Le sort des enfants morts sans baptême ?

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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LumendeLumine
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Sort des enfants morts sans baptême

Message non lu par LumendeLumine » mar. 29 août 2006, 22:03

J'ai récemment posé la question à mon curé, et il m'a répondu que Rome avait récemment déclaré que les limbes n'existaient pas.

Tout ce que j'arrive à trouver sur Internet, pour le moment, est cette annonce qui date de 2005:

ROME, Jeudi 1er décembre 2005 (ZENIT.org) - La Commission théologique internationale prépare un document sur le sort des enfants morts sans le baptême.

Enfin, pour ce qui est du sort des enfants mots sans baptême, dans le cadre de la volonté de salut universel de Dieu, de la médiation unique de Jésus-Christ et du caractère sacramentel de l’Eglise, Mgr Levada avait souligné que « dans la saison actuelle de relativisme culturel et de pluralisme religieux, le nombre des enfants non baptisés augmente de façon considérable ».

L’Eglise est consciente, disait-il, que « le salut ne peut être atteint que dans le Christ, par l’Esprit Saint ».

Mais, « elle ne peut renoncer à réfléchir, en tant que mère et enseignante, sur le sort de tous les hommes créés à l’image de Dieu, et de façon particulière des plus faibles, et de ceux qui n’ont pas encore l’usage de la raison et de la liberté ».

Dans ce cadre, disait Mgr Levada, la discussion « a été très fructueuse et l’on peut espérer que dans un délai raisonnablement court, l’étude entreprise par la commission théologique aura un résultat positif en vue de la publication éventuelle d’un document à ce sujet ».



Qu'en est-il réellement à l'heure actuelle?
Merci

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Théophane
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Message non lu par Théophane » mer. 30 août 2006, 0:14

Le Cardinal Ratzinger parle des limbes dans son livre Entretiens sur la Foi. Si vous voulez je peux recopier le passage en question.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Message non lu par LumendeLumine » mer. 30 août 2006, 17:35

Ça ira pour moi, j'ai le livre, mais merci de me le signaler, je vais aller relire ce texte.

À mon avis la position de la scolastique était tout à fait cohérente et modérée et je serais fort perplexe si le Magistère déclaraient que les limbes n'existent pas. Après tout, c'est dire que soit ils vont en Enfer, soit au Paradis; et comme l'Enfer serait manifestement contraire à la Miséricorde divine, c'est finalement dire que tous les enfants morts sans baptême vont au Paradis. Donc c'est dire que le baptême n'est pas une véritable nécessité.

Métazét
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Message non lu par Métazét » mer. 30 août 2006, 17:53

La doctrine des Limbes est également contraire à la Miséricorde Divine puisque, quoique sans souffrance positive, cet état est supposé ne pas comporter la supposée joie parfaite de l'union avec Dieu. Or, puisque les enfants morts sans baptême ne sont pas responsables de cet état, il serait injuste qu'ils aillent dans les Limbes. Mais bien entendu, il serait aussi injuste et contraire à la Miséricorde Divine qu'ils aillent au Paradis, tandis que s'ils avaient vécu, ils seraient peut-être devenus de vils mécréants comme moi ;-)

A mon avis, si l'Eglise Romaine veut "sauver" la Miséricorde Divine et/ou la nécessité du baptême, elle doit encore trouver autre chose que les Limbes ou l'alternative Enfer/Paradis...

Cordialement,

Mikaël
« La majorité des philosophes n'a pas de courage ; ils commencent par avaler les principes essentiels du code actuel : monogamie, structure familiale, continence, tabous corporels, restrictions concernant l'acte sexuel et la suite, puis ils chipotent sur les détails… jusqu'à des sottises telles que de savoir si la vue de la poitrine féminine est obscène ou non. » (Robert Heinlein, En terre étrangère)

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François-Xavier
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Message non lu par François-Xavier » mer. 30 août 2006, 18:43

Je ne crois pas, Métazet : la question de la mise en question de la doctine des limbes va beaucoup plus loin que cette question de "sauver" ou non la question de la miséricorde divine.

Cela fait appel à des références eschatologiques, et sur le jugement particulier, i.e. la rencontre avec le Christ au moment de la mort.

C'est en réalité la même question que celle du salut des hommes avant la venue du Rédempteur. Pour expliquer la position - faut il le rappeler : intelligente ! - de la commission théologique internationale, il faut maîtriser quelques concepts en théologie. Je pense qu'une véritable réponse devra suivre. Avec des arguments théologiques solides.

