La notion de péché et la sexualité

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Altior » mer. 04 sept. 2019, 8:37

Bonjour, Solène !
Solene111 a écrit :
mar. 03 sept. 2019, 20:51
Pourquoi se limiter à un homme ou à une femme? N'est-ce pas la jalousie, la possessivité qui nous limite? Et ce sentiment n'est-il pas égoïste? Un homme, une femme n'appartient à personne. N'est-ce pas égoïste de dire "ma femme" ou "mon mari"?
Parce que, par le mariage, ils se donnent l'un à l'autre. Voici la doctrine catholique sur cette question:
« La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme. » (1 Cor 7:4).

La masturbation c'est considérer son sexe comme un objet. Oui, mais lire un livre c'est considérer son intellect comme un objet, résoudre une énigme, pareil. L'intellect devrait être uniquement tourné vers le bien être des autres aussi non?
Non. La cause finale d'un livre est qu'il soit lu, la cause finale d'une énigme est qu'elle soit résolue. Le cause finale de vos parties intimes n'est pas qu'elles soient frottées par vous même. Quant à l'intellect, sa cause finale n'est pas le partage, mais le savoir, et, en sachant, choisir le bien.

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par SergeA » mer. 04 sept. 2019, 14:20

Altior a écrit :
mer. 04 sept. 2019, 8:37
Non. La cause finale d'un livre est qu'il soit lu, la cause finale d'une énigme est qu'elle soit résolue. Le cause finale de vos parties intimes n'est pas qu'elles soient frottées par vous même. Quant à l'intellect, sa cause finale n'est pas le partage, mais le savoir, et, en sachant, choisir le bien.
Bonjour.
Je comprends votre raisonnement Altior, mais si on va par là, on peut dire aussi que la cause finale d'un arbre est de pousser et de produire des fruits, non pas d'être coupé pour faire des livres. Qu'en pensez-vous ?
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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par PaxetBonum » ven. 06 sept. 2019, 8:21

Solene111 a écrit :
mar. 03 sept. 2019, 20:51
Un homme, une femme n'appartient à personne. N'est-ce pas égoïste de dire "ma femme" ou "mon mari"? Dans un idéal d'amour, ne devriez nous pas tout partager? L'amour inconditionnel n'est-ce pas accepter que l'autre soit heureux même sans nous?
Bonjour Solene111,

Nous nous appartenons.
Par le mariage nous nous donnons à l'autre, alors oui l'homme ne s'appartient plus mais à la femme et oui la femme ne s'appartient plus mais à l'homme. C'est un don total qui exclue que l'on puisse se reprendre pour se donner à quelqu'un d'autre.
Il n'y a plus de bonheur en dehors de l'autre, ce qui n'exclue pas d'avoir des activités sans l'autre mais pas en opposition à son conjoint.
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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par PaxetBonum » ven. 06 sept. 2019, 8:27

Solene111 a écrit :
mar. 03 sept. 2019, 20:51

La masturbation c'est considérer son sexe comme un objet. Oui, mais lire un livre c'est considérer son intellect comme un objet, résoudre une énigme, pareil. L'intellect devrait être uniquement tourné vers le bien être des autres aussi non?
ReBonjour Solene111,

Pourquoi lire un livre serait-il considérer son intellect comme un objet ? idem pour l'énigme ?
Je ne comprends pas cette affirmation.

