La Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX)

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jeanbaptiste
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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par jeanbaptiste » dim. 13 mai 2012, 16:50

Vous semblez dire que critiquer la messe "non extra", c'est-à-dire sauf erreur de compréhension de ma part, "ordinaire", est de l'irrespect envers Vatican II?
Ça n'est pas ce que j'ai dit. Et encore, tout dépend ce que vous entendez par "critiquer" la messe ordinaire. C'est un terme bien large.

Qu'ai-je dit ?
Sur ce forum le respect du à Vatican II, comme élément de la Tradition de l'Église, n'est pas une option.
1) je n'ai pas parler de la messe ordinaire mais de Vatican II

2) Je n'ai même pas dit qu'il était interdit de "critiquer", j'ai simplement rappelé qu'un minimum de respect pour ce concile était requis en ces lieux.

Car enfin à quoi répondais-je ?

1) Au ton méprisant de cathobaro employé envers tout ce qui touche de près ou de loin à l'Église "postconciliaire".

2) À son insinuation selon laquelle il n'est de "précompréhension" possible que si l'on a été formé à la messe extra et à la "prédication tridentine" (propos fort vagues mais on comprend au moins qu'ils ne sont pas favorables au catholique "ordinaire").

Je n'ai répondu à rien d'autre, et mes propos n'allaient pas plus loin que cela.

En résumé : je ne demande pas qu'il change d'opinion, mais juste qu'il fasse preuve d'un peu plus de courtoisie et use de procédé moins ignobles que celui qui consiste à proposer à la vindicte populaire un évêque uniquement pour soutenir une idée.

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Romanus » dim. 13 mai 2012, 17:57

Griffon a écrit : Il est faux de prétendre que la FSSPX est dans l'Eglise.
Sinon, il ne serait plus nécessaire de prier pour une unité retrouvée.
La préposition « dans » induit une image spatiale. L'encyclique « Ut unum sint » aborde « les valeurs ecclésiales présentes chez les autres chrétiens »(1) qui permettraient de cartographier les choses avec des frontières moins rigides et plus en pointillés.

La communauté lefebvriste fait donc peut-être partie de ces « Églises (...) nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut »(2), avec lesquelles il existe une « base objective de communion »(3) dont parle Jean-Paul II dans la même encyclique.

Par ailleurs, l'Église (au singulier) est une chose à « vouloir », donc non obtenue : « vouloir l'unité signifie vouloir l’Église; vouloir l’Église signifie vouloir la communion de grâce qui correspond au dessein du Père de toute éternité »(4).

L'Église (au singulier) ne se confond pas avec l'Église catholique. La première est présente mystiquement dans la seconde : « La constitution Lumen gentium, dans une de ses affirmations fondamentales que reprend le décret Unitatis redintegratio, écrit que l'unique Église du Christ est présente dans l'Eglise catholique »(5).

La déclaration Dominus Iesus indique aussi à propos des Églises orthodoxes ou autres qui n'acceptent pas la primauté de Rome, sous condition de succession épiscopale et d'eucharistie valides : « l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises »(6), ce qui est une nuance importante face à la notion de « schisme ». Le schisme ne rompt donc pas le lien entre le Christ et les fidèles concernés. Le schisme ne rompt donc pas la « base objective de communion ». Le haut du vase est peut-être un peu fêlé, mais la base reste intacte. C'est cette image imparfaite que les chrétiens présentent au monde aujourd'hui.

(1) Ut Unum Sint, 10
(2) Ut Unum Sint, 10
(3) Ut Unum Sint, 11
(4) Ut Unum Sint, 9
(5) Ut Unum Sint, 10
(6) Dominus Iesus, 17

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Griffon » dim. 13 mai 2012, 19:05

D'accord, Romanus,

Mais ce n'est pas la question.

Vous mêlez un peu la notion d'Eglise du Christ et d'Eglise catholique, non ?
L'Eglise du Christ subsiste dans l'Eglise catholique.
Dans les églises "détachées", cette présence est partielle et parcellaire.

Un autre point.
On n'a jamais entendu un orthodoxe prétendre faire partie de l'Eglise catholique.
Mais si c'était le cas, et que je relèverais l'erreur, m'auriez-vous fait le même discours ?

