La peine capitale en question

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)

Êtes-vous favorable à la peine capitale ?

Oui
12
13%
Oui mais seulement dans certains cas exceptionnels
15
16%
Non
67
71%
 
Nombre total de votes : 94

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Theologal-Sacral
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peine de mort

Message non lu par Theologal-Sacral » dim. 15 août 2004, 17:34

L'État est l'armature du corps social. Dans la mesure où les lois civiles ne font pas obstacle à la Loi de Dieu, elles doivent être respectées. Or que le corps social puisse ou doive se défendre contre ceux qui l'attaquent, c'est l'évidence ; le bien commun primant l'intérêt individuel. Et dans les matières purement temporelles, l'Église n'a pas à intervenir. La socièté étant d'institution divine, l'homme étant créé animal social, la peine de mort sera légitime dans certains cas, pour PUNIR les crimes les plus graves, la justice n'étant pas seulement commutative mais encore vindicative.
:boxe:

MB
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Message non lu par MB » dim. 15 août 2004, 20:15

Cher Theologal Sacral, je crois qu'il y a un problème... le meurtre, c'est mal, un point c'est tout. Après, peu importe s'il est accompli par un criminel de droit commun ou un bourreau : tuer, c'est mal.

Un autre participant du site (je ne me souviens plus de son pseudo, qu'il me pardonne :roll: ) parle du pardon que l'on donnait aux condamnés au Moyen age. En fait, ce n'est pas si vrai que cela : ce pardon a été institué à la fin du Moyen âge, et le plus souvent contre la volonté populaire, qui souhaitait précisément punir le coupable jusque dans l'autre monde. Attitude peu évangélique s'il en est...

Il me semble, tout compte fait, que l'argument décisif contre la peine de mort, est comme on l'a dit la possibilité même infime que le condamné ne soit pas coupable. Couper en deux un innocent, cela est indigne ! On ne peut plus réparer cet acte, qui paraît même d'autant plus indigne que le cas échéant, le vrai coupable court toujours.

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Message non lu par Theologal-Sacral » dim. 15 août 2004, 23:36

:cool:
Bonsoir MB.

Vous me dites "tuer c'est mal, un point c'est tout". Je ne le crois pas. Je crois qu'il est des cas où tuer, c'est bien. La question à au moins le mérite d'être posé dans le registre qui est le sien : la morale.

Cela me rappelle les discussions des théologiens médiévaux cherchant à concilier la prohibition du meurtre portée par le Décalogue d'avec les ordres d'anathème (éradication de toute la population, femmes et enfants compris, et de tout le bétail) portés par Dieu et qui, au regard de notre moderne droit, s'apparenteraient aisément à un crime de guerre. Or je suis de ceux qui pensent que le Dieu qui s'incarne en Jésus-Christ EST le Dieu qui ordonne l'anathème.

Je vais réfléchir à la dimension morale spéculative sous-jacente à ce problème. Mais j'aimerais, en attendant, vous soumettre un cas d'école. Supposons que vous soyez armé, que vous puissiez faire usage de votre arme, et qu'à refuser d'intervenir (par lacheté, par conviction, que sais-je encore) vous permettiez qu'un mal terrible sois commis (par exemple le viol de votre mère ou de vos enfants). Supposons que vous n'ayez pas d'autre choix, pour empécher une ravageuse injustice contre le prochain, que de tirer. Serait-ce mal ?

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Message non lu par Christophe » lun. 16 août 2004, 19:25

Theologal-Sacral a écrit :Je crois qu'il est des cas où tuer, c'est bien.
J'aurais plutôt dit qu'il est des cas où tuer est un moindre mal. Mais c'est toujours un mal...

Christophe
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Message non lu par Serviam » lun. 16 août 2004, 22:35

Une question doit etre posée je pense lorsque la possibilité d'une recidive, comme souvent celà est le cas, est envisagée. Ou le meutrier, probable récidiviste doit etre executer, ou il doit rester en prison le reste de sa vie, sans remise de peine, etc...
Comment oses-tu employer ta raison, éteincelle de l'intelligence divine, à autre chose qu'à rendre Gloire à ton Seigneur? - Saint Josémaria Escriva.

