Inversion des valeurs

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Philon
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Inversion des valeurs

Message non lu par Philon » jeu. 23 juil. 2020, 9:03

Bonjour,

j'aimerais parler d'un exemple de l'inversion des valeurs morales dans nos sociétés postmodernes qui rendent un culte à l'HOMME.
Ce qui se dégage des réactions communément admises face à certaines situations me laisse à penser que de nos jours la fidélité à son conjoint devient une forme de "péché" .
Les personnes qui se confient lors de problèmes conjugaux prennent réellement le risque de subir une "pression divorceuse" tant le divorce est devenu facile et banal, d'une part, mais aussi souhaitable "moralement" de l'autre parce que conforme aux nouvelles croyances.
Pour une situation douloureuse donnée, par exemple les adultères du conjoint, les réactions de l'entourage et des spécialistes ( métiers de l'aide, du care, du soin de l'âme...) sont devenues unanimes dans le cas où les solutions à ce type de problème ne fonctionnent pas : divorcez.
Or je sais qu'il y a un siècle à un demi siècle, on aurait plutôt conseillé d'endurer le mal avec patience, d'éviter le divorce , de penser à la nouvelle génération (les enfants) avant de penser à soi. Ce qui était protecteur pour les enfants, pour les conjoints et pour le couple. Les procédures judiciaires étaient longues et compliquées et de ce fait les époux en conflit disposaient d'un certain temps, propice pour réfléchir, de sorte qu'une partie des gens renonçait à divorcer. On exhortait au pardon. Le long terme permettait à bien des époux de se réconcilier au bout d'un certain temps. Dans leurs vieux jours, ils se disaient que finalement ils avaient eu raison de ne pas divorcer.

Aujourd'hui les procédures sont raccourcies, de sorte qu'il est fréquent de divorcer parce que la décision est prise à chaud, sous l'effet de la colère qui n'est pas forcément bonne conseillère.
Ce qui est prioritaire est l'"individu" et non la famille. Comme si un individu pouvait exister spontanément sans l'éducation par la famille...
Pis que cela, l'individu qui reste fidèle malgré son malheur est supposé être un malade mental. Une pauvre loque coupable de"dépendance affective" (en français : d'attachement fidèle et irrévocable).
Toute une manipulation langagière permet d'adhérer à de nouveaux dogmes.
Toute une littérature plus ou moins "psy"développe depuis 40 ans des théories douteuses mettant en cause la santé mentale des personnes qui, souffrant dans leur couple, ne divorcent pas ( "elles ne s'aiment pas en raison de traumatismes subis dans l'enfance", etc).
L'opinion publique a capté le message subliminal : rester "quand on subit cela" ce n'est plus une marque de force morale mais de débilité et de faiblesse. Ce n'est plus le signe que la personne croit en Dieu, c'est le signe de son manque de courage (elle ne croit pas assez en elle). Elle suscite non l'admiration qu'elle eut suscité jadis mais au contraire le mépris et les conseils bidons.
Cette inversion des valeurs, c'est cela le pire, est active aussi dans les milieux catholiques !!!!!! Beaucoup mettent dans ce cas précis l'injonction à l'"épanouissement personnel" (supposé succéder à une "libération"...) au-dessus de ce qu'enseigne l'Eglise ( exemple dans "Casti Connubii" du pape Pie XI qui rappelle que le mariage chrétien est indissoluble et qu'aucune force extérieure ne peut justifier que l'homme rompe ce que Dieu a uni). Et cela même en présence d'une personne cocufiée qui affirme ne PAS vouloir divorcer, comme si ils voulaient "faire le bonheur du peuple malgré lui..."
C'est là vraiment que je m'interroge. Pourquoi ces opinions divorceuses chez des catholiques ? Pourquoi, de possibilité appartenant à la personne concernée, le divorce/la rupture sont-ils devenus, dans l'opinion publique, des obligations "morales", une nouvelle norme ?

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par PaxetBonum » ven. 24 juil. 2020, 8:27

Cher Philon,

Je pense que vous apportez vous-même la réponse à vos questions : l'hédonisme ambiant.
Vous avez une querelle avec votre conjoint; allez voir ailleurs, l'herbe y est plus verte.
Votre conjoint vous trompe, faites de même ou allez voir ailleurs, l'herbe y est plus verte.
Vos enfant vivent en couple homosexuel, ce n'est pas grave si ils sont heureux comme cela.

