Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
Règles du forum
Forum d'échanges sur la Sainte Bible.
Avatar de l’utilisateur
Xavi
Prætor
Prætor
Messages : 1343
Inscription : mar. 28 juil. 2009, 14:50

Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar Xavi » mar. 02 avr. 2013, 18:59

Il y avait des néphilims tout au début de l’humanité, lorsque les descendants d’Adam et Eve commençaient à se multiplier (Gn 6,4).

Des néphilims, ce sont des humains. Il y en avait encore du temps de Moïse.

Lorsque le peuple d’Israël se trouvait dans le désert, après avoir quitté l’Egypte et franchi la mer rouge, Moïse envoya une avant garde dans la terre promise et ils y virent des gens de grande taille, des néphilims, enfants d’Anak, de la race des néphilims (Nb, 13, 32-33).

A cause de la grande taille de ces néphilims qui vivaient dans la terre promise du temps de Moïse, on traduit généralement le mot « néphilims » par « géants ».

Mais, le mot hébreu « néphilim » n’a aucun rapport avec la taille ou la grandeur.

Bien au contraire, il vient du mot hébreu « naphal » qui évoque l’abattement. Après sa fuite, le visage de Caïn était « naphal » (abattu) (Gn 4, 5-6), les gens de Sodome et Gomorrhe furent « naphal » (tombèrent) dans leur fuite (Gn , 14, 10), et Abraham « naphal » (tomba) en face de Dieu (Gn 17, 3 et 17).

Le mot Nephyil ou Néphilim paraît se rattacher au mot néphel (avorton), l’être qui meurt sans être né.

Les néphilims, n’est-ce pas un peuple de néphels ?

Job nous dit que le néphel (l’avorton) est celui qui n’a pas existé, qui ne voit pas le jour (Job 3,16).

David nous dit que le néphel (l’avorton) ne voit pas le soleil (Ps 58, 9).

La traduction du texte de la Genèse concernant les néphilims est extraordinairement difficile tant elle touche au plus profond.

Certains y ont vu des enfants issus d’anges déchus s’unissant à des femmes humaines, une race étrange lors des débuts de l’humanité. D’autres y ont vu des croisements des enfants de Seth restés fidèles à Dieu avec des descendants de Caïn. Le texte nous expliquerait la provenance d’une race de géants dans l’antiquité.

A notre époque, les découvertes de la science et la conviction que la création des premiers humains à l’image de Dieu, d’Adam et Eve, a pu se produire dans l’histoire avec un corps façonné par une évolution biologique, ouvre une lecture nouvelle qui prend en compte l’existence d’une espèce humaine (ou préhumaine, si l’on définit l’humain comme étant uniquement un homo capax Dei) au sein de laquelle ils ont été créés.

Les néphilims, n’est-ce pas une expression particulièrement adaptée pour nous parler des humains (ou préhumains) non encore créés immortels à l’image de Dieu ? qui meurent sans être nés à la vie de Dieu ?

N’y a-t-il pas déjà ici comme un parfum d’Evangile ?

Sans le Christ, ne resterions-nous pas des néphilims, des avortons, mourant dans les douleurs d’un enfantement sans naître à la vie nouvelle à laquelle Jésus seul nous permet d’accéder ?

Aujourd’hui, il y a parmi tous les humains un peuple de créatures nouvelles qui reçoivent la vie du Christ, du nouvel Adam, parmi beaucoup d’autres semblables qui refusent de naître à cette vie.

Autour de nous encore, ils sont tellement nombreux ceux qui ont tout pour naître à une vie nouvelle, pour devenir des créatures nouvelles, par le nouvel Adam qui nous annonce des cieux tout proches, et qui se laissent mourir sans naître dans cette vie offerte.

Aujourd’hui, nous avons le peuple de Dieu formé de créatures nouvelles qui sont passées par une nouvelle naissance qui les a incorporés dans le Christ par le baptême dans sa mort et sa résurrection, mais aussi un peuple de ceux qui restent dans les douleurs de l’enfantement, dans l’attente de naître à la vie nouvelle.

Il en était de même du temps du premier Adam.

Il y a eu aussi une double naissance. Une naissance biologique dans le monde matériel et une naissance spirituelle. Une naissance dans la chair et un baptême qui incorporait dans le monde de Dieu.

Avant la création d’Adam et Eve dans le jardin d’Eden, Dieu a façonné lentement à travers des milliards d’années un être vivant qui s’est transformé par des mutations génétiques diverses qui ont fait vivre des primates, puis des australopithèques, des homo habilis, des homo erectus, des homo sapiens, jusqu’à l’apparition de l’humain de notre espèce, avec un ADN semblable au nôtre, il y a quelques dizaines de milliers d’années ou peut-être un peu plus.

