Coronavirus : courage et espérance !

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Foxy
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Foxy » mer. 18 mars 2020, 20:32

Vu sur Facebook, d'un ami bibliste :
Ce soir à 20 h

le Pape convoque le monde entier, où que l'on soit, quelle que soit sa foi ou son absence de foi, à prendre un moment de recueillement, de méditation pour la santé du monde. Toute la planète en prière.

Si tu peux, fais suivre s'il te plaît afin que nous nous unissions en une prière urgente, une chaîne de prière pour le monde.
La foi que j’aime le mieux,dit Dieu,c’est l’Espérance.
Charles Péguy

Dedale
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Dedale » ven. 20 mars 2020, 6:40

la Samaritaine a écrit :
jeu. 19 mars 2020, 15:00
Réflexion d'Aurélien Barrau sur le coronavirus (17 mars), scientifique et philosophe. Au passage, je vous recommande la lecture de son passionnant petit livre,, "Le plus grand déf, face à la catastrophe écologique et sociale".

https://www.youtube.com/watch?v=mr9IEab49eY

Bien à vous,

Samaritaine
Je l'avais vu juste après sa publication, je le suis depuis plusieurs années et regarde ses cours et conférences. C'est un homme savant et sage, qui appelle depuis des années à la sobriété, le respect de la vie et la responsabilité individuelle et collective. Une catastrophe était de toute façon imminente. Elle est là. Mais je crois que nous n'avons PAS ENCORE pris la mesure de ce qui est en train d'arriver, c'est bien plus important que ce certains pensent. Nous allons vivre un changement de civilisation, de système politico-économique [Supprimé]

[Nous avons tous compris - du moins espérons-le - que nous allons vers une remise en question sans précédent en ce qui concerne nos sociétés. Il n'en reste pas moins que le titre de ce fil est "Courage et espérance"! La modération ]

Jean-Mic
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Jean-Mic » ven. 20 mars 2020, 20:16

Au lieu de se plaindre (n°3) ...

Grâce au dévouement de quelques paroissiens voisins, les trois églises du centre-ville restent ouvertes aux heures habituelles. En allant acheter leur pain, ou pour se rendre à la pharmacie, etc., quelques rare personnes s'y arrêtent en silence. Bien sûr : individuellement, sans eau dans les bénitiers, et sans cierges, et en respectant une large distance entre chacun (nos églises sont bien assez grandes pour cela)... A chaque fois que j'y fais une ronde, il y a quelqu'un, parfois deux, rarement trois ... Aujourd'hui, j'ai même rencontré un SDF, qui profitait d'une prise électrique pour recharger un portable, ... et surtout pour trouver un peu de répit dans le cache-cache permanent avec les policiers ...

Les consignes sont affichées sur la porte. Nous faisons régulièrement le point avec le curé. Je ne sais si ça pourra durer, mais en attendant, et tant que les personnes concernées respectent les consignes de distanciation, cela vaut la peine de faire vivre la grande tradition d'asile de l'Église.

Gregor
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Gregor » sam. 21 mars 2020, 1:00

Bonsoir à tous.

Je me permets d'intervenir ce soir, après la lecture de plusieurs messages de ce fil de discussion, pour tenter de ramener à la fois de la raison, de la paix, et de l'espérance.

J'aimerais préciser que je suis infirmier dans une petite ville du sud-ouest, et que ma pratique professionnelle m'amène à m'occuper de personnes parmi les plus fragiles et les plus vulnérables de notre société, et ce, quelque soit leurs convictions philosophiques ou religieuses...

