Règne social du Christ

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mikesss
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Re: Règne social du Christ

Message non lu par mikesss » mer. 25 sept. 2019, 20:01

Carhaix a écrit :
mer. 25 sept. 2019, 19:55
mikesss a écrit :
mer. 25 sept. 2019, 19:30


Visiblement, vous n'avez absolument rien compris à ce qu'était le règne social du Christ.
Quant à baisser d'un ton, je me permets de vous faire remarquer que c'est vous qui intervenez au milieu d'une discussion pour dire que vous avez tout compris et que nous sommes de ignares (avec le terme de balivernes) avec agressivité. C'est d'autant plus déplacé que visiblement, vous n'avez ou rien lu du fil, ou rien compris.
En effet, je répondais à Booz, dont le point de vue est à l'origine de ce fil. Je remarque cependant que l'encyclique dont vous parlez n'emploie jamais l'expression de "royauté sociale". Elle est d'abord et avant tout consacrée à la royauté du Christ, dans son sens plein et entier, et dans un contexte de montée des tensions à la veille de la Première guerre mondiale, le but étant de promouvoir la paix entre les nations. Le pape remplit alors le rôle qui a toujours été le sien par le passé, d'éviter les effusions de sang entre les royaumes chrétiens.
Le rapport avec la royauté sociale telle que l'entend Booz ? Mystère et boule de gomme...
Le terme Royauté sociale n'est certes pas utilisé dans cette encyclique, mais on retrouve bien l'idée d'un règne social correspondant à ce que j'ai expliqué plus haut: la société civile doit se plier aux enseignements de l'Eglise et reconnaître le Christ comme souverain Roi. le reste coule de source: pas de loi immorale, religion catholique officielle et plus cantonnée au privé... Après, comme je le précisais, ça risque d'être compliqué à appliquer en France à moins d'un miracle, les consciences étant polluées par e relativisme actuel.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Cinci » mer. 25 sept. 2019, 20:08

Carhaix :

Il faut redescendre sur terre. Le règne social du Christ est une hérésie, une invention d'influence marxiste que l'on ne rencontre nulle part dans la doctrine catholique (ni chez les protestants et orthodoxes), ni dans la Bible. Il faut arrêter de prendre Jésus-Christ pour Karl Marx, Rousseau ou Gracchus Baboeuf
Ici, vous m'étonnerez quand même, cher Carhaix.

Car je pense bien que notre Église catholique a déjà pu faire la promotion d'une royauté intégrale du Christ (et donc "sociale" aussi forcément), proposant comme perspective idéale à atteindre l'état d'un pays dans lequel les droits de Dieu seraient reconnus. Mais sans que ça ne veuille dire que c'est le pape qui devrait se mêler de tout décider, impulser, orienter, planifier. Il n'est pas nécessaire d'imaginer des évêques se réunissant pour accoucher de plans quinquennaux pour améliorer les transports, pour faire que chaque travailleur puisse être actionnaire à part égale dans sa compagnie, etc.

Les papes voulaient parler d'un État dans lequel les dirigeants professent publiquement la foi chrétienne, accordent les privilèges qui siéraient à la seule vraie religion légitime (*), quand les professeurs ne discutent pas pour contester la supériorité du Christ sur tout autre, quand les magistrats tiennent compte de la morale reçue par l'Église, et tout en sollicitant l'avis des experts que pourraient endosser aussi les représentants locaux de l'autorité de l'Église, quand les patrons devraient à peu près tous s'efforcer d'agir en bons pères de familles vis-à-vis leurs employés, lorsque durant une pause-café, tantôt les membres du syndicat catholique pourraient toujours réciter un Je-vous-salut-Marie avec les représentants de la direction, priant pour demander l'inspiration de l'Esprit afin de régler au mieux une situation potentiellement conflictuelle, chacun s'essayant à se mettre à la place de l'autre, se demandant ce qui plairait assez ou le plus à Dieu dans les circonstances, etc. Un État dans lequel les patrons sont priés de mettre en veilleuse leurs activités le dimanche de par la loi, à la satisfaction de tout le monde et des employés pour commencer : la chose n'a rien à voir avec le marxisme, Rousseau, Baboeuf ou le despotisme éclairé des Lumières. La tolérance dispenserait aux Juifs de devoir fermer leur boutique le dimanche.

