J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

« Je vous exhorte, frères, à soutenir mon combat en priant Dieu pour moi » (Rm 15.30)
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etienne lorant
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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par etienne lorant » ven. 18 déc. 2009, 18:45

J'ai bien pensé à toi, aujourd'hui: après une nuit de sommeil agité, j'ai vu la pagaille sur les routes à la télé, et je suis resté chez moi: angoisse, angoisse, angoisse... Je ne me sens vraiment bien qu'en travaillant et en écrivant. Ma prière est très souvent répétitive, même si elle une grande intensité. J'ai vu mon médecin à 14 heures: il est clair que tous mes "symptômes" de mauvaise digestion sont uniquement dûs à un état nerveux auquel les médicaments remédient. Je ne sais pas pourquoi je souffre, mais j'offre tout le temps. Le texte que j'ai cité il y a quelques jours m'aide beaucoup, mais je ne sais toujours rien de son auteur :

"Sur ce chemin Dieu lui reprend tout ce qu'il lui avait donné. L'homme est alors si complètement abandonné à lui-même qu'il ne sait plus rien, absolument rien de Dieu. Il en arrive à une telle angoisse qu'il ne sait plus s'il a jamais été dans le droit chemin, s'il y a un Dieu pour lui oui s'il n'y en a pas, et si lui-même existe ou non ; et cela lui devient si singulièrement pénible que ce vaste monde lui paraît trop étroit. Il n'a plus aucun sentiment de son Dieu, il ne sait plus rien de Lui et, pourtant, tout le reste lui déplaît. C'est comme s'il se trouvait arrêté entre deux murs et qu'il y eût une épée derrière lui et une lance acérée devant lui. Que lui reste-t-il à faire ? Il ne Peut ni reculer ni avancer. Qu'il s'assied donc et qu'il dise : « O Dieu ! Je Vous salue, amère amertume, pleine de toutes grâces ». Aimer à l'excès et être privé du bien qu'on aime paraîtra une épreuve plus douloureuse que l'enfer, si l'enfer était possible sur terre... Plus la conscience et le sentiment de Dieu ont été profonds, plus grandes et plus insupportables sont l'amertume et la misère de ce dépouillement. » (7). L'âme avait tout quitté pour son Dieu ; et il lui semble maintenant qu'elle a perdu son Dieu
Sainte Catherine de Gênes, sainte Thérèse, saint Jean de la Croix ont comparé aux souffrances des âmes dans le purgatoire, l'état de l'âme qui subit ici-bas les angoisses de la nuit de l'esprit."

Oh, je ne crois pas du tout que mes peines sont comparables à celles des saints et saintes nommés par l'auteur, mais c'est vrai que je me ressens souvent à mi-distance entre tout ce que j'ai aimé dans ma vie, d'un côté, et mon Dieu de l'autre côté. Alors j''angoisse à fond, mais ayant été éduqué dans ma religion, je SAIS que je suis dans une forme de purifcation passive et cela suffit à me soutenir. Avec les sacrements, évidemment.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

zélie
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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par zélie » mar. 01 juin 2010, 16:23

Voilà, je reviens une dernière fois sur ce fil pour remercier tous ceux qui ont prié pour moi et qui m’ont soutenue. Vos prières m’ont sauvé la vie, parce qu’à me sentir si seule devant un tel mur de haine, je ne sais si je n’aurais pas fini par me suicider.


Pour résumer ce fil, j’ai eu affaire pendant deux ans à une directrice perverse narcissique. Et pour tout avouer, je suis enseignante. J’ai été prise pour tête de turc par ma directrice avant même d’avoir mis un pied dans l’école où j’étais nommée, parce que très branchée humanitaire, je lui ai parlé de projets d’école dès ma présentation. A partir de là j’ai réveillé une hydre de jalousie et d’envie devant mon aisance, alors que la suite des événements ont bien établi que ma directrice, jalouse et exclusive, était très sclérosée dans son rapport au monde ; personne dans cette école ne devait briller sinon elle.