A la lecture des différents messages, je ne peux que constater ma lassitude, et en même temps mon empathie pour tous ceux qui les postent. Je pense notamment aux différents messages s'attristant (de manière parfois vive) des disposition actuelles de confinement, qui nous empêchent, en tant que catholiques, de vivre de manière concrète et physique en tant que communauté de frères unis à Notre Seigneur et voulant se mettre à sa suite... Le premier, je suis profondément attristé de ne pouvoir assister à aucun office, à aucune messe, à aucun temps de célébration communautaire pour les prochaines semaines à venir. Je suis profondément attristé de ne pouvoir recevoir régulièrement le Corps et le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ de manière sacramentelle, que ce sot lors d'une messe dominicale ou de semaine. Ces temps de prière ensemble sont pour moi des respirations, dans un quotidien parfois difficile, dû notamment au fait des charges que je suis amené à porter dans mon exercice professionnel, et du délabrement dramatique de notre système de santé et d'assistance auprès des plus démunis.
Oui, c'est vrai... Au départ, j'étais plutôt sceptique quant à l'affolement général concernant le coronavirus. Une épidémie lointaine, loin de ma porte, loin de mon quotidien... Et puis aujourd'hui, les premiers cas officiels viennent d'être annoncé dans l'hôpital ou j'exerce. Mes collègues commencent à être en arrêt maladie, pour des motifs plus ou moins liés à l'épidémie qui commence à sévèrement se propager en France (et ailleurs). Les nouvelles ne sont pas bonnes ailleurs, et je pense particulièrement à tous mes collègues de l'est de la France, débordés face à une situation sanitaire qui devient plus que critique, et qui n'a plus rien à voir avec une simple grippe un peu plus virulente, un peu plus exotique que les autres...

Pourtant, cette situation me fait comprendre quelque chose de fondamental, et qui traverse de manière lumineuse toute ma vie : puisque mes pauvres mains de pécheur ne peuvent pas grand chose, il me reste l'essentiel, c'est à dire la foi en Dieu qui est Amour, et l'espérance qu'il ne cesse de semer dans nos coeurs.

Dieu a fait toute chose bonne. L'épidémie de coronavirus n'en fait pas parti, et c'est plus que clair... Mais voilà l'occasion, peut-être de choisir pour de bon la Vie. De s'attacher avec encore plus de force à la Providence Divine, qui nous invite à la confiance, à l'espérance, et plus que tout, à la charité. Je ne peux plus assister à la messe, me laisser ronronner dans une sorte de confort spirituel qui me berne -parfois- quant à l'essentiel. Maintenant, choisir Dieu n'est plus une affaire privée et un peu tiède, mais une nécessité qui me pousse vers mon frère, où qu'il soit, par l'union de prière et la compréhension qu'une réelle bienveillance devient plus que nécessaire, totalement urgente et inconditionnelle. Alors que je dois rassurer les malades de mon service qui ont peur - à juste titre- et qui ne se cachent pas pour parler de mort, je comprends que je dois les aimer, les soigner avec plus d'ardeur, les porter dans ma prière quotidienne, et les supporter, dans les bons et encore plus dans les mauvais moments, lorsque l'angoisse inonde tout et arrache la certitude de tout maitriser. Pauvre petit infirmier, je ne maitrise plus grand chose, et j'ai peur, moi aussi, face à ce grand inconnu qui se dessine (car bien malin celui pourra esquisser les conséquences de cette épidémie, et ce, à tous les niveaux). J'ai peur de contaminer, et j'ai peur de tomber malade. J'ai peur de finir seul, chez moi, et j'ai peur de voir un de mes proches succomber sans pouvoir lui dire au revoir. J'ai peur pour mes vacances - alors que je n'en ai pas pris depuis six longs mois- et j'ai peur de ne pas remettre les pieds dans une église avant si longtemps... Et bien, puisque j'ai peur, puisque je ne maitrise plus grand chose, je peux me tourner en vérité vers le Seigneur lui confier tout cela. Mes patients, mes proches, plus encore ceux que je n'aime pas assez. Je peux me tourner vers la Vierge Marie, notre Mère du Ciel qui ne cesse de veiller sur nous, et dans mon chapelet quotidien, y trouver encore davantage de confiance, d'amour maternel pour veiller sur ceux qui, isolés à l’hôpital, sont si seuls. Je peux bénir et rendre grâce au Seigneur pour la beauté de la vie et celle de la bonne santé, si fragile, si volatile, qu'elle devient effectivement un don, et non plus un dû. Je peux me tourner vers le Seigneur dans le silence d'un Carême qui devient - pour de vrai- désert silencieux où quêter sa présence comme un pauvre pécheur, crasseux de toute la misère de son péché, pour le trouver dans le silence et la prière plus fréquente, plus nécessaire. Je peux me tourner vers le Seigneur dans la communion des saints, en sachant qu'enfin, l'essentiel est invisible aux yeux de chair, mais que l'amour ne connait pas l'absence du regard, et que la prière me porte, et que je peux porter avec moi tous ces frères que Dieu me donne à aimer, sans cesse, de plus en plus. Je peux me tourner vers le Seigneur en offrant cette souffrance de ne pas pouvoir communier sacramentellement, de ne pas pouvoir recevoir le sacrement de réconciliation, et me souvenir que les sacrements ne sont pas une obligation que Dieu aurait à mon endroit, mais bien un présent, un don, et qu'ils sont quelque chose d’infiniment précieux dont on peut si facilement perdre la valeur lorsqu'ils tombent dans la décrépitude de l'automatisme.
Je peux me tourner vers le Seigneur, Le bénir et Lui rendre grâce parce qu'enfin, je comprends ce que cela signifie que d'avoir besoin les uns des autres, non comme quelque chose de pesant, mais au contraire, comme une chaîne d'amour qui n'a de cesse de grandir et de faire grandir. Enfin, je peux me tourner vers le Seigneur , Le bénir et Lui rendre grâce pour tous nos ministres, diacres, prêtres et évêques, pour toutes les religieuses et les religieux qui se sont mis en route vers le Seigneur et nous portent dans la prière silencieuse et perpétuelle qu'ils ne cessent de faire monter vers Lui. Nous avons des prêtres, et c'est formidable ! Nous avons des religieuses et des religieux, et c'est tout aussi formidable. Les prêtres continuent à célébrer la Grâce que Dieu nous fait en la personne du Christ, qui vient nous sauver, par la célébration de l'Eucharistie, quand bien même nous ne pouvons y participer physiquement.

