Essai de datation de la Genèse

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Epsilon
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Essai de datation de la Genèse

Message non lupar Epsilon » ven. 20 août 2010, 19:46

Bonjour à tous

Pour faire simple … si possible :cool:

La date d’une œuvre ne saurait être antérieure à la plus récente de ses sources (terminus a quo) … et elle ne peut être postérieure à l’ouvrage le plus ancien qui l’utilise (terminus ad quem).

Le terminus ad quem est facile à discerner … puisqu’il s’agit de la LXX … soit pour faire simple la date de 270 av JC.

Concernant le terminus a quo … il faut analyser le contenu de Genèse et entre autres constater, par exemple, en prenant le Déluge … que la ressemblance (pour ne pas dire la « copie ») au regard des récits Mésopotamiens n’a peu se faire que via une « source écrite » … la similitude entre ces récits est trop grande pour l’attribuer à une qcqconque « tradition orale » … et là nous avons la barrière des langues !!!

Car d’une part l’hébreu carré n’a été « inventé » qu’après l’Exil à Babylone pour se « démarquer » de l’écriture Paléo-hébraïque restée la norme chez les Samaritains … et d’autre part les récits Mésopotamiens en écriture cunéiforme (langue suméro-akkadienne) étaient depuis longtemps sortis du domaine public pour n’être plus utilisés que par le clergé.

Il fallait donc une courroie de transmission … et cette dernière est Bérose : prêtre babylonien de Bel qui composa en grec une histoire de Babylonie « Babylõniaká » au temps d’Antiochos I (280-262) vers 278.

Et c’est à partir de ce texte que Genèse « s’inspirera » notamment pour le Déluge … d’où en gros la date de 270 comme terminus a quo.

Les deux terminus sont proches ... pour conclure (avec les réserves liées à ce genre d'exercice) que Genèse a été finalisée vers 270 av JC.


Epsilon

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Bip1 » sam. 21 août 2010, 10:42

Bonjour Epsilon
Voici ce que j'ai trouvé sur Wikipedia

L’Épopée de Gilgamesh est un récit légendaire de l’ancienne Mésopotamie (Irak moderne). Faisant partie des œuvres littéraires les plus anciennes de l’humanité, la première version complète connue a été rédigée en akkadien dans la Babylonie du XVIIIe siècle av. J.-C. ou XVIIe siècle av. J.-C. ; écrite en cunéiforme sur des tablettes d’argile, elle s’inspire de plusieurs récits, en particulier sumériens, composés vers la fin du IIIe millénaire ; elle est à rapprocher d’« Enki et Ninhursag », d’« Enûma Elish » (Lorsqu’en haut…) et du « Atrahasis » (Poème du Supersage). Elle a pour origine des récits mythiques ayant pour personnage principal le roi Gilgamesh, cinquième roi (peut-être légendaire) de la première dynastie d’Uruk (généralement datée de l’époque protodynastique III, vers -2700, -2500), selon la liste royale sumérienne composée pendant la première dynastie d’Isin (-2017, -1794).

Selon l’opinion commune des assyriologues, le récit du Déluge, inspiré par l’Épopée babylonienne d’Atrahasis ou « Poème du Supersage », a été ajouté vers -1200, pour former le texte « standard », comprenant onze tablettes, de l’épopée assyro-babylonienne. La douzième tablette, traduction de la seconde moitié du récit sumérien « Gilgamesh, Enkidu et le séjour des morts », a dû être ajoutée vers -700[1].

Ce sont des tablettes d’écriture cunéiforme du VIIIe siècle av. J.-C. trouvées dans les fouilles de la bibliothèque du roi Assurbanipal à Ninive qui l’ont dévoilée au monde dans les années 1870, à partir notamment du passage concernant le Déluge, qui fit sensation à l’époque. Cette épopée avait connu un grand succès dans le Proche-Orient ancien, et des exemplaires ont été retrouvés dans des sites répartis sur un grand espace, en Mésopotamie, Syrie, et en Anatolie ; elle est attestée jusque dans les textes de Qumrân, peu avant l’ère chrétienne. Elle avait
été traduite en Hittite et en Hourrite. Les sources sont sumériennes, babyloniennes, assyriennes, hittites et hourrites. Les tablettes seront d’abord traduites par Georges Smith, protégé de Henry Rawlinson.

De récents travaux rapprochent l’épopée de Gilgamesh des 12 travaux d’Héraclès (l’homologue grec du héros romain Hercule), la légende babylonienne étant antérieure de près de 1 000 ans aux écrits d’Homère.[2
J'ai du mal à tout faire coller ...
Néanmoins , je tiens à vous rendre hommage pour ces recherches .