Peu après la rentrée, elle s’est jeté sur moi à bras raccourcis ; maniant le mensonge avec un aplomb sans pareil, elle m’a tellement discréditée devant les parents de l’école entière que tout le monde m’a fuit, collègues compris, et tout le monde s’est rangé de son coté. Un jour que pleurant un deuil (affreux et brutal) d’un frère, je n’ai pas dit bonjour aux parents qui amenaient leurs enfants à l’école, elle en a pris prétexte et a écrit une lettre à l’inspection sur mon dos, mentant effrontément, et l’a fait circuler pour qu’un max de parents la signent ; les parents effrayés de découvrir combien j’étais capable d’horreurs se sont dépêchés de signer.
A partir de là, l’inspection est intervenue et ma vie est devenue un enfer. D’un simple bonjour je me suis entendue reprocher un manque de professionnalisme et une attitude asociale avec les parents, émaillée de faits graves, et tous inventés. Il n’y a pas l’ombre d’une vérité dans quoi que ce soit qu’on m’est mis sur le dos, mais l’aplomb inouï de ma directrice, son imagination sans bornes et sa capacité à se faire passer pour une victime ont eu raison de toute enquête, et ma sidération, ma pâleur et mon silence par souffle coupé ont plaidé pour mon accusation ; j’étais forcément coupable parce que je ne me défendais pas, parce que « tout innocent aurait trouvé les mots pour récuser ». Mais moi j’allais tellement de surprises en surprises, j’étais tellement sciée, que je restais systématiquement sans voix.
J’ai fini tout de même par aller en rendez-vous privé à l’inspection tirer les vers du nez à l’inspectrice qui se faisait co-harceleuse ; j’appris ce jour-là que ce qui se passait dans mon école était connu, mais que « l’intérêt du service primant sur tout pour avoir sa prochaine nomination en Inde », mon inspectrice prendrait toujours fait et cause pour ma directrice. J’ai râlé ce jour-là d’y être allée sans mouchard ! J’ai eu beau contacter tous les syndicats, médecins et psychologues du travail que je puisse trouver, tout le monde prit la fuite au seul nom de mon école. La grosse mairie de la ville idem, l’inspection académique idem. Tout le monde savait : tout le monde savait que ma directrice avait un passé louche, soupçonnée de détournement de fonds par exemple, tout le monde savait quelle folle furieuse c’était, et tout le monde souhaitait sa mort ou sa disparition, mais tout le monde se taisait devant elle : un passé rocambolesque expliquait cela, où ma directrice avait réussi à faire mentir des innocents en plein « tribunal » et à se blanchir, faisant accuser d’autres et les faisant payer pour ses propres méfaits. Depuis elle avait carte blanche sur son territoire, carriérisme des autres oblige.


Etant devenue l’ennemi public d’une circonscription par suite de mensonges et aux prises avec une femme se définissant comme une reine de la nuit qui aimait à éteindre toute lumière là où elle passait, de sidération en sidération, j’ai quand même fini par chercher des portes de sorties plus originales et moins officielles.
Je suis allée voir un psychiatre pour me faire expliquer par le menu ce qu’était un harceleur, et dans mon cas, un pervers narcissique. Comment fonctionnait un groupe autour d’un pervers. Ensuite j’ai lu les bouquins qu’on me recommandait. Ensuite j’ai observé autrement, non plus comme une victime, mais comme un objet d’étude ; j’ai provoqué certaines situations, sachant très bien que cela ne ferait qu’empirer mon cas, mais il fallait que je sache, que je confirme mes hypothèses. Je me sentais de toute façon menacée à demi-mots de destitution et de TGI, je n’avais plus rien à perdre.
Et j’ai tenté des trucs ; des trucs qui ont lamentablement raté, et d’autres qui ont inopinément réussi. A me remettre dans la poche le groupe autour d’elle en jouant sur ses manques (ça a pris un an quand même).
J’ai aussi remarqué qu’une collègue de travail était sa victime occasionnelle, quand ma directrice ne trouvait rien sur moi. Cette collègue était un ange, dépressive, apeurée, malade, fatiguée, et paralysée du visage depuis qu’elle travaillait avec ma directrice : elle était la victime idéale, mais elle était aussi une victime trop faible, trop facile. Je me suis rapprochée de cette femme et nous sommes devenues amies. Et par là nous nous protégions l’une l’autre : elle était la mémoire de ce lieu de travail, et d’anecdotes en anecdotes, elle me permettait de mettre bout à bout les morceaux du puzzle qui m’échappaient. Moi je la protégeais. Dans la vraie vie je n’ai rien d’une victime idéale, rien d’angélique. Au contraire, j’ai un abord désabusé, provocant ; j’étais un être autrement plus consistant à détruire qu’une île de douceur. Je comprenais que c’était cela qui amusait tant ma directrice ; le crocodile pouvait enfin bouffer autre chose qu’une gazelle. Elle avait poussé des gens au suicide et à la dépression, des gens apparemment durs à cuire, mais j’ai fini par comprendre que mon apparence de gladiateur aiguillonnait son anxiété… et sa curiosité.