Les vertus, les valeurs sont perçues comme des empêcheurs de s'épanouir "dans sa vie personnelle".
Et oui vous avez raison la notion de société, de patrie n'a plus cours tout est fait pour l'individu.
0,1% de la population ne connaît pas son sexe, imposons des wc non genrés à tous.
1% de la population se sent "phobisée", imposons des passages piétons arc en ciel.
0,1% de la population se sent agressé par la grammaire française, imposons l'écriture inclusive…
Bref nous vivons sous la tyrannie de l'individu, de l'individualisme, du communautarisme où une infime minorité impose sa vision au reste de la population. Et ceux qui ne s'y plient pas finissent en prison…
Effectivement comme vous le soulignez on doit ce "progrès" à tous les psy, psychotrucs qui, dans leur délires intellectuels, se servent du monde comme d'un laboratoire d'expérimentation où nous sommes des rats…
Pax et Bonum !
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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Suliko » ven. 24 juil. 2020, 13:49

Bonjour Philon et contente de vous relire !

Une partie du problème vient du fait que les catholiques ont actuellement trop tendance à tenir un discours selon lequel c'est se remarier qui est un péché, et non pas "juste" divorcer. C'est évidemment faux (sauf dans certains cas très rares ou lorsque l'un des conjoints est contraint au divorce par l'autre partie) et cela peut engendrer beaucoup de conséquences néfastes, étant donné qu'autrefois (avant la légalisation du divorce), lorsqu'un couple divorçait, cela signifiait simplement qu'il cessait pour un temps défini ou non la vie commune, et non pas que leur union était dissoute devant Dieu et les hommes. Dans les textes anciens, le mot divorce était compris dans ce sens (dans un contexte catholique).
Et puis, depuis quelques décennies, le clergé n'a plus vraiment parlé clairement des questions de morale conjugale, ce qui fait que pour beaucoup de baptisés, ne pas suivre l'enseignement de l'Eglise en ce domaine ne compromet pas le salut. Or, pourquoi se contraindre au célibat, s'il n'en va pas de la vie éternelle ? Pourquoi faire de lourds sacrifices, si l'enjeu n'en vaut pas la peine ?
Bien sûr, un élément qui joue également un rôle fondamental, c'est le degré de déchristianisation de la société. Pour l'immense majorité de nos contemporains, le divorce n'est pas un péché et peut se justifier assez facilement. Dans ces conditions, il devient de plus en plus difficile à la petite minorité croyante de ne pas suivre le courant. Jadis, ce n'était pas le cas, et même dans bien des milieux plus ou moins anticléricaux, le divorce n'était pas si bien vu. Et je ne parle même pas du remariage ou du mariage civil avec un divorcé, qui étaient vu par la société catholique comme de véritables scandales. Les fidèles étaient véritablement choqués par de telles choses et ceux qui s'y engageaient se voyaient facilement mis au ban de la société (ce qui fait que l'on y réfléchissait plus d'une fois avant de se mettre dans une telle situation). Aujourd'hui, même parmi les traditionalistes, on n'est globalement plus vraiment scandalisé par de telles actions. Non pas qu'elles soient bien considérées, loin de là, mais elles sont devenues si banales qu'il est difficile d'en être sincèrement ébranlé (sauf si cela nous touche de près, évidemment). Il est facile de se scandaliser d'un fait qui touche une minorité de personnes. Quant on en a plusieurs exemples dans notre propre famille, c'est bien moins évident.
Certains vous diraient également qu'autrefois, les femmes n'étaient généralement pas très indépendantes financièrement, ce qui ne leur permettait pas de divorcer. Quant aux hommes, ils évitaient peut-être pour la même raison de se séparer d'un conjoint qu'ils savaient être dans une telle situation financière.

Il s'agit là juste de quelques idées en vrac. Pour ma part, je suis convaincue que la raison principale de la complaisance des catholiques envers le divorce est la perte de la foi. Et malheureusement, nous sommes dans un engrenage vicieux, puisque plus la société s'éloigne des commandements, plus il devient difficile de nager à contre-courant... Et quand en plus le clergé ne tient pas une position claire sur le sujet, on court tout droit vers la catastrophe.
Dernière modification par Suliko le jeu. 30 juil. 2020, 22:19, modifié 1 fois.
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Pathos » ven. 24 juil. 2020, 16:12

Les vrais catholiques c'est à dire qui gardent la parole du Christ se comptent sur les doigts.

