des bénéfices scandaleux ou un gaspilage dû à une cascade d'intermédiaires, mais les Salaires totaux, plus ou moins bien répartis, doivent D'ABORD permettre d'acheter la Production TOTALE.

Le système bancaire actuel, autrement dit l'usure-à-l'argent-négatif ne peut rien créer de positif, il est très axactement inverti. Il prospère en temps de guerre , s'épanouit, apporte la prospérité matérielle aux ouvriers requis en usine, aux fournisseurs de l'Etat et aux fabriquants de munitions, pendant que la fleur de la nation est tuée ou mutilée. Il languit en temps de paix, se contracte, apporte le rétrécissement du pouvoir d'achat, les faillites, banqueroutes, le chômage et toutes les misères à la clé. Pourquoi ce paradoxe?

Il y a toujours assez de pouvoir d'achat pour les buts de guerre PARCE QUE les biens créés sont détruits. Ainsi la sous-consommation peut être ordonnée au nom du patriotisme, tandis que la surproduction est liquidée.

Il ne s'agit point de mettre au pilori les banquiers actuellement inconscients, mais de considérer les faits. Les faits sont les suivants, ils crèvent les yeux: l'usure-à-l'argent négatif conduit à fournir toujours assez d'argent pour la guerre, la mort et la destruction et jamais assez pour la paix, la vie et la construction. Plus la guerre est terrible, dévastatrice, plus de pouvoirs d'achat sont créés, plus le flot d'argent-négatif s'enfle ainsi que les bénéfices des usuriers. Mais ce gonflement ne peut avoir lieu avec des biens qui encombreraient le marché, puisque les salaires sont TOUJOURS insuffisants pour les acheter, et ne peut avoir lieu que dans un seul cas, celui de la destruction délibérée des stocks. Le système ne fonctioone avec "efficiency" que si l'on détruit des biens réels (12). Il conduit implacablement à la guerre.

Jean-Gaston BARDET

transmis par Renaud

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Re: Le Crédit Social

Message non lu par Wistiti » mar. 14 août 2007, 7:48

Quant au second point, il découle naturellement du premier : si c'est la demande de crédit qui tire l'émission monétaire, il est nécessaire d'établir un principe régulateur de cette demande qui, sans cela, serait infinie (si l'argent est gratuit - ie sans intérêts - il n'y a rien qui freinera la demande).
Oui, la capacité de production, le libre marché, les garanties, notre crédit, nos besoins.
L'occident montre une haine envers lui-même, qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique. L'occident ne s'aime plus, dans son histoire il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.
(Benoit XVI)

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Re: Système financier...

Message non lu par Christian » lun. 20 août 2007, 14:49

Bonjour Christophe,

Les tenants du Crédit Social partent d’une critique juste du système bancaire et apportent une solution sinon fausse, du moins périmée.

Ne connaissant du mouvement créditiste que les contributions ici de l’ami Renaud et quelques articles dont il nous a livré les liens, mon jugement n’est pas définitif. Cependant la pensée des créditistes apparaît irrémédialement marquée par les conditions économiques de leur époque, les années 1930-1950 : des économies nationales fermées, le contrôle des changes, le dirigisme, une analyse erronée des crises économiques attribuées à la « surproduction »…

La plupart des libéraux purs et durs dont je suis s’accordent avec les créditistes pour mettre chacun en garde contre la « fausse monnaie » créée par le secteur bancaire. Si cette proposition est vraie des banques commerciales, elle doit l’être aussi des banques centrales. Nous avons déjà débattu de ce point. Je n’y reviendrai pas.
Christophe
1. Dans le système financier créditiste, la monnaie est émise au fur et à mesure de la production réalisée. Dans le système financier que j'ai proposé ci-dessus, la monnaie est émise au fur et à mesure de la demande de crédit.
Christophe, vous avez 100X raison. On ne voit pas dans le système créditiste comment on pourrait financer les investissements nouveaux. Le capital doit être libéré avant que le premier coup de pioche d’un nouveau bâtiment ait été donné, ou le premier croquis d’une nouvelle machine ne soit posé sur la planche à dessin
Christophe
2. Dans le système financier créditiste, la monnaie émise n'est "nativement" grevée d'aucun intérêt. Dans le système financier que j'ai proposé ci-dessus, la monnaie émise est "nativement" grevée d'un taux d'intérêt qui a priori n'est pas nul.