Il faut traverser le désert en ce Carême qui, décidément, n'a aucun des attributs habituels. Le dépouillement est rude, mais nécessaire, fécond. Il remet les choses à leur place, et remet Notre Seigneur au centre du jeu. Aimer Dieu... Et se laisser aimer, quoi qu'il arrive, quoique nous ayons peur du lendemain et de l'orage qui s'annonce.

Je prie pour vous, pour que ce Carême devienne pour vous aussi l'occasion de goûter à nouveau à la tendresse, à la sollicitude, à la confiance de Notre Dieu pour chacun de ses enfants. Car, comme le dit saint Augustin, "Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauve pas sans nous". Nous pouvons être confiant, puisque Dieu nous fait confiance, malgré tout. Mais Il compte sur nous pour Le suivre. Il nous appelle à la liberté, et donc à la responsabilité.
Nous pouvons faire quelque chose de bon, de bien, en respectant les consignes, certes contraignantes, du confinement. Ce n'est simple pour personne, et particulièrement pour nous, catholiques, en cette période où nous nous préparons aux fêtes de Pâques. Mais il faut raison garder. S'adapter. Croire que Dieu nous invite à être inventif, sans nous détacher de toute la Tradition de notre Sainte mère l'Eglise.

Alors oui, je prie pour vous. Et je vous confie mes patients. Priez pour eux : ils ont tant besoin de goûter, eux aussi, à l'Amour et à la Lumière de notre Dieu.

Un catholique infirmier.


PS : respectez vraiment les consignes. Prenez soin de vos proches avec une certaine distance, en prenant notamment régulièrement de leurs nouvelles par téléphone. Priez pour les malades, les soignants, qu'ils découvrent vraiment combien Dieu les aime. Et plus que tout, gardez confiance en Dieu : Il sait ce qui est bon pour nous. A nous de discerner et de nous attacher sans cesse à Lui.

PPS : désolé de la longueur du message, je ne pensais pas que cela prendrait autant de place...
À Jésus par Marie.

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Antoine75
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Antoine75 » sam. 21 mars 2020, 4:48

Un petit poème pour garder espoir :
C'était en mars 2020
Les rues étaient vides, les magasins fermés, les gens ne pouvaient plus sortir

Mais le printemps ne savait pas, et les fleurs ont commencé à fleurir, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les hirondelles allaient bientôt arriver, le ciel était bleu, le matin arrivait plus tôt.