Les choses sont bien tristes.
Je ne souhaite pas alourdir le débat.
Mais il faut regarder la réalité en face ; il ne sert à rien de la nier.

Cordialement,

Griffon.
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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Pacem » dim. 13 mai 2012, 19:35

@Romanus : Excellent résumé. :clap:

Je crois que nous sommes tous d'accord pour dire qu'il existe bien une « base objective de communion ». On parlait de seulement 5% du concile Vatican II qui font la différence.

La Fraternité veut effectivement l'unité de l'Église chrétienne ; non-pas par consensus, mais par raison au regard de l'enseignement catholique. C'est-à-dire que l'Église idéalement unifiée serait catholique uniquement (Et unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam), les autres branches chrétiennes ayant reconnu et renoncé à leurs erreurs. Ce qui est en accord avec la constitution Lumen gentium et le décret Unitatis redintegratio cité.
Griffon a écrit :Pour être dans l'Eglise, il suffit de se soumettre au pape. [...] Du point du vue traditionnel, l'Eglise se trouve du côté du pape. [...]
Je ne crois pas que le schisme soit simplement un désaccord ou une désobéissance à l'égard du pape, sinon, bien des communautés dites « en communion avec l'Église » seraient bien d'avantage schismatiques que la Fraternité St Pie X. J'imagine (si quelqu'un pouvait confirmer ou contredire) que, dans l'histoire de l'Église, des papes ont proféré des erreurs que le reste de l'Église n'a pas suivi, se trouvant du coup en désaccord avec le pape...
En revanche, je croirais plus volontiers que le sédévacantisme ou la négation de la papauté en soit un (un schisme).
“Pone, Domine, custodiam ori meo, et óstium circumstántiæ lábiis meis: ut non declinet cor meum in verba malítiæ, ad excusándas excusatiónes in peccátis.”
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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Pacem » dim. 13 mai 2012, 19:57

Griffon a écrit :D'accord, Romanus,
Mais [...] Vous mêlez un peu la notion d'Eglise du Christ et d'Eglise catholique, non ?
L'Eglise du Christ subsiste dans l'Eglise catholique.
Dans les églises "détachées", cette présence est partielle et parcellaire. [...]
Il me semble que l'Église catholique (pas l'église chrétienne au sens large) est constituée de :
  • - L'Eglise Militante : ceux comme nous qui sont sur la terre
    - L'Eglise Triomphante : les saints déjà au Ciel après une vie exemplaire,
    - L'Eglise Souffrante : les morts qui n'ont pas vécu assez saintement pour aller directement au Paradis et qui sont au Purgatoire en attentant que leurs péchés soient effacés.
Vous voulez dire que "les églises détachées" font partie de L’Église Militante ? Dans ce cas, peut-on dire qu'une église proche de l'enseignement catholique, professant une erreur fondamentale telle que le baptême, fasse partie de ces "églises détachées" ?
Je ne le crois pas : cela reviendrait à dire que l'Église catholique se trompe autant que les églises proches d'Elle...
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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par archi » dim. 13 mai 2012, 20:48

jeanbaptiste a écrit :Qu'ai-je dit ?
Sur ce forum le respect du à Vatican II, comme élément de la Tradition de l'Église, n'est pas une option.
1) je n'ai pas parler de la messe ordinaire mais de Vatican II

2) Je n'ai même pas dit qu'il était interdit de "critiquer", j'ai simplement rappelé qu'un minimum de respect pour ce concile était requis en ces lieux.

Car enfin à quoi répondais-je ?

1) Au ton méprisant de cathobaro employé envers tout ce qui touche de près ou de loin à l'Église "postconciliaire".

2) À son insinuation selon laquelle il n'est de "précompréhension" possible que si l'on a été formé à la messe extra et à la "prédication tridentine" (propos fort vagues mais on comprend au moins qu'ils ne sont pas favorables au catholique "ordinaire").

Je n'ai répondu à rien d'autre, et mes propos n'allaient pas plus loin que cela.

En résumé : je ne demande pas qu'il change d'opinion, mais juste qu'il fasse preuve d'un peu plus de courtoisie et use de procédé moins ignobles que celui qui consiste à proposer à la vindicte populaire un évêque uniquement pour soutenir une idée.
Bon, je vous ai sans doute mal interprété. Je dois dire que je ne voyais pas d'autre lien entre la "messe extra et la prédication tridentine" d'une part, "Vatican II" d'autre part.