____
(*) sous réserve de tolérance envers ceux qui ne professeraient pas encore la vraie foi.
Dernière modification par Cinci le mer. 25 sept. 2019, 21:30, modifié 1 fois.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Carhaix » mer. 25 sept. 2019, 20:12

mikesss a écrit :
mer. 25 sept. 2019, 20:01
Carhaix a écrit :
mer. 25 sept. 2019, 19:55

En effet, je répondais à Booz, dont le point de vue est à l'origine de ce fil. Je remarque cependant que l'encyclique dont vous parlez n'emploie jamais l'expression de "royauté sociale". Elle est d'abord et avant tout consacrée à la royauté du Christ, dans son sens plein et entier, et dans un contexte de montée des tensions à la veille de la Première guerre mondiale, le but étant de promouvoir la paix entre les nations. Le pape remplit alors le rôle qui a toujours été le sien par le passé, d'éviter les effusions de sang entre les royaumes chrétiens.
Le rapport avec la royauté sociale telle que l'entend Booz ? Mystère et boule de gomme...
Le terme Royauté sociale n'est certes pas utilisé dans cette encyclique, mais on retrouve bien l'idée d'un règne social correspondant à ce que j'ai expliqué plus haut: la société civile doit se plier aux enseignements de l'Eglise et reconnaître le Christ comme souverain Roi. le reste coule de source: pas de loi immorale, religion catholique officielle et plus cantonnée au privé... Après, comme je le précisais, ça risque d'être compliqué à appliquer en France à moins d'un miracle, les consciences étant polluées par e relativisme actuel.
Il a été appliqué à partir de l'an 392 dans l'Empire romain, jusqu'en 1789 en France, et 1917 en Russie. Ce qui n'a pas empêché toutes sortes de désordres et d'injustices.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par mikesss » mer. 25 sept. 2019, 20:17

Ça n'a certes pas empêché certaines dérives, mais les hommes étant faillibles, c'est inévitable. Cela dit, ça n'avait rien de comparable avec ce que nous vivons aujourd'hui en termes d’immoralité. et ça ne remet pas en cause le principe. Pour comparer avec l'Eglise, ce n'est pas parce que certains papes ont été hérétiques que l'Eglise enseigne l'erreur pour autant.
De plus, en terme d'impact sur l'âme, c'est tout de même moindre qu'un état qui se fiche éperdument de la religion.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Suliko » mer. 25 sept. 2019, 20:29

Carhaix,
Elle est d'abord et avant tout consacrée à la royauté du Christ, dans son sens plein et entier, et dans un contexte de montée des tensions à la veille de la Première guerre mondiale, le but étant de promouvoir la paix entre les nations. Le pape remplit alors le rôle qui a toujours été le sien par le passé, d'éviter les effusions de sang entre les royaumes chrétiens.
Quas Primas est une encyclique qui a été publiée en 1925...et qui parle bien de la royauté sociale de Notre Seigneur, ne vous déplaise :
Les Etats, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l'obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d'obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui l'ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui l'ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles; car sa dignité royale exige que l'État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l'établissement des lois, dans l'administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse, qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des mœurs.
Royauté sociale de Jésus-Christ = devoir qu'a la société (et non pas seulement les individus) de reconnaître la vraie religion et de lui rendre un culte public, etc...
Vous avez simplement l'air de ne pas avoir compris de quoi nous parlons sur ce fil.
Assez longtemps la foule a entendu parler de ce qu'on appelle les droits de l'homme ; qu'elle entende parler quelquefois des droits de Dieu ! (Léon XIII)

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Carhaix » mer. 25 sept. 2019, 20:49

Au temps pour moi pour l'erreur de datation. J'étais persuadé que cela remontait à la veille de la guerre.