C'était en mars 2020
Les jeunes devaient étudier en ligne, et trouver des occupations à la maison, les gens ne pouvaient plus faire de shopping, ni aller chez le coiffeur. Bientôt il n'y aurait plus de place dans les hôpitaux, et les gens continuaient de tomber malades
Mais le printemps ne savait pas, le temps d'aller au jardin arrivait, l'herbe verdissait.

C'était en mars 2020
Les gens ont été mis en confinement. pour protéger les grands-parents, familles et enfants. Plus de réunion ni repas, de fête en famille. La peur est devenue réelle et les jours se ressemblaient.
Mais le printemps ne savait pas, les pommiers, cerisiers et autres ont fleuri, les feuilles ont poussé
Les gens ont commencé à lire, jouer en famille, apprendre une langue, chantaient sur le balcon en invitant les voisins à faire de même, ils ont appris une nouvelle langue, être solidaires et se sont concentrés sur d'autres valeurs.
les gens ont réalisé l’importance de la santé, la souffrance, de ce monde qui s'était arrêté, de l’économie qui a dégringolé
Mais le printemps ne savait pas. les fleurs ont laissé leur place aux fruits, les oiseaux ont fait leur nid, les hirondelles étaient arrivées

Puis le jour de la libération est arrivé, les gens l'ont appris à la télé. le virus avait perdu, les gens sont descendus dans la rue, chantaient, pleuraient, embrassaient leurs voisins, sans masques ni gants

Et c'est là que l'été est arrivé, parce que le printemps ne savait pas. Il a continué à être là malgré tout, malgré le virus, la peur et la mort. Parce que le printemps ne savait pas, il a appris aux gens le pouvoir de la vie.

Tout va bien se passer, restez chez vous, protégez-vous, et vous profiterez de la vie.

Lisez ceci, répandez-le et restez amoureux.

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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Fée Violine » sam. 21 mars 2020, 9:21

Gregor a écrit :
sam. 21 mars 2020, 1:00
Bonsoir à tous.

Je me permets d'intervenir ce soir, après la lecture de plusieurs messages de ce fil de discussion, pour tenter de ramener à la fois de la raison, de la paix, et de l'espérance.

J'aimerais préciser que je suis infirmier dans une petite ville du sud-ouest, et que ma pratique professionnelle m'amène à m'occuper de personnes parmi les plus fragiles et les plus vulnérables de notre société, et ce, quelque soit leurs convictions philosophiques ou religieuses...

A la lecture des différents messages, je ne peux que constater ma lassitude, et en même temps mon empathie pour tous ceux qui les postent. Je pense notamment aux différents messages s'attristant (de manière parfois vive) des disposition actuelles de confinement, qui nous empêchent, en tant que catholiques, de vivre de manière concrète et physique en tant que communauté de frères unis à Notre Seigneur et voulant se mettre à sa suite... Le premier, je suis profondément attristé de ne pouvoir assister à aucun office, à aucune messe, à aucun temps de célébration communautaire pour les prochaines semaines à venir. Je suis profondément attristé de ne pouvoir recevoir régulièrement le Corps et le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ de manière sacramentelle, que ce sot lors d'une messe dominicale ou de semaine. Ces temps de prière ensemble sont pour moi des respirations, dans un quotidien parfois difficile, dû notamment au fait des charges que je suis amené à porter dans mon exercice professionnel, et du délabrement dramatique de notre système de santé et d'assistance auprès des plus démunis.
Oui, c'est vrai... Au départ, j'étais plutôt sceptique quant à l'affolement général concernant le coronavirus. Une épidémie lointaine, loin de ma porte, loin de mon quotidien... Et puis aujourd'hui, les premiers cas officiels viennent d'être annoncé dans l'hôpital ou j'exerce. Mes collègues commencent à être en arrêt maladie, pour des motifs plus ou moins liés à l'épidémie qui commence à sévèrement se propager en France (et ailleurs). Les nouvelles ne sont pas bonnes ailleurs, et je pense particulièrement à tous mes collègues de l'est de la France, débordés face à une situation sanitaire qui devient plus que critique, et qui n'a plus rien à voir avec une simple grippe un peu plus virulente, un peu plus exotique que les autres...