Elle voulait le combat par jeu, moi pas. Je le fuyais de toutes mes forces, j’avais peur. Mais au bout d’un an, le groupe avait changé de regard sur moi, j’avais l’atout idéal en la personne de cet ange qui savait tout et me livrait tout sans même comprendre ce qu’elle me livrait, mais qui était capable de se faire aimer par tout le monde, surtout par les parents d’élèves. C’était la dream team : à elle les relations publiques ; elle était chargée de récupérer l’estime des parents pour nous deux, à moi le gros morceau.

Une fois les arrières un peu assurés, le combat a donc fini par avoir lieu ; je me suis mise à la défier partout, à la piétiner par mon travail bien plus original que le sien, par mon sens de l’organisation, de la clarté qui la séchait sur place, à prendre le pas sur elle dans les réunions de travail où elle galérait par manque de vivacité et de précision, et à finir par présider les réunions avec un rythme tellement infernal que toutes mes options étaient imposées par manque de temps de réflexion et de répartie, par tous un tas de choses qui n’ont eu pour effet de lui mettre le nez en plein dans ses scléroses. A deux, nous avons enchainé sur des opérations séductions, des opérations de communication, qui permettaient à tout public de voir tout ce qui se passait en classe et combien les enfants étaient heureux de m’avoir pour enseignante. Les parents sidérés et apeurés de voir leur bout de chou dans la classe d’une géante sont revenus ravis d’entendre le soir combien je jouais avec eux, et combien dans les bras de la maîtresse il faisait doux et chaud, alors que chez la directrice les intervenants fuyaient parce qu’ils constataient des syndromes de Stockholm chez les enfants. Nous invitions souvent les parents inquiets au resto et on parlait des heures, nous informions encore et encore qui de droit de chaque chose qui se passait dans l’école, en expliquant bien à l’inspection que si un jour quelqu’un faisait une tentative de suicide dans cette école, j’aurais les preuves pour justifier dans un tribunal que l’inspection savait et ne faisait rien, et je me suis ramenée à l’école avec un mouchard et un téléphone… plein d’options. Tant et si bien que ma directrice ne savait jamais si quand je lui disais quelque chose, même insidieusement provocant, elle ne serait pas filmée ou enregistrée (avec un micro superpuissant !).
J’avais lu que pour rendre un chien fou en moins d’une semaine, il suffisait de le battre ou de le récompenser aléatoirement quoi qu’il fasse ou ne fasse pas ; ce n’était pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Elle était maîtresse à ce jeu, c’était elle qui me l’avait appris ; mais les élèves ne sont élèves que pour un jour pouvoir se taper le maître, c’est bien connu…