Ceci dit, il me semble que ce débat part dans tous les sens et que la charité en est absente de part et d'autre. Je n'ai pas été exemplaire non plus de ce point de vue, mes derniers messages étaient inutilement agressifs.
Je m'étais d'ailleurs promis de ne pas intervenir dans ce fil piégé et j'ai fini par me laisser entraîner... je le regrette et ce sera donc mon dernier message dans ce fil.

Il est indéniable qu'il y a eu une crise grave dans l'Eglise après le Concile, qui n'est pas terminée: abandon par beaucoup de la vie chrétienne, de la règle et de l'habit pour les religieux, révolution liturgique, délires théologiques... Il me semble difficile de reprocher à Mgr Lefebvre d'avoir tenu fermement à ce qu'il avait reçu, et on ne peut trouver qu'avant Benoît XVI, l'attitude de Rome (considérée de façon globale) à son égard ait été exemplaire. A-t-il eu tort de sacrer des évêques en 1988? Je l'ai toujours pensé et pourtant... je ne sais pas quelle décision j'aurais pris à sa place. Je n'y étais pas et il est toujours plus facile de juger rétrospectivement. Il me semble donc nécessaire de faire preuve d'indulgence envers les positions d'autrui.

D'où la situation actuelle. Certains se battent pour savoir si la FSSPX est dans ou en-dehors de l'Eglise. A voir l'absence de jugement clair de Rome elle-même, les décisions disciplinaires (sur les mariages, sur l'autorisation d'assister à une messe FSSPX, etc...) dans les 2 sens, il me paraît surtout clair qu'elle est "le cul entre 2 chaises" si vous me permettez l'expression.

Reste le problème de l'esprit schismatique engendré par la séparation, et qu'il est facile de percevoir chez beaucoup de membres de la Fraternité, certains ayant des positions ressemblant de trop près au sédévacantisme pour qu'on puisse l'ignorer. C'est normal, la fossé a tendance à s'élargir de lui-même. D'où l'urgence, bien compris par notre Saint Père, de mettre fin à cette situation.

Aujourd'hui, nous voyons les tensions internes à la Fraternité apparaître au grand jour, suite notamment à cet échange entre le Supérieur et les 3 autres évêques qui a filtré sur Internet (procédé d'ailleurs plus que douteux de la part de l'auteur inconnu mais visiblement opposé aux accords, cet auteur étant supposé être chrétien). Certains sont farouchement opposés à toute réconciliation. Le Pape et le Supérieur Général parviendront-ils à un accord malgré tous ceux qui feraient tout pour les en empêcher? Ceux de la FSSPX qui sont opposés conserveront-ils l'obéissance à leur Supérieur Général? Je ne suis pas devin et je ne peux que prier pour que la majeure partie du troupeau rentre au bercail.

Il est clair, je pense, que ceux qui ne suivront pas ce chemin, seront cette fois-ci schismatiques pour de bon, n'auront plus rien à apporter à l'Eglise, et risquent une dérive accélérée vers des mouvements très borderline.

Prions donc pour que l'accord réussisse et qu'il soit suivi par le plus grand nombre. Nous aurons toutes les occasions de reprendre nos chamailleries après.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Griffon » dim. 13 mai 2012, 20:52

C'est ça, Archi,
Prions !

Il n'y a rien d'autres a dire.

En udp,

Griffon.
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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Pacem » dim. 13 mai 2012, 21:33

archi a écrit :[...] Je m'étais d'ailleurs promis de ne pas intervenir dans ce fil piégé et j'ai fini par me laisser entraîner... je le regrette et ce sera donc mon dernier message dans ce fil. [...]
Piégé !? :-@ :cry:
Sinon, je suis d'accord avec votre conclusion.
Au plaisir de vous relire. :ciao:
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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par cathobaro » dim. 13 mai 2012, 23:02

jeanbaptiste a écrit :
Le problème avec ce genre d'esprit c'est la compréhension préalable, la précompréhension, et cela est vraiment très difficile sans messe extra et prédication tridentines
En fait vous nous expliquez que le catholique accomplit ne peut être que celui qui se rend à la messe "extra" ?

Je vous rappelle que ce site a pour vocation l'intelligence de la foi dans le respect du Magistère et de la Tradition de l'Église, et ce Vatican II compris.