Epsilon
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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Epsilon » sam. 21 août 2010, 13:27

Cher Bip1

Vous dites : « je tiens à vous rendre hommage pour ces recherches » … Merci.

Wikipedia n’est pas une source « infaillible » dans ses écrits … pour un premier survol de l’info c’est bon … mais pour un « approfondissement » cela est sujet à caution.

Ainsi écrire :
« Selon l’opinion commune des assyriologues, le récit du Déluge, inspiré par l’Épopée babylonienne d’Atrahasis ou « Poème du Supersage », a été ajouté vers -1200 » … j’aimerais savoir c’est qui/quoi et de quand date cette « opinion commune » (car il y a à peine une trentaine d'années « on » cherchait encore l'Arche de Noé !!!) … quant’à la date de « vers -1200 » avec, en plus, le verbe « ajouter » j’aimerais avoir des « précisions » !!!


Cordialement, Epsilon

Bip1
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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Bip1 » dim. 22 août 2010, 10:36

Bonjour Epsilon
Corriger les corrections , affiner , préciser , démontrer , c'est là tout l'intérêt du forum .
C'est toujours avec grand plaisir que je viens sur le site ...Réfléchir seul , à la longue , c'est lassant .
Aujourd'hui , je vais me renseigner sur Berose que j'ignorais naguère .
P.S. Il y a encore des gens qui cherchent l'arche de Noé ! J'en connais .
Bon week-end .

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar jpm » lun. 23 août 2010, 12:12

Bonjour à tous

Pour faire simple … si possible :cool:

La date d’une œuvre ne saurait être antérieure à la plus récente de ses sources (terminus a quo) … et elle ne peut être postérieure à l’ouvrage le plus ancien qui l’utilise (terminus ad quem).

Le terminus ad quem est facile à discerner … puisqu’il s’agit de la LXX … soit pour faire simple la date de 270 av JC.

Concernant le terminus a quo … il faut analyser le contenu de Genèse et entre autres constater, par exemple, en prenant le Déluge … que la ressemblance (pour ne pas dire la « copie ») au regard des récits Mésopotamiens n’a peu se faire que via une « source écrite » … la similitude entre ces récits est trop grande pour l’attribuer à une qcqconque « tradition orale » … et là nous avons la barrière des langues !!!

Car d’une part l’hébreu carré n’a été « inventé » qu’après l’Exil à Babylone pour se « démarquer » de l’écriture Paléo-hébraïque restée la norme chez les Samaritains … et d’autre part les récits Mésopotamiens en écriture cunéiforme (langue suméro-akkadienne) étaient depuis longtemps sortis du domaine public pour n’être plus utilisés que par le clergé.

Il fallait donc une courroie de transmission … et cette dernière est Bérose : prêtre babylonien de Bel qui composa en grec une histoire de Babylonie « Babylõniaká » au temps d’Antiochos I (280-262) vers 278.

Et c’est à partir de ce texte que Genèse « s’inspirera » notamment pour le Déluge … d’où en gros la date de 270 comme terminus a quo.

Les deux terminus sont proches ... pour conclure (avec les réserves liées à ce genre d'exercice) que Genèse a été finalisée vers 270 av JC.


Epsilon
Bonjour,

Le texte du Sepher Beraeshith , Livre du Principe ou encore Genèse en caractères carrés, introduit lors la 1ère mashore sous l'impulsion d'Esdras, s'appuie sur un manuscrit samaratain.
En effet, lors de l'exil, la communauté hébraïque, utilisaient l'araméen dans leurs targums ou version du Sepher. De là, une/des traductions approximatives du texte "original" (phénicien-samaritain). Voilà pourquoi Esdras, conscient de la perte de compréhension, obligea les samaritains à lui livrer leur version originale.

De fait, le Sepher Beraeshith, remonte, tout d'abord, au 5 ème siècle av. notre ère.

ps:"L'Exode indique que Moïse est né à Goshen, en Egypte, fils d’Amran et Yokèbed, tous deux issus de la tribu de Lévi, et aurait pour frère et soeur, Aaron et Myriam."
En admettant Moïse comme auteur, La cosmogonie décrite, s'inspirerait alors d'une des théogonies égyptiennes en cours vers -1200. Mais là, un développement s'impose....