(si l'argent est gratuit - ie sans intérêts - il n'y a rien qui freinera la demande)
Si. La demande de crédit sera freinée au moins par l’obligation de rembourser. Cela vaut autant pour le crédit à la consommation que le financement d’investissements. Tous les projets ne sont pas rentables et le capital lui-même risque d’être perdu.
Renaud (citant Jean Gaston Bardet)
L'argent-négatif ou dette peut, et doit, être détruit par un jeu d'écritures sur le grand Livre: la colonne Avoir équilibrant la colonne Doit. Mais subsiste l'intérêt à payer, qui ne le peut être que grâce à une nouvelle création -ex-nihilo- d'argent-négatif et ainsi de suite...


Or tout prix comporte deux parts: l'une de travail, l'autre de capital, l'une A) de salaires personnels (directs ou indirects mais versés à des personnes pour leur consommation), l'autre B) de rémunération des capitaux engagés, qui sont des capitaux d'argent-négatif en majeure partie — la monnaie légale servant à peine à 5% des échanges (avoua lors de l'enquête précitée M. C. Towers, gouverneur de la Banque du Canada). Tel est le phénomène A + B découvert expérimentalement par le major Douglas en 1920 et au sujet duquel M. de Valera déclarait en 1942: "Malgré mes demandes réitérées, aucun économiste n'a pu me démontrer la fausseté de ce théorème".
Deux paragraphes pour autant de failles fatales dans le raisonnement.

D’abord les prix ne comportent pas deux parts : rémunération du travail + rémunération du capital. Adam Smith, Ricardo, Marx, sont tombés dans ce panneau que n’évitent pas les créditistes. Aristote et les Jésuites de l’Ecole Salamanque au 17ème siècle (qui sont les véritables et méconnus fondateurs de la science économique moderne) avaient bien perçu que les prix n’étaient nullement la résultante du travail contenu (« coagulé » disait Marx, dans son vocabulaire imagé). Les économistes de l’Ecole Autrichienne ont porté le coup de grâce à cette illusion de la valeur-travail.

Ensuite vient l’argument massue des créditistes : l’intérêt s’accumule, il ne peut jamais être remboursé. Mais l’intérêt est la rémunération du prêteur. Or le prêteur mange, s’habille, paie un loyer, construit sa maison, va au cinéma…. Pensez à tous ces personnages de Balzac qui vivent de leurs rentes. Les intérêts sont dépensés, exactement comme le sont les salaires. Lorsque ces intérêts sont versés à des banques, ils servent à payer les employés, les prestations des fournisseurs, etc., donc les intérêts font partie de la création de richesse.

Puisque les créditistes admettent le principe d’une augmentation de la masse monétaire, ils doivent admettre le versement d’intérêts comme une des formes d’augmentation de la richesse sous forme de rémunération du capital.

Je ne sais quels économistes a consultés ce M de Valera (le président irlandais ?), mais ils n’ont pas reçu le bon sens en partage.

Bien à vous

Christian





Un économiste est quelqu’un qui constate un phénomène dans le monde réel
et se demande s’il pourrait fonctionner en théorie
.
Ronald Reagan
Citation qui s'applique parfaitement aux créditistes

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Re: Système financier...

Message non lu par Renaud » mer. 22 août 2007, 4:53

Étant hors d'Europe et très pris, j'ai, aujourd'hui mardi, un petit répit. J'aurais voulu répondre avec plus de détail aux sujets de cette rubrique, mais j'ai là l'occasion de faire un copié-collé (en l'adaptant un peu pour répondre) de mon propre écrit. C'est une sorte de brouillon qui prépare une intervention que je dois faire dans quelques jours et qui me sert ainsi de réponse. Cela m'économise, entre autres, du temps. Mais d'abord quelques réponse selon le message précédent (Christian)

=Cependant la pensée des créditistes apparaît irrémédialement marquée par les conditions économiques de leur époque, les années 1930-1950=
--Réponse: l'époque des créditistes est de plus en plus dans le présent et ils sont maintenant actifs sur les cinq continents (et il y a bien d'autres éléments de réponse).