En fait, Suliko, j'ai tellement intégré la politique d'enfouissement prôné depuis Vatican II, allié à un fort sentiment de pessimisme, que j'avais perdu de vue l'évidence que l'Église est aussi là pour avertir les hommes de devoir se convertir, et les États de se soumettre au Christ.

Dans le contexte actuel, avec un pape qui prône la fuite en avant vers le chaos, j'avoue que je me sens un peu perdu.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Trinité » mer. 25 sept. 2019, 21:24

mikesss a écrit :
mer. 25 sept. 2019, 8:30



D'ailleurs, vous dites qu'ils ont "résolu le problème", mais je ne suis pas d'accord avec vous, revenir à une monarchie ne signifie en aucun cas une monarchie chrétienne. Alors le problème serait le même.

Le fait est que dans notre monde, l'état a en quelque sorte atteint un point de non retour, ce qui signifie qu'on ne pourra pas revenir en arrière sans un miracle (après, rien n'est impossible à Dieu).

Juste une petite remarque en passant, vous parlez du message évangélique d'amour du prochain, mais vous semblez oublier d'une part que l'amour de Dieu prime, et d'autre part, que la véritable charité chrétienne ne consiste pas à laisser le prochain se vautrer dans le péché, mais au contraire à l'aider à l'en sortir. Autrement dit, il y a une sorte de transfert de la charité du plan surnaturel au plan naturel et on en arrive a dire que le message de l'évangile consiste laisser faire aux gens ce qu'il veulent.
Pour les royalistes, ils envisagent bien cela à une "monarchie chrétienne" avec une imposition d'une religion d'état en l'occurrence catholique avec la prise de lois relatives à cette conviction;
Je vous laisse imaginer les conséquences de ces décisions autoritaires...
Par contre, ils ne sont pas très clairs sur le sort réservé aux dissidents...
Je ne vois pas trop également comment revenir en arrière , l'état comme vous le dites à atteint un point de non retour...
Loin de moi de penser que le "message évangélique" consiste à laisser faire aux gens ce qu'ils veulent! Il y a beaucoup de façons d'évangéliser, par la parole certes, mais également d'une façon plus discrète mais tout autant efficace à mon avis , par son comportement.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par mikesss » mer. 25 sept. 2019, 21:42

C'est clair qu'on ne voit pas comment on va s'en sortir, il faut faire confiance à la Providence.
Je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'exemple qu'il faut donner dans la vie de tous les jours par notre comportement.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Cinci » mer. 25 sept. 2019, 22:21

Trinité :

Sur un autre forum Royaliste ou je vais quelquefois faire un tour...ils ont résolu le problème, en voulant revenir à la monarchie!
Le Roi impose la religion catholique comme religion d'état, et fait passer des lois dans ce sens anti avortement, anti P.M.A ect...
Ils tombent à "bras raccourcis" sur la république et...la démocratie...notamment sur les horreurs de la révolution Française et de toutes les atrocités qui ont suivi...
Mais j'avoue que ces gens sont des rêveurs,
Admettons pour un certain aspect des choses.

Alors rêveurs ou peut être idéologues, une sorte de fondamentalistes allez savoir, des aristocrates de coeur; ou alors des romantiques pouvant soupirer sur le fait d'un temps perdu, et dans lequel, - il ne serait pas interdit de le croire c'est sûr - , il aura pu se faire un temps que l'état de la société aura pu coïncider "assez" avec une grande partie de l'idéal chrétien.

Et l'illusoire serait de penser qu'en rétablissant même une monarchie chrétienne quelconque l'on pourrait retrouver soi-disant le fameux temps béni rétro-projeté. Illusoire : parce que le monarque chrétien d'aujourd'hui ne sera pas imbu des idées du XIIe ni même du XVIIe siècle mais plutôt celles du christianisme "éclairé" d'aujourd'hui (idées protestantes, catholiques libérales, etc.) Le soupirant après la France de Louis XIII risquerait d'être déçu.