Epsilon
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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Epsilon » lun. 23 août 2010, 14:48

Cher jmp

Il faudrait savoir … pour vous c’est « -1200 » ou « au 5 ème siècle av. notre ère » … ceci dit si vous voulez « développer » vous ne pouvez vous appuyer exclusivement sur le récit Biblique … cela me semble évident si vous cherchez des confirmations Historiques !!!

Ceci dit … sur quoi vous basez-vous en disant : « Voilà pourquoi Esdras, conscient de la perte de compréhension, obligea les samaritains à lui livrer leur version originale » !!! d’une part au sujet de : « Esdras … obligea les samaritains » … et d’autre part, ce qui est sous-entendu par votre phrase, que les samaritains disposaient d’une « version originale » de la Genèse ???

Quant’à Moïse il y aurait beaucoup à dire … il n’y a pas que le Déluge qui provient des récits Suméro-Akkadien :

Tablette du VIII siècle av JC au sujet de la légende de la naissance de Sargon :

« Ma mère, la prêtresse, me conçut en secret, elle m’enfanta. Elle me mit dans une corbeille de roseau avec de l’asphalte, elle ferma le couvercle. Elle me jeta dans la rivière qui ne m’engloutit pas. Le fleuve me porta et m’emmena vers Akki […]. Il me plaça comme son jardinier. Durant mon jardinage, Ishtar m’aima ».

Ainsi la légende de ce sauvetage miraculeux de Sargon … légitime la royauté de cet enfant illégitime aimé/recueilli d’une déesse … Sargon en Akkadien voulant dire « le roi est la vérité ou le roi est stable/fidèle/légitime ».

Cela ne vous rappelle rien ???

Et concernant la « cosmologie » de Genèse dont vous dites : « s'inspirerait alors d'une des théogonies égyptiennes en cours vers -1200 » … quand bien même vous avez raison cela voudrait dire que Genèse n’est pas « antérieure à 1200 av JC » !!!


Cordialement, Epsilon

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar jpm » lun. 23 août 2010, 15:22

Cher jmp

Il faudrait savoir … pour vous c’est « -1200 » ou « au 5 ème siècle av. notre ère » … ceci dit si vous voulez « développer » vous ne pouvez vous appuyer exclusivement sur le récit Biblique … cela me semble évident si vous cherchez des confirmations Historiques !!!

Cordialement, Epsilon
"De fait, le Sepher Beraeshith, remonte, tout d'abord, au 5 ème siècle av. notre ère.

1. Tout d'abord: nous commençons la discussion,
2. Tout d'abord: 1ère phase, argumentation historique: vous ne pouvez pas nier l'antériorité* de 250 ans sur votre estimation.

*retour d'exil, mise au point d'une nouvelle version. (nous parlons bien de la Genèse... et non de la Bible. et j'aurai une forte tendance à réduire la Genèse aux dix premiers chapitres, comme les seul chapitres évoquant le processus créatif, en soi).


" concernant la « cosmologie » de Genèse dont vous dites : « s'inspirerait alors d'une des théogonies égyptiennes en cours vers -1200 » … quand bien même vous avez raison cela voudrait dire que Genèse n’est pas « antérieure à 1200 av JC » !!!"

Effectivement, pour des raisons concernant la figuration de certains concepts (dans la théogonie mortuaire égyptienne).

Pour ce est de Moïse, il convient de ne pas mélanger, le personnage réel du mythique.
le mythe du panier d'osier se retrouve d'ailleurs en Egypte.

Epsilon
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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Epsilon » lun. 23 août 2010, 16:37

Vous ne répondez pas à la question :

« sur quoi vous basez-vous en disant : « Voilà pourquoi Esdras, conscient de la perte de compréhension, obligea les samaritains à lui livrer leur version originale » !!! d’une part au sujet de : « Esdras … obligea les samaritains » … et d’autre part, ce qui est sous-entendu par votre phrase, que les samaritains disposaient d’une « version originale » de la Genèse ??? » »


Epsilon

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar jpm » lun. 23 août 2010, 18:32

Vous ne répondez pas à la question :

« sur quoi vous basez-vous en disant : « Voilà pourquoi Esdras, conscient de la perte de compréhension, obligea les samaritains à lui livrer leur version originale » !!! d’une part au sujet de : « Esdras … obligea les samaritains » … et d’autre part, ce qui est sous-entendu par votre phrase, que les samaritains disposaient d’une « version originale » de la Genèse ??? » »


Epsilon
"originale", exact., sinon pourquoi aurait-il utilisé cette dernière? Pourquoi le besoin de transformer le phénicien-samaritain en caractères carrés? alors qu'il disposait des versions en chaldaïque-araméen.