La masturbation ce n'est pas considérer son sexe comme un objet.
C'est chercher un plaisir solitaire là où nous sommes invités à partager ce plaisir avec son conjoint.
Comme un gâteau d'anniversaire que l'on mange seul égoïstement au lieu de le partager, il perd son sens.
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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par SergeA » ven. 06 sept. 2019, 10:41

PaxetBonum a écrit :
ven. 06 sept. 2019, 8:27
Comme un gâteau d'anniversaire que l'on mange seul égoïstement au lieu de le partager, il perd son sens.
Nombreux sont ceux qui n'ont personne avec qui partager un gâteau d'anniversaire, ni même un gâteau, d’ailleurs.
Et vous soutiendrez que pour celui qui est seul, manger seul son gâteau n'aurait pas de sens ?
Alors je dis qu'il est aussi important de manger seul son gâteau d'anniversaire lorsqu'on est seul que de le partager lorsqu'on a des amis ou de la famille. Cela ne veut pas dire bien sur que le partager n'est pas en soit une expérience plus belle.
Et même, manger seul son gâteau égoïstement peut être à la base d'une révélation, d'une prise de conscience, comme une graine plantée et qui finira par germer. Celui qui mange seul son gâteau, c'est moi-même, c'est vous aussi, d'une manière comme d'une autre.

En fait, au bout du compte, je perçois encore plus la dualité comme faisant partie de l’expérience qui nous amène à découvrir le besoin d'unité. Comme si le péché était indispensable pour découvrir le pardon, le mal pour nous amener à choisir le bien, l'expérience pour mettre le sens en lumière.
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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Cinci » ven. 06 sept. 2019, 16:02

Bonjour,

Je pense que la notion de péché ou d'impureté en matière sexuelle se trouve être la même pour tous, peu importe que l'on puisse être en couple dûment marié à l'Église ou dans un état de célibat pour raison "X". Quand on parlera de distraction, d'oubli de Dieu, d'égoîsme, de centrement sur son petit plaisir, d'exploitation de soi-même ou d'autrui comme un objet : cela concerne aussi bien les piliers d'églises que le bedeau ou le marguillier.

Le péché du masturbateur solitaire est aussi "grave"que le péché de l'égoïste qui est marié depuis vingt ans et qui ne sera pas plus capable d'être chaste que l'autre qui est célibataire. Et le manque de chasteté n'a même pas besoin d'être acté pour être une réalité.

Ce que je veux dire : oui, c'est que le péché existe. Que c'est vrai que le péché est une nuisance. Que la masturbation à l'instar d'une foule d'autres choses peut être une gêne, un symptôme d'un désordre quelconque, d'un manque, etc. Mais comme pour tous les péchés, il y a le pardon qui existe, sans compter que la responsabilité ou la culpabilité n'y seront toujours que relatives. Tout n'est pas pris dans un bloc de ciment.

A part ça, ce qui compte ce n'est pas tellement d'être "parfait" comme le gros orgueilleux pouvant se faire une fierté de parvenir lui-même à faire ceci-cela ou à éviter de faire ça et ça, mais plutôt d'avoir l'humilité de se reconnaître en vérité comme étant celui pouvant justement continuer de pécher, étant faible, encore fragile, misérable; et donc de supplier pour obtenir la grâce. C'est de faire la vérité qui compte, et ce qui est difficile ensuite n'est que d'avoir suffisamment de charité envers soi-même pour accepter d'être vu comme le Christ pourrait nous voir. Ça, c'est très difficile.

Continuer de fréquenter la messe et pour y chanter des louanges à Dieu, tout en ayant par trop conscience d'être une "pauvre chose" chrétiennement parlant, un sous-performant, une loque, un misérable : c'est douloureux. Et, d'autant plus douloureux, que l'on réalise aussi que nous ne serons pas les seuls à être si pauvres dans le rassemblement liturgique. C'est probablement la raison principale pourquoi les églises sont vides. On y refuse la pauvreté.

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Cinci » mar. 04 févr. 2020, 19:10

Lu dans le journal hier :

Louis Cornellier (journaliste) :

Pour justifier leur combat contre l’homosexualité, les intégristes s’accrochent à deux versets de l’Ancien Testament, dans le Lévitique, qui condamnent les actes sexuels entre hommes, et à une lettre de Paul, qui qualifie de « contre nature » les rapports homosexuels. « Les fondamentalistes, si prompts à se rappeler ces deux lignes de la Bible, devraient aussi être capables de se rappeler les chapitres entiers qui condamnent l’injustice, la haine et l’oppression », propose justement le théologien Sébastien Doane, dans Sortir la Bible du placard (Fides, 2019), pour contester l’homophobie chrétienne.