Par contre, la part de vérité que je concéderais à tous ces royalistes catholiques en rupture : je reconnais que le christianisme ou la foi chrétienne se porte mieux dans un État chrétien en général que dans un État soi-disant neutre, laïc, hostile, contrariant, irréligieux. Ça tombe sous le sens.

Voyez que ...

La foi se développe dans le peuple quand les dirigeants du pays vont communier à l'église, quand les patrons d'entreprises font tout pour accommoder leurs activités même commerciales avec la pratique chrétienne (respect du calendrier liturgique, considération pour leurs employés qui vont à la messe, etc.), quand l'école est dirigé par des religieux, quand les moyens de communication servent à diffuser les bonnes valeurs, une pensée compatible avec celle de l'Église, à délégitimer au contraire celle des ennemis de la foi, quand les gouvernants s'ingénient à faciliter la croissance des communautés religieuses (privilèges, publicité, financement, donation), quand les artistes célèbrent aussi la beauté du christianisme en vers ou en prose, en peinture ou en architecture. La foi se développe d'autant mieux quand tout sera fait (ou presque) afin que le paroissien ne se sente pas comme un extra-terrestre perdu, parfaitement isolé, débarquant sur une planète post-moderne et absolument rétive à l"idée d'absorber toute grande idée métaphysique bien précise, ne voulant même pas s'opposer au progrès de l'islam pourvu que l'on puisse bien s'abandonner à toutes sortes de petits plaisirs.

Non

Je ne crois pas qu'il y ait plus de massacres ou plus de guerres avec des États chrétiens qu'avec des États comme les nôtres (indifférents religieusement, irréligieux, impies, idolâtres, etc.) Non, juste que les massacres ou les guerres ne seront pas exactement les mêmes ou ne seront pas menées au nom des mêmes objectifs.

Personnellement, je ne trouve pas du tout que la république des États-Unis d'Amérique (irréligieuse en principe, confessionnellement neutre) ou que l'État israélien (laïc, inspiré des principes gouvernementaux des libéraux) formeraient des entités politiques moins agressives que le royaume du Danemark ou que le royaume du Portugal. Ce n'est pas du tout parce qu'il voulait répandre le christianisme dans les chaumières si Napoléon Bonaparte aura pu mettre l'Europe de l'Ouest sans dessus dessous pendant quinze ans, avec des campagnes militaires annuelles et saisonnières.

Et puis ...

C'est le pape à Rome qui aura proposé une médiation pour mettre fin à la la guerre déclenchée en 1914. La république française comme les autres belligérants n'auront rien voulu savoir. Résultat ? 1917 ... avec prise du pouvoir des bolchéviques en Russie et ensuite disparition de l'empire catholique autrichien, sans parler du Reich allemand. Tous des facteurs qui auront mis la table pour le grand massacre suivant. Ce n'est pas vrai que les monstrueuses horreurs du XXe siècle auront dû être le fait de ce que les dirigeants des pays auraient été inféodés aux enseignements de l'Église.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par mikesss » mer. 25 sept. 2019, 22:36

Il est clair que quel que soit le système politique adopté, on s'en sortirait toujours mieux avec un état Chrétien qu'un état laïc (voire même anti-catholique). Mais comme vous le faisiez remarquer, même en revenant à une monarchie, il y a de fortes chances que le monarque serait imbu des idées révolutionnaires et laicardes (même s'il prétend le contraire).

Concernant les guerres, en fait, on pourrait même parler de guerres de religion pour les guerres des états laïcs actuels: la religion des droits de l'homme et de la république a tout prix. Regardez les guerres napoléoniennes: c'est l’extension des idées de la révolution française dans l'Europe entière. Même chose dans la plupart des Opex dans lesquelles est engagée la France: on veut leur imposer la démocratie à tout prix. En fin de compte, il s'agit bien de guerres idéologique (ce qui rend d'autant plus hypocrites les remarques des politiques sur les guerres de religion)

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Cinci » jeu. 26 sept. 2019, 16:35