Pourtant, cette situation me fait comprendre quelque chose de fondamental, et qui traverse de manière lumineuse toute ma vie : puisque mes pauvres mains de pécheur ne peuvent pas grand chose, il me reste l'essentiel, c'est à dire la foi en Dieu qui est Amour, et l'espérance qu'il ne cesse de semer dans nos coeurs.

Dieu a fait toute chose bonne. L'épidémie de coronavirus n'en fait pas parti, et c'est plus que clair... Mais voilà l'occasion, peut-être de choisir pour de bon la Vie. De s'attacher avec encore plus de force à la Providence Divine, qui nous invite à la confiance, à l'espérance, et plus que tout, à la charité. Je ne peux plus assister à la messe, me laisser ronronner dans une sorte de confort spirituel qui me berne -parfois- quant à l'essentiel. Maintenant, choisir Dieu n'est plus une affaire privée et un peu tiède, mais une nécessité qui me pousse vers mon frère, où qu'il soit, par l'union de prière et la compréhension qu'une réelle bienveillance devient plus que nécessaire, totalement urgente et inconditionnelle. Alors que je dois rassurer les malades de mon service qui ont peur - à juste titre- et qui ne se cachent pas pour parler de mort, je comprends que je dois les aimer, les soigner avec plus d'ardeur, les porter dans ma prière quotidienne, et les supporter, dans les bons et encore plus dans les mauvais moments, lorsque l'angoisse inonde tout et arrache la certitude de tout maitriser. Pauvre petit infirmier, je ne maitrise plus grand chose, et j'ai peur, moi aussi, face à ce grand inconnu qui se dessine (car bien malin celui pourra esquisser les conséquences de cette épidémie, et ce, à tous les niveaux). J'ai peur de contaminer, et j'ai peur de tomber malade. J'ai peur de finir seul, chez moi, et j'ai peur de voir un de mes proches succomber sans pouvoir lui dire au revoir. J'ai peur pour mes vacances - alors que je n'en ai pas pris depuis six longs mois- et j'ai peur de ne pas remettre les pieds dans une église avant si longtemps... Et bien, puisque j'ai peur, puisque je ne maitrise plus grand chose, je peux me tourner en vérité vers le Seigneur lui confier tout cela. Mes patients, mes proches, plus encore ceux que je n'aime pas assez. Je peux me tourner vers la Vierge Marie, notre Mère du Ciel qui ne cesse de veiller sur nous, et dans mon chapelet quotidien, y trouver encore davantage de confiance, d'amour maternel pour veiller sur ceux qui, isolés à l’hôpital, sont si seuls. Je peux bénir et rendre grâce au Seigneur pour la beauté de la vie et celle de la bonne santé, si fragile, si volatile, qu'elle devient effectivement un don, et non plus un dû. Je peux me tourner vers le Seigneur dans le silence d'un Carême qui devient - pour de vrai- désert silencieux où quêter sa présence comme un pauvre pécheur, crasseux de toute la misère de son péché, pour le trouver dans le silence et la prière plus fréquente, plus nécessaire. Je peux me tourner vers le Seigneur dans la communion des saints, en sachant qu'enfin, l'essentiel est invisible aux yeux de chair, mais que l'amour ne connait pas l'absence du regard, et que la prière me porte, et que je peux porter avec moi tous ces frères que Dieu me donne à aimer, sans cesse, de plus en plus. Je peux me tourner vers le Seigneur en offrant cette souffrance de ne pas pouvoir communier sacramentellement, de ne pas pouvoir recevoir le sacrement de réconciliation, et me souvenir que les sacrements ne sont pas une obligation que Dieu aurait à mon endroit, mais bien un présent, un don, et qu'ils sont quelque chose d’infiniment précieux dont on peut si facilement perdre la valeur lorsqu'ils tombent dans la décrépitude de l'automatisme.
Je peux me tourner vers le Seigneur, Le bénir et Lui rendre grâce parce qu'enfin, je comprends ce que cela signifie que d'avoir besoin les uns des autres, non comme quelque chose de pesant, mais au contraire, comme une chaîne d'amour qui n'a de cesse de grandir et de faire grandir. Enfin, je peux me tourner vers le Seigneur , Le bénir et Lui rendre grâce pour tous nos ministres, diacres, prêtres et évêques, pour toutes les religieuses et les religieux qui se sont mis en route vers le Seigneur et nous portent dans la prière silencieuse et perpétuelle qu'ils ne cessent de faire monter vers Lui. Nous avons des prêtres, et c'est formidable ! Nous avons des religieuses et des religieux, et c'est tout aussi formidable. Les prêtres continuent à célébrer la Grâce que Dieu nous fait en la personne du Christ, qui vient nous sauver, par la célébration de l'Eucharistie, quand bien même nous ne pouvons y participer physiquement.