Les croyants se déshonorent et trahissent l’essentiel de leur foi, c’est-à-dire la figure du Christ, en s’enfermant dans une telle attitude. Jésus, en effet, n’a rien dit sur la sexualité ou sur l’homosexualité. Toutefois, comme le note le théologien Paul-Eugène Chabot dans Le discours moral de Jésus (Médiaspaul, 2019), il a parlé abondamment des relations entre les personnes, en nous invitant à les vivre dans le respect, le souci de l’autre, la miséricorde et la fidélité. C’est à cet idéal que les chrétiens et les personnes de bonne foi, sans discrimination quant à l’orientation sexuelle, doivent se convertir.



https://www.ledevoir.com/opinion/chroni ... angereuses

C'est un article de Louis Cornellier qui est pourtant (mais si, normalement) un bon journaliste de chez nous et qui fait souvent des articles intéressants. Mais, cette fois ... déception ... personne n'est parfait sans doute ... Je le vois succomber comme tant d'autres à la nouvelle rectitude morale laïcarde.

[...]

Dans son article, il nous lance d'emblée dans une association d'idées entre l'hitlérisme et le stalinisme et la position traditionnelle de l'Église à l'égard de l'homosexualité. Tout simplement malhonnête comme procédé ! Tout cela commence bien, les amis.

Mais, ce que j'aime encore plus (en dehors de Piaf pour chanter La vie en rose), c'est la tactique de militants qui nous transforment en "intégristes" les catholiques les plus ordinaires et réguliers qui soient, pour ce seul motif, faudrait-il comprendre, que ces catholiques (ou chrétiens) seraient simplement attachés à croire ce que leur Église aura toujours cru !

Bientôt, un "intégriste" sera un chrétien qui croit simplement que le Christ est ressuscité ! Ce n'est pas normal qu'un catholique puisse croire ce qui fait partie de la foi de l'Église. Un baptisé qui croit - pensez donc ! - que le catéchisme de son Église serait fondé est ... est un extrémiste ... un anormal, un malade, un fou, un dangereux.

La malhonnêteté intellectuelle dans laquelle tant de nos commentateurs s'abaissent dans la sphère publique me naaaavre et quand c'est pour se faire bien voir dans l'opinion, pour donner des gages à l'effet qu'on serait soi-même un bon gars ( "Hé ! Je suis comme vous, je suis normal ... Je ne fais pas parti de ces malades, ces dangereux extrémistes ...")

Il nous mentionne ce jeune théologien Sébastien Doane, jeune, pimpant et très hot, très hip et dans l'vent ... que l'on trouve désormais partout, très souvent dans le Prions en Église. Je m'en doutais un peu depuis quelque temps figurez-vous. Mais, ici, j'ai la confirmation à l'effet que notre homme souhaite contester l'homophobie chrétienne. Lire : qualifier de "malades" les chrétiens qui croient que l'homosexualité est un désordre.

Le boniment final est une invitation faites aux chrétiens de se convertir à la nouvelle morale laïcarde non chrétienne.

Voyez :
Cornellier :

Les croyants se déshonorent et trahissent l’essentiel de leur foi, c’est-à-dire la figure du Christ, en s’enfermant dans une telle attitude.
C'est Cornellier qui écrit ça. Lui qui pense pouvoir se servir de Jésus pour faire la morale aux évêques, au pape émérite Benoit XVI, aux saints !

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Re: La notion de péché et la sexualité0

Message non lu par la Samaritaine » mar. 04 févr. 2020, 20:32

Merci pour cet article très intéressant cher Cinci,

il dénonce ici les "thérapies de conversion" qui peuvent faire de ravages ! On fait croire à des jeunes qu'on va les "guérir" de leur homosexualité, ou les enfermer dans une abstinence non choisie imposée de l'extérieur (c'est à dire : qui ne trouve pas sa source dans un appel intérieur)...Rien de mieux pour cultiver la haine de soi et le risque de suicide est réel.