Ce que j'essaye d'expliquer ici: l'écriture samaritaine transformée en caractères carrés, porte par ses racines et la syntaxe du texte, "un message" intraduisible ou difficilement traduisible sans perte de sens. En effet, comme je l'ai indiqué par ailleurs, ce document est écrit selon quatre registres différents (dont les équivalences numérales des lettres).
Ce dernier registre, est encore de nos jours, l'objet se suppositions en forme d'occurences sans réel intérêt, car non attaché aux autres registres d'écriture (voir sur ce forum, le post: 666, le nombre de la bête).

De cette difficulté de traduction, est né par ex. L'Apocalypse de St-Jean décrivant le verset 2, chap. 1 de la Genèse, particulièrement complexe à comprendre, et qui malgré ses qualités de mise en images, tant les mots se sont usés, reste obscure à notre époque.

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Epsilon » lun. 23 août 2010, 18:47

Vous ne répondez toujours pas ... en fait vous "noyez" le poisson avec, maintenant, vos "versions en chaldaïque-araméen" !!!

C'est pas grave ...


à +, Epsilon

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Epsilon » lun. 23 août 2010, 19:00

Sorry … j’avais pas attendu la « suite ».

Le problème que vous escamotez en disant : « l'écriture samaritaine transformée en caractères carrés » … c'est l'objet même de cette traduction !!!

Vous n’apportez aucun témoignage de l’existence du livre de la Genèse lors de l'Exil … à défaut d’être en hébreu carré … mais même en n’importe qu’elle autre écriture (paléo-hébraïque, araméen …).

Pour le reste cela n’a rien à voir avec notre problème … j’ai donné, par ailleurs, mon avis sur le chiffre 666.


Epsilon

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar jpm » lun. 23 août 2010, 20:49

Sorry … j’avais pas attendu la « suite ».

Le problème que vous escamotez en disant : « l'écriture samaritaine transformée en caractères carrés » … c'est l'objet même de cette traduction !!!

Vous n’apportez aucun témoignage de l’existence du livre de la Genèse lors de l'Exil … à défaut d’être en hébreu carré … mais même en n’importe qu’elle autre écriture (paléo-hébraïque, araméen …).

Pour le reste cela n’a rien à voir avec notre problème … j’ai donné, par ailleurs, mon avis sur le chiffre 666.


Epsilon
Quant à la rédaction du Sepher, l'exil ne présente aucun intérêt. En effet traduit en chaldaïque, il avait perdu sa force originale. En Samarie , la sepher existait en langue ordinaire.
Cette écriture (phénicien) date d'environ 1200 ans avant notre ère. Le Sepher, comme tous les livres de cette époque étaient recopiés fidèlement à partir d'un écrit plus ancien., etc.
Le papyrus mathématique, Rhind, et égyptien, daté de - 1620 est lui aussi une copie d'un texte plus ancien estimé à -1800 ans. De nos jours, la thora est recopiée de même, quand un écrit devient trop vieux; il finit en poussière.

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Epsilon » lun. 23 août 2010, 21:54

OK j'ai compris :oops: j'hésite avec :-[ voire :sonne:


Bref :ciao: , Epsilon

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Re: Essai de datation de Genèse

Message non lupar Ungarsduweb » sam. 07 mai 2011, 14:14

Pourquoi ce genre de calcul la terre est bien plus vielle, plusieurs milliards d'années en fait

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Re: Essai de datation de la Genèse

Message non lupar Xavi » mer. 27 sept. 2017, 12:58

Epsilon écrit que « Bérose : prêtre babylonien de Bel ... composa en grec une histoire de Babylonie « Babylõniaká » au temps d’Antiochos I (280-262) vers 278.
Et c’est à partir de ce texte que Genèse « s’inspirera » notamment pour le Déluge … d’où en gros la date de 270 comme terminus a quo.
»

Il me semble que penser que la Genèse s’est inspirée d’un texte de Bérose est une hypothèse que rien ne démontre. Le contraire peut tout autant être envisagé. Il ne me semble, dès lors, pas justifié d’en déduire que la Genèse aurait été rédigée entre 270 et 278 ACN, et ne serait pas plus ancienne.