= On ne voit pas dans le système créditiste comment on pourrait financer les investissements nouveaux. Le capital doit être libéré avant que le premier coup de pioche d’un nouveau bâtiment ait été donné, ou le premier croquis d’une nouvelle machine ne soit posé sur la planche à dessin=
--Réponse: À la question: Peut-on produire? Si c'est oui nous pouvons produire physiquement, on peut donc émettre la monnaie correspondante, c'est bien plus facile que de produire. Si c'est non, on en reste là, ou on remet à plus tard. C'est bien mieux que de ne pas pouvoir jouïr de son bien en étant presque complètement hypothéqué et asséché par les dettes qui enflent à l'infini...

=Deux paragraphes pour autant de failles fatales dans le raisonnement=
--Réponse: Est-ce une faille fatale dans le raisonnement que d'avoir 43 milliards d'euros d'intérêts de dette à payer (rien qu'en France)?

=D’abord les prix ne comportent pas deux parts : rémunération du travail + rémunération du capital. Adam Smith, Ricardo, Marx, sont tombés dans ce panneau que n’évitent pas les créditistes. Aristote et les Jésuites de l’Ecole Salamanque au 17ème siècle (qui sont les véritables et méconnus fondateurs de la science économique moderne) avaient bien perçu que les prix n’étaient nullement la résultante du travail contenu (« coagulé » disait Marx, dans son vocabulaire imagé). Les économistes de l’Ecole Autrichienne ont porté le coup de grâce à cette illusion de la valeur-travail.=
--Réponse: Les banques peuvent à peu près tout monétariser, nous sommes de plus en plus rongés par la monétarisation progressive du monde et du quotidien (tapez sur un moteur comme Google: Jean Bayard monnaie) et vous aurez des informations de choix sur ce processus délétère. Notre mentalité a été profondément faussée par le processus sordide (d'origine lombarde, puis protestante anglo-saxonne) de coller des intérêts à payer quasiment à chaque écriture comptable. Le vers est dans le fruit! Rien n'est plus contraire à la vérité et à la doctrine sociale de lÉglise. Vous les reconnaitrez à leurs fruits, disent les Évangiles: pouah!! Enfin (entre autres information documentée), je connais un économiste suisse qui dit le contraire sur l'école autrichienne (à moins que nous ne parlions pas de la même?)

=Mais l’intérêt est la rémunération du prêteur. Or le prêteur mange, s’habille, paie un loyer, construit sa maison, va au cinéma…. Pensez à tous ces personnages de Balzac qui vivent de leurs rentes. Les intérêts sont dépensés, exactement comme le sont les salaires. Lorsque ces intérêts sont versés à des banques, ils servent à payer les employés, les prestations des fournisseurs, etc., donc les intérêts font partie de la création de richesse=
--Réponse: elle est directement ci-dessous à la suite:

---- Le capitalisme mondial s'organise mondialement. Les marchés financiers s'organisent aussi mondialement tout en devenant de plus en plus un immense capital anonyme mondial. Les États-Unis, à eux seuls, constituent environ 50% du capital mondial. Ce sont 20 000 sociétés et compagnies qui sont cotées dans le monde entier, influant sur les cours de la bourse. Le nombre estimé de gestionnaires d'actifs dans le monde est, grosso-modo, entre 100 000 et 200 000, ce sont pêle-mêle les entreprises cotées en bourse et les composants des marchés financiers, ou encore l'ensemble du monde économique ayant une influence palpable sur les chiffres économiques. La norme de ces gestionnaires c'est: l'ENRICHISSEMENT DES ACTIONNAIRES. Tout est dit. Un PDG de groupe prendra telle ou telle décision (acheter ou vendre telle entreprise, ou encore, pour utiliser un terme-épouventail, délocaliser une ou plusieurs entreprises) même si cela doit envoyer au chômage X milliers de personnes. Les PDG se disent: "de toutes les façons, si je ne prends pas cette décision, ce sera nos concurrents qui la prendront et je me doit de verser des dividendes satisfaisants à mes actionnaires..."

Ainsi, il y a 300 millions d'actionnaires dans le monde, 50% d'entre eux (soit 150 millions d'actionnaires) sont citoyens des État-Unis, et 50% (150 autres millions d'actionnaires) sont dans le reste du monde riche et pauvre. Il y a donc 4 à 5% d'actionnaires dans la population mondiale, laquelle se monte à quelques 6,5 milliards d'habitants.