Ces "thérapies" vont être bientôt interdite en Allemagne et en France, l'enquète parlementaire vient de rendre son rapport...

https://www.lci.fr/population/video-enq ... 42567.html

J'ai un ami qui a fait partie d'une communauté charismatique il y a 25 ans (j'en tairai le nom, ils ont peut-être fait des progrès depuis). On lui disait qu'il était dans le ravin de la mort, on lui a fait une prière d'exorcisme, on a essayé de lui mettre une fille dans les pattes… Il en est sorti 0pour le coup au bord de l'abîme… Il vit en couple aujourd'hui avec un homme de son âge et de sa foi, est engagé dans la chorale de sa paroisse et est accompagné spirituellement par un moine trappiste. Il dit que ces pratiques l'ont pourri d'angoisses et qu'il a mis du temps à se reconstruire.

Que ces pratiques cultivent l'homophobie, c'est indéniable.

Parler de l'homosexualité comme d'un désordre ? Cela me paraît plus respectueux et plus prudent d'en parler comme d'une différence.

Bien à vous,

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Gaudens » mer. 05 févr. 2020, 17:07

Chère Samaritaine,
Ce sont "les actes d'homosexualité" qui sont "intrinsèquement désordonnés(cf CEC 2357),pas les pulsions elles-même.Ce n'est pas la même chose.Et un péché n'est pas une différence.

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Cinci » mer. 05 févr. 2020, 17:47

Bonjour La Samaritaine,
La Samaritaine :

il dénonce ici les "thérapies de conversion" qui peuvent faire de ravages ! On fait croire à des jeunes qu'on va les "guérir" de leur homosexualité, ou les enfermer dans une abstinence non choisie imposée de l'extérieur (c'est à dire : qui ne trouve pas sa source dans un appel intérieur)... Rien de mieux pour cultiver la haine de soi et le risque de suicide est réel.
Je ne me prononcerais pas sur la qualité de ces "thérapies" en elles-mêmes, moi, n'ayant absolument aucune connaissances de celles-ci. Mais admettons ! Il est toujours possible que ces initiatives ne soient pas très bonnes. Ce n'est pas forcément par ce que ce serait des esprits religieux qui s'impliqueraient là-dedans, et parce qu'ils voudraient y mettre du coeur pour la bonne cause, que l'entreprise serait très heureuse. En principe, on peut croire quelque chose comme cela.

Mais j'en avais, à propos du procédé du journaliste, et qui, lui, en profite alors pour "sermonner toute l'Église", pour assimiler l'article de foi de l'Église à une "méchante attitude qui serait contraire à la volonté divine", et inviter ensuite les croyants à se convertir à la pensée des militants de la Gay-Pride, de l'organisme Gai-Écoute , Act-Up et cie. Là, pour le coup, il n'agit plus autant en journaliste qu'en terme d'agent bénévole se mettant lui-même au service de la bonne cause gouvernementale laïcarde et selon laquelle c'est l'Église qui aurait tort de parler de péché, etc.

Voyez :

On se demanderait à quel titre un simple journaliste, peut-être croyant mais sans être un grand pratiquant, pourrait être revêtu d'une autorité supérieure, pour être apte à dire à tous les évêques catholiques du monde, ce que ces derniers devraient croire et enseigner dans leurs séminaires et ainsi qu'à leurs fidèles dans leur Église ! C'est cela qui est absurde. La logique ultime d'une telle manière de raisonner, ce serait que des hauts fonctionnaires du gouvernement libéral nous rédigeassent bientôt les articles de la prochaine réédition du catéchisme de l'Église !