Le but c’était tout simplement qu’elle aille enquiquiner qui elle voulait mais pas nous, ma collègue et moi : ma collègue tenait debout par un fil, elle avait été en dépression pendant des années, elle n’arrivait plus à se lever pour venir travailler ; qu’on s’acharne sur un tel ange, sur un être aussi naïf, lent et incapable de la moindre méchanceté m’ahurissait. Ces êtres-là sont notre monnaie céleste, ceux par qui on peut espérer le ciel, pour, malgré notre boue, ne pas leur avoir craché dessus… C’était pas possible, rester sans rien faire et perdre mon emploi, rester sans rien faire et trembler que ma collègue ne se suicide… Non, je n’ai pas été un ange avec ma directrice, j’ai fait feu de tout bois, mais je ne pouvais tolérer que les choses prennent une tournure qui aurait menacé ma famille et achevé ma collègue.
Ma directrice ne m’a fait aucun cadeau ; j’ai même été accusée d’abus sexuel et elle a informé les parents qu’elle savait de source sûre qu’à la fin de l’année je ne serais plus enseignante. Manque de pot, elle a fixé la date de mes soi-disant abus un jour où je n’étais pas là ; ça fait tâche quand même.
La seule chose effective que j’ai faite de travers c’est qu’un jour un enfant-roi bien connu pour son comportement violent a réveillé une petite autiste (qui dort beaucoup) à coups de pieds dans la tête parce qu’il savait qu’elle ne se défendrait pas. Pour éviter qu’il ne se prenne une gifle par sa maîtresse qui craquait, je l’ai attrapé et calé assis sur une commode dans un coin en attendant que tout le monde se calme. L’ennui c’est que pour les lilliputiennes qui m’entourent, une commode c’est déjà trop haut. Alors j’ai été accusée de faute professionnelle et de mise en danger d’un enfant : amplifié, c’est devenu un abus sexuel, mais avec une erreur de date…
C’est vrai qu’à isoler un enfant, c’était dehors qu’il fallait que je l’amène, pas à 1.50 de hauteur, même en le tenant fermement. Mais comme moi on ne me touche pas, il n’a pas pris de gifle et le pire a été évité. C’est toujours ça, et dans le feu de l’action on fait ce qu’on peut, pas forcément ce qu’il était optimal de faire, et critiquer à froid c’est toujours facile.
Les gens présents ont soutenus mordicus qu’ils étaient absents tellement ils ont peur de se retrouver confrontés à ma directrice, despote connu pour se jeter sur la proie la plus proche quand la principale lui échappe, et ma collègue ne pouvait pas se plaindre de ce que j’avais fait pour lui sauver la mise. So, ma directrice a eu beau dire qu’elle a tout vu, personne ne l’a crue, tout le monde a dit le contraire.


Un jour j’ai menti avant même d’avoir eu le temps d’empêcher ce mensonge de franchir mes lèvres, tellement je tremblais de peur et de fatigue, j’en parle dans mes posts précédents. Ce mensonge, en fait, a été repris en boucle parce qu’avec un tyran, rien n’est pardonné, rien n’est oublié… Non, tout est relevé, amplifié, hystérisé dans le but de remuer tout couteau possible dans toute plaie possible. Mais là elle s’est fait mordre à son propre jeu ; elle a eu beau dire que je mentais, personne ne l’a crue cette fois, et cela l’a énormément déstabilisée. Autant mentir lui était familier et agréable, autant être sujet du mensonge des autres lui était insupportable. Elle venait de me montrer un talon d’Achille ; elle n’aurait pas dû…

De fil en aiguille, à deux, et aidées des parents délégués enfin acquis à notre cause parce qu’inquiets du sort de leurs enfants s’ils venaient à tomber dans sa classe, et pour le coup de parents triés pour leur capacité de répartie, on a fini, de mésaventures en péripéties, par lui donner un sentiment d’insécurité. Enfin tous les parents savaient le danger qu’elle était pour tout être qui s’approchait d’elle, et il ne faut jamais faire peur à une horde de parents au sujet de leurs enfants… Il faut dire que les rigides scient la branche sur laquelle ils sont assis à force de hurler sur leur entourage, et les parents, même en attendant au portail d’une école, sont loin d’être sourds… Il suffisait de les aiguiller pour qu’ils soient là où il faut au bon moment. Et de toujours abonder dans le sens des parents quand ils demandaient quelque chose, surtout si on savait que ce qu’ils demandaient allait essuyer un refus de la directrice aux vues étroites…


In fine, elle part, elle demande sa mutation avec les boules, mais oh merveille du bouche à oreille, ses futures collègues, même à l’autre bout du département, sont déjà au courant de qui elles récupèrent, et l’attendent de pied ferme. Ce départ, nous ne l’espérions pas, mais il va soulager toute la communauté de l’école. Une femme de ménage dit toujours qu’elle espère que l’école va redevenir le paradis qu’elle était avant « Pinochet ». Je le souhaite pour tous ceux qui restent.