Pour les intéressé(e)s :

viewtopic.php?f=28&t=42645&p=370242&hil ... se#p370242

Un fil que j'avais crée il y a deux ans. L'identité de la France catholique au XVIIIe siècle. Un texte de Daniel Rops. Pour aider un peu à mesurer la profondeur de ce que veut dire un État chrétien et quant aux effets que ce genre d'environnement peut exercer sur le développement de la foi. Il me paraît impossible de soutenir que la situation présente (État laïc, libéral) serait plus propice à favoriser le développement de la foi chez le citoyen moyen que l'environnement religieux catholique chez un sujet moyen dans le royaume de Louis XV.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Carhaix » jeu. 26 sept. 2019, 20:47

Pour essayer de dégager une autre piste de réflexion, comment les États sont-ils devenus catholiques, protestants, musulmans ? Par la conversion des princes, des puissants, et par la conquête militaire, à une époque où la démocratie ne veut rien dire.
D'où est venu le rejet de la religion dans le monde chrétien ? Du progrès des conditions de vie et des mentalités, des sciences et des connaissances, et d'une progression de l'idée de liberté et de démocratie. La conquête des libertés publiques, fortement véhiculée par les classes bourgeoises industrielles, est exactement allée de paire avec le rejet progressif du religieux.
Cette évolution est moins décisive dans le monde musulman.
Mais on pourrait évoquer aussi la Chine, l'Inde et le Japon, et ce que sont devenus les différents repères religieux dans ces contrées.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Cinci » sam. 28 sept. 2019, 5:30

Booz,

Vous écrivez :
Booz :
1) il est préférable d'adopter une conception concrète du citoyen, qui ne scinde pas le sujet humain en deux: privé (foi/non-foi) et public (citoyen).
Pour être préférable selon ce que vous en dite ("ne pas se scinder en deux"), il résulte alors que le mieux serait que la gouvernance soit chrétienne. Il sera préférable que le magistrat soit un chrétien dans son intimité, avec ses enfants en privé, tout comme lorsqu'il va travailler en semaine à définir ou instaurer des lois. Ce ne sera pas idéal au contraire que d'être un professeur qui peut professer le credo le dimanche matin à l'église, pour ensuite enseigner aux enfants que la morale interdit de marquer une préférence publique et réelle pour la foi de l'Église.

Parce que ...

Il va de soi que la censure publique de la religion ne sert globalement qu'à produire des mécréants, des sceptiques, des incrédules, des agnostiques-athées. Parce que le "grand message" que tous vont capter en pareil cas : "croire que la foi chrétienne devrait avoir des conséquences pratiques dans la vraie vie n'est que du fanatisme et que l'honnête homme éclairé doit chercher à mettre sa moralité dans autre chose que ce que raconte l'Église". 

Il est quand même absurde de penser qu'un État serait mieux gouverner, mais comme d'autant mieux gouverner que ses dirigeants seraient moins chrétiens. Comme si le christianisme en particulier serait une nuisance pour les affaires publiques !

S'il vaut mieux être sans religion pour administrer un État alors aussi bien dire que ce serait mieux aussi de ne l'être pas dans la vie de tous les jours, avec les amis, en famille, en couple. A quoi sert la foi chrétienne ? A rien ... On peut être un plus chic type, plus aimable, plus tolérant, plus près de la vérité ou de ce qui convient le mieux pour tous quand on laisse la religion de côté. C'est ce que pense à peu près tout le monde de nos jours à mon avis. Résultat de quoi ? De l'activité du Saint Esprit dans les coeurs ? Non. mais tout simplement de la conduite des politiques publiques. Le libéralisme est une école d'incroyance.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par mikesss » sam. 28 sept. 2019, 9:24