Sur ce forum le respect du à Vatican II, comme élément de la Tradition de l'Église, n'est pas une option.
Non c'eSt un malentendu: c'est pour traiter du problème fsspx et des demandes de forme extra que l'expérience approfondie est nécessaire

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par cathobaro » dim. 13 mai 2012, 23:24

Griffon a écrit :
C'est intéressant de voir comme vous vous présentiez comme la référence.
Monseigneur est en est sans doute bien loin, c'est vrai.
Mais il est évêque de l'Eglise catholique, apôtre du Christ.
Sa référence, la nôtre aussi, c'est le Christ et l'Eglise.

Sans doute, tout le monde porte-t-il quelques lunettes.
Les vôtres sont bien sales.
Sales du mépris affiché pour un évêque catholique et pour la messe ordinaire.
Sales de votre référence idéologique à une fraternité en réaction avec l'Eglise, le pape et tout le magistère

Griffon.[/color]
Attention je n'attaque pas la forme ordi mais la messe à gogo qui en est une déviation et un abus, et que la forme extra aide à corriger. Et le mépris répond au mépris de cet évêque pour la forme extra et donc pour l'église. Et le problème fsspx est d'abord un problème local, une réaction corrective locale; c'est là le fond et le contexte même s'il est vrai que la fsspx a souvent dirigé ses diatribes contre rome.
Ca n'empêche pas que si on est aux prises avec le brésilien la fsspx ne rende un service liturgique et catéchétique irremplacable, malgré d'autres erreurs théoriques moins graves. C'est un canot de sauvetage imparfait et temporaire dont on n'a d'ailleurs nullement besoin si on a la fssp ou l'ibp ou certaines communautés nouvelles. Mais le brésilien voudra t il de l'ibp? Là est la question.

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Jean-Mic » dim. 13 mai 2012, 23:30

à cathobaro :
Votre grandeur d'âme fait chaud au coeur :mal: .
Grâce à votre hauteur de vue, nous sommes plus proches que jamais de la réconciliation :-@ .

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par jeanbaptiste » dim. 13 mai 2012, 23:50

Non c'eSt un malentendu: c'est pour traiter du problème fsspx et des demandes de forme extra que l'expérience approfondie est nécessaire
Merci, je comprends mieux. C'est tout à fait juste. Mais c'est également vrai en "sens inverse" : pour pouvoir bien "critiquer" la messe ordinaire il est préférable d'en avoir une expérience également approfondie ;)

Cela dit je reconnais qu'il y a sur ce point un déséquilibre entre les deux formes :

1) La messe extraordinaire bénéficie de plus de quatre siècles de mise en pratique. De plus, comme elle est à la fois minoritaire et, d'une certaine manière "identitaire", les personnes qui célèbrent selon cette forme sont d'autant plus "scrupuleux".

2) La messe ordinaire est jeune et est née dans un contexte tumultueux. Il est indéniable que les abus sont encore trop nombreux et ancrés (mais ça s'arrange progressivement !), aussi il est bien difficile (surtout avec les traductions actuelles... mais ça s'arrange aussi !) de la voir sous son "vrai visage".

Cela nous ramène au sujet, et notamment à Summorum Pontificum : la réintégration des intégristes c'est le signe de ce qui avait été demandé par le pape : se mettre au contact des deux formes, nous tous.

C'est la seule manière de retrouver notre histoire, notre héritage, et donc cette "expérience liturgique" pour les uns (ceux qui vont à la messe "ordinaire"), et de "revenir dans l'histoire" pour les autres (messe "extra"). Je veux dire par là que la messe "extra" est par définition "figée". Le calendrier ne correspond plus au calendrier "actuel". Et puis, de toute manière, la forme "ordinaire" reste la forme "ordinaire", il est quand même regrettable de se couper de la forme ordinaire du rit de notre Église.

Évidemment, tout cela est dit bien sommairement et exigerait des développements plus "subtils". Ce qui me semble important, c'est que, de la même manière qu'il est bon et souhaitable que des frères séparés reviennent dans l'Église et apportent avec eux ce qu'ils ont de bon. De la même manière il est bon et souhaitable que l'on se mettre autant que possible à l'écoute des deux formes du rit romain si nous voulons nous comprendre, et comprendre notre liturgie.