Ce sont des humains, au sens terrestre du mot, des gens de notre espèce terrestre.

Mais, ce n’est pas encore nécessairement l’homme créé à l’image de Dieu, celui qui, selon la définition du catéchisme, est « capable de connaître et d’aimer son créateur » et « capable de se connaître, de se posséder et de librement se donner et entrer en communion avec d’autres personnes » (CEC 356), qui est à l’image de Dieu parce que « dans sa propre nature il unit le monde spirituel et le monde matériel » (CEC 355), parce qu’il est « un être à la fois corporel et spirituel » (CEC 362).

Avant la création d’Adam et Eve à l’image de Dieu, il y a eu six « jours » durant lesquels le corps de l’espèce humaine a été façonné et, tout au long de cette histoire de milliards d’années, des êtres se sont succédés dans des états de développement de plus en plus perfectionnés mais ces êtres tirés de la poussière du sol n’étaient pas encore participants au monde spirituel de Dieu. Leur nature n’était encore que terrestre.

Il n’y avait pas encore de naissance dans un monde nouveau, dans le monde spirituel, dans l’Eden de Dieu. Ils avaient déjà un corps, mais ils mourraient comme les plantes et les animaux. Comme un embryon, un fœtus ou un petit enfant dans le sein de sa mère, ils ont vécu, à des stades divers de développement, de plus en plus proches de l’état dans lequel Dieu a fait naître des humains à son image dans un monde autre, son monde spirituel.

Lorsque cette création des premiers humains à l’image de Dieu s’est produite, ils étaient nombreux sur la terre à vivre dans un corps terrestre semblable au leur, tout proches, physiquement, de l’état de l’homme créé à l’image de Dieu, né dans le monde spirituel de Dieu.

A tous ces êtres qui vivaient lors de la création d’Adam et Eve, le premier Adam, qui a été mis dans le jardin planté dans l’Eden de Dieu, aurait pu annoncer, après le péché originel et sa sortie de l’Eden, que « Le royaume des cieux, le royaume de Dieu est tout proche » comme l’annoncera un jour un autre Adam, un nouvel Adam.

Après le péché originel, Adam et Eve, qui n’avaient certainement rien oublié de leur passage inouï dans le jardin d’Eden, auraient pu annoncer à tous ces êtres qui mourraient sans être nés dans le monde spirituel de Dieu, cette nouvelle naissance qui s’était produite dans ce monde spirituel, qui avait fait d’eux des créatures nouvelles, par un baptême dans le monde de Dieu.

Probablement que, s’ils en avait été capables, tous ces êtres de leur espèce auraient dû leur répondre : c’est impossible, nous ne sommes pas créés à l’image de Dieu, notre nature n’est que terrestre, elle n’est pas capable d’entrer en communion avec Dieu, elle ne participe pas au royaume de Dieu !

Et Dieu aurait pu répondre : pour les humains, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. Il peut prendre un terrestre et le mettre dans son Eden. Des pierres que voici, des éléments matériels les plus durs et les plus morts de la terre, Dieu peut susciter des enfants à Adam (cf. Mt 3,9).

Les parents biologiques d’Adam et Eve, leurs frères et sœurs, leurs cousins et leurs semblables, étaient des humains de la même espèce terrestre, mais ce n’étaient pas des humains créés à l’image de Dieu, des âmes immortelles, mais seulement des êtres semblables à un enfant dans le sein de sa mère juste avant sa naissance, ayant atteint un développement physique parfait pour naître à une vie dans un monde autre mais pas encore né.

Ils mourraient comme des avortons, sans avoir connu le monde spirituel dans lequel ils étaient cependant physiquement aussi prêts à naître que le couple d’êtres semblables de leur espèce lorsque celui-ci a été créé à l’image de Dieu, mis dans l’Eden de Dieu.

Après que des humains aient été créés à l’image de Dieu, il y a eu une cohabitation entre ces êtres nouveaux et les autres humains (ou préhumains) de l’époque « qui mourraient sans être nés ».

Lorsque les humains créés à l’image de Dieu ont commencé à se multiplier sur la terre, il y avait les enfants de Dieu, créés à son image, baptisés dans son Eden en Adam et Eve dont ils étaient les descendants, qui participaient non seulement au monde matériel comme tous les autres humains de leur espèce terrestre mais étaient aussi capables de participer au monde spirituel de Dieu, et il y avait, en même temps, tous ceux qui mourraient sans être nés à cette vie nouvelle à l’image de Dieu.