Ce qui peut seulement être constaté, c’est que rien ne prouve à quel moment le texte hébreu de la Genèse traduit dans la version grecque des Septante, vers 270 ACN, a été composé dans son état définitif qui nous est parvenu, sous réserve de modifications secondaires, lors des multiples copies et traductions qui ont pu et dû se succéder d’autant plus nombreuses que le texte serait ancien.

Faut-il considérer, pour autant, que l’essentiel du texte a été rédigé ou, du moins, composé, comme l'indique la Tradition, par Moïse lui-même plus de mille ans avant notre ère ou peut-on retenir une date postérieure, notamment lors de l’exil à Babylone entre 586 et 538 ACN ?

La rédaction de la Torah est attribuée à Moïse par la Tradition, y compris dans le Nouveau Testament et dans des paroles de Jésus lui-même, mais deux questions demeurent car la « Torah » c’est d’abord la loi et ce n’est que par extension que ce mot s’applique à l’ensemble de cinq livres qui forme le Pentateuque.

La Genèse, qui est un récit et non un texte légal, est-elle comprise dans « la loi » rédigée par Moïse et qui lui est attribuée, y compris par Jésus, ou n’est-elle qu’un texte rattaché, à une époque ignorée, dans ce qui constitue actuellement le Pentateuque ?

Il ne subsiste actuellement aucun manuscrit certain de la Genèse, antérieur à la traduction des Septante vers 270 ACN, qui nous permettrait de situer dans le temps le regroupement de la Genèse et des textes légaux rédigés par Moïse, dans l’ensemble intitulé Torah ou Pentateuque.

Et, quoi qu’il en soit, s’agissait-il d’une révélation nouvelle à Moïse, comme celle de l’Apocalypse de Saint Jean, ou d’une première élaboration écrite de traditions exclusivement orales, ou d’une composition de textes écrits antérieurs, ou d’un mélange de traditions orales et d’écrits réalisés par Moïse ou un auteur ultérieur ?

Plusieurs récits sumériens de la création et du déluge indiquent que de tels récits existaient déjà à l’époque d’Abraham sans que rien ne permette d’affirmer quelles ont été les influences réciproques de ces divers récits.

Ils ont pu se nourrir des mêmes réalités historiques avec diverses déformations légendaires.

Beaucoup de rapprochement ont été faits avec des mythes mésopotamiens sans qu’il puisse cependant en être tiré de conclusions en l’absence de datation suffisamment certaine car rien n’exclut que des faits évoqués dans la Genèse aient été développés de manière légendaire et aient eux-mêmes influencé certains mythes mésopotamiens.

Ce qui doit être constaté c’est le fait que la Genèse relate les origines de Jacob, le père d’Israël et qu’elle le présente comme un Sumérien, petit-fils d’Abram (devenu Abraham) né à Ur, en Chaldée, dans le pays de Sumer en Basse-Mésopotamie, à environ 240 kms au sud est de Babylone, vers 1900 ACN.

A cette époque, le peuple juif n’existe pas encore puisqu’il s’agit des descendants d’Abraham, Isaac et Jacob, et que ce peuple ne s’est constitué comme tel que durant l’exil postérieur en Egypte.

Abraham, « l’hébreu » (Gn 14,13), n’est en réalité qu’un Sumérien que rien ne distingue des autres Sumériens, sauf cette expression qui semble signifier « qui vient d’au-delà, de l'autre côté» et que le peuple juif en Egypte va reprendre pour sa propre identité, comme étant un peuple différent de celui des égyptiens, un peuple qui vient d’ailleurs.

Lorsque Abraham est qualifié de « hébreu », qui vient d’ailleurs, il est dans le pays de Canaan, loin de sa ville d’origine de Ur, et loin aussi de la ville de Charan où il s’était d’abord installé.

Ur, c’est une des plus importantes cités antiques de l’époque, située dans le sud est de la Mésopotamie (la Basse Mésopotamie) qui est le pays de Sumer où l’écriture est apparue vers 3300 ACN.

Les faits de l’histoire antérieure à Abraham, que nous relatent la Genèse, ont-ils fait l’objet d’écrits antérieurs à Abraham qui auraient pu être retrouvés lors de l’exil des Juifs à Babylone entre 586 et 538 ACN, voire emportés par Abraham puis par ses descendants exilés en Egypte jusqu’à parvenir à Moïse ?

Que sait-on de la pratique de l’écriture au temps d’Abraham ?