D'ici là, réservons notre opinion, qui ne peut pas se réduire à une idée de "sauver les meubles". Soyons sérieux.

En avant goût, on se référera à l'article correpondant dans le CEC :
Catéchisme de l'Eglise Catholique a écrit :632 Les fréquentes affirmations du Nouveau Testament selon lesquelles Jésus " est ressuscité d’entre les morts " (Ac 3, 15 ; Rm 8, 11 ; 1 Co 15, 20) présupposent, préalablement à la résurrection, que celui-ci soit demeuré dans le séjour des morts (cf. He 13, 20). C’est le sens premier que la prédication apostolique a donné à la descente de Jésus aux enfers : Jésus a connu la mort comme tous les hommes et les a rejoints par son âme au séjour des morts. Mais il y est descendu en Sauveur, proclamant la bonne nouvelle aux esprits qui y étaient détenus (cf. 1 P 3, 18-19).

633 Le séjour des morts où le Christ mort est descendu, l’Écriture l’appelle les enfers, le Shéol ou l’Hadès (cf. Ph 2, 10 ; Ac 2, 24 ; Ap 1, 18 ; Ep 4, 9) parce que ceux qui s’y trouvent sont privés de la vision de Dieu (cf. Ps 6, 6 ; 88, 11-13). Tel est en effet, en attendant le Rédempteur, le cas de tous les morts, méchants ou justes (cf. Ps 89, 49 ; 1 S 28, 19 ; Ez 32, 17-32) ce qui ne veut pas dire que leur sort soit identique comme le montre Jésus dans la parabole du pauvre Lazare reçu dans " le sein d’Abraham " (cf. Lc 16, 22-26). " Ce sont précisément ces âmes saintes, qui attendaient leur Libérateur dans le sein d’Abraham, que Jésus-Christ délivra lorsqu’il descendit aux enfers " (Catech. R. 1, 6, 3). Jésus n’est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés (cf. Cc. Rome de 745 : DS 587) ni pour détruire l’enfer de la damnation (cf. DS 1011 ; 1077) mais pour libérer les justes qui l’avaient précédé (cf. Cc. Tolède IV en 625 : DS 485 ; Mt 27, 52-53).

634 " La Bonne Nouvelle a été également annoncée aux morts... " (1 P 4, 6). La descente aux enfers est l’accomplissement, jusqu’à la plénitude, de l’annonce évangélique du salut. Elle est la phase ultime de la mission messianique de Jésus, phase condensée dans le temps mais immensément vaste dans sa signification réelle d’extension de l’œuvre rédemptrice à tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux, car tous ceux qui sont sauvés ont été rendus participants de la Rédemption.

635 Le Christ est donc descendu dans la profondeur de la mort (cf. Mt 12, 24 ; Rm 10, 7 ; Ep 4, 9) afin que " les morts entendent la voix du Fils de Dieu et que ceux qui l’auront entendue vivent " (Jn 5, 25). Jésus, " le Prince de la vie " (Ac 3, 15), a " réduit à l’impuissance, par sa mort, celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable, et a affranchi tous ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort " (He 2, 14-15). Désormais le Christ ressuscité " détient la clef de la mort et de l’Hadès " (Ap 1, 1Cool et " au nom de Jésus tout genou fléchit au ciel, sur terre et aux enfers " (Ph 2, 10).

Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles (...). Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va pour délivrer de leurs douleurs Adam dans les liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils (...) ‘Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts’ (Ancienne homélie pour le Samedi Saint : PG 43, 440A. 452C. 461).

EN BREF

636 Dans l’expression " Jésus est descendu aux enfers ", le symbole confesse que Jésus est mort réellement, et que, par sa mort pour nous, il a vaincu la mort et le diable " qui a la puissance de la mort " (He 2, 14).

637 Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui l’avaient précédé les portes du ciel.

In illo tempore
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Message non lu par In illo tempore » mer. 30 août 2006, 20:50

Louis Bouyer dans son dictionnaire théologique a écrit :Limbes

De limbus, qui désigne en latin le bord d'un vêtement, le mot en est venu, à partir du XIIIe siècle, à être appliqué à un lieu et un état intermédiaires où pourraient se trouver dans l'éternité ceux, comme les enfants morts sans baptême, qui ne seraient point parvenus à la grâce rédemptrice mais n'auraient d'autre part aucune faute personnelle. A la suite de saint Thomas (ln IV Sent., lib. II, dist. 23, q. 11, a. 2 et dist. 45, q. 1, a. 2; cf. De Malo, q. 5, a. 2 et 3), la plupart des théologiens modernes tendent à admettre que, tout en étant privés de la béatitude surnaturelle, ces êtres, non seulement n'auraient pas de souffrance positive, mais jouiraient d'un bonheur naturel. L'Église ne s'est jamais prononcée sur cette question.