Pour moi, je suis pour partir aussi, mais avec un dossier brûlant, rien ne m’a été épargné et j’ai vraiment payé le prix fort. J’ai fini par faire des malaises cardiaques alors que je suis jeune encore, et j’ai eu un long congé maladie pour de graves problèmes de santé. On ne peut pas tout avoir, et toutes les victoires ont leur grande part d’amertume.
J’ai envie de mourir pour ne plus revoir le démon sur le visage d’un être humain, c’est trop dur, trop violent. En même temps, j’ai appris de cette expérience et si je n’en suis pas morte, un jour je finirais par renaître de mes cendres. Et ma collègue va pouvoir enfin vivre et se reconstruire en réapprenant à respirer, et à rééduquer sa paralysie faciale.
Sortir de là, c’est comme sortir de l’enfer. Je pressens que je vais mettre des mois à réaliser de quoi je sors, à stratifier cette expérience, à la penser comme il est optimal de la penser. Un long travail d’assimilation. La plus grande déception que j’en ai c’est de ne pas avoir réussi sans avoir recours à la ruse ; je me sens salie d’avoir compromis mon intégrité. Mais quand on avance face à un Goliath pareil, on avance dans la prière et complètement à l’aveuglette. Jamais on ne sait 5 minutes avant si ce qu’on fait va échouer ou réussir, et 7 fois sur 10 ça échoue. Mais il fallait que j’agisse, beaucoup, beaucoup, pour espérer quelques coups de poker. A ne rien faire comme je l’ai fait la première année, j’aurais fini en burn out. Comme je suis un être gaffeur et débonnaire, contrarier ma nature fut une chose éminemment difficile, ça me fichait en l’air, j’en perdais le sommeil.

J’ai eu beaucoup de chance, la chance de comprendre que la situation était retournable et d’arriver à le faire, chose qui n’est pas possible dans tous les cas de harcèlement. Je plains sincèrement toutes les victimes qui n’ont pas pu trouver de quoi sortir de leur enfer, et je mesure là combien j’ai été spirituellement aidée dans ma démarche.
Sans la foi je n’y aurais pas survécu, parce qu’il y a eu un temps où je n’avais plus que ça pour résister au suicide quand la situation était minée et que j’étais isolée. Jamais ma directrice ne le saura, mais j’ai toujours prié pour elle, de mille façons, parfois de tout cœur, parfois du bout des lèvres et chavirée de rancœur, et j’ai toujours encouragé ma collègue à voir les choses par le biais de la foi, qui permettait un décentrage salvateur, un décentrage qui faisait du monstre l’être spirituellement malade dont il était de notre mission d’offrir nos souffrances pour elle, et de la victime un être plein de compréhension de l’autre, un être capable de se projeter hors de sa souffrance pour aller vers son prochain, même au plus fort des tempêtes, et d’aimer son persécuteur au moins dans son âme, sans jamais rester accroché à une rancune, même légitime.
Ce fut l’attitude la plus salvatrice de toute cette période, ce fut le frein qui ne fit pas de moi une manipulatrice haineuse pire que mon tyran, parce lorsqu’on s’aperçoit qu’on pourrait, si on voulait… et que nos griffes sont plus acérées que celles d’en face… la tentation de s’en servir peut en devenir assommante, parce qu’on entrevoit des portes de sorties rapides de l’enfer, et rester en enfer quand on pourrait en sortir… C’est pas évident.
Il m’a fallu bien souvent relire et relire encore la passion de Jésus pour esquisser de calquer mon attitude sur la sienne, pour au moins retenir mes « aces », parce qu’il ne fallait ni que je pousse au suicide, ni que j’annihile, juste que je déstabilise le kapo pour assurer la paix au boulot, juste que j’appuie un peu là où ça fait mal pour pousser à la réflexion.
Je ne peux me résoudre à penser que cet être ne changera jamais ; elle est une créature de Dieu, mais son démon est l’orgueil ; là elle gémit, ou plutôt elle bout intérieurement d’avoir essuyé un effondrement de sa construction sociale, qui la contraint à l’exil parce qu’elle est tellement grillée dans l’école que tout le monde ose enfin lui dire clairement qu’on ne veut qu