Ceux qui mourraient sans être nés à cette vie nouvelle étaient comme des avortons, des néphels. N’est-ce pas eux que la Genèse appelle des néphilims, des gens qui sont comme des néphels ? C’étaient des humains, d’un point de vue terrestre, mais ils mourraient sans être nés à cette vie nouvelle créée par Dieu sur la terre.

Entre les descendants d’Adam et Eve créés à l’image de Dieu dans le jardin d’Eden et les néphilims dont ils étaient issus physiquement, il n’y avait aucune incompatibilité physique.

Lorsque les descendants d’Adam et Eve ont commencé à se multiplier et que des filles leur étaient nées, elles ont enfanté de multiples descendants. La Genèse nous donne de longues listes des descendants d’Adam et Eve qui ont engendré des fils et des filles.

A chaque conception humaine par des enfants de Dieu, la création divine s’est reproduite pour susciter une âme immortelle nouvelle.

Mais, aux débuts de l’humanité créée à l’image de Dieu, quand cette humanité a commencé à se multiplier, il n’y avait pas que des femmes descendant d’Adam et Eve, mais il y avait sur la terre de nombreuses femmes de l’espèce dont Adam et Eve provenaient physiquement. Celle que Caïn a rencontré au loin et tant d’autres.

En ce temps là, vivent les néphilims, les humains (ou préhumains) qui ne sont pas créés à l’image de Dieu, qui sont comme des avortons de l’humanité à naître, qui mourraient sans être nés dans la vie spirituelle. Au même moment, vivent aussi des humains qui étaient enfants de Dieu, nés dans la vie spirituelle, même s’ils n’étaient pas restés dans le monde spirituel du jardin d’Eden, s’ils vivaient privés de la communion d’amour en Dieu.

Et il y avait des femmes humaines des deux espèces. Et c’est parmi toutes ces femmes que les hommes enfants de Dieu vont choisir leurs épouses. Pas seulement parmi des femmes enfants de Dieu provenant de la descendance d’Adam et Eve, mais aussi parmi les autres.

Le regard de la Genèse est porté sur les mères qui enfantent. Les fils de Dieu prennent des épouses parmi les filles des humains et pas uniquement parmi les filles de Dieu. Les fils et les filles de Dieu ne restent pas entre eux, mais des fils de Dieu se reproduisent avec des filles des humains qui sont des filles de néphilims.

Et le texte précise : ces néphilims étaient là avant et ils sont encore là après que ces enfantements se produisent. Ils seront encore là jusqu’à l’époque de Moïse.

Selon la Genèse, « Lorsque les hommes eurent commencé à être nombreux sur la surface de la terre, et qu'il leur fut né des filles, les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qui leur plurent » (Gn 6, 1-2).

Pourquoi ? Le récit de la Genèse nous dit qu’ils les trouvaient « belles ». Le mot est faible. En réalité, dans le texte hébreu, ils les trouvaient « towb » et ce mot est extrêmement fort. Il est même divin car c’est le mot par lequel Dieu lui-même qualifie sa création à la fin de chacun des six jours des origines. A la fin de chaque jour, Dieu dit que c’était « bon », et c’est le mot hébreu « towb » qui est utilisé. Plus fort encore, au milieu du jardin d’Eden, c’est ce mot qui est utilisé pour nous parler de l’arbre de la connaissance du bien (en hébreu : towb) et du mal.

Toutes les femmes humaines de l’époque, tant les néphilims que les enfants de Dieu, étaient « towb ». Cela résonne bien en français : elles étaient top ! Elles étaient bien. Toutes.

Et leurs descendants, tous leurs descendants, furent, selon nos traductions françaises habituelles de la Genèse, des « héros fameux dans l’antiquité » ou « des héros renommés dès les temps anciens ». Les termes hébreux nous font découvrir beaucoup de richesses dans ces quelques mots particulièrement difficiles à traduire. Selon la traduction strong, il s’agit de « gibbowr » (des héros, des puissants) qui furent des « enowsh » (des gens) « e-shem » (de nom ou renommés) dans « l’owlam » (dans les temps).

Le texte dit qu’il s’agit d’enowsh , c’est-à-dire, de gens, de gens mortels. Le mot est assez banal et est souvent utilisé dans la Genèse.

Le texte nous parle aussi de leur shem, c’est-à-dire de leur nom. C’est le mot utilisé au début de la Genèse, lorsqu’il nous est dit qu’Adam donna un nom à toutes les créatures. C’est aussi un mot assez courant dans la Genèse. Le nom, c’est l’être.

Que nous dit-on du nom de ces gens ? de leur être ? S’agit-il de néphilims, de gens qui meurent sans être nés à la vie nouvelle d’enfants de Dieu ? de gens abattus ? Pas du tout.