Il n'y a aucun autre "actionnaire" comparables aux actionnaires d'entreprises ailleurs dans le monde, sauf dans quelques pays aux économies très spéciales. Ainsi le Brunei qui a beaucoup de revenus pétroliers et verse des dividendes à ses citoyens. Il y a aussi l'État américain de l'Alaska riche en pétrole qui verse quelques dividendes aux résidants. On peut citer aussi le Brésil où un projet de dividende serait déjà en cours de réalisation, ainsi qu'en Afrique du Sud. D'autres projets similaires seraient également en gestation dans certains pays ici et là. Donc, il y a actuellement une population de 5% d'actionnaires d'entreprise (la moitié sont américains) qui sont sensés avoir des revenus grâce à leurs actions.

Les autres, parmi les 95% restant, ont des revenus en tant que salariés, en tant que petits et moyens entrepreneurs, artisans, fonctionnaires, professions libérales, petits commerçants, agriculteurs, etc, et puis il y a en grand nombre les sans revenu, ou ayant de très petits revenus, totalement aléatoires.

Dit en très résumé, ces 95% de non actionnaires restant sont ceux qui font le plus boullir la marmite, mais qui paient quelques 80% de toutes les dettes cumulées, CE QUI EST UNE CHARGE ÉCRASANTE pour ceux qui n'ont qu'un petit patrimoine et des réserves à peine suffisantes, et je ne parle pas de ceux qui n'ont ni patrimoine, ni capital, si ce n'est que leurs seules capacités, ou leurs force de travail.

Nous voilà en face de deux groupe de gens (qui ne devraient pas être antagonistes) soit 300 millions d'actionnaires et quelques 6,2 milliards de non actionnaires.

Or, que nous a prouvé le major DOUGLAS?

Que les prix, à la base, comportent deux parties.

J'ai déjà transcrit plusieurs fois ce passage (J. G. Bardet): l'une de travail, l'autre de capital, l'une: A) de salaires personnels (directs ou indirects mais versé à des personnes pour leur consommation), l'autre: B) de rémunération des capitaux engagés et qui sont en majeure partie des capitaux venant de crédits créés à partir du néant par des dettes et dont il faut payer les intérêts. Il faudrait quand-même expliquer comment - tombent du ciel tous ces intérêts à payer - d'un argent créé ex-nihilo ou à partir de rien, ce qui est contre nature et la négation du Crédo.

Rappel: la couverture monnataire étant composée seulement de la monnaie fiduciaire, soit environ 15% de la masse monétaire, plus les dépôts à vue, tout au plus 10% en "râclant" de partout, soit un total de 15%+10% = 25% environ (variable selon les pays mais minoritaire). Qu'en est-il des 75% de la masse monétaire restante et qui est la plus importante et déterminante? Et bien ces 75% restants correspondent à la masse monétaire qui relèvent de la fameuse "politique du crédit" des banquiers; comprenez leurs caprices et leurs seuls caprices. Les marchés financiers roulant pour eux-mêmes aux frais des producteurs depuis bien longtemps déjà... Ils demandemt un ROE (return on equity)(de qui se moque-t-on ici avec ce mot: equity?) Les banquiers étants les grands maîtres du cycle des affaires, des "booms", des dépressions et des crises économiques, donc sociales, etc. Cette expression: "politique du crédit" veut tout dire et son contraire et sonne comme un repoussoir à la compréhension du public qui est éxédé, voire fatigué de ces termes ou expressions destinées à endormir notre attention qui, finalement, lâche prise... C'est ce qui est bien voulu et accepté par les milieux financiers, car l'ignorance des hommes est leur plus sûre garantie...

Maurice Allais, prix Nobel d'économie, dit, en substance, que ce système est un système de faux monnayeurs ayant réussi a mettre la loi de leur côté... Il préconise une couverture monétaire à 100%-monnaie, les carnassiers pourraient ainsi s'adonner à leurs orgies financières, mais à leurs seuls frais... Et que les herbivores pacifiques et productifs vivent enfin en paix avec des revenus normaux et sains.

