France Inter, radio pourrie

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Suliko
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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Suliko » dim. 19 janv. 2020, 23:10

Pour vous répondre Suliko : vous et moi sommes clairement en état de péché si nous blasphémons, parce ce que ce n'est pas dans le sens de notre engagement dans la foi, c'est une attitude déviante pour vous et moi et tout croyant de toute religion. Encore que ce péché soit vu comme beaucoup moins grave à notre époque qu'à celle de Saint Thomas d'Aquin qui vivait dans une société exclusivement chrétienne…
Le blasphème n'est pas moins grave à notre époque qu'à celle de saint Thomas, car il reste un péché contre le premier commandement. De plus, il ne saurait être question de blasphèmes lorsqu'il s'agit de fausses religions (un péché contre la prudence, tout au plus).
Qui plus est, en achetant des journaux blasphématoires, vous tolérez implicitement des offenses faites à Dieu, ce qui n'est pas acceptable du tout. Vous n'avez même pas d'excuse particulière pour cela, car personne ne vous oblige à vous procurer de tels journaux...
Cela nous évite aussi peut-être de nous prendre trop au sérieux.
Dieu et Son Eglise sont au contraire à prendre très au sérieux (état laïque ou pas) !
Un simple dessin, même sur un sujet "sacré", ce n'est pas grave. Seule la personne est sacrée, vraiment sacrée. Je pense que c'est une bonne chose, que dans une certaine mesure, on désacralise le religieux, afin de toujours redire que seule la personne est sacrée. Dans notre religion, Dieu se fait homme, l'homme est porteur de Dieu, c'est l'homme qui est sacré.
Vos propos sont absolument contraires à l'enseignement catholique ! Cela ne fait que confirmer à ceux qui ont encore besoin de l'être à quoi mène un Etat qui rejette Dieu.
Ainsi donc, le souverain domaine de notre Rédempteur embrasse la totalité des hommes. Sur ce sujet, Nous faisons Volontiers Nôtres les paroles de Notre Prédécesseur Léon XIII, d'immortelle mémoire: " Son empire ne s'étend pas exclusivement aux nations catholiques ni seulement aux chrétiens baptisés, qui appartiennent juridiquement à l'Eglise même s'ils sont égarés loin d'elle par des opinions erronées ou séparés de sa communion par le schisme; il embrasse également et sans exception tous les hommes, même étrangers à la foi chrétienne, de sorte que l'empire du Christ Jésus, c'est, en stricte vérité, l'universalité du genre humain. "
Et, à cet égard, il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l'unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus: Il n'existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n'a été donné aux hommes qu'il leur faille invoquer pour être sauvés.
Il est l'unique auteur, pour l'Etat comme pour chaque citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur: " La cité ne tient pas son bonheur d'une autre source que les particuliers, vu qu'une cité n'est pas autre chose qu'un ensemble de particuliers unis en société. " Les chefs d'Etat ne sauraient donc refuser de rendre - en leur nom personnel, et avec tout leur peuple - des hommages publics, de respect et de soumission à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale.
Au début de Notre Pontificat, Nous déplorions combien sérieusement avaient diminué le prestige du droit et le respect dû à l'autorité; ce que Nous écrivions alors n'a perdu dans le temps présent ni de son actualité ni de son à-propos: " Dieu et Jésus-Christ ayant été exclus de la législation et des affaires publiques, et l'autorité ne tenant plus son origine de Dieu mais des hommes, il arriva que... les bases mêmes de l'autorité furent renversées dès lors qu'on supprimait la raison fondamentale du droit de commander pour les uns, du devoir d'obéir pour les autres. Inéluctablement, il s'en est suivi un ébranlement de la société humaine tout entière, désormais privée de soutien et d'appui solides. (encyclique Quas Primas, sur la fête du Christ-Roi, 1925)
Isaïe 66 ;7 : "Avant d'être en travail, elle a enfanté ; avant le temps de l'enfantement, elle a mis au monde un enfant mâle."
Targum Jonathan : "Avant que la détresse ne vienne sur elle [=Jérusalem], elle sera rachetée ; avant que le tremblement ne vienne sur elle, comme les souffrances sur une femme en train d'enfanter, son roi [=le roi-Messie] sera révélé."