Le texte nous parle de gibbowr, c’est-à-dire de forts, de puissants. Le mot est utilisé dans l’Ecriture Sainte pour Dieu lui-même : c’est Lui-même qui est « gibbowr » (Dt 10, 17 ; Néh. 9, 32 ; Ps 24, 8 ; Is. 10, 21). On l’appellera admirable, conseiller, Dieu gibbowr (puissant), Père éternel, prince de la paix (Is. 9, 6). Le Seigneur est au milieu de toi comme un gibbowr qui sauve (Soph. 3, 17).

Le texte nous parle surtout de l’owlam. Ce mot est utilisé par Dieu lors de la création du monde. Lorsque Dieu dit que la vie de l’humain sera limitée à 120 ans dans la chair, c’est pour qu’il ne demeure pas « à toujours » (en hébreu : owlam) (Gn 6, 3) comme Il l’avait dit lorsque l’humain a du quitter l’Eden après le péché originel : Empêchons-le de vivre éternellement (en hébreu : owlam) (Gn 3, 22). L’arc en ciel est le signe d’une alliance « owlam » (perpétuelle) (Gn 9, 12 et 16).

Le mot « owlam » évoque l’éternité, ce que la traduction française ne fait guère ressortir en nous parlant d’antiquité ou de temps anciens.

Dans la traduction de Chouraqui, il nous est proposé de traduire l’expression « héros renommés dans les temps anciens » par « Ce sont les champions de toute perpétuité, les hommes du Nom ».

Dans l’Ecriture, Dieu lui-même est « gibbowr ». C’est Lui qui donne la vie à perpétuité « owlam » à des gens mortels « enowsh ». Il en fait des êtres capables de la puissance de Dieu (gibbowr), des gens (enowsh) de l’éternel (owlam). Bref : des homo capax Dei.

En résumé, ne convient-il pas de comprendre que les Néphilims étaient les humains (ou préhumains) de la race d’Adam et Eve, que Adam et Eve étaient eux-mêmes issus physiquement des Néphilims, que ces humains (non encore nés à la vie de Dieu) étaient sur la terre lors des débuts de l’humanité créée à l’image de Dieu, que les descendants d’Adam et Eve ont connu des filles d’humains, y compris des filles de néphilims, et que de toutes ces unions sont nés des forts dont le nom est pour toujours, des homo capax Dei ?

Le petit texte du début du sixième chapitre de la Genèse peut fonder ainsi toute la transmission de la création à l’image de Dieu. Tous les descendants d’Adam et Eve sont enfants de Dieu, créés à son image, capables d’une vie éternelle d’amour avec Lui.

Les mères de leurs descendants ne sont pas distinguées : ce sont des filles de l’adame, des filles terrestres. Qu’elles soient elles-mêmes filles de Dieu, parce que descendantes d’Adam et Eve, ou filles de néphilims épouses de descendants d’Adam et Eve, toutes vont transmettre un nom pour toujours à ces gens issus de ces filles qui seront « forts », de la force venant de Dieu.

Ne peut-on, dès lors, comprendre de manière nouvelle le récit de Gn 6, versets 1 à 4 ?

Ne peut-on comprendre ceci ? : Lorsque les descendants d’Adam et Eve ont commencé à se multiplier sur la terre, les hommes créés à l’image de Dieu virent que les femmes de l’espèce humaine étaient belles. Ils choisirent pour épouses celles qui leur plaisaient parmi toutes ces femmes. Or, à cette époque, il y avait des humains qui mourraient sans être nés dans la vie nouvelle créée par Dieu, et il y en avait même encore après que les hommes créés par Dieu se soient unis aux femmes de l’espèce humaine et qu’elles leur eurent donné des enfants : ce sont des gens dont le nom vit pour toujours.

Un nom qui demeure pour toujours : voici ce que tous les descendants d’Adam et Eve ont reçu.

Le récit des néphilims est au centre du récit de la Genèse d’Adam et Eve à Abraham.

Mais il est aussi une clé pour la compréhension de la création nouvelle, de sa transmission. D’un néphilim est issu un fils de Dieu. Hier, la transmission était biologique. Dans le Christ, la transmission est spirituelle.

Les néphilims meurent avant de naître.

Depuis la création d’Adam et Eve jusqu’à Moïse, il y avait des néphilims de la première création.

Aujourd’hui, il y a de nouveaux néphilims de la nouvelle création dans le Christ.

Tous les enfants d’Adam perdus depuis la chute sont aussi comme des avortons par rapport à la vie nouvelle qui est dans le Christ. Ils sont de nouveaux néphilims.