L’écriture des Sumériens se faisait sur des tablettes d’argile et cette pratique s’est rapidement étendue, comme le montre, notamment, l’extraordinaire découverte, en 1975, de plus de 14 000 tablettes et fragments de tablettes d’argile dans une salle d’archives de l’ancienne cité de Ebla (à environ 55 kms au sud ouest d’Alep en Syrie), datées d’environ 2400 à 2250 ACN, soit quatre siècles avant qu’Abraham ne vienne s’installer à Charan (Harran), à mille km au Nord Ouest de sa ville natale d’Ur dans le pays de Sumer, à environ 250 kms de Ebla.

Ce que révèlent ces archives, c’est que, plusieurs siècles avant Abraham, on écrivait déjà beaucoup et on conservait ces écrits.

Dans la salle d’archives précitée, il a pu être constaté que les tablettes étaient disposées par groupe de quinze sur trois rangées d'étagères de bois (80 cm de profondeur et 50 cm de hauteur environ) alignées le long des murs nord et est. Les plus grandes étant posées sur le sol. Elles étaient classées de façon thématique, et sont restées disposées ainsi malgré l’incendie qui a ravagé les lieux lors de sa destruction et la disparition des étagères. Sur le mur est se trouvaient les tablettes enregistrant les livraisons de tissus. Dans l'angle, les tablettes relatives à des livraisons de métaux précieux et de cuivre. Le long du mur nord, l'étagère supérieure portait les listes lexicales sumériennes et des textes de chancellerie (décrets royaux, donations, traités). Les autres étagères portaient des comptes rendus relatifs à l'agriculture et à l'élevage, ainsi que des listes bilingues en langue éblaïte et en langue sumérienne.

La plupart des tablettes sont rédigées en sumérien, qui était alors la langue la plus prestigieuse culturellement à l’époque, mais plusieurs tablettes sont rédigées dans une langue locale inconnue auparavant, qui a finalement été qualifiée d’« éblaïte ».

L’hébreu biblique ultérieur comme l’arabe paraissent provenir de cette langue.

Par exemple, il a été constaté, dans les tablettes d’Ebla, qu’en langue éblaïte, un humain se dit « adamu » ce qui montre l’ancienneté du terme de la Genèse.

Une de ces tablettes mentionne, exactement dans le même ordre, les cinq mêmes villes qui, selon la Genèse, auraient été impliquées dans une guerre du temps d’Abram : Sodome, Gomorrhe, Adma, Tseboïm et Tsoar (Gn 14, 2).

Plusieurs tablettes évoquent la création que l’une d’elles mentionne comme suit dans une prière où l’on retrouve des expressions proches de celles du début de la Genèse :
Seigneur du ciel et de la terre:
La terre n’était pas, vous l’avez créée,
La lumière du jour n’était pas, vous l’avez créée,
La lumière du matin vous n’aviez pas encore fait exister.


On est près de mille ans avant Moïse !

Il s’agit d’une preuve solide de l’existence de textes écrits de la création dès avant l’exil d’Abraham, bien avant la composition de la Genèse. L’usage d’écrits pour relater les faits importants, qu’ils soient administratifs, légaux, commerciaux, religieux ou familiaux, peut être considérée comme bien établie du temps d’Abraham.

Compte tenu des développements de l’écriture en Egypte, il est probable que des écrits ont aussi consigné, dans le peuple hébreu exilé en Egypte durant le deuxième millénaire avant notre ère, les faits dont ils voulaient garder mémoire et qui pouvaient consolider leur identité spécifique en terre étrangère.

Mais, Abraham, Isaac et Jacob ont-ils disposé d’écrits transportés lors de leur exil en Canaan puis en Egypte ?

En quittant Ur, sa patrie sumérienne, Abraham a-t-il emmené des tablettes relatant par écrit et en sumérien l’histoire de ses origines, soit une version ancienne (qui a pu être corrigée et modifiée par la suite, au fil des copies et des traductions) des onze premiers chapitres du livre actuel de la Genèse ?

Dans ce cas, il s’agirait de textes écrits en sumérien qui auraient été traduits ultérieurement en hébreu.

Une telle version ancienne a pu être retrouvée dans les archives de Babylone (au nord ouest de Ur) lors de l’exil des Juifs entre 586 et 538 ACN, ce qui a pu, le cas échéant, permettre aux scribes juifs de revoir et de recomposer les onze premiers chapitres de la Genèse.

Par rapport à l'hypothèse que Moïse se serait fondé sur des récits plus récents élaborés seulement en Egypte, un critère distinctif peut être considéré à cet égard, c’est le fait que les écrits sumériens étaient consignés dans des tablettes d’argile ne permettant que des textes relativement courts « d’une page » alors que les Egyptiens utilisaient, pour leurs écrits, des rouleaux de papyrus.

