Bonjour Pneumatis,
Pneumatis a écrit:
Voilà, c'est ce que j'appelle partir des points d'achoppement, et qui conduit à deux conséquences directes (pour autant qu'il dépend ensuite de notre interlocuteur et de sa bonne volonté) :
- mieux servir la justice sociale, dans ce cas précis
- élever notre interlocuteur un peu plus vers la vérité en mettant en valeur des principes que nous partageons avec lui et qui sont particulièrement susceptible de le faire avancer dans la vérité.
En somme, vous nous proposez une Internationale théiste, pour reprendre la jolie formule d’omicron ? Ce n'est guère séduisant. Les deux exemples avancés sont d'ailleurs significatifs de l'aporie nommée dialogue islamo-chrétien. Parlons donc de fraternité ! Qu'est-ce qu'un frère pour un musulman ? Un autre musulman. Qu'est-ce qu’un frère pour un chrétien ? Un autre homme -et, en ce sens, je n'ai pas de "frères musulmans". Est-il ensuite certains que chrétiens et musulmans partagent une conception semblable de la famille ? Pour le bonheur et l'épanouissement de nos soeurs, de nos femmes et de nos filles, je ne l'espère pas. Tous les modèles "traditionnels" ne se valent pas.
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Je ne pourrai qu'être d'accord si l'orientation donnée par Nostra Aetate n'était pas toujours celle suivie encore aujourd'hui par le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Ce qui doit vous conduire forcément à vous interroger sur ce qui aurait fondamentalement changé entre les années 60 et aujourd'hui, au travers des événements que vous citez... et qui justifierait qu'on modifie les termes de ce texte. La foi des musulmans décrite dans le premier paragraphe, dans ses point communs et ses différences avec la foi chrétienne, a-t-elle changé ? Les dissensions et inimitiés des 40 dernières années sont-elles à ce point différentes des dissensions et inimitiés que les chrétiens et les musulmans on connu pendant les siècles précédents, tels qu'évoqué au deuxième paragraphe, que l'exhortation à les dépasser et à la compréhension mutuelle ne puisse plus tenir ?
Ce n'est pas parce que cette orientation est poursuivie par le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux qu'elle demeure aujourd'hui encore pertinente. Il ne s'agit de que de politique, de diplomatie et je ne peux à ce titre accepter aucun argument d'autorité. Que dirait-on d’une chancellerie n’ayant pas fait évoluer sa doctrine diplomatique depuis un peu moins d’un demi-siècle ? Ce décalage est d'autant plus surprenant que le Vatican a su prendre en compte les bouleversements géopolitiques survenus dans d'autres régions, comme l'Europe de l'Est et l'Amérique latine. Les différences au niveau de la croyance sont fort heureusement irréductibles -prouvez-moi que l'islam est la vérité et je préférerai encore la damnation au paradis d'Allah- et ne font donc pas partie du dialogue interreligieux, d'essence politique. Peut-on dès lors réellement contester l'ampleur de l’évolution qui agite le monde musulman depuis 1979, puisque c'est la date retenue par les spécialistes ? Une dernière chose sur ce point : ce n'est pas parce qu’une croyance sournoise et dangereuse a été adoptée par des centaines de millions d'hommes qu'il faut s'efforcer de la comprendre ou même de la tolérer. Je suis incapable de respecter une doctrine totalitarisante, notamment lorsqu'elle se trouve être l'ennemie des arts, des femmes et de la liberté.
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Alors peut-être est-il bon de ne pas persister dans des rapports avec l'Islam qui sont précisément ceux de nos aïeux, non ?
Je suis bien d'accord. En ce qui me concerne, je crois qu'ils se sont lourdement fourvoyés en pensant qu'il était possible de poursuivre la coexistence avec les musulmans alors que la sécession était légitime et nécessaire. Au final, ils ont été massacrés par leurs voisins de longue date, qu'ils pensaient si bien connaître et qui n'étaient pourtant pas des taliban mais de braves musulmans modérés buvant de l’alcool et ne fréquentant la mosquée que lors des grandes fêtes.
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Dire d'un seul trait "vous adorez un faux Dieu (débat théologique) -> on ne veut pas de ça chez nous (débat pastoral ou éventuellement social)", est un raccourci qui opère un glissement des genres que l'Eglise ne s'est jamais autorisé.
Vraiment ?
Urbain II a écrit:
Quelle honte, si un peuple aussi méprisé, aussi dégradé, esclave des démons, l’emportait sur la nation qui s’adonne au culte de Dieu et qui s’honore du nom de chrétienne. Je vous supplie, chevaliers ou piétons, riches ou pauvres, de vous rendre à temps au secours des chrétiens et de repousser ce peuple néfaste loin de nos territoires.
En Christ,
Franck