Booz a écrit :
ven. 27 sept. 2019, 23:00

1)Vous dites que les clercs n'ont pas à gouverner les États. Néanmoins, vous soutenez une soumission de ces mêmes États à l'église catholique, ce qui est bien une manière de gouverner, par procuration certes, mais de gouverner tout de même. Voici ce que vous écrivez :
Donc, qu'entend-t-on pas règne social du Christ.
D'une part, le fait que l'état soit soumis au Christ et a ses enseignements, ce qui peut se traduire dans les faits par une reconnaissance du catholicisme comme religion d'état; à partir de là, aucune loi ne pourra être en opposition avec la doctrine et la morale catholique (et pas uniquement sur les sujets de bioéthique, mais aussi sur les sujets économiques, militaires, sociaux….).[...]
je dirai que le règne social du Christ repose en fait sur la soumission des états au christ et a ses enseignements.
Ma question serait la suivante : où trouvez-vous dans l'évangile l'annonce de la venue d'un Messie qui va et doit se soumettre les États afin que ces derniers retranscrivent politiquement les enseignements du Christ? Quelle base évangélique utilisez-vous pour affirmer que la bonne nouvelle en question aurait pour objectif un règne social du Christ?

En ce qui me concerne, je pense avoir exposé, textes à l'appui, des paroles et des actions qui montrent clairement que Jésus ne vise aucun règne social et temporel par la médiation d'une soumission des États à sa Parole (au contraire, il fuit la foule quand il sent en elle un désir politique de le voir chef; il est sacrifié au profit de Jésus-Barrabas; il enseigne à ses disciples sur le chemin d'Emmaüs qu'il ne faut pas voir en lui un Messie politique sous quelle que forme que ce soit; etc.).
Comme je l'ai dit, la soumission des états au Christ est logique dans la mesure ou le chef d'état est chrétien. Pour ce qui est des références bibliques, Jésus proclame plusieurs fois sa royauté, entre autres devant Pilate, il précise devant ses apôtres:
Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. (Matthieu 28:18)
.
On trouve aussi celle ci:
En ses jours se lèvera la justice avec l'abondance de la paix... Il dominera, d'une mer à l'autre, du fleuve jusqu'aux extrémités de la terre (Ps, 71:7-8)
En fait, ce que les juifs n'avaient pas compris, c'est justement ce qui a été condamné par les papes, à savoir l'idée que ce n'est pas à l'Eglise de régenter les états. Voilà pourquoi il échappe régulièrement aux juifs qui veulent le faire roi.
Booz a écrit :
ven. 27 sept. 2019, 23:00
2) Comment, au vu de votre idéal politique, lisez-vous ce texte de Matthieu, qui expose la troisième tentation au désert?
4.8
Le diable le transporta encore sur une montagne très élevée, lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire,
4.9
et lui dit: Je te donnerai toutes ces choses, si tu te prosternes et m'adores.
4.10
Jésus lui dit: Retire-toi, Satan! Car il est écrit: Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.
Le diable est un malin : il conditionne ce "don" faramineux (la possession de la terre et des sociétés humaines) à une adoration de lui-même et de ses valeurs. Ceci veut dire, entre autre (car ce texte est très riche!), que vouloir avoir le pouvoir suppose de se soumettre aux valeurs du monde, ces mêmes valeurs qui ont crucifié le Christ. Il est clair que si l'enseignement du Christ, par la médiation de la voix de l'église catholique, devait se soumettre les États, cela équivaudrait à prendre politiquement possession des sociétés humaines et de leurs corps législatifs. Comment éviter les pièges du diable en la matière? N'y-a-t-il pas là une tentation dangereuse?

Cordialement.
Je ne pense pas qu'il faille voir dans ce passage que l'acquisition des biens de cette terre se conditionne à la soumission aux valeurs de ce monde; en revanche, les vouloir à tout prix, oui. sinon, nous serions tous des ascètes.
EN fait, ce passage est, en guillemet, assez drôle, dans la mesure ou c'est Dieu qui a tout créé, donc tout lui appartient. Satan en fait promet quelque chose qui ne lui appartient pas; c'est le prince des menteurs, ne l'oublions pas.

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Re: Règne social du Christ

Message non lu par Suliko » sam. 28 sept. 2019, 11:29

Bonjour Booz,

Je ne saurais trop vous conseiller de lire les trois encycliques que je mentionnais il y a peu sur un autre fil.