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Riou
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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Riou » lun. 20 janv. 2020, 0:38

Suliko a écrit :
dim. 19 janv. 2020, 13:39
C'est bien en raison d'une liberté d'expression sans limites que l'on se retrouve avec ces blasphèmes incessants. Ce n'est donc pas une bonne chose en soi, mais seulement dans de justes limites, c'est-à-dire dans le respect du bien et du vrai.
Mais une partie conséquente du monde, depuis l'avènement du Christ, ne s'est-il pas déjà déterminé pour le blasphème? N'est-ce pas là le sens de la croix et des moqueries que le Christ a essuyées dans son supplice?
A vrai dire, je ne suis pas certain que cette affaire soit liée à une liberté d'expression illimitée (cela n'existe pas, une société s'impose toujours à elle-même une censure, que celle-ci soit tacite ou explicite. Simplement les époques ne censurent pas les mêmes choses). Je ne comprends pas non plus cette vision juridique d'un "droit au blasphème", tant il est vrai que plaquer une grille de lecture juridique sur une chose qui touche au plus profond du coeur humain me paraît hors de propos. Il n'y a pas de droit au blasphème ou d'interdiction du blasphème. Il y a des gens qui blasphèment en silence ou en public et d'autres qui ne blasphèment pas. Les blasphémateurs publics, type Charlie hebdo, "ne savent pas ce qu'ils font".
Je ne vois rien de nouveau sous le soleil, si ce n'est cette manie d'appréhender une question existentielle qui touche aux cordes les plus profondes de l'humanité en des termes politiques et démocratiques, ce qui ne me paraît pas judicieux, quel que soit le camp où on se positionne. Le blasphème qui revendique son droit politique est ridicule en plus d'être frileux, car il demande à l'Etat d'appuyer sa révolte contre Dieu, et il veut avoir en prime le "droit de choquer", expression inconsistante quand on y pense. Le catholique qui s'offusque de voir le monde blasphémer n'a peut-être pas bien compris que sa vie passe par la Passion, et qu'il aura à pâtir du monde d'une manière ou d'une autre, quel que soit l'ambiance religieuse du lieu où il est destiné à vivre.
C'est dans la plus grande faiblesse que le Christ a manifesté sa puissance et continue d'étonner bien des hommes. C'est sous les coups et par les injures qu'Il s'est retrouvé élevé sur une croix pour devenir le point central de l'univers. Même une mauvaise chanson bien médiocre pourrait jouer son rôle dans l'économie du salut... C'est un clou de plus dans la chair de l'Agneau. Il y en aura d'autres.

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Cinci » lun. 20 janv. 2020, 1:58

Suliko :

Pas d'accord avec votre conclusion. C'est bien en raison d'une liberté d'expression sans limites que l'on se retrouve avec ces blasphèmes incessants. Ce n'est donc pas une bonne chose en soi, mais seulement dans de justes limites, c'est-à-dire dans le respect du bien et du vrai.
Je ne peux pas être d'accord avec vous, là-dessus, Suliko.

1) Il y a le fait que nous ne vivons pas dans un État religieux. Les juges n'ont aucun mandat ni compétence pour se prononcer en matière de blasphème religieux. 2) Il y a bien déjà une limite à la liberté d'expression. Déjà dit : la propagande haineuse, l'appel au meurte, la diffamation, la diffusion de thèse néo-nazi. En dehors de crimes aisément compréhensibles par tous, la notion de "justes limites" devient une affaire par trop subjective. Vous auriez bien du mal à convaincre réellement un athée que le fait de dire publiquement "Jésus n'a jamais existé ou il devait être un illuminé" devrait être une infraction passible d'une sanction légale genre six mois de prison ou 10 000 euros d'amende. Vous imaginez un peu les juges actuels se mettent à analyser tout ce qui se dit, ce qui s'écrit, ce qui est diffusé dans l'intention d'y découvrir tout ce qui pourrait être blasphémateur ou pas. Dans cette optique, il faudrait forcément brimer la liberté d'expression des musulmans, juifs et autres.

La société libérale, égalitaire, à suffrage universelle ne peut tout simplement pas fournir le moindre cadre juridique autorisant en droit une quelconque législation religieuse à valeur universelle.