Je trouve juste incroyable que des journalistes ne soient pas capables de se rendre comte eux-mêmes de la démesure qui entre dans un comportement semblable. Cela peut traduire possiblement un grand mépris de l'Église et de la foi catholique.

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par la Samaritaine » jeu. 06 févr. 2020, 22:13

Cinci a écrit :
mer. 05 févr. 2020, 17:47
Bonjour La Samaritaine,

On se demanderait à quel titre un simple journaliste, peut-être croyant mais sans être un grand pratiquant, pourrait être revêtu d'une autorité supérieure, pour être apte à dire à tous les évêques catholiques du monde, ce que ces derniers devraient croire et enseigner dans leurs séminaires et ainsi qu'à leurs fidèles dans leur Église ! C'est cela qui est absurde. La logique ultime d'une telle manière de raisonner, ce serait que des hauts fonctionnaires du gouvernement libéral nous rédigeassent bientôt les articles de la prochaine réédition du catéchisme de l'Église !

Je trouve juste incroyable que des journalistes ne soient pas capables de se rendre comte eux-mêmes de la démesure qui entre dans un comportement semblable. Cela peut traduire possiblement un grand mépris de l'Église et de la foi catholique.
Cher cinci,

Votre journaliste critique essentiellement dans son article les thérapies de conversion, puis les fondamentalistes qui utilisent les versets bibliques hors contexte pour condamner les actes homosexuels. Au passage, il veut sans doute dire aussi que l'Eglise, tel qu'elle l'exprime dans le CEC, a une attitude fondamentaliste en déclarant illicite les actes homosexuels, encourageant ainsi l'homophobie.

De fait, il est vrai que Jésus n'a pas (ou pratiquement pas) parlé de sexualité et que l'Eglise tout au long de ces 2000 ans, a été plus royaliste que le roi. La question qu'il pose est épineuse : l'Eglise, je veux dire l'Eglise normale (pas les illuminés des thérapies de conversion, pas les intégristes), fait elle preuve de fondamentalisme en déclarant illicite les actes homosexuels, et ce faisant, encourage-t-elle l'homophobie ???

Je ne saurais répondre à cette question mais je ne peux reprocher à un journaliste (peut-être lui même homo…et pas content) de le dire. Parce que ce qui est certain, c'est que ces propos là de l'Eglise encouragent la haine de soi chez les personnes homosexuelles. Tel que je suis, si je suis homo et veux vivre une vie chrétienne, et bien, je n'ai pas le droit de vivre une vie amoureuse, je n'ai pas le droit d'aimer et d'être aimé. Voilà ce que me dit le discours officiel.
Il faut quand même réaliser l'extrême violence de ces propos ! Je ne sais pas si cela encourage l'homophobie mais cela n'encourage pas l'amour de soi pour les personnes homosexuelles. Je n'ai pas de certitude absolue en la manière mais j'éprouve un grand malaise que l'Eglise tienne un discours aussi normatif et intrusif sur la vie intime des personnes. (valable aussi pour les célibataires, les remariés…). En fait, j'ai le sentiment d'un très grand manque de respect, de pudeur et de délicatesse.

Certes, comme le disait la grande Simone Weil, "le discours de la place publique n'est pas celui de la chambre à coucher". Les confesseurs et accompagnateurs ne vont pas, pour une grande part, accueillir dans le secret du confessionnal une personne homosexuelle en brandissant le CEC : ils vont écouter et éclairer ces personnes sur leur chemin particulier et personnel. Le problème de l'Eglise est bien qu'elle doit tenir les deux bouts d'une corde entre discours normatif pour tous (le CEC) et parole intime dite dans le discernement et le respect des consciences et que les discours ne concordent pas facilement, voir divergent, voir s'opposent quand on passe d'un prêtre à l'autre ! :sonne:

Vous parliez de communication : comment l'Eglise pourrait-elle communiquer plus clairement sur ses deux fonctions de communication : dire des repères et des principes pour tous et accompagner personnellement les personnes dans le respect et le discernement ? Qui hors de l'Eglise sait que notre liberté de conscience est accueillie dans l'intimité de la rencontre avec un homme de Dieu,(ou un ou une laique formé(e) à l'accompagnement) que les prêtres ne sont pas des machines à dire tous le même discours normatif mais qu'ils savent écouter, consoler et accompagner sans jugement ?