Jésus-Christ n'est effectivement pas venu comme roi terrestre des juifs, avec pour but premier de soumettre tous les peuples infidèles. De là à en déduire que les Saintes Ecritures se font le chantre de la laïcité, c'est aller un peu vite en besogne, et ce d'autant plus que l'Eglise ne l'a jamais compris ainsi...

Le problème de l'Etat laïque, c'est qu'il met sur un pied d'égalité fausses et vraie religions, ce qui ne peut qu'induire dans l'esprit des catholiques que toutes les religions se valent, puisqu'elles sont toutes traitées pareillement par le pouvoir temporel. De plus, comment voulez-vous que la morale naturelle soit respectée par une nation qui ne reconnaît pas la vraie religion et ne s'y soumet pas ? Si théoriquement, il est possible à tout homme de découvrir et suivre ladite loi morale, dans les faits, en raison du péché originel, les peuples qui se sont éloignés de la Révélation se sont inexorablement égarés dans des aberrations morales très préjudiciables. C'est pourquoi la Révélation était nécessaire, même du point de vue des seules vérités atteignables par l'esprit humain. D'ailleurs, ces égarements moraux n'ont pas de lien intrinsèque avec le capitalisme, puisqu'ils existaient déjà dans l'Antiquité (droit de vie et de mort du pater familias sur sa famille et ses esclaves, avortements et abandons d'enfants, divorces et répudiations, etc...). De fait, pour prendre un exemple concret, lorsque le Québec était encore catholique jusque dans son gouvernement et ses lois, il respectait me semble-t-il pas trop mal la loi naturelle. A présent, et après seulement quelques décennies d'abandon de la religion par les autorités, on peut constater un athéisme et agnosticisme généralisé, la prolifération des fausses religions, le droit de tuer un enfant dans le sein de sa mère pendant toute la grossesse, le divorce à la demande, et plus généralement l'acceptation de divers comportements autrefois rejetés (homosexualité, concubinage, remariages, etc...). CInci me corrigera bien volontiers si je me trompe. Et le constat est partout le même !

Pour finir, je vous recopie l'extrait d'un message que j'avais écrit sur le sujet il y a plus de deux ans :
Voici ce qu'écrivait dom Guéranger, dans sa très estimable "Année liturgique", et plus précisément sous le propre de saint Cyrille de Jérusalem, fêté le 18 mars :
Mais trop souvent, de nos jours, l'enfant ne trouve plus près de lui la défense dont ne peut se passer sa faiblesse ; la société moderne a renié Jésus-Christ, et son apostasie la pousse à étouffer, sous l'hypocrite neutralité de prétendues lois, le germe divin dans toute âme baptisée, avant qu'il ait pu fructifier et grandir. En face de la société comme dans l'individu, le baptême a ses droits cependant ; et nous ne pouvons honorer mieux saint Cyrille, qu'en nous rappelant, au jour de sa fête, ces droits du premier Sacrement au point de vue de l'éducation qu'il réclame pour les baptisés. Durant quinze siècles les nations d'Occident, dont l'édifice social reposait sur la fermeté de la foi romaine, ont maintenu leurs membres dans l'heureuse ignorance de la difficulté qu'éprouve une âme pour s'élever des régions de l'erreur à la pure lumière. Baptisés comme nous à leur entrée dans la vie, et dès lors établis dans le vrai, nos pères avaient sur nous l'avantage de voir la puissance civile défendre en eux, d'accord avec l'Eglise, cette plénitude de la vérité qui formait leur plus grand trésor, en même temps qu'elle était la sauvegarde du monde. La protection des particuliers est en effet le devoir du prince ou de quiconque, à n'importe quel titre, gouverne les hommes, et la gravité de ce devoir est en raison de l'importance des intérêts à garantir ; mais cette protection n'est-elle pas aussi d'autant plus glorieuse pour le pouvoir, qu'elle s'adresse aux faibles, aux petits de ce monde?
Assez longtemps la foule a entendu parler de ce qu'on appelle les droits de l'homme ; qu'elle entende parler quelquefois des droits de Dieu ! (Léon XIII)

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