Il faut traverser le désert en ce Carême qui, décidément, n'a aucun des attributs habituels. Le dépouillement est rude, mais nécessaire, fécond. Il remet les choses à leur place, et remet Notre Seigneur au centre du jeu. Aimer Dieu... Et se laisser aimer, quoi qu'il arrive, quoique nous ayons peur du lendemain et de l'orage qui s'annonce.

Je prie pour vous, pour que ce Carême devienne pour vous aussi l'occasion de goûter à nouveau à la tendresse, à la sollicitude, à la confiance de Notre Dieu pour chacun de ses enfants. Car, comme le dit saint Augustin, "Dieu qui nous a créés sans nous, ne nous sauve pas sans nous". Nous pouvons être confiant, puisque Dieu nous fait confiance, malgré tout. Mais Il compte sur nous pour Le suivre. Il nous appelle à la liberté, et donc à la responsabilité.
Nous pouvons faire quelque chose de bon, de bien, en respectant les consignes, certes contraignantes, du confinement. Ce n'est simple pour personne, et particulièrement pour nous, catholiques, en cette période où nous nous préparons aux fêtes de Pâques. Mais il faut raison garder. S'adapter. Croire que Dieu nous invite à être inventif, sans nous détacher de toute la Tradition de notre Sainte mère l'Eglise.

Alors oui, je prie pour vous. Et je vous confie mes patients. Priez pour eux : ils ont tant besoin de goûter, eux aussi, à l'Amour et à la Lumière de notre Dieu.

Un catholique infirmier.


PS : respectez vraiment les consignes. Prenez soin de vos proches avec une certaine distance, en prenant notamment régulièrement de leurs nouvelles par téléphone. Priez pour les malades, les soignants, qu'ils découvrent vraiment combien Dieu les aime. Et plus que tout, gardez confiance en Dieu : Il sait ce qui est bon pour nous. A nous de discerner et de nous attacher sans cesse à Lui.

PPS : désolé de la longueur du message, je ne pensais pas que cela prendrait autant de place...
Merci Gregor de votre beau message :coeur:

Gregor
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Gregor » sam. 21 mars 2020, 10:54

Merci Fée Violine !

Je reste stupéfait, néanmoins, par la teneur de certains messages que je lis ce matin... J'ai l'impression d'être à la criée ! Je ne comprends pas cette nécessite de s’écharper sur des réflexions concernant la nature politique des mesures qui ont été prises, ici, en France ou bien ailleurs. Je crois que ce n'est ni urgent, ni nécessaire.

En tant que catholique, nous devrions - du moins c'est ce que je pense - prier et garder confiance plutôt que de nous quereller en discussions stériles sur la nécessité ou non des mesures prises. Le confinement relève du simple bon sens (et si on l'avait su à l'époque de la grippe espagnole, il n'y aurait pas eu 50 à 100 millions de morts... ). ce n'est agréable pour personne, mais là encore, je le répète, c'est nécessaire. On peut regretter la façon, le rythme avec lequel cela s'est mis en place, on peut pleurer notre liberté de circulation qui est sacrifiée pour le bien commun, mais il faut tenir ferme. Dans la foi, comme dans notre vie quotidienne.

Priez vraiment pour les malades, les soignants et la France. Il va y en avoir bien besoin...
À Jésus par Marie.