Lors de la dernière séance CVX à laquelle j'ai participé (je ne renouvellerai pas cette expérience) j'étais le seul à expliquer (Évangile à l'appui), l'impossibilité pour un chrétien d'étre en couple hors mariage.
Les 2 animatrices ne m'ont pas défendu devant les autres membres qui se moquaient presque de moi.

Dans un autre genre d'inversion des valeurs encore plus dégénéré je suis tombé par hasard l'autre jour sur France5 sur une émission intitulée "Se stériliser pour sauver la planète"
Incroyable d'horreur et de connerie !
Les pauvres jeunes femmes à qui on martelé les "bienfaits" de ce choix avaient un regard perdu ; quelle manipulation des consciences ignoble !
Dernière modification par Pathos le ven. 24 juil. 2020, 20:50, modifié 1 fois.
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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Kerniou » ven. 24 juil. 2020, 19:03

A Suliko
Vous parlez du divorce comme s'il s'agissait d'une banalité ... peur-être pour certains; mais je peux vous assurer que trois ce mes amies ont divorcé et elles y ont longuement réfléchi en pensant à leurs enfants; toutes les trois ont entamé une procédure pour fautes de la part de leur conjoints infidèles qui leur donnaient de moins d'argent pour assurer la vie de la famille ... Elles se sont trouvées confrontées aux commentaires désobligeants de leurs fils qui considéraient que leur père avait, en quelque sorte, le droit d'aller voir ailleurs; lui reprochant de ne pas se soucier suffisamment d'eux ni de leur confort de vie !!! ... Des garçons égoïstes et phallocrates ... L'une d'elles avait attendu qu'ils soient majeurs tous les trois ... Aucune d'elles n'avait d'amant et elles sont restées seules ... économisant un maximum et rognant sur toutes leurs maigres dépenses personnelles pour leur payer des vacances à la hauteur de ce qu'ils attendaient ...
A Noël, entre les sports d'hiver et les fêtes dans la famille paternelle "de leurs petits princes"... elles se retrouvaient seules ...
la troisième, ses enfants ont refusé de croire, malgré les preuves avérées qu'elle était bafouée et trompée par son mari ...
Le divorce, même si la procédure est simplifiée, reste douloureux à vivre ... mais de cela, on ne parle jamais ...
L'une d'elle a été mise à la porte du domicile conjugal ...sur le champ ... pour faire place à la nouvelle ... elle est arrivée dans un nouvel appartement VIDE ... elle a dû acheter des matelas pneumatiques ,des couverts ,des assiettes, des bols deux casseroles pour faire cuire des pâtes le soir ...
la dignité des mères vole bien bas... A elle, ses fils ont reproché de ne pas supporter "quelques coups de plus " pour leur garantir une vie plus confortable !!! ...
Ces beaux messieurs en col blanc et leurs fils trop gâtés peuvent se montrer d'une muflerie et d'une radinerie innommables ....
L'humiliation a des limites et le divorce peut rendre aux femmes une part de leur dignité ...
Mais vous avez raison, Suliko, pour certains les engagements du mariage ne pèsent pas lourd face à l'infidélité et l'abandon de leurs responsabilités...
Dernière modification par Kerniou le sam. 25 juil. 2020, 9:41, modifié 1 fois.
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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par PaxetBonum » ven. 24 juil. 2020, 20:35

Kerniou a écrit :
ven. 24 juil. 2020, 19:03

Mais vous avez raison ,Suliko, pour certains les engagements du mariage ne pèsent pas lourd face à l'infidélité et l'abandon de leur responsabilités...
Croyez moi Kerniou c'est loin d'être l'apanage de la gent masculine…
Pax et Bonum !
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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Pathos » ven. 24 juil. 2020, 21:06

PaxetBonum a écrit :
ven. 24 juil. 2020, 20:35
Kerniou a écrit :
ven. 24 juil. 2020, 19:03

Mais vous avez raison ,Suliko, pour certains les engagements du mariage ne pèsent pas lourd face à l'infidélité et l'abandon de leur responsabilités...
Croyez moi Kerniou c'est loin d'être l'apanage de la gent masculine…

Tout à fait...