Le professeur Donald Wiseman (1918-2010), archéologue qui a enseigné l’assyriologie à l’université de Londres, a repris une hypothèse de son père Percy Wiseman qui suggère que de nombreux passages utilisés par Moïse ou d’autres auteurs pour composer le livre de la Genèse sont issus de récits et de généalogies enregistrées dans un script cunéiforme mésopotamien sur des tablettes d'argile cuite, transmises par Abraham.

Percy Wiseman a constaté que les tablettes narratives anciennes se terminaient habituellement par une note finale, des « colophons », qui, placée à la fin du texte sur une tablette, un rouleau ou un manuscrit, pouvait contenir une indication sur son auteur, sur le copiste ou sur sa date, et que ces colophons avaient souvent un format très spécifique composé de trois parties :
1) "ceci a été l'histoire / le livre / la généalogie / le compte-rendu / de ...",
2) le nom de la personne qui a écrit ou possédé la tablette, et
3) une date (par exemple "dans l'année du grand tremblement de terre" ou "la 3ème année du roi", etc.

Ces colophons permettaient aussi de relier des tablettes, dont le support limitait le contenu, à d’autres tablettes par une répétition du colophon d’une tablette au début de la tablette suivante.

Wiseman a découvert que des milliers de tablettes babyloniennes d'argile que l'on a découvertes finissaient, chacune, avec l'expression « tolédoth » ou « towledah » (un mot subsistant en hébreu) et un sceau de signature.

Or, dans la Genèse, Wiseman a observé que l’on peut retrouver de tels colophons présentant les caractéristiques des colophons des tablettes sumériennes.

Une composition du début de la Genèse par la réunion de textes qui ont le format et les caractéristiques de tablettes sumériennes et non de papyrus égyptiens peut fournir un indice sérieux d’une rédaction antérieure à l'exil en Egypte.

Sur la base de ses observations, Wiseman a envisagé l’hypothèse que le début du texte écrit de la Genèse a pu faire l’objet, avant l’exil en Egypte, d’un ensemble de tablettes sumériennes distinctes mais reliées entre elles par des colophons qui reprennent chacun le mot hébreu « towledah ».

Ce mot est souvent traduit en français par « postérité » et oriente le lecteur vers la généalogie descendante qui le suit, mais Wiseman a observé que le mot hébreu peut aussi indiquer les « origines », l’histoire passée, la généalogie ascendante.

C’est même le sens certain de son premier usage dans la Genèse lorsqu’il est relaté : « Telle fut l’histoire (« towledah ») du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés » (Gn 2, 4).

Le double sens du mot « towledah » permet ainsi de l'utiliser tant pour clôturer une histoire passée (les origines, ce qui précède) que pour ouvrir une histoire qui va suivre (la postérité, ce qui suit).

Lors de la réunion ultérieure de diverses tablettes en un seul livre, la répétition, devenue sans objet, des colophons a pu être effacée.

Selon l’hypothèse Wiseman, la Genèse pourrait être une réunion de plusieurs documents matériellement distincts, antérieurs à sa subdivision en chapitres et versets, avec d’abord, pour l’histoire antérieure à Abraham, des tablettes en argile d’origine sumérienne avec chacune un contenu limité aux capacités variables d’une tablette, puis, ensuite, pour les récits à partir d’Abraham, des papyrus, avec un contenu pouvant être plus long, qui ont pu être utilisés après le premier séjour d’Abraham en Egypte et a fortiori lorsque ses descendants y ont émigré.

Dans ces conditions, la Genèse a pu être composée par la réunion, par Moïse ou des rédacteurs postérieurs, de plusieurs documents plus anciens, de tailles variables, qui pourraient être :

Une première tablette en argile non attribuée, peut-être car il s’agit de l’oeuvre de Dieu lui-même (Gn 1,1 à Gn 2,4a), qui s’achève par le colophon : « Tel fut le « towledah » du ciel et de la terre, quand ils furent créés » (Gn 2, 4a), qui raconte l’œuvre accomplie de la création de Dieu soit, actuellement, 35 versets.

Une deuxième tablette en argile attribuée à Adam (Gn 2,4 à Gn 5,1a) qui commence par une répétition du colophon de la première tablette : « Tel fut le « towledah » du ciel et de la terre, quand ils furent créés » (Gn 2, 4a) pour présenter un autre récit de la création qui est tourné vers sa suite humaine (la postérité de la création), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » d’Adam » (Gn 5,1a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Adam (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement 73 versets.