Je suis d'accord avec la dernière phrase de ce journaliste qui dit que nous devons vivre dans le respect, le souci de l'autre, la miséricorde et la fidélité, que c'est notre priorité absolue de Chrétiens et j'ajoute qu'il est bien compliqué de conjuguer cela avec un langage qui dicte ce que les personnes doivent faire ou ne pas faire dans leur chambre à coucher.
Mais je n'ai pas la science infuse, je cherche...

Bien à vous,

Samaritaine

Louis Cornellier (journaliste) :

Pour justifier leur combat contre l’homosexualité, les intégristes s’accrochent à deux versets de l’Ancien Testament, dans le Lévitique, qui condamnent les actes sexuels entre hommes, et à une lettre de Paul, qui qualifie de « contre nature » les rapports homosexuels. « Les fondamentalistes, si prompts à se rappeler ces deux lignes de la Bible, devraient aussi être capables de se rappeler les chapitres entiers qui condamnent l’injustice, la haine et l’oppression », propose justement le théologien Sébastien Doane, dans Sortir la Bible du placard (Fides, 2019), pour contester l’homophobie chrétienne.

Les croyants se déshonorent et trahissent l’essentiel de leur foi, c’est-à-dire la figure du Christ, en s’enfermant dans une telle attitude. Jésus, en effet, n’a rien dit sur la sexualité ou sur l’homosexualité. Toutefois, comme le note le théologien Paul-Eugène Chabot dans Le discours moral de Jésus (Médiaspaul, 2019), il a parlé abondamment des relations entre les personnes, en nous invitant à les vivre dans le respect, le souci de l’autre, la miséricorde et la fidélité. C’est à cet idéal que les chrétiens et les personnes de bonne foi, sans discrimination quant à l’orientation sexuelle, doivent se convertir.

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Cinci » mar. 11 févr. 2020, 19:35

Salut La Samaritaine,

Merci pour la réaction, le commentaire et tout.

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Cinci » dim. 16 févr. 2020, 21:40

Pour faire retour sur la question ...
La Samaritaine :

De fait, il est vrai que Jésus n'a pas (ou pratiquement pas) parlé de sexualité et que l'Eglise tout au long de ces 2000 ans, a été plus royaliste que le roi. La question qu'il pose est épineuse : l'Eglise, je veux dire l'Eglise normale (pas les illuminés des thérapies de conversion, pas les intégristes), fait elle preuve de fondamentalisme en déclarant illicite les actes homosexuels, et ce faisant, encourage-t-elle l'homophobie ???

Je ne saurais répondre à cette question mais je ne peux reprocher à un journaliste (peut-être lui même homo…et pas content) de le dire. Parce que ce qui est certain, c'est que ces propos là de l'Eglise encouragent la haine de soi chez les personnes homosexuelles. Tel que je suis, si je suis homo et veux vivre une vie chrétienne, et bien, je n'ai pas le droit de vivre une vie amoureuse, je n'ai pas le droit d'aimer et d'être aimé. Voilà ce que me dit le discours officiel.
Il faut quand même réaliser l'extrême violence de ces propos ! Je ne sais pas si cela encourage l'homophobie mais cela n'encourage pas l'amour de soi pour les personnes homosexuelles. Je n'ai pas de certitude absolue en la manière mais j'éprouve un grand malaise que l'Eglise tienne un discours aussi normatif et intrusif sur la vie intime des personnes. (valable aussi pour les célibataires, les remariés…). En fait, j'ai le sentiment d'un très grand manque de respect, de pudeur et de délicatesse.
Je ne comprends pas comment vous pouvez conclure que l'Église normale encouragerait une sorte de détestation maladive de soi, du seul fait qu'elle persisterait à affirmer le caractère désordonné de l'homosexualité. Quand l'Église dénonce le péché, elle n'encourage nullement les individus à se tenir pour des moins que rien. Vous savez tout cela.