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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par la Samaritaine » sam. 21 mars 2020, 11:45

Merci pour votre beau message Gregor !!


Samaritaine

Trinité
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Trinité » dim. 22 mars 2020, 0:04

La bonne ambiance du confinement, dans une famille des ch'tis du Nord! :rire:

Déjà , la traduction n'est pas facile! Peut-être nos amis du Québec! :rire:

C'est pour détendre l'atmosphère! :)

https://www.facebook.com/JustinTheKidFR ... 52902/?t=1

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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Marc Schonnartz » dim. 22 mars 2020, 15:17

Après ce temps d'épreuve et de privation, à nous de revenir encore plus conscients de la splendeur du saint sacrifice de la messe et de la présence réelle du Christ dans l'hostie et le vin consacrés. Nous recevrons le corps du Christ avec d'autant plus d'inclination et d'humilité.

Que Marie - "La Dame du Moyen-Orient" nous y prépare !

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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Carolus » lun. 23 mars 2020, 23:47

Foxy a écrit :
lun. 23 mars 2020, 23:29
PaxetBonum a écrit :
lun. 23 mars 2020, 22:33

Le secours est dans le Nom du Seigneur, qui a fait le Ciel et la Terre… et notre système immunitaire !
Une pensée quand même pour les personnes dont le système immunitaire est déficient, suite à certaines maladies.
Sans aucun doute, chère Foxy ! :oui:
Jc 5, 16 Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La supplication du juste agit avec beaucoup de force.
Prions donc les uns pour les autres afin d’être guéris, n’est-ce pas ? 🙏

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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par cmoi » mar. 24 mars 2020, 7:09

Votre dernière intervention Carolus m'autorise à intervenir à propos de ce virus et de la situation inhabituelle et sociale qu'il entraîne.

Certains prétendent avec ou sans autorité qu'il est un châtiment ou un avertissement du ciel.

Je ne me prononcerais pas à ce sujet car c'est inutile et vain, quelque peu prétentieux tant que Dieu lui-même ne se sera pas prononcé.
La réponse est déjà bien connue et n'a rien de sensationnel, elle touche à la foi : tout vient de Dieu.
Ce qui laisse à chacun le choix de considérer par quel vecteur ou intermédiaire (hasard, grâce, volonté humaine, etc.) et qui fait l'objet d'un débat pour le moins spéculatif mais stérile, qui se tient dans la tentation d'orgueil.
Ce qui me semble en revanche important de se souvenir et ici fera l'objet de ma prose, c'est qu'effectivement la punition ne nous appartient pas, mais à Dieu, qu'en usurper le rôle ne nous rachèterait pas, cette duplicité ajouterait plutôt à notre faute par un refus de justice : à chacun son rôle. (Ce que j'avais déjà exprimé dans mon post "examen de conscience" il y a fort longtemps ).

Et que donc ce qu'il faudrait éprouver avec une conviction forte et dans l'obéissance, c'est de la gratitude.
Cette occasion est inespérée pour se purifier, elle a quasiment la valeur d'une indulgence à laquelle nous contribuons non par des prières qui ne sont que fioritures, un supplément que nous y rattachons (pourvu d'y mettre la gratitude pour la vie à nous offerte, et non la peur stupide de la perdre quand le signe est tourné à l'opposé ) - et ce n'est pas pour rien si le pape en ce moment attache des indulgences plénières à la façon dont nous en vivons l'instant.
Qu'elle vienne de Dieu ou non (dans un sens nécessairement ajouté et complémentaire à l'évidence que oui mais qui nous échappe souvent sinon toujours par manque de foi), elle nous permet quelque chose de si précieux !

Joie.. Joie... joie ! Voilà la seule manière d'en vivre l'épreuve...
Avec un brin anticipé de nostalgie car ces moments passeront, et s'en souvenir sera sans mérite (mais une grâce de conversion).

Quoi de plus stimulant que la méditation de la mort, pour vivre...