Une troisième tablette en argile attribuée à Noé (Gn 5,1 à Gn 6,9a) qui commence par une répétition du colophon de la deuxième tablette : « Voici le « towledah » d’Adam » (Gn 5,1a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité d’Adam), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Noé » (Gn 6,9a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Noé (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 41 versets.

Une quatrième tablette en argile attribuée aux fils de Noé (Gn 6,9 à Gn 10,1) qui commence par une répétition du colophon de la troisième tablette : « Voici le « towledah » de Noé » (Gn 6,9a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité d’Adam), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet auxquels des fils naquirent après le déluge » (Gn 10,1), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par les fils de Noé (ou en leur nom) de leur histoire, soit, actuellement, 89 versets.

Une cinquième tablette en argile attribuée aux familles des fils de Noé (Gn 10,1 à Gn 10,32a) qui commence par une répétition du colophon de la quatrième tablette : « Voici le « towledah » des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet auxquels des fils naquirent après le déluge » (Gn 10,1), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité des fils de Noé), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » des familles des fils de Noé, selon leurs nations » (Gn 10,32a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par la famille des fils de Noé de leur histoire, selon leurs nations, soit, actuellement, 32 versets.

Une sixième tablette en argile attribuée à Sem (Gn 10,32 à Gn 11,10a) qui commence par une répétition du colophon de la cinquième tablette : « Voici le « towledah » des familles des fils de Noé » (Gn 10,1), où le mot « towledah » est tourné vers l’explication de leur dispersion parmi les nations dans le futur (la postérité des fils de Noé), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Sem » (Gn 11,27a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Sem (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 12 versets.

Une septième tablette en argile attribuée à Terach, père d’Abraham (Gn 11,10 à Gn 11,27a) qui commence par une répétition du colophon de la quatrième tablette : « Voici le « towledah » de Sem » (Gn 11,10a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité de Sem), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Terach » (Gn 11,27a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Térach (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 18 versets.

Vient ensuite un premier document, beaucoup plus long que le contenu de l’unique page d’une tablette normale, qui a pu être rédigé sur papyrus, attribué à Isaac, fils d’Abraham (Gn 11,27 à Gn 25,19a) qui commence par une répétition du colophon de la sixième tablette : « Voici le « towledah » de Terach » (Gn 11,27a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité de Terach), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » d’Isaac, fils d’Abraham » (Gn 25,19a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Isaac (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 384 versets.

Puis, un deuxième papyrus attribué à Jacob (Gn 25,19 à Gn 37,2a) qui commence par le colophon du document précédent : « Voici le « towledah » d’Isaac, fils d’Abraham » (Gn 25,19a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité d’Isaac), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Jacob » (Gn 37,2a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Jacob de son histoire, soit, actuellement, 408 versets.

Et, enfin, un troisième papyrus non attribué (Gn 37,2 à Gn 50,26) qui commence par une répétition du colophon du document précédent : « Voici le « towledah » de Jacob » (Gn 37,2a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité de Jacob), mais qui ne contient pas de colophon final.

Cette hypothèse envisage ainsi que, compte tenu de l’écriture inventée à Sumer dès environ 3300 ACN et de son développement attesté par les découvertes archéologiques, Adam lui-même (ou quelqu’un en son nom) aurait laissé un témoignage de son histoire extraordinaire dans le jardin d’Eden qui aurait été rapidement reproduit dans un écrit.

Dès que les ancêtres d’Abraham se sont installés dans le pays de Sumer, après le déluge, d’autres tablettes ont pu recueillir l’histoire de ses ancêtres.

A réfléchir !

Ce qui paraît assez manifeste aujourd’hui, c’est que la version hébraïque traduite par les Septante vers 270 ACN est elle-même une traduction de versions écrites antérieures dont les plus anciennes ont probablement été rédigées en sumérien.

A cet égard, la datation de la Genèse ne peut se limiter à une recherche dans le style et les caractéristiques du texte hébreu des derniers siècles qui manifeste la date d’une traduction mais laisse inconnue la date de l’original antérieur, voire des originaux antérieurs. Qui sait si l’original n’a pas été successivement traduit du sumérien en éblaïte, puis de l’éblaïte en égyptien, puis de l’égyptien en hébreu, puis que sa traduction en hébreu a été revue au fil de l’évolution de cette langue, voire lors de la redécouverte de versions anciennes, notamment lors de l’exil à Babylone ?


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