Ce qu'il faut bien noter, c'est que la "capacité de consommation" des actionnaires d'entreprises, donc leur pouvoir d'achat, aussi important soit-il, vu la masse d'argent volé par leurs (?) intérêts qu'on leur paie, est loin, très loin de pouvoir absorber toute la production. Actuellement, le nombre de multimilionnaires en euros ou dollars, etc, augmente sensiblement. Mais leurs revenus, pour importants qu'ils soient, et même gigantesques pour certains, ne peuvent pas absorber toute la production, et je ne parle pas des actionnaires courants dont la majorité travaillent à côté. N'oublions pas que les actionnaires actuels ne sont - que - 300 millions sur 6,2 milliards d'habitants. Même très riches, cela ne suffit pas du tout. À l'extrême, même si j'ai deux ou trois yatchs de plusieurs dizaine de mètres de long, un ou plusieurs avions privés, une dizaines de résidences dans les endroits les plus chers et huppés de la planète, si j'ai, rien qu'à mon service personnel, 50 à 100 personnes bien payées, je reste très minoritaire par mes excellents revenus.

Or, il y a dans ces 95% de - non actionnaires - toutes les catégories de gens et les possibilités d'optention de revenus raisonnablement supérieurs à ce que'ils sont actuellement, et ceci étant dû aux constants progrès techniques QUI NE SONT PAS SUIVIS PAR LE SYSTÈME FINANCIER ACTUEL QUI EST UN SYSTÈME COMPLÈTEMENT OBSOLÈTE, MENSONGER, NOCIF, VOLEUR ET PIRE ENCORE. Ce système est IN-DÉ-FEN-DA-BLE. Il ne reflète aucunement les réalités économiques et encore moins les réalités socio-économiques, surtout à l'époque de làutomatisation croissante. Persister à me pas s'en rendre compte nous fait marcher à côté de nos chaussures (si on a de quoi s'en payer).

Il y a dans le discours des libéraux, une confusion et un aveuglement constant vis à vis de la monnaie. Leur dialectique est de même nature que celle de leurs pseudo-adversaires historiques socialo-communistes. LA MONNAIE N'EST PAS NEUTRE. Elle procure à celui, ou ceux qui la contrôlent, un "pouvoir ultime", un pouvoir illimité de décision masqué par le pouvoir politique...

Petite digression, l'ère de la révolution bourgeoise protestante qui nous fit sombrer dans la dévotion à Mammon semble en train de s'achever dans les bourdes monstrueuses et les erreurs tragiques anglo-américaines (et israëliennes?) sous couvert de démocratie universelle...au Moyen-Orient élargi et en Iraq où ces démocraties les plus guerrières du monde induisent un flot continu de sang (Sarkozy-Kouchner venant à la rescousse?), fin de la digression.

Je suis désolé, mais les prix que nous payons au quotidien et les crédits à rembourser (mais ces derniers sont les éléments même du "POIDS des PRIX") contiennent donc une accumulation collectivement insurmontable d'intérêts et de frais financiers qui gavent en particulier les gros actionnaires dont le pouvoir d'achat, pourtant non limités ou presque, ne peut "satisfaire" la majorité des producteurs par la petitesse des débouchés due au faible ou nul pouvoir d'achat de la majorité, ce qui les prive de leurs part de revenu légitime.

Ce que démontre le major DOUGLAS est qu'il est possible de concrétiser ces revenus normaux (dividendes ou autres) de ceux qui produisent SANS PRENDRE DANS LA POCHE DE PERSONNE y compris des plus riches. Ces derniers verraient, pour leur satisfaction, les commandes affluer vers l'industrie et l'agriculture, leurs revenus augmenter encore, leurs affaires s'assainir, et le fisc actuel perdrait sa raison d'être. Qui dit mieux?

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Re: Système financier...

Message non lu par Christophe » mar. 28 août 2007, 16:39

Salut Christian

Je vais être très bref, n'ayant pas encore pris le temps de digérer tous les échanges précédents.
Christian a écrit :
Christophe
2. Dans le système financier créditiste, la monnaie émise n'est "nativement" grevée d'aucun intérêt. Dans le système financier que j'ai proposé ci-dessus, la monnaie émise est "nativement" grevée d'un taux d'intérêt qui a priori n'est pas nul.