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Cinci » lun. 14 mai 2012, 1:55

Romanus,
Le schisme ne rompt donc pas le lien entre le Christ et les fidèles concernés. Le schisme ne rompt donc pas la « base objective de communion ». Le haut du vase est peut-être un peu fêlé, mais la base reste intacte. C'est cette image imparfaite que les chrétiens présentent au monde aujourd'hui.

Archi,
Il me semble difficile de reprocher à Mgr Lefebvre d'avoir tenu fermement à ce qu'il avait reçu, et on ne peut trouver qu'avant Benoît XVI, l'attitude de Rome (considérée de façon globale) à son égard ait été exemplaire. A-t-il eu tort de sacrer des évêques en 1988? Je l'ai toujours pensé et pourtant... je ne sais pas quelle décision j'aurais pris à sa place. Je n'y étais pas et il est toujours plus facile de juger rétrospectivement. Il me semble donc nécessaire de faire preuve d'indulgence envers les positions d'autrui.

Puis voici (notre culture générale) ce que le Cardinal Journet écrivait :

  • «En définissant le schisme lui-même ex parte operis, nous avons dit que c'est de soi, directement, qu'il vise à détruire l'unité de l'Église. Mais à regarder la préoccupation du schismatique, ex parte operantis, les théologiens ont noté que le refus de l'unité de l'Église peut être direct ou indirect. Il est direct si la volonté se porte à ce refus comme à son objet immédiat et explicitement voulu; il est indirect si la volonté se porte directement et comme à son objet, non vers le refus de communion, mais vers une chose qui, voulue ainsi, recherchée ou poursuivie dans ces conditions, entraîne la rupture de la communion : cela serait le cas, par exemple, d'une Église locale qui voudrait changer les rites et des sacrements sans consulter l'Église universelle et son chef... A la limite on aurait le cas du schimatique malgré lui, moins chimérique qu'on ne pense : de l'homme qui ne veut pas se séparer de l'unité mais qui fait des choses telles ou de telle manière, et qui s'obstine à les faire de telle sorte que la rupture de l'unité s'ensuive fatalement : cas type, au moins au point de vue psychologique, celui de Döllinger, qui protesta toujours de sa volonté de rester dans l'unité et ne voulut jamais accepter l'étiquette de vieux-catholique.

    p. 1365


    On ne comprend le schisme que par rapport à ce qu'il détruit. Il détruit la charité sacramentelle et orientée en tant qu'elle produit l'unité de l'Église, l'unité de communion. D'où vient cette charité sacramentelle et orientée ?

    Elle découle de l'Esprit Saint, pris ici pour la Trinité tout entière, et passe à travers le Christ, qui est la Tête, pour déborder sur l'Église, qui est son Corps. Mais le Christ meut son Église de deux manière.

    En tant que principe de l'amour, il la meut de l'intérieur et mystiquement, versant en elle les grâces sacramentelles par lequelles nous sommes incorporés à lui et devenons membres les uns des autres. Voilà l'unité de connexion, faite : 1° de la soumission des membres à l'égard du Christ, qui est Tête; 2° d'une mutuelle interdépendance des membres entre eux, d'où résulte l'Église, qui est le Corps. Et plus le lien de soumission devient profond, plus le lien d'interdépendance devient puissant.

    En tant que principe de la révélation, le Christ meut son Église en l'instruisant du dehors et prophétiquement, pour lui proposer, par lui-même et par la médiation du magistère apostolique, les voies où elle doit s'engager. Que cet enseignement soit écouté et intériorisé, et voilà l'unité d'orientation, qui elle aussi a le double effet : 1° de nous incorporer au Christ, à qui elle nous soumet cette fois-ci en tant que Docteur de vérité; 2° de nous rendre membres copartageants d'une même vérité.