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Message non lu par Jean-Yves TARRADE » ven. 22 sept. 2006, 9:10

Cette question est très bien traité par le théologien Arnaud Dumouch dans son livre "L'heure de la mort". ‘Nihil Obstat et Archevêché de Paris)

Vous pouvez le consulter en ligne sur son site :

http://eschatologie.free.fr/

(ou commander la version papier)

Le chapitre sur les enfants morts sans baptême est ici :

http://eschatologie.free.fr/heuremort/9limbes.htm
MERCI D'AVOIR REPONDU A MON APPEL !

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Les Limbes aux oubliettes?

Message non lu par Deo Gratias » jeu. 05 oct. 2006, 20:42

J'ai lu sur I-media,que l'Eglise pourrait abandonner l'hypothèse des Limbes.Quelqu'un a t-il d'autres informations?Qu'en pensez-vous?
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Message non lu par Théophane » jeu. 05 oct. 2006, 23:37

Dans son livre Entretien sur la Foi le Cardinal Ratzinger rappelle que les limbes n'ont jamais été une vérité de Foi et que c'est même une hypothèse très négligeable d'un point de vue théologique.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Le sort des enfants morts sans baptême ?

Message non lu par dany571 » lun. 11 déc. 2006, 11:28

Bonjour,

Un prêtre disait à une femme qui désespérait d'avoir avorté : "Votre enfant est au ciel"

Qu'en penser, peut-on affirmer cela ?

Sinon, un bon site sur le sujet :
http://www.sos-tout-petits.org/

Dany

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Message non lu par el Padrecito » lun. 11 déc. 2006, 13:45

Bonjour Dany,

Je pense qu'en disant cela, il n'a pas tort.

De toute façon, l'enfant étant sans péché et victime, ne peut-être qu'avec le Seigneur, ensuite Ciel ou autre...

Je me renseignerai un peu plus et vous tiendrez au courant de la position de l'Eglise sur la question.

Quentin.
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Message non lu par el Padrecito » mar. 12 déc. 2006, 22:03

Bien sûr que ces enfants portent le péché originel, puisque seule Marie ne l'a pas connu.

Cela dit, comme le dit le CEC au numéro 1261: "
Quant aux enfants morts sans Baptême , l'Eglise ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu, comme elle le fait dans le rite des funérailles pour eux. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés (cf. 1Tm 2,4), et la tendresse de Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire: "Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas" (Mc 10,14), nous permettent d'espérer qu'il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême. D'autant plus pressant est aussi l'appel de l'Eglise à ne pas empêcher les petits enfants de venir au Christ par le don du saint Baptême."

Donc tout comme Notre Sainte Mère l'Eglise, j'espère que le seigneur dans Son Infinie Miséricorde a prévu pour ses millions d'enfanst qui ne naîtront jamais ou qui naissent sans baptême une "issue de secours" pour qu'eux aussi ne soient pas coupés de la Béatitude éternelle, surtout qu'ils ne sont pas responsables ou coupables de quoi que ce soit.

Fraternellement.

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Message non lu par Boris » mer. 13 déc. 2006, 16:28

CEC 2283 a écrit :On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager par les voies que lui seul connaît, l'occasion d'une salutaire repentance. L'Eglise prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie.
Et ça c'est dans le cas du suicide. Alors combien plus le Bon Dieu est prêt à accueillir un petit enfant qui n'a pas connu la vie hors du corps de sa mère.
UdP,
Boris

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Message non lu par dany571 » mer. 13 déc. 2006, 19:02

La Bible montre que l'âme est donnée dès la conception (Ps. 139:13-16)... mais il faudrait des recherches plus poussées sur ce sujet important...


Dany

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Message non lu par el Padrecito » mer. 13 déc. 2006, 19:20

Bonsoir Dany,

Qu'entendez-vous par: "mais il faudrait des recherches plus poussées sur ce sujet important..."

Car au point de vue magistériel, il n'y a pas de recherches à attendre, c'est clair, dès la conception, c'est-à-dire quand il y a fécondation, naît l'embryon et donc une nouvelle personne humaine. Une personne créée à l'image de Dieu, à qui Dieu donne la vie comme à chacun de nous.

Fraternellement.

Quentin.
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Quentin.

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