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Message non lu par Theologal-Sacral » mar. 17 août 2004, 10:53

:) Bonjour Charles, Bonjour Christophe.

Vous êtes d'accord pour me répondre que tuer n'est jamais un bien mais, en cas de licéité de la chose, un moindre mal. J'aimerais vous rétorquer deux choses :

1) Le Dieu de l'AT EST le Dieu du NT ; Il a donné des ordres d'anathème ; Saül fut répudié au profit de David pour ne les avoir pas executés.:lol:

2) Le bon pape Jean-Paul II est perclus d'idéologie droit de l'hommiste :ranting: , mais que dire des papes ayant institué l'inquisition et suscité les croisades :clap: ? Autrement dit, question Magistère simplement ordinaire, le doute est permis.

Peut être donc demain fera pénitence pour les erreurs d'aujourd'hui... :lol:

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Message non lu par FMD » mar. 17 août 2004, 14:17

Theologal-Sacral a écrit :1) Le Dieu de l'AT EST le Dieu du NT ; Il a donné des ordres d'anathème ; Saül fut répudié au profit de David pour ne les avoir pas executés.:lol:
Pourtant le Christ ne dit-il pas lui-même que la loi de Dieu a été pervertie par les ajouts des hommes ? D'ailleurs si je suis ton raisonnement, pourquoi ne pas lapider également la femme adultère ?
2) Le bon Pape J-P II est perclus d'idéologie droit de l'hommiste :ranting: , mais que dire des papes ayant institué l'inquisition et suscité les croisades :clap: ? Autrement dit, question Magistère simplement ordinaire, le doute est permis.
Il est indéniable que certains Papes ont commis par le passé de graves erreurs, mais pourquoi vouloir justifier de nouvelles erreurs potentielles par celles du passé ? Et surtout, pourquoi insinuer sans cesse qu’il est néfaste de se rapprocher des vertus théologales comme l'a encore fait Jean-Paul II le week-end dernier ?

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Sophia
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Message non lu par Sophia » mar. 17 août 2004, 23:09

Je n'ai pas lu toutes vos réponses, mais voici la mienne...

Je suis pour la peine de mort, pour plusieurs raisons, pas de récidive possible, et bon débaras. (j'argumenterai si certains le souhaitent)

A ce propos je vous suggère la lecture de La peine de mort aux Etats-Unis écrit par mon brillant professeur, André Kaspi, c'est un historien, ce livre présente les choses clairement sans prise de parti...et même moi qui suis pour la peine de mort, beaucoup de mes a prioiri sur la peine capitale aux Etats-Unis ont été boulversés, non les USA n'executent pas arbitrairement et de préférence des Noirs et des Latinos. Un des rares points négatifs aux USA, c'est qu'il n'y a aucune place pour la miséricorde lorsque les coupables se repentent sincèrement.


A ce propos je vous donne ce lien c'est le site officiel de l'état du Texas, et franchement quand je lis les motifs de condamnation, je ne peux qu'être d'accord avec la sanction!
http://www.tdcj.state.tx.us/stat/deathrow.htm

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Message non lu par VexillumRegis » mar. 31 août 2004, 8:55

manu a écrit :1, Tous les états totalitaires la pratiquent
Tous les Etats l'ont pratiqué jusqu'à très récemment. La peine de mort n'est en aucun cas un "signe" de totalitarisme...
2, Quand elle existe, les faits meurtriers etc ne chutent pas (donc ça ne sert à rien)
La peine de mort, dans un Etat chrétien, doit être vu comme un acte expiatoire.
3, C'est pour moi un recul de la civilisation (tous les pays démocratiques l'ont rejetés, sauf les usa (mais il y a beaucoup à dire sur leur démocratie !)
Les pays démocratiques d'aujourd'hui ne sont pas plus évolués que bien des Etats du passé; c'est faire preuve d'orgeuil que de croire le contraire.
4, Seul Dieu est juge et aucun humain n'a le droit de se prendre pour juge suprême
Dieu juge les hommes, définitivement, après leur mort. Un meurtrier qui confesse véritablement ses fautes trouvera miséricorde auprès de Dieu là où la justice des hommes l'a justement condamné à une peine très dure du fait de ses crimes.
5, Il faut être plus intelligent que les meurtriers et leur montrer ou est l'humanité et non agir comme eux.
La peine de mort appliquée par l'Etat n'est en aucun cas "agir comme eux". Car le meurtrier a porté atteinte à l'innocence à l'encontre des lois, alors que l'Etat ne fait qu'appliquer la loi envers un coupable.