De plus, le blasphème ne nuit pas qu'au blasphémateur, mais à toute la société, car à force d'entendre et de lire de telles horreurs, les catholiques finissent par s'y habituer et à considérer que c'est une chose normal et un droit (un droit dérangeant, mais un droit tout de même
Vous ne ferez qu'exprimer ici votre point de vue à vous. Ainsi, prétendre que faire des blagues déshonorantes sur le Pape, sur les catholiques intégristes ou sur les apparitions de la Sainte Vierge serait un comportement nuisible à la société : c'est un avis que les protestants ne partageront pas juste pour commencer. Ils seraient encore moins bien d'accord pour considérer cela comme un crime. Dans l'absolu, anthropologiquement (religieusement, considérant que le catholicisme est vrai, etc.) : les amoncellements de blasphèmes nuisent sans doute aux individus, même s'ils ne le savent pas. Sauf que cela ne nuit pas à la société d'impies dans laquelle nous nous trouvons.

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Cinci » lun. 20 janv. 2020, 2:26

Riou :

Mais une partie conséquente du monde, depuis l'avènement du Christ, ne s'est-il pas déjà déterminé pour le blasphème? N'est-ce pas là le sens de la croix et des moqueries que le Christ a essuyées dans son supplice?
La société impie; une société relativement confortable à certains égards, mais impie.
A vrai dire, je ne suis pas certain que cette affaire soit liée à une liberté d'expression illimitée (cela n'existe pas, une société s'impose toujours à elle-même une censure, que celle-ci soit tacite ou explicite. Simplement les époques ne censurent pas les mêmes choses).
Il est évident que tout n'est pas toléré. Sauf que nos États libéraux ne sont pas les gardiens d'une orthodoxie religieuse en particulier, d'une religion ou l'autre.

Je ne comprends pas non plus cette vision juridique d'un "droit au blasphème", tant il est vrai que plaquer une grille de lecture juridique sur une chose qui touche au plus profond du coeur humain me paraît hors de propos. Il n'y a pas de droit au blasphème ou d'interdiction du blasphème.
Ce serait une querelle de mots sans doute.

Les gens veulent dire que le droit à la liberté d'expression présent dans nos chartres permettrait à chacun d'exprimer au besoin leur propre désaccord avec les idées religieuses de l'un ou l'autre. Et c'est ce que Fromet voulait faire : exprimer son désaccord avec une certaine fermeture d'esprit qui devrait être celle de bien des catholiques (Moi, tiens; je dis ça au hasard). Ces derniers ne seraient pas assez gentils avec les homosexuels. Dans sa sortie extraordinairement maladroite, il ne voulait pas tant s'en prendre réellement à Jésus à proprement parler, comme il voulait blesser de façon vindicative les catholiques coincés; tous ceux qui font de la peine aux autres. Snif ! Il y a peut-être là une affaire de sensibilité mal ordonnée, je dirais.

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Suliko » lun. 20 janv. 2020, 12:01

Je ne peux pas être d'accord avec vous, là-dessus, Suliko.
Vous me parlez d'un état de fait et moi je vous parle d'un état de droit. Si vous vouliez simplement rappeler que nous vivons dans des états sécularisés et libéraux, personne ne le conteste, pas plus le musulman salafiste que le catholique traditionaliste. Mais est-ce qu'un catholique devrait se satisfaire d'une telle société ? La réponse traditionnelle est non. Or, à force d'y vivre depuis des décennies, la plupart des catholiques se sont totalement habitués à considérer la nation laïque, sécularisée et libérale comme le meilleur régime politique possible. C'est cela qui est très problématique. Axou le résume très bien : la seule chose qui compte, c'est l'être humain. C'est une vision totalement anthropocentrique, qui minimise totalement les devoirs que nous avons envers Dieu, état laïque ou pas. C'est juger bon un ordre social objectivement mauvais. De toute façon, sans la vraie religion, la dignité humaine devient peu de choses, même dans nos états de vieille civilisation (avortement, PMA, euthanasie, etc...). J'espère que vous serez d'accord avec moi. Il me semblait que vous deveniez de moins en moins libéral au cours des derniers mois.
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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par prodigal » lun. 20 janv. 2020, 12:48