Les néphilims de la Genèse au sein desquels ont été créés des humains à l’image de Dieu sont une image de notre salut car nous étions tous comme des néphilims sans notre baptême dans la mort et la résurrection du Christ qui nous fait naître dans et par le Christ.

Sans le Christ, les fils d’Adam restent dans les douleurs d’un enfantement encore à venir, d’un enfantement à une vie éternelle que le Christ a ouvert pour nous par sa mort et sa résurrection, nous permettant de naître à une vie nouvelle.

Notre vie spirituelle a avorté par le péché originel d’Adam et Eve. Il nous faut désormais renaître, passer par un nouveau baptême dans le Christ. Nous étions comme des avortons voués à la mort. Il nous a fait naître à une vie d’amour pour l’éternité.

Avatar de l’utilisateur
Didymos
Censor
Censor
Messages : 177
Inscription : lun. 25 juil. 2011, 14:33
Localisation : Archidioecesis Lugdunensis

Re: Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar Didymos » mar. 02 avr. 2013, 22:51

Bonour Xavi,

Votre interprétation est inédite, elle a de quoi surprendre, mais pourquoi pas. N'étant pas hébraïsant ni spécialiste de l'exégèse, je suis prêt à recevoir vos explications a priori.
Il est vrai que la tradition a tendance à voir ces nephilim comme de véritables géants, sinon par la taille du moins par la force (il est tentant d'identifier "les hommes forts des temps jadis, des hommes de renom" avec les héros mythologiques, Hercule par exemple...), bien loin de l'image des avortons.
D'ailleurs, Goliath n'était-il pas un descendant de naphil ? Or il est explicitement décrit comme étant de fort et de grande taille. Je crois que d'autres références désignent ces nephilim comme étant précisément des géants ("nous étions comme des sauterelles, et c'est bien ainsi qu'ils nous voyaient").
Mais il me semble que les étymons "abattu" et "tombèrent" auxquels vous reliez les nephilim pourraient ouvrir la porte à une autre interprétation, selon laquelle ces êtres auraient été la cause de leur propre "chute", un peu comme celle des anges déchus. Ce ne serait pas étonnant, étant donné que les descendants d'unions entre les géants et les filles des hommes dans la Bible sont présentés comme des êtres mauvais, ayant semé la destruction et la mort sur la terre (avant que Dieu ne décide de les anéantir dans les eaux du déluge). Qu'en pensez-vous ?
"Respondit Thomas et dixit ei : Dominus meus et Deus meus !", Jn 20, 28

Avatar de l’utilisateur
Xavi
Prætor
Prætor
Messages : 1343
Inscription : mar. 28 juil. 2009, 14:50

Re: Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar Xavi » mer. 03 avr. 2013, 12:53

Bonjour Didymos.

Merci pour votre réaction.

Remarquons qu’à l’exception de Noé et de 7 membres de sa famille, le déluge a exterminé tous les méchants et ceux qui vivaient avec eux, mais la méchanceté ne semble pouvoir concerner que les descendants d’Adam et Eve créés conscients du bien et du mal.

Par contre, il faut constater que le déluge n’a pas exterminé tous les néphilims puisque la Genèse nous indique expressément qu’il en existe encore du temps de Moïse, après le déluge.

Il est donc douteux d’affirmer que c’étaient eux les mauvais et qu’il s’agirait d’une descendance de Caïn ou d’une autre branche des descendants d’Adam et Eve particulièrement méchante ou mauvaise qui aurait causé sa propre chute.

Rien dans le texte ne me semble permettre de soutenir cette hypothèse.

Il n’y a que deux passages de la Genèse qui nous parlent des néphilims. L’un avant le déluge, et l’autre après (qui relate l’impression que les envoyés de Moïse se sentaient comme des sauterelles). Ce n’est pas parce qu’il y a eu, une seule fois, des néphilims de grande taille que tous étaient nécessairement de grande taille ou que Goliath aurait été un néphilim.

Il reste bien sûr possible de retenir plusieurs interprétations. Mais, chacune demande d’abord de réfléchir à la provenance des néphilims. Créatures humaines ou anges déchus ?

Je ne vois rien de convaincant pour retenir l’idée qu’il s’agirait d’anges déchus. Quel serait l’ADN, le patrimoine génétique des descendants de ces êtres mi-anges, mi-hommes ? Non seulement, le texte biblique ne contient aucune indication en ce sens, mais cette interprétation présente l’état corporel comme une déchéance alors qu’il s’agit au contraire de la merveille spécifique de la création : Dieu a créé un être nouveau dans un corps. Il ne s’est pas limité à la création des anges, des purs esprits. Notre plus value, c’est un corps.