Le discours officiel de l'Église ? Il est le même à l'égard de tous : homosexuel, célibataire, divorcé, prêtre, adolescents, etc. Le discours de l'Église est fait pour indiquer aux gens le meilleur chemin de sanctification. C'est la raison d'être de l'Église. Il ne s'agit pas de promesses faites à l'égard du plus grand confort, ou sur la façon la plus efficace pour arriver à tout concilier, une chose et son contraire, le pape avec la pensée des amis, la culture de masse et le discours publique.

Les promesses de Jésus valent, par-dessus tout, pour ceux ou celles s'étant montrés capables de mourir à eux-mêmes, pratiquer un détachement par rapport au monde et son système de valeur profane et anti-chrétien; ceux désireux de mettre en pratique sa parole ... la parole du Christ ... qui est celle de Dieu, qui est celle de la Bible. Or le discours moral présent dans la Bible n'a jamais autorisé la promiscuité sexuelle, le libre-échangisme, la prostitution, l'Infidélité, le concubinage, les rapports d'intimité entre deux hommes comme le seraient ceux d'un époux avec son épouse.

L'Église se doit de mettre en garde ses fidèles contre le fait de vouloir pratiquer la désobéissance, en violant les commandements. Jésus parlait bien du fait de devoir respecter les commandements, non ? Une bonne raison à cela : en s'affranchissant soi-même et illégalement de la loi de Dieu, l'on se trouve à se placer sous la puissance des ténèbres. On donne le droit à l'esprit mauvais de diriger notre vie, nous influencer, nous écarter un peu plus de Jésus et de son Église. Il y a là une perte pour soi-même et un danger.

Même une malédiction ...

Le problème c'est qu'il y a une sorte de malédiction qui s'attache au fait de désobéir à Dieu. C'est le genre d'information que la plupart des gens ignorent et compris bien des catholiques. Et bien souvent cette malédiction se transmet de père en fils, dans les familles, à cause de la désobéissance, tant qu'il n'y a pas de réparation, confession, pardon, délivrance. On accuse ensuite l'Église parce que Giton se sera suicidé ou parce qu'il serait devenu bien malheureux dans son mode de vie hors norme. Le vrai problème ce serait plutôt l'espèce de lien maléfique contracté auparavant, par le fait de la désobéissance et qui peut être aussi le fait d'un ancêtre.

Chose certaine : il n'y a rien de chrétien dans le fait d'affirmer que l'homosexualité serait un comportement humain parfaitement normal, banal, naturel. Ceux qui tiennent ce discours "normalisateur" font totalement fi de l'anthropologie religieuse qui est celle de l'Église (... quand le sens et le but de la vie est de voir Dieu, être pour Dieu, son corps à soi être pour notre sanctification, etc.) Non seulement la Bible réprouve-t-elle les liaisons hors mariage. Il y a saint Paul qui mentionnait que les efféminés n'hériteraient pas de la vie, cependant que le magistère ordinaire de l'Église n'aura jamais rien fait d'autre que prohiber très clairement l'homosexualité. C'est bien clair que cette promotion de l'homosexualité ne vient pas de l'Église.

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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Cinci » mar. 18 févr. 2020, 4:42

Une autre manière d'explication :

http://www.unfeusurlaterre.org/qehelata ... theologien

Le père Robert Barron en traduction française. Toujours aussi sympathique.

Cinci
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Re: La notion de péché et la sexualité

Message non lu par Cinci » mar. 18 févr. 2020, 5:23

A propos du mariage gay
https://www.youtube.com/watch?v=CYJ9BOcOxy8

Le père Barron avec sous-titre français.

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