    L'unité de connexion résultant de l'invasion de la grâce sacramentelle sanctifiante et par laquelle l'Église est una, et l'unité d'orientation, résultant de l'Intériorisation de la vérité prophétique, et par laquelle l'Église est sub uno, s'appellent l'une l'autre pour former ce qui mérite au sens plein le nom d'unité de communion. L'unité de connexion, qui est l'unité première et suprême, resterait en effet incapable de se déployer sans l'unité d'orientation : et celle-ci resterait vaine sans la charité dont elle est régulatrice. C'est leur fusion qui rend possible l'unité de communion, propre à l'Église, comme Corps et Épouse du Christ : l'Église ne pouvant être pleinement una que lorsqu'elle sub uno.

    p. 1367



    La conception traditionnelle

    En commentant le «qu'ils soient un comme nous sommes un» (Jean XVII, 22), le quatrième concile de Latran définit l'unité de l'Église comme «une union de charité dans la grâce, unio caritatis in gratia». La charité qui unit l'Église, c'est bien la charité théologale, pour autant, précisons-le, qu'elle est sacramentelle et orientée.

    Le schisme est un péché contre la charité théologale. C'est le péché qui détruit la charité en tant qu'elle fait l'unité de l'Église :«Le péché de schisme, dit saint Thomas, est un péché spécial : il sépare de l'unité que fait la charité quand elle rassemble, non seulement des personnes privées par un lien de dilection spirituelle, mais l'Église entière dans l'unité de l'Esprit saint».

    [...]

    Tout péché mortel détruit la charité quant à tous ses effets possibles; soit, et il faut conclure que les pécheurs sont incapables, en raison des seules ressources qui subsistent encore en eux, de produire l'unité de l'Église. Cependant, tout péché ne détruit pas la charité d'une unique manière : l'adultère la détruit en tant qu'il s'attaque aux biens du mariage, et l'homicide à la vie du prochain; mais à regarder la visée de leur acte, ex parte operis, ni l'adultère ni l'homicide ne s'attaquent directement à l'unité ecclésiastique. Ils ne refusent pas d'appartenir à cette unité. Ils peuvent même fort bien, en vertu de l'incohérence inhérente à tout péché, ne vouloir lui nuire en rien. C'est ce qui explique leur condition.

    S'ils sont incapables de figurer dans la trame de l'unité en raison des seules valeurs chrétiennes qui subsistent encore en eux , ils restent capables néanmoins d'y figurer absolument parlant, simpliciter, en raison d'un secours extrinsèque qui continue de leur arriver. Car la charité sacramentelle et orientée, qui réside premièrement et immédiatement dans les membres justes, continue, sous la motion de l'Esprit saint et du Christ, de déborder sur eux (en considération des valeurs chrétiennes qui subsistent encore en eux et de leur volonté non reniée d'appartenir à l'Église) pour les pénétrer de son influence formatrice instrumentale et les faire conspirer, dans une certaine mesure, au vrai bien de l'Église. Ainsi, des pécheurs sont dans la trame de l'unité de l'Église, non à raison de leur péché, mais en raison du débordement sur eux de la charité des justes auxquels ils restent liés.

    Mais ces pécheurs peuvent encore pécher. Ils peuvent offenser la charité sacramentelle et orientée en tant même qu'elle fait l'unité de l'Église, en tant même que, sous la motion de l'Esprit saint et du Christ, elle agit premièrement dans les justes et extensivement dans les pécheurs pour former l'Église. A ce moment, l'influence de cette charité qui débordait en eux les abandonne. Ils se disjoignent de l'unité de charité, de l'unité de communion. Voilà le péché de schisme.

    p.1362


(à suivre)

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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Cinci » lun. 14 mai 2012, 1:59

  • ... tant qu'un chrétien, pécheur, n'est pas schismatique, il y a, de ce fait, plus en lui que ce dont il est lui-même le principe suffisant : une motion instrumentale de cette charité sacramentelle qui unifie l'Église et fait d'elle l'Épouse du Christ , passe en outre à travers lui pour le soulever vers des fins plus hautes. [....]

    Les chrétiens pécheurs peuvent donc continuer d'être membres de l'Église. Ce n'est qu'en rompant l'unité de comportement social qu'ils deviennent schismatique.

    p. 1361

    ... tout d'abord le caractère sacramentel fondamental du baptême et, éventuellement, les deux autres caractères sacramentels. Mais ces caractères subsistent chez les hérétiques, dont tout le monde s'accorde à dire qu'ils ne sont plus membres de l'Église. Les caractères sacramentels sont donc, sans aucun doute, présupposés à l'unité de l'Église - sans eux tout le culte chrétien s'écroulerait - mais sans pouvoir la constituer. D'où la nécéssité d'un nouvel élément.