Saint Jean Chrysostome a solidement expliqué pourquoi les fils de Dieu dans le récit des néphilims ne peuvent pas être considérés comme des anges. Non seulement c’est contraire à l’Evangile qui indique que les anges ne sont pas sexués (dans les cieux, on vit comme des anges sans prendre ni mari, ni épouse), mais surtout l’appellation de fils de Dieu n’est jamais donnée à des anges dans l’Ecriture, mais seulement à des humains.

Il y a un autre fil qui développe ce sujet :

http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 91&t=15964

Avatar de l’utilisateur
Didymos
Censor
Censor
Messages : 177
Inscription : lun. 25 juil. 2011, 14:33
Localisation : Archidioecesis Lugdunensis

Re: Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar Didymos » mer. 03 avr. 2013, 13:29

Par contre, il faut constater que le déluge n’a pas exterminé tous les néphilims puisque la Genèse nous indique expressément qu’il en existe encore du temps de Moïse, après le déluge.
J'ai remarqué, oui. Ce qui pose d'ailleurs une contradiction avec le fait que seul Noé est sensé avoir survécu (avec les espèces animales embarquées).
Il est donc douteux d’affirmer que c’étaient eux les mauvais et qu’il s’agirait d’une descendance de Caïn ou d’une autre branche des descendants d’Adam et Eve particulièrement méchante ou mauvaise qui aurait causé sa propre chute.

Rien dans le texte ne me semble permettre de soutenir cette hypothèse.
"Lorsque les hommes commencèrent d'être nombreux sur la face de la terre et que des filles leur furent nées, les fils de Dieu trouvèrent que les filles des hommes leur convenaient et ils prirent pour femmes toutes celles qu'il leur plut.
Le Seigneur dit : Que mon esprit ne soit pas indéfiniment responsable de l'homme, puisqu'il est chair; sa vie ne sera que de cent vingt ans.
Les Nephilim étaient sur la terre en ces jours-là et aussi dans la suite quand les fils de Dieu s'unissaient aux filles des hommes et qu'elles leur donnaient des enfants; ce sont les héros du temps jadis, ces hommes fameux.
Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à longueur de journée.
Le Seigneur se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre et il s'affligea dans son cœur.
Et le Seigneur dit : Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j'ai créés - et avec les hommes, les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel -, car je me repens de les avoir faits.
" Gn 6, 1-7

On voit qu'il y a quand même un lien, et que si la création toute entière s'est pervertie, l'arrivée de ces nephilim en est la cause. Sinon pourquoi lit-on que "Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme était grande" immédiatement à la suite de la présence nouvelle de ces êtres ?
Ce n’est pas parce qu’il y a eu, une seule fois, des néphilims de grande taille que tous étaient nécessairement de grande taille
Je suis d'accord, mais quand les hébreux arrivent en terre promise, ils trouvent bien des habitants qu'ils disent de grande taille et violents.
Il reste bien sûr possible de retenir plusieurs interprétations. Mais, chacune demande d’abord de réfléchir à la provenance des néphilims. Créatures humaines ou anges déchus ?
Je n'ai jamais dit que je pensais qu'ils étaient des anges ! Ni même une hybridation des anges avec des hommes, qui est une chose impossible. J'ai supposé une comparaison dans la chute seulement, pas dans la nature. Ce qu'ils sont, je ne sais, mais pour moi, il est clair qu'ils ne sont pas des êtres purement spirituels.
"Respondit Thomas et dixit ei : Dominus meus et Deus meus !", Jn 20, 28

Avatar de l’utilisateur
Xavi
Prætor
Prætor
Messages : 1343
Inscription : mar. 28 juil. 2009, 14:50

Re: Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar Xavi » mer. 03 avr. 2013, 16:27

"Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme était grande…
Et le Seigneur dit : Je vais effacer de la surface du sol les hommes que j'ai créés - et avec les hommes, les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel -, car je me repens de les avoir faits.
" Gn 6, 1-7

On voit qu'il y a quand même un lien, et que si la création toute entière s'est pervertie, l'arrivée de ces nephilim en est la cause. Sinon pourquoi lit-on que "Le Seigneur vit que la méchanceté de l'homme était grande" immédiatement à la suite de la présence nouvelle de ces êtres ?
Pourquoi pensez-vous qu’une « arrivée » des néphilims aurait causé la perversion de toute la création ? Il me semble que c’est plutôt les descendants d’Adam et Eve qui en sont la cause.

C’est la méchanceté de l’homme conscient du bien et du mal que Dieu me semble constater. C’est lui qui aurait dû gouverner le monde en communion avec Dieu.