(si l'argent est gratuit - ie sans intérêts - il n'y a rien qui freinera la demande)
Si. La demande de crédit sera freinée au moins par l’obligation de rembourser. Cela vaut autant pour le crédit à la consommation que le financement d’investissements. Tous les projets ne sont pas rentables et le capital lui-même risque d’être perdu.
En pratique, les banques se sont couvertes contre le risque de non-recouvrement des prêts octroyés par un système assurantiel. Tant et si bien que, même à considérer que l'argent émis ne serait nativement grevé d'aucun intérêt, il ne serait pas prêté à taux zéro.
(On pourrait d'ailleurs considérer que cette gestion assurantielle du risque de non-recouvrement constitue une composante du taux directeur).

Bien à vous
Christophe

PS : Une petite question théorique que je vous soumets, à vous et à Renaud : puisque la monnaie est une unité de pouvoir d'achat, pourquoi est-il nécessaire d'accroitre la masse monétaire ? La valeur de la monnaie ne devrait-elle pas s'ajuster spontanément, c'est-à-dire se valoriser ou se dévaloriser (inflation/déflation) en fonction de la croissance économique ?
« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » (Matthieu 25, 40)

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Re: Système financier...

Message non lu par Christian » mar. 28 août 2007, 22:20

Bonsoir Christophe,
Christian
La demande de crédit sera freinée au moins par l’obligation de rembourser. Cela vaut autant pour le crédit à la consommation que le financement d’investissements. Tous les projets ne sont pas rentables et le capital lui-même risque d’être perdu.
Christophe
En pratique, les banques se sont couvertes contre le risque de non-recouvrement des prêts octroyés par un système assurantiel.
Oui, mais cela ne fait que déplacer vers l'assureur la décision d’accepter ou pas le risque. On en voit l’illustration ces jours-ci dans l’actualité. Plus personne ne veut prêter des liquidités pourtant abondantes.
PS : Une petite question théorique que je vous soumets, à vous et à Renaud : puisque la monnaie est une unité de pouvoir d'achat, pourquoi est-il nécessaire d'accroitre la masse monétaire ? La valeur de la monnaie ne devrait-elle pas s'ajuster spontanément, c'est-à-dire se valoriser ou se dévaloriser (inflation/déflation) en fonction de la croissance économique ?
Bien entendu, il n’est aucun besoin, autre que cosmétique, d’augmenter la masse monétaire. Lorsque la demande d’un bien augmente alors que l’offre reste constante, le prix de ce bien augmente. Cela est vrai de la monnaie. Elle va s’apprécier si la demande excède l'offre, c’est-à-dire que le prix moyen de toutes les marchandises va baisser. C’est la déflation.

La déflation favorise les détenteurs de monnaie (porteurs d’obligation, rentiers, etc.). Corrélativement, elle pénalise les emprunteurs et autres utilisateurs de capitaux, puisque le prix de leurs produits baisse et leur impose de générer une marge supplémentaire pour faire face aux remboursements. Psychologiquement, la déflation est mal supportée par les salariés dont les revenus diminuent (ils oublient toujours que leurs dépenses courantes diminuent aussi), mais, hélas, pas leurs frais fixes, tels les remboursements d’emprunts.

Et bien entendu, les Etats qui sont largement endettés, tels le nôtre, voient la déflation d’un fort mauvais œil.

Bref, « déflation » n’est nullement un mal mortel. C’est seulement un gros mot dans le monde politique.

Christian



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Re: Système financier...

Message non lu par Renaud » lun. 17 sept. 2007, 3:04

Ave Maria

Bonjour,

Voici une constatation qui est à méditer et à retenir:

--->Impôt sur le revenu = un vol
--->Dette nationale = supercherie, escroquerie

Les travailleurs du pays créent les richesses. Les banques font la comptabilité financière pour permettre aux citoyens d'échanger les richesses. Cette comptabilité financière, c'est l'argent.

Les Canadiens (Les Français et les citoyens des autres pays) sont, de droit, propriétaires des richesses qu'ils créent. Mais les banques volent aux Canadiens (et aux Français et aux autres) leurs richesses. Les banques se constituent elles-mêmes propriétaires de l'argent qu'elles fabriquent. Les banques inscrivent à leur propre actif ce qui devrait être l'actif de la société, l'actif du pays. En même temps, elles inscrivent au passif du pays toutes les richesses du pays. Cette dernière opération se fait quand les banques prêtent du crédit basé sur les richesses et qu'elles inscrivent ce crédit au passif des emprunteurs, qui sont les particuliers, les entreprises et les gouvernements.