    La foi théologale, qui peut subsister dans les pécheurs à l'état informe, sans la charité. Suffit-elle à les constituer membres de l'Église ? En d'autre termes, l'unité spécifique de l'Église résulte-t-elle, à titre présupposé des caractères sacramentels, et à titre direct de la foi théologale informe ? Certains théologiens de grand renom l'ont cru. Et, en conséquence, ils ont déclaré, comme Suarez, que les schismatiques, tant qu'ils ne sont que schismatiques et n'ont pas glissé à l'hérésie, sont encore membres de l'Église : il ne leur manque en effet ni les caractères sacramentels, ni la foi théologale. Mais cette opinion, combattue par tous les théologiens subséquents, est étrangère au sentiment universel qui recquiert pour l'appartenance pure et simple à l'Église, autre chose et plus que la foi.

    p. 1360

Cinci
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Re: Réconciliation entre Benoit XVI et les intégristes ?

Message non lu par Cinci » lun. 14 mai 2012, 2:08

  • C'est à l'unité de communion qui est l'effet propre de la charité en tant que sacramentelle et orientée, qu'il faut penser en lisant, pour lui donner toute sa signification, le texte classique de saint Thomas sur le schisme

    «Le péché de schisme s'oppose directement et de soi à l'unité... C'est le péché de celui qui tend de soi», soit qu'il le veuille directement ou indirectement, «à se séparer de l'unité que fait la charité» théologale «non pas en tant qu'elle attache une personne à une autre par un lien spirituel de dilection, mais en tant qu'elle rassemble l'Église entière dans l'unité d'un même esprit, unitas principalis. Ceux-là seuls sont à proprement parler schismatiques qui, de plein gré et délibérément, se séparent de l'unité principale qui fait l'Église».

    [...]

    D'où la conclusion de saint Thomas :«Ceux-là donc sont schismatiques qui refusent la soumission au souverain pontife et la communication avec les membres de l'Église qui lui sont soumis, schismatici dicuntur qui subesse renuuant summo pontifici, et qui membris Ecclesiae ei subjectis communicare recusant». Il s'agit pour saint Thomas, on s'en souvient, d'un refus qui est coupable devant Dieu. Autrement. il y aurait erreur, dissidence, etc., mais non pas schisme.

    Refuser l'orientation c'est refuser d'entrer comme partie dans l'unité de tâche que le Christ propose du dehors à toute son Église, d'abord par sa propre prédication personnelle, puis par son magistère apostolique. En d'autres termes, c'est refuser de participer d'aucune manière à l'unité de direction imprimée au corps mystique par la voie juridictionnelle authentique. Cela suppose plus qu'une simple désobéissance, plus même qu'une obstination dans la désobéissance. Il faut qu'il y ait rébellion. Il faut que tout en croyant de foi divine à la légitimité du pouvoir juridictionnel, je refuse hic et nunc de me soumettre à lui, de le reconnaître pour mon supérieur. «La raison du schisme» dit saint Thomas «suppose non seulement une désobéissance, mais une sorte particulière de rébellion, faite d'un mépris obstiné des préceptes de l'Église et d'un refus de se soumettre à sa décision». Cajetan précise qu'il s'agit d'une rébellion qui se dresse contre l'autorité même dont on sait par la foi que le pape est investi. [...] Si, continuant de reconnaître le souverain pontife comme mon supérieur , je lui désobéis néanmoins, par intérêt ou par passion, il peut y avoir péché très grave de désobéissance, ce n'est pas encore le schisme; et si je récuse une de ses décisions dont j'ai l'évidence qu'elle est erronnée, étant prêt d'ailleurs à lui obéir, il peut n'y avoir aucune faute du tout. Mais si je refuse de le regarder mon supérieur, tout en croyant qu'il l'est, voilà le schisme. Je secoue de moi l'unité de direction que le Christ a voulu donner à tout le corps mystique; et je proclame pratiquement et concrètement mon droit d'agir comme un tout séparé.

    p. 1375


    Source : Charles Journet (le Cardinal), L'Église du Verbe Incarné, sa structure interne et son unité catholique, Éditions saint Augustin, Mgr Pierre Mamie, évêque émérite, président de la fondation du Cardinal Journet (dir.) et R.P. Georges Cottier, o.p. théologien de la Maison Pontificale, 2000, tome II, 2275 p.


(fin de la citation)

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