Nulle part, il n’est question d’une arrivée des néphilims. Ils étaient là dès que les premiers humains créés à l’image de Dieu ont commencé à se multiplier.

Il me semble que les quatre versets parlant des néphilims ne sont pas liés uniquement à ceux qui précèdent et qui suivent qui concernent l’histoire de Noé.

Ces quatre premiers versets du chapitre 6 de la Genèse, qui nous parlent des néphilims, viennent s’intercaler dans le récit majeur entre Adam et Abraham : celui de Noé qui commence en Gn 5, 28 et s’achève seulement en Gn 9, 29. Il semble que ces quatre versets pourraient aussi bien se retrouver après le chapitre 3 ou le chapitre 4.

En effet, la durée de 120 ans qu’ils indiquent ne correspond pas aux « années » de vie beaucoup plus nombreuses attribuées aux humains dans les chapitres avoisinants. La mort de la chair est une conséquence directe du péché originel. Dieu ne laisse pas son souffle spirituel dans la chair déchue de manière illimitée. Cela aurait pu être dit immédiatement après le péché originel.

Vous noterez que Dieu parle d’effacer « les hommes que j’ai créés », ce qui me semble viser les descendants d’Adam et Eve créés à son image, et il me semble qu’il est plus exact, pour la suite, de comprendre que Dieu a aussi décidé de supprimer « les bestiaux, les bestioles et les oiseaux du ciel [qui sont] avec les hommes ».

Je suppose que vous n’imaginez pas que Noé a fait le voyage du pôle nord pour y chercher un couple de pingouins et d’ours blancs à embarquer dans son arche, ou un voyage au centre de l’Afrique pour y chercher un couple d’éléphants et de chimpanzés. Une vie entière n’aurait pas suffit pour rassembler un couple des milliers espèces animales de la planète.

Les animaux à embarquer dans l’arche sont classés selon leur pureté (7 couples de chacun des animaux purs) ou leur impureté (un seul couple de chaque espèce), soit selon un critère de la relation des animaux concernés avec les humains. Aucun animal, ni aucun oiseau sauvage n’est pur ou impur en soi. Il ne l’est que pour l’humain qui le côtoie.

Il me semble que le déluge nous est raconté par Noé ou l’un des siens. La terre, c’est celle qu’ils occupaient et qu’ils voyaient, mais non la planète entière. Les animaux à embarquer sont ceux avec lesquels ils vivaient sur cette terre. Il n’est nulle part question d’une grande chasse pour rassembler toutes les espèces animales susceptibles de se trouver à plus de vingt mille kilomètres alentour sur la planète, ni d’essayer d’attraper tous les oiseaux migrateurs de passage.

En nous parlant des néphilims, la Genèse nous confirme elle-même qu’il n’en était pas ainsi. Noé n’a pas embarqué de néphilims. La Genèse nous indique cependant qu’il y en avait avant le déluge et qu’il y en avait encore après.

Avatar de l’utilisateur
Didymos
Censor
Censor
Messages : 177
Inscription : lun. 25 juil. 2011, 14:33
Localisation : Archidioecesis Lugdunensis

Re: Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar Didymos » mer. 03 avr. 2013, 22:36

Vous avez sans doute raison. Il se peut que je ne comprenne pas bien le passage dont nous parlions.
En tous cas, vous me donnez un éclairage nouveau sur le déluge, avec le fait que Noé a certainement dû rassembler les espèces de son environnement immédiat, chose à laquelle je n'avais jamais pensé. Je me demandais depuis longtemps comment comprendre ce récit en le faisant coller à la réalité.
"Respondit Thomas et dixit ei : Dominus meus et Deus meus !", Jn 20, 28

Avatar de l’utilisateur
mike.adoo
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1326
Inscription : sam. 08 mai 2010, 11:37

Re: Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar mike.adoo » jeu. 04 avr. 2013, 11:31

Bonjour à tous et merci à Xavi pour sa présentation très intéressante qui sous-entend un travail de recherche certain et louable .

Voici un extrait du livre d' Hénoch qui est un apocryphe éclairant .

Chapitre 8
1. Azaël [var. É Azazel] enseigna encore aux hommes à faire des épées, des couteaux, des boucliers, des cuirasses et des miroirs ; il leur apprit la fabrication des bracelets et des ornements, l’usage de la peinture, l’art de se peindre les sourcils, d’employer les pierres précieuses, et toute espèce de teintures, de sorte que le monde fut corrompu.
2.L’impiété s’accrut ; la fornication se multiplia, les créatures transgressèrent et corrompirent toutes leurs voies.
3.[G Shemêhaza enseigna tous les sortilèges, tous les enchantements et les propriétés de racines.
4.Hermoni enseigna l’art de résoudre les sortilèges les exorcismes, la magie, la sorcellerie et les tours.
5.Baraqial enseigna l’astrologie.
6.Kokabiel enseigna les signes des étoiles.
7.Ziqiel enseigna l’astronomie.
8.Et Arataqif enseigna les signes de la terre. Shamshiel les signes du soleil, Sahriel les signes de la lune, et ils se mirent tous à révéler des mystères à leurs femmes.