Carolus
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Carolus » mar. 24 mars 2020, 14:34

cmoi a écrit :
mar. 24 mars 2020, 7:09
cmoi :

Votre dernière intervention Carolus m'autorise à intervenir à propos de ce virus et de la situation inhabituelle et sociale qu'il entraîne.
Je vous remercie de tout mon cœur de votre intervention, cher cmoi. :)
cmoi a écrit :
mar. 24 mars 2020, 7:09
cmoi :

Certains prétendent avec ou sans autorité qu'il est un châtiment ou un avertissement du ciel.

Je ne me prononcerais pas à ce sujet car c'est inutile et vain, quelque peu prétentieux tant que Dieu lui-même ne se sera pas prononcé.
Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ lui-même parle d’avertissements du ciel, n’est-ce pas ?
Lc 21, 11 Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel.
Notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ parle des signes concernant son avènement.
CEC 673 Depuis l’Ascension, l’avènement du Christ dans la gloire est imminent (cf. Ap 22, 20)
Concernant l’épidémie actuelle vous écrivez :
cmoi a écrit :
mar. 24 mars 2020, 7:09
cmoi :

Qu'elle vienne de Dieu ou non (dans un sens nécessairement ajouté et complémentaire à l'évidence que oui mais qui nous échappe souvent sinon toujours par manque de foi), elle nous permet quelque chose de si précieux !

Joie.. Joie... joie ! Voilà la seule manière d'en vivre l'épreuve...
Maintenant, considérons la parole de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ :
Lc 21, 28 Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.
Redressons-nous donc et relevons la tête, car notre rédemption approche (Lc 21, 28).

« Joie.. Joie... joie ! Voilà la seule manière d'en vivre l'épreuve... » (cmoi), car votre rédemption approche, d’après notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. 🙏

Trinité
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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Trinité » mar. 24 mars 2020, 14:48

cmoi a écrit :
mar. 24 mars 2020, 7:09
Votre dernière intervention Carolus m'autorise à intervenir à propos de ce virus et de la situation inhabituelle et sociale qu'il entraîne.

Certains prétendent avec ou sans autorité qu'il est un châtiment ou un avertissement du ciel.

Je ne me prononcerais pas à ce sujet car c'est inutile et vain, quelque peu prétentieux tant que Dieu lui-même ne se sera pas prononcé.
La réponse est déjà bien connue et n'a rien de sensationnel, elle touche à la foi : tout vient de Dieu.
Ce qui laisse à chacun le choix de considérer par quel vecteur ou intermédiaire (hasard, grâce, volonté humaine, etc.) et qui fait l'objet d'un débat pour le moins spéculatif mais stérile, qui se tient dans la tentation d'orgueil.
Ce qui me semble en revanche important de se souvenir et ici fera l'objet de ma prose, c'est qu'effectivement la punition ne nous appartient pas, mais à Dieu, qu'en usurper le rôle ne nous rachèterait pas, cette duplicité ajouterait plutôt à notre faute par un refus de justice : à chacun son rôle. (Ce que j'avais déjà exprimé dans mon post "examen de conscience" il y a fort longtemps ).

Bonjour cmoi,

Tout à fait!

Le problème de l'origine de cette punition, c'est quelle est alimentée par tous les récits de mystiques et que certains prennent, pour des révélations dont il n'est pas question de ne pas tenir compte!
Il existe malheureusement pléthores de forums , qui ne fonctionnent uniquement sur cette base!
La peur n'évite pas le danger, moi je ferais plutôt référence aux nombreuses phrases de" Jésus" dans le N.T ou il dit "N'ayez pas peur"!

Vous dites:
Quoi de plus stimulant que la méditation de la mort, pour vivre...

A la lecture initiale, j'ai été un peu choqué, mais après réflexion, vous avez tout à fait raison.

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Re: Coronavirus : courage et espérance !

Message non lu par Carolus » mar. 24 mars 2020, 15:28

Trinité a écrit :
mar. 24 mars 2020, 14:48

La peur n'évite pas le danger, moi je ferais plutôt référence aux nombreuses phrases de" Jésus" dans le N.T ou il dit "N'ayez pas peur"!
Merci de votre intervention pertinente, cher Trinité. :)
Mt 10, 28 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Remercions donc notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ que ce virus peut seulement tuer le corps sans pouvoir tuer l’âme. 🙏

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