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Message non lu par guelfo » lun. 21 mars 2005, 11:43

La question est mal posée; je ne crois pas que beaucoup de gens diront être en faveur de la peine de mort même si la culpabilité du condamné est douteuse. :roll:

Or, la réalité est que la justice est chose humaine et qu'il y aura donc immanquablement des erreurs. Une des questions que pose la peine de mort est donc de savoir si oui ou non on est prêt à accepter que des innocents soient exécutés. Donc, faire mine de croire qu'on n'exécutera que des coupables avérés, c'est se leurrer.
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Thomas
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Sur la peine de mort

Message non lu par Thomas » mar. 19 avr. 2005, 22:39

Bonjour,

J'ai lu vos points de vue sur la peine de mort avec intérêt. En ce qui me concerne, rapprocher la peine de mort d'une "sanction" comme une autre me pose vraiment problème. Il me semble que l'état de droit, s'il inclut l'exercice d'une certaine violence, vise précisément à bannir la mise à mort. Même la prison à perpétuité n'a rien à voir avec la mort ! La logique du droit n'est pas celle de la réparation, de la sanction ou de la légitime défense, elle les dépasse.
D'autre part, résister par principe à la peine de mort vaut peut-être la peine d'un certain risque. Pourquoi Ben Laden en prison représenterait-il un risque plus grand que si on l'avait tué ? Les pays qui s'opposent au terrorisme ne sont-ils pas assez puissants pour garantir qu'il ne sortira jamais ?

Donc, je vote NON !

Thomas.

bajulans
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longue peine, peine de mort

Message non lu par bajulans » dim. 01 mai 2005, 17:31

Pascal dans les Pensées, je crois compare l'humanité à un groupement de condamnés à mort. Ils sont jetés dans une pièce et attendent tous la mort. Une voix "off" les appelent, chacun individuellement de son nom sans qu'ils puissent dire non ou résister.

Certains sont appelés juste après avoir été introduits. D'autres restent très longtemps. Pourquoi ? Mystère ? Image très saisissante.

La peine de mort se différentie essentiellement de la mort donnée par un particulier en ce sens que l'autorité représente Dieu "NIhil potestas nisi a Deo" (St Paul), qui peut nous retirer la vie quand bon lui semble (voir l'apologue de Pascal ci-dessus). "Le Prince ne porte pas l'épée en vain" dit St Paul semblant justifier la peine de mort.

Toute peine est en un sens irréparable. Si l'on vous prend deux mois de votre vie en vous jetant en prison, tout l'or du monde ne pourra réparer votre peine.

Pour ce qui est de mon opinion, je suis du sentiment de l'Eglise et j'ai horreur du sang. Je laisse donc l'autorité décider. Je sais que la peine de mort a été abolie pour la première fois AU MOYEN AGE dans une principauté italienne (il faut que je retrouve le nom). Cela supposait que les crimes étaient peu nombreux et que la population était favorable à cette mesure.

J'avais lu le récit horrible d'une prostituée qui s'était fait arracher les yeux par un criminel. Elle est aveugle pour jusqu'à la fin de sa vie. C'est une très longue peine. Pourquoi son tortionnaire ne subirait-il pas une très, très longue peine, ça pourra le faire réfléchir, éventuellement très longuement, au respect dû à son prochain ? Et si cet homme sort, en jouissant de ses deux yeux, et se promène sur le grands boulevards où il y a tant de choses, tant de choses à voir, le sourire au lèvre, cela n'est-il pas révoltant ?