Symboliquement , les Néphilims ( le nom Néphilim est déjà un pluriel ) ont apporté des connaissances aux hommes . Ce qu'il faut souligner , c'est que la connaissance , en soi , ne grandit pas l'homme . L'idée n'est pas nouvelle puisque il y a plusieurs siècles François Rabelais écrivait : Science sans conscience n’est que ruine de l’âme … ( pour ne pas dire " de l'homme " ) Ce texte est une mise en garde qu'il est urgent de méditer .

Je remercie Xavi d'avoir mis ce sujet sur le forum car il reflète bien l'actualité ... Notre génération sait-elle gérer ses connaissances ? Si nous en jugeons ( avec parcimonie ) par tous les scandales divulgués par les médias , on est en droit d'en douter !

Un seul exemple , les dérives de la PMA ... ( Procréation médicalement assistée ) ... Il faut se réjouir de constater que de nombreux manifestants s'expriment dans le bon sens .

L'espoir demeure .

Avatar de l’utilisateur
Xavi
Prætor
Prætor
Messages : 1343
Inscription : mar. 28 juil. 2009, 14:50

Re: Les Néphilims, ceux qui meurent avant d’être nés

Message non lupar Xavi » jeu. 04 avr. 2013, 11:57

Merci à Mike adoo pour son intervention. Nul doute que d’autres textes anciens et des faits actuels permettent des rapprochements.
En tous cas, vous me donnez un éclairage nouveau sur le déluge, avec le fait que Noé a certainement dû rassembler les espèces de son environnement immédiat, chose à laquelle je n'avais jamais pensé.
Cela tient à si peu : dans le texte hébreu de Gn 6, 7, Dieu dit : « je vais effacer l’humain que j’ai créé » puis, nous pouvons lire la suite de deux manières :
« de la surface du sol de l’humain » (ce qui limite l’action au territoire où vivent les humains) « jusqu’au bétail, jusqu’à tout animal qui bouge, et jusqu’aux oiseaux du ciel » (ce qui étend l’action à tous les vivants qui se trouve dans le seul territoire où vivent les humains)
ou
« de la surface du sol » (ce qui ne limite pas le territoire de l’action) « de l’humain jusqu’au bétail, jusqu’à tout animal qui bouge, et jusqu’aux oiseaux du ciel » (ce qui ne limite pas les créatures vivantes supprimées).
Je me demandais depuis longtemps comment comprendre ce récit en le faisant coller à la réalité.
Merci pour cette réflexion qui rejoint exactement la démarche qui me semble particulièrement nécessaire à notre époque.

Comment comprendre non seulement le récit de Noé mais tout le récit du début de la Genèse « en le faisant coller à la réalité » ?

Nous rejoignons là une des grandes invitations de notre Saint Père Benoît XVI concernant les nouveaux efforts nécessaires de l’herméneutique (l’interprétation des textes sacrés).

Une chose me semble évidente : en deux cents ans de travail exégétique, l’interprétation historico-critique a désormais donné tout ce qu’elle avait d’essentiel à donner. Si l’exégèse biblique scientifique ne veut pas s’épuiser à rechercher sans cesse de nouvelles hypothèses, devenant théologiquement insignifiantes, elle doit franchir un pas méthodologique supplémentaire et se reconnaître de nouveau comme une discipline théologique, sans renoncer à son caractère historique.
… elle constitue un mode déterminé de raisonner qui est historiquement conditionné, qui est susceptible de recevoir des corrections et des compléments, et qui en a besoin. Une telle exégèse doit reconnaître qu’une herméneutique de la foi, développée de manière juste, est conforme au texte et peut se conjuguer à une herméneutique historique consciente de ses propres limites, pour former un tout méthodologique.
Il va de soi que cette conjonction de deux genres d'herméneutique très différents l'un de l'autre est une tâche qui est à reprendre toujours de nouveau. Mais cette conjonction est possible, et par elle, les grandes intuitions de l'exégèse patristique pourront, dans un contexte neuf, porter à nouveau du fruit
Voilà une orientation lumineuse qui, je l’espère, sera suivie par beaucoup dans ce forum et ailleurs par un questionnement lucide et sans faux-fuyants.


Revenir vers « Écriture Sainte »



Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 3 invités