Les banques volent aux Canadiens (aux Français et aux autres) l'actif du Canada (et de la France comme des autres pays), en inscrivant cet actif à leur actif à elles et au passif du pays, dans leur comptabilité financière. Les banques volent le crédit de la société. Elles volent le crédit social.

Les banques sont des faussaires. Elles pratiquent une fausse comptabilité de l'argent. Elles volent l'actif national (1), l'inscrivent au passif de la nation. Cela constitue la dette nationale, et cela fait naître des taxes voleuses.

Les banques peuvent effectuer cette opération de vol, parce que tout l'argent qu'elles créent, elles le créent sous forme de prêts aux individus et aux gouvernements. Tout l'argent qui vient au monde dans le pays est créé par les banques et sous forme de dettes. C'est de l'argent-dette. Les banques devraient créer de l'argent libre de dettes, et le placer au crédit et non pas au débit de la nation.

La dette nationale est la plus grande supercherie et la plus grande escroquerie de l'histoire. La dette nationale, c'est le capital national volé par la banque. La dette nationale devrait être convertie en capital national, en capital social, en crédit social.

Et les intérêts sur la dette devraient être convertis en dividende sociaux. De cette façon, les taxes disparaîtraient. Et les dividendes les remplaceraient. Les taxes qui sont imposées, quand on pourrait avoir un dividende, sont un vol.

(1) avec l'assentiment des gouvernements dont les dirigeants qui les composent sont largement "commissionnés"(?). Les États et les banques marchent généralement main dans la main, mains voleuses vidant les les poches des productifs.

Transmis par Renaud
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Re: Système financier...

Message non lu par Renaud » jeu. 15 nov. 2007, 17:26

Bonjour à tous,

Cgristian à Christophe à écrit:
""PS : Une petite question théorique que je vous soumets, à vous et à Renaud : puisque la monnaie est une unité de pouvoir d'achat, pourquoi est-il nécessaire d'accroitre la masse monétaire ? La valeur de la monnaie ne devrait-elle pas s'ajuster spontanément, c'est-à-dire se valoriser ou se dévaloriser (inflation/déflation) en fonction de la croissance économique?""

Depuis quelques semaines, j'ai croisé ici et là, ces 2 liens qui ont un rapport avec le sujet ici traité ici, et qu'enfin, je me décide à grouper ci-dessous:

---> http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30732
(écrit par André-Jacques Holbeq dont je recommande les articles et les livres)

---> http://www.europe2020.org/spip.php?article499

Ces 2 liens, chacun dans leur sphère, c'est (entre autres) ce qui en fait la valeur, lèvent sérieusement le voile sur les manœuvres et des aspects fondamentaux du fonctionnement bancaire et financiers du monde contemporain.

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Re: Système financier...

Message non lu par Renaud » ven. 01 févr. 2008, 10:38

AVE MARIA

Voici une bonne et sérieuse recension, claire, bien documentée et pédagogique sur le "fonctionnement" bancaire actuel. Voir:

http://fragments-diffusion.chez-alice.f ... .htlm.html

On peut voir aussi avec profit:

http://fragments-diffusion.chez-alice.fr/

La "crise financière" actuelle (2007, début 2008) n'est qu'un aboutissement "banal" d'un système faux, plus exactement faussé dans son essence par une déviation de la création monétaire ainsi détournée de son rôle premier, basique, qui est de permettre d'acheter les produits et les services dont chacun à besoin. En principe, ce "chacun" est aussi un producteur et un créateur de biens et de services grâce auxquels il obtient de l'argent qui lui permet, donc, de ce procurer les biens qu'il ne fabrique pas. C'est tout simple à la base et doit le rester. C'est la mission INCONTOURNABLE du CRÉDIT-SOCIAL

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Re: Système financier...

Message non lu par Renaud » mar. 12 févr. 2008, 20:28

Autre indication, sur ce lien ci-dessous, qui se recoupe avec d'autres sources.
Comment peut-on imaginer qu'il n'y ait pas de crises récurrentes (à moins que, selon les cisconstances, "on" délenche, ou "on" profite des crises financières) risquant grandement d'intoxiquer l'économie normale quand un pareil sytème ne "travaille" pas pour des intérêts communs à tous, sinon pour une catégorie très particulière de faiseurs d'argents et d'ennuis systématiques pour les sociétés productrice du monde entier.