En résumé, si je peux me permettre, au risque de doublonner un peu les propos de Cinci, dans un Etat laïc il y a nécessairement des limites à la liberté d'expression, comme dans tout Etat, et la différence ne se situe pas à ce niveau.
Mais dans un Etat laïc, la notion de blasphème est totalement inopérante pour la détermination de ces limites.
Donc, d'un point de vue juridique, on peut à l'extrême rigueur, mais au risque de semer la confusion, invoquer un "droit au blasphème", pourvu qu'il se circonscrive à ce qui entre dans les limites de la liberté d'expression déterminée par la loi.
Bien entendu, il pourra arriver que des propos blasphématoires soient néanmoins sanctionnés par la loi laïque, mais à condition que cette sanction soit motivée par des raisons qui ne touchent pas à la religion, comme par exemple l'appel à la haine.
Quant à savoir si c'est satisfaisant, comme on dit cela pourrait être pire! :)
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Carhaix
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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Carhaix » lun. 20 janv. 2020, 13:06

prodigal a écrit :
lun. 20 janv. 2020, 12:48
En résumé, si je peux me permettre, au risque de doublonner un peu les propos de Cinci, dans un Etat laïc il y a nécessairement des limites à la liberté d'expression, comme dans tout Etat, et la différence ne se situe pas à ce niveau.
Mais dans un Etat laïc, la notion de blasphème est totalement inopérante pour la détermination de ces limites.
Donc, d'un point de vue juridique, on peut à l'extrême rigueur, mais au risque de semer la confusion, invoquer un "droit au blasphème", pourvu qu'il se circonscrive à ce qui entre dans les limites de la liberté d'expression déterminée par la loi.
Bien entendu, il pourra arriver que des propos blasphématoires soient néanmoins sanctionnés par la loi laïque, mais à condition que cette sanction soit motivée par des raisons qui ne touchent pas à la religion, comme par exemple l'appel à la haine.
Quant à savoir si c'est satisfaisant, comme on dit cela pourrait être pire! :)
Justement. Le comportement des médias à l'égard de l'Église commence précisément à se rapprocher d'un appel à la haine. Un blasphème insistant et ouvertement provocateur, revendiqué par une chaîne publique, et visant uniquement une seule religion, peut être vu comme un appel à la haine, dont on peut voir l'effet dans les attaques répétées contre les édifices, le mépris ouvertement affiché contre les pratiquants, et son corollaire : la honte éprouvée par les pratiquants, qui à présent rasent les murs, et ont tendance à dissimuler auprès de leur entourage leur pratique religieuse. On est bel et bien dans un processus de haine appuyé par les médias.

Il y a aussi un aspect pervers où l'on se sert des effets négatifs produits sur une certaine religion par des actes de terrorisme (mouvement Je suis Charlie) pour ensuite taper sur une autre religion qui n'y est pour rien.

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Pathos » lun. 20 janv. 2020, 14:09

Comme l'a très bien dit Zemmour récemment : ce ne sont pas des comiques mais des commissaires politiques.

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Cinci » lun. 20 janv. 2020, 15:03

Suliko,

Pour faire retour :
Suliko :

Mais est-ce qu'un catholique devrait se satisfaire d'une telle société ? La réponse traditionnelle est non.
Là-dessus, je vous donne raison.


Or, à force d'y vivre depuis des décennies, la plupart des catholiques se sont totalement habitués à considérer la nation laïque, sécularisée et libérale comme le meilleur régime politique possible. C'est cela qui est très problématique. Axou le résume très bien : la seule chose qui compte, c'est l'être humain
Vous ne vous tromperez pas en disant cela. C'est sûr. Les gens ne peuvent pas imaginer à tout le moins qu'autre chose puisse être possible à court ou moyen terme.

Il me semblait que vous deveniez de moins en moins libéral au cours des derniers mois.
C'est parce qu'on parle de choses différentes d'un fil à l'autre.

Ainsi, parler de la liberté d'expression et du blasphème religieux dans nos sociétés actuelles, mais ce n'est pas parler de ce qui pourrait théoriquement être mieux, d'une autre type de société dans laquelle il serait toujours possible de vivre. Je l'ai déjà dit : sur le seul plan religieux, il serait possible d'avoir mieux que ce que nous avons actuellement, je pense. Ça, c'est évident pour moi. Tout comme je sais aussi que la majorité même des catholiques d'aujourd'hui - peut-être pour la raison que vous venez de dire : habitude, routine, formatage publicitaire - ne sont apparemment pas capables d'assimiler tout cela d'emblée.