Et non Kerniou la limite de l'humiliation c'est celle de notre Amour pour Dieu : rien n'empêche de vivre séparément sans divorcer pour autant.
Je ne sais plus quel est le nom de cette sainte qui avant d'entrer dans la vie religieuse une fois veuve a subi des années durant une vie humiliante à cause d'un mari bourru et infidèle. Elle répondait à ceux qui l'encourageaient à quitter cet homme que rien ne la ferait renoncer à son sacrement et elle pria sans cesse pour son mari.
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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par cmoi » sam. 25 juil. 2020, 5:34

Je suis le troisième homme à opiner du chef ...
J'ai tout de même une question à poser, concernant la similitude entre divorce et séparation de corps et de biens...
D'un point de vue civil, je ne suis pas certain que la seconde formule annule le devoir de secours, ou l'héritage en cas de décès, ou peut-être encore d'autres choses qui pourraient alors expliquer , en toute justice et dans certaines situations, une préférence pour le divorce.
Sinon je ne crois pas trop bon, à titre personnel, de rentrer dans des cas d'exception... juste pour le panache !

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Kerniou » sam. 25 juil. 2020, 9:46

D'accord avec vous, Paxetbonum et Pathos ... pour moi;, il est humiliant d'être bafoué(e) et trompé(e) par sa/son conjoint(e).
Vous avez raison, certaines femmes aussi ... les hommes infidèles le sont en principe avec l'épouse des autres ...
A la lecture du message de Cmoi, j'ai tout de suite pensé à mes amies divorcées qui ont subi ...
Deux d'entre elles ont demandé le divorce et leurs maris qui trouvaient normal de les tromper ouvertement ont mal supporté de se faire "plaquer" par leur épouse fidèle ...
L'une d'entre elles est morte et lors de l'inhumation, son ex-mari m'a dit avoir longuement hésité à venir à la cérémonie ... "Mais les enfants ont tellement insisté pour je vienne"... "mais dans l'assemblée" ... Ils étaient restés mariés plus de 25 ans et avaient 3 grands enfants adultes ... Bien peu pressés de s'engager dans le mariage ... En effet les deux premiers de leurs enfants ont eu un enfant hors mariage et ont refusé tout engagement avec l'autre parent ...
L'être humain est parfois bien complexe ...

Je sais que la procédure de divorce aborde toutes les conditions financières de la séparation: je ne sais ce qu'il en est pour la séparation de corps ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par ancolie » mar. 28 juil. 2020, 4:14

Kerniou a écrit :
sam. 25 juil. 2020, 9:46

Deux d'entre elles ont demandé le divorce et leurs maris qui trouvaient normal de les tromper ouvertement ont mal supporté de se faire "plaquer" par leur épouse fidèle ...
Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. (J-B. Bossuet)

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par pierrot2 » jeu. 30 juil. 2020, 21:35

Suliko a écrit :
ven. 24 juil. 2020, 13:49
Une partie du problème vient du fait que les catholiques ont actuellement trop tendance à tenir un discours selon lequel s'est se remarier qui est un péché, et non pas "juste" divorcer
Bonjour Suliko,

Je suis de ceux qui tiennent ce discours.

La raison en est que, bien qu'éviter de juger autrui ne fasse que peu partie de mes soucis, en ces circonstances particulières de violence faites aux femmes au sein du couple, et dont l'actualité si souvent regorge, je me sens mal placé pour condamner, plus particulièrement des femmes qui divorceraient pour ces raisons de violence.
Méconnaissant leurs situations, je me sentirais ajouter à leur détresse bien compréhensible un fardeau dont j'ai peine à penser que notre Seigneur les accablerait en plus.

La violence étant surtout le fait des hommes, je n'aurais pas autant de scrupules avec un homme qui divorcerait, estimant que s'il a souffert par son épouse, c'est probablement dans une proportion plus supportable.

Evidemment, tous les situations ne sont pas comparables. De nos jours, le mariage est aussi considéré comme un consommable comme un autre.
La société est devenu capricieuse..

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Fleur de Lys » ven. 31 juil. 2020, 9:56

Bonjour,

Sur la séparation de corps:
https://www.justice.fr/fiche/divorce-se ... ifferences

La séparation de corps ne casse pas le mariage. Il y a donc assistance et héritage. Par contre le régime matrimonial passe en « séparation des biens ».
Le mariage sous-entend une cohabitation. La séparation de corps permet de vivre séparément sans pour autant divorcer.