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=462

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Re: Système financier...

Message non lu par Renaud » jeu. 27 mars 2008, 11:15

Spéculation et crises : ça suffit !

La finance déréglementée détruit les sociétés. Silencieusement, au quotidien, quand les actionnaires pressurent les entreprises, c’est-à-dire les salariés, pour en extraire davantage de rentabilité, au Nord comme au Sud. A grand spectacle et avec fracas dans les crises aiguës où se révèlent brutalement les invraisemblables excès de la cupidité spéculative et leur contrecoup sur l’activité et l’emploi. Chômage, précarisation, accroissement des inégalités : les salariés et les plus pauvres sont voués à faire les frais soit de la spéculation, soit des nuisances du krach qui s’ensuit.

Depuis deux décennies, le cours de la finance mondiale n’est qu’une longue suite de crises : 1987, krach boursier ; 1990, crise immobilière aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ; 1994, krach obligataire américain ; 1997 et 1998, crise financière internationale ; 2000-2002, krach internet ; 2007-2008 enfin, crise immobilière et peut-être crise financière globale.

Pourquoi une telle répétition ? Parce que toutes les entraves à la circulation des capitaux et à l’« innovation » financière ont été abolies. Quant aux banques centrales qui ont laissé enfler la bulle, elles n’ont plus d’autre choix que de se précipiter au secours des banques et des fonds spéculatifs en mal de liquidités.

Nous n’attendrons pas la prochaine crise sans rien faire et ne supporterons pas plus longtemps les extravagantes inégalités que la finance de marché fait prospérer. Parce que l’instabilité est intrinsèque à la déréglementation financière, comment les dérisoires appels à la « transparence » et à la « moralisation » pourraient-ils y changer quoi que ce soit - et empêcher que les mêmes causes, de nouveau, produisent les mêmes effets ? Y mettre un terme suppose d’intervenir au cœur du « jeu », c’est-à-dire d’en transformer radicalement les structures. Or, au sein de l’Union européenne, toute transformation se heurte à l’invraisemblable protection que les traités ont cru bon d’accorder au capital financier.

C’est pourquoi nous, citoyens européens, demandons :
l’abrogation de l’article 56 du Traité de Lisbonne, qui, interdisant toute restriction à ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise écrasante sur la société. Et nous demandons également la restriction de la « liberté d’établissement » (art. 48) qui laisse l’opportunité au capital de se rendre là où les conditions lui sont le plus favorables, et permettrait ici aux institutions financières de trouver asile à la City de Londres ou ailleurs.

Si par « liberté » il faut entendre celle des puissances dominantes, aujourd’hui incarnées dans la finance, d’asservir le reste de la société, disons immédiatement que nous n’en voulons pas. Nous préférons celle des peuples à vivre hors de la servitude de la rentabilité financière.

Voir: http://www.stop-finance.org ---> (à répercuter le plus largement possible comme le CRÉDIT-SOCIAL)

et: http://www.fauxmonnayeurs.org

Se sortir des structures de péché, telles que celles stigmatisées par le Pape Jean-Paul II dans son encyclique 'Solicitudo rei socialis' du 30 décembre 1987. La doctrine sociale de l'Église peut être considérée comme un "bureau Véritas" du domaine économique et social. C'est une fondation sur laquelle l'on peut construire en toute liberté. Telle devrait et pourrait être notre préoccupation majeure et première ici bas.

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Re: Système financier...

Message non lu par Wistiti » mar. 29 avr. 2008, 9:06

Ensuite, limiter drastiquement les revenus financiers par une fiscalité suffisamment élevée pour à la fois dissuader les actionnaires de renforcer en permanence l’exploitation du travail et leur enlever la majeure partie de leur pouvoir dans les entreprises.
Pas du Crédit Social, pi yé où le dividende social pour tous?
L'occident montre une haine envers lui-même, qui paraît étrange et peut être considérée uniquement comme un phénomène pathologique. L'occident ne s'aime plus, dans son histoire il voit uniquement ce qui est blâmable et destructif, il n'est plus capable de reconnaître ce qui est grand et pur.
(Benoit XVI)

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