Alors si l'on croit devoir abolir la peine de mort, que l'on ne vienne pas nous bassiner avec les longues peines. Les enfants morts sont dans le cercueil (s'ils ont une sépulture...) pour longtemps. Ils n'en sont pas sortis, alors que l'on ne tente pas de nous faire pleurer sur les longues peines. Je serais contre le jour où les victimes sortiront de leurs tombeaux.

CA SUFFIT COMME CA !!! Appliquons déjà les peines édictées par les tribunaux, ce sera un progrès.
Loué soit Jésus-Christ

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Jésus était-il contre la peine de mort ?

Message non lu par bajulans » lun. 02 mai 2005, 9:56

Lors de la Passion, il dit à Pierre "Qui prend l'épée, périra par l'épée", ce qui est un adage de droit pénal justifiant le peine de mort.

Le bon larron dit "pour nous, c'est justice". Il n'est pas repris par Jésus.

Quant au catéchisme de l'Eglise catholique, je crois qu'il ferait mieux de songer à la saine laïcité chrétienne et à ne pas se mêler de ce qui regarde l'autorité publique laïque. Il n'a pas à dicter à l'Etat sa politique pénale.

Quand il prétend que l'Etat a le pouvoir d'empécher les récidives et autres affirmations du genre, je pense qu'il doit s'agir d'une plaisanterie involontaire.

Cela dit, je ne suis pas pour la peine de mort.

Mais je ne me reconnais pas le droit d'enrôler Jésus-Christ sous ma banière.
Loué soit Jésus-Christ

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Le problème de la liberté conditionnelle

Message non lu par VexillumRegis » ven. 24 juin 2005, 13:46

[align=justify]Bonjour,

Je souhaite relancer le débat sur la peine de mort à la suite d'évènements judiciaires récents.

Comme vous le savez bien, le CEC (§ 2266-2267) ne rejette par formellement l'usage de la peine de mort (1), mais affirme néanmoins que de nos jours son emploi ne semble plus justifié (2). En effet, nous dit le CEC, les moyens matériels à la disposition de l'Etat moderne doivent pouvoir garantir la sécurité des citoyens. Par l'emprisonnement en particulier.

Or des faits divers récents semblent remettre en cause cet argument. En France, le système de la libération conditionnelle a permis à des meurtriers de récidiver. Condamnés à de lourdes peines, voire à la réclusion à perpétuité, ils avaient pu bénéficier d'une remise en liberté pour "bonne conduite" durant leur détention. Les exemples ne manquent pas. En ce moment, c'est l'affaire Nelly Crémel qui agite le monde de la justice. Cette mère de famille de 39 ans a été assassinée le 02 juin dernier par deux hommes, dont l'un, Patrick Gateau, multirécidiviste, venait d'être remis en liberté conditionnelle. Cet article du Figaro donne d'autres exemples éloquents.

Il est donc clair que notre système judiciaire n'est pas capable de garantir la sécurité des citoyens, lui qui au contraire donne l'occasion à des criminels de perpétrer de nouveaux crimes. L'argument développé par le CEC est invalidé de facto.

Evidemment, on peut simplement supprimer la liberté conditionnelle et maintenir toute leur vie en prison les criminels. Mais est-ce réellement un sort moins inhumain et moins immoral que la peine de mort ?

Dans tous les cas, je suis plutôt favorable au rétablissement de la peine de mort pour les homicides récidivistes. Car ces hommes ont non seulement commis de nouveaux crimes, mais ils ont aussi fait preuve de dissimulation pour obtenir leur libération.

Il est vrai cependant que la peine de mort constitue une abomination pour une société qui ne reconnaît pas à la mort de valeur expiatoire et pour laquelle la vie éternelle n’existe pas.[/align]

[align=center]_____________________[/align]

[align=justify](1) "L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort (...)"

(2) "Aujourd’hui, en effet, étant donné les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants".

- VR -[/align]

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