Quant au divorce d’avec un époux violent ou qui a une double vie, encore heureux que ça nous soit permis. Une façon de couper les ponts d’avec la personne qui nous fait du mal et de se reconstruire. Il est des croix trop lourdes à porter.
Mais si ces cas extrêmes me semblent acceptables ça ne justifie pas cette culture du divorce actuelle: « ton mari jette ses chaussettes partout? Divorce ». « Ta femme sale trop les plats? Divorce ». C’est ridicule.

Même problème - encore plus grave - avec les grossesses non désirées: « t’emmerde pas, avorte! » Ce n’est pas comme si c’était un être vivant voyons... (ironie!)

Quand on a la naïveté de chercher conseils et réconforts voilà ce qu’on reçoit.
Et quand on regrette ensuite? J’en connais qui ont regretté amèrement divorce ou avortement. Et les « bons » conseilleurs où sont-ils donc?


Cette inversion de valeurs est dans tous les domaines. Éducation, politique, vestimentaire, artistique, etc. N’est pas cela qu’on appelle une révolution?

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Altior » ven. 31 juil. 2020, 10:47

Bonjour, Fleur de Lys!
Fleur de Lys a écrit :
ven. 31 juil. 2020, 9:56
Quand on a la naïveté de chercher conseils et réconforts voilà ce qu’on reçoit.
C'est très probable, si on cherche des conseils venant de la part des «amis». Mais le psychologue qui donnerait conseil de divorcer n'est pas un vrai professionnel.
Pareillement pour le médecin qui donnerait conseil d'avorter.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Kerniou » ven. 31 juil. 2020, 10:53

Vous avez raison, Paxetbonum ..."certains" englobait, pour moi, les femmes ... Mais j'aurais dû le préciser. Il s'agit là, dans notre société, d'une tendance générale que l'on peut regretter.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par cmoi » ven. 31 juil. 2020, 14:11

Fleur de Lys a écrit :
ven. 31 juil. 2020, 9:56
Sur la séparation de corps:
https://www.justice.fr/fiche/divorce-se ... ifferences

La séparation de corps ne casse pas le mariage. Il y a donc assistance et héritage. Par contre le régime matrimonial passe en « séparation des biens ».
Le mariage sous-entend une cohabitation. La séparation de corps permet de vivre séparément sans pour autant divorcer.

Quant au divorce d’avec un époux violent ou qui a une double vie, encore heureux que ça nous soit permis. Une façon de couper les ponts d’avec la personne qui nous fait du mal et de se reconstruire. Il est des croix trop lourdes à porter.
Mais si ces cas extrêmes me semblent acceptables ça ne justifie pas cette culture du divorce actuelle: « ton mari jette ses chaussettes partout? Divorce ». « Ta femme sale trop les plats? Divorce ». C’est ridicule.

Même problème - encore plus grave - avec les grossesses non désirées: « t’emmerde pas, avorte! » Ce n’est pas comme si c’était un être vivant voyons... (ironie!)

Quand on a la naïveté de chercher conseils et réconforts voilà ce qu’on reçoit.
Et quand on regrette ensuite? J’en connais qui ont regretté amèrement divorce ou avortement. Et les « bons » conseilleurs où sont-ils donc?


Cette inversion de valeurs est dans tous les domaines. Éducation, politique, vestimentaire, artistique, etc. N’est pas cela qu’on appelle une révolution?
Merci à vous fleurdeLys. donc en effet, le divorce est souvent pleinement justifié. Est-ce qu'on en abuse ? Je crois que ce "on" mérite d'être analysé..!

S'agit-il de ceux que l'Eglise a mariés alors qu'elle aurait dû le leur refuser (cas d'annulation, qu'elle soit prononcée ou non) ? Croit-on vraiment qu'un catholique fidèle divorce si facilement et pour son plaisir ?! Croit-on vraiment qu'il soit si vertueux et saint de ne pas divorcer dans certaines situations (indépendamment même de la violence) ? Il ne s'agit pas que de se reconstruire, mais aussi de salut éternel... Beaucoup ne vont pas, et ce n'est pas que à ce sujet, jusqu'au fond des choses pour en savoir la vérité, parce qu'ils n'ont pas le temps, d'autres priorités, etc. Rien que s'en donner la possibilité est parfois très difficile et méritoire.

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