Ex : Une Belgique confessionnelle chrétienne et catholique avec à sa tête un roi constitutionnel serait probablement un meilleur régime que ce que nous avons actuellement. Il s'agirait "quand même" d'un État de droit, une démocratie, pas une dictature. Sauf qu'une préférence nationale serait accordée à la religion chrétienne et à son système de valeur. La télévision d'État présenterait une programmation d'émissions plus respectueuses globalement de cette morale que les autorités seraient alors sensées promouvoir. Dans le temps de Noël, le roi ou le premier ministre offrirait ses bons voeux de Noël à toute la population, etc. Le mobilier religieux catholique serait ipso facto beaucoup mieux protégé de dégâts que d'éventuels profanateurs aimeraient bien lui infliger. Parce que les petits délinquants capteraient immédiatement qu'ils auraient contre eux la puissance de tout un État (politiciens, maires, police, intellectuels, nombre de riches, présentateurs de journal télévisé; que le comportement des évêques n'y serait pas non plus aussi discret/bonasse/effacé que celui auquel nous sommes familiers. Dans un tel État confessionnel, l'immigration ne serait pas réduit à rien. Non, sauf que les candidats sauraient d'avance dans quel genre de pays ils viendraient mettre les pieds, et eux-mêmes pourraient aussi être discriminés à l'entrée en fonction de leurs aptitudes réelles ou non à se fondre harmonieusement avec le système de valeur en place. Une filiale de France Inter pourrait difficilement y prospérer, à moins de modifier résolument son ton de radio antichrétienne.

On parlerait bien pour parler ici. Je fais abstraction des difficultés du temps présent, des rapports de force défavorables et tout.
;)

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Cinci » lun. 20 janv. 2020, 15:18

Pathos :
Comme l'a très bien dit Zemmour récemment : ce ne sont pas des comiques mais des commissaires politiques.
J'aurai déjà vu Zemmour se coltiner (verbalement; façon de parler) avec Yassine Bellatar qui posséderait aussi cette qualité d'humoriste engagé. Bellatar, d'après ce que j'ai pu voir, ce serait un profil assez semblable à celui de l'autre, notre Sugar canadien présentement sous contrat en France. Ce sont des jeunes naturellement ambitieux, qui veulent réussir et ... et qui s'identifient comme étant des êtres cosmopolites, participant de l'Open Society. Ils font de la pub au profit de la société macronienne.

:exclamation:

Hou !

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Carhaix » lun. 20 janv. 2020, 15:24

Pathos a écrit :
lun. 20 janv. 2020, 14:09
Comme l'a très bien dit Zemmour récemment : ce ne sont pas des comiques mais des commissaires politiques.
Pire que ça. Le comique a toujours été une arme efficace pour discréditer un groupe, qu'il soit politique ou autre. Pendant longtemps, les médias ont utilisé l'humour contre deux cibles : le communisme ; le français moyen (appelé "beauf"). Et ça a très bien fonctionné : les deux cibles ont fini par éprouver de la honte. L'affiliation au PCF a disparu. Le sentiment national a été refoulé. Maintenant, c'est au tour des catholiques d'être conspués publiquement, et de devoir éprouver ce sentiment de honte qui nous prend lorsqu'on voit la France entière rire contre soi.

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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Suliko » lun. 20 janv. 2020, 19:21

Cinci,

Il me semble que nous sommes finalement grosso modo sur la même longueur d'ondes. Nous ne vivons pas dans une société chrétienne, loin de là, et devons nous en accommoder, mais cela ne justifie en rien de proclamer un droit au blasphème et à l'immoralité. Que l'on ne puisse pas empêcher les lois d'être ce qu'elles sont et les gens de se comporter comme ils le font (sans respect pour le sacré) ne nous dispense pas d'obéir à Dieu avant tout et de ne pas approuver ce qui est contraire à la Loi divine, même si cela nous en coûte socialement.
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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par PaxetBonum » mar. 21 janv. 2020, 10:53

Suliko a écrit :
lun. 20 janv. 2020, 19:21
Que l'on ne puisse pas empêcher les lois d'être ce qu'elles sont et les gens de se comporter comme ils le font (sans respect pour le sacré) ne nous dispense pas d'obéir à Dieu avant tout et de ne pas approuver ce qui est contraire à la Loi divine, même si cela nous en coûte socialement.
Et encore moins d'y participer en cautionnant les blasphémateurs.
Soutenir Charlie c'est soutenir le blasphème c'est donc participer au blasphème soi-même.
Je ne suis et ne serai jamais Charlie.

Mais la chanson de France Inter n'est pas seulement blasphématoire, elle blesse le Christ et ceux qui l'aiment.
Si ce Monsieur chantait : " Brigite Macron est une pute" est-ce que seules les associations des 'travailleuses du sexe' doivent se sentir blesser ou est-ce que le président de la république peut aussi se sentir blesser ?
M Macron ne serait-il pas en droit de recevoir la demande de pardon du chanteur ?

De même les chrétiens de toutes confessions ne sont-ils pas en droit d'attendre une demande de pardon de cette chaîne radio financée par nos impôts ?
Dernière modification par PaxetBonum le mar. 21 janv. 2020, 21:45, modifié 1 fois.
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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Riou » mar. 21 janv. 2020, 13:48

Bonjour à tous,

Je n'arrive pas à comprendre ce que certains attendent [...] du CSA qui autorise toute la bêtise du monde sur les ondes. C'est comme attendre quelque chose de la bêtise humaine, cette mauvaise fée du monde, disait Brel. Je crois que le chrétien se libère quand il n'attend plus rien de ce genre de choses. La bêtise, la médiocrité qui se fait passer pour liberté d'expression ne demande pas son droit de cité pour exister.

Je songeais à ces méditations de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (= Edith Stein), dans Chemins vers le silence intérieur, aux éditions Parole et silence. Elle réfléchit sur la méthode spirituelle pour qu'un chrétien puisse s'émanciper du bavardage du monde, des petites irritations causées par des événements extérieurs, des révoltent qui inquiètent l'âme et troublent tellement sa surface qu'elle perd la possibilité d'accéder à soi-même de manière authentique. Cette méthode vise à retrouver le point de silence intérieur où le Verbe puisse se faire entendre. Voici quelque passages :

"Quand il n'est pas possible d'obtenir le moindre calme extérieur, quand on a pas de pièce où se retirer, quand des devoirs impérieux empêchent une seule heure de silence, alors se retirer au moins en soi le temps d'un clin d'oeil et s'enfuir auprès du Seigneur. Il est là et peut nous donner ce dont nous avons besoin en un unique clin d'oeil"

"Quand s'éveillent tant d'humiliation profonde et de regrets, alors tout prendre en l'état, le déposer dans les mains de Dieu et le Lui abandonner"

"On a du temps pour tant de choses inutiles : glaner toutes sortes de balivernes dans les livres, les revues et les journaux; s'asseoir dans les cafés et bavarder dans la rue pendant des heures... Ne serait-il pas possible de garder une heure dans la matinée pendant laquelle on se concentre au lieu de se disperser; une heure pendant laquelle on garde de la force pour faire face à toute la journée?"

"Il y a un long chemin entre la suffisance d'un "bon chrétien" qui "accomplit ses devoirs", lit "un bon journal", "vote comme il faut", etc., et une vie dans les mains de Dieu, dans la simplicité de l'enfant et l'humilité du publicain".

Éteignons [...] le mauvais bruit du temps, à tous les niveaux d'ailleurs, et pas seulement dans son rapport à la religion. Ne donnons pas à ce néant un être et une prise qu'il ne mérite pas! Et ne rien laisser entrer en nous de ce bavardage inconsistant qui est le pire ennemi du Silence de recueillement dont parle cet auteur et dont elle désire faire sa demeure et son habitation quotidienne. Car le pire est de soi-même se laisser intérieurement par ce bavardage, pour finir par y participer activement. Il n'y a pas d'excuses à attendre de la part de ce monde médiatique qu'incarne France Inter. Tout y est tellement convenu...

Bonne journée.

Gaudens
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Re: France Inter, radio pourrie

Message non lu par Gaudens » mar. 21 janv. 2020, 15:44

Dans un Etat laic(avec toutes les nuances et gradations possibles de ce mot,un "droit au blasphème" est aussi incongru que la prohibition du blasphème elle-même;car ce serait pour ledit Etat reconnaitre et judiciariser la notion même de blasphème.Qui en gênerait plus d'un d'ailleurs, car cela mettrait à nu la discrimination entre ce qu'on pourrait appeler le blaspohème confessionnel et le "blasphème non confessionnel"(celui qui "blasphèmerait" Charlie ,par exemple...).
Cela dit,pour aller dans le sens de Cinci et un peu celui de Suliko,je trouve consternant que des chrétiens intériorisent ,comme le fait Kerniou, une révérence obligatoire(l'inverse du blasphème confessionnel,en quelque sorte) envers les icônes de notre société libéralo-libertaire.Acheter Cjarlie Hebdo et le lire,c'est participer au blasphème lui-même(le vrai,pour nous chrétiens, celui qui cherche à offenser Dieu -et les chrétiens pas ricochet):même non criminalisé par la société,le blasphème reste ce qu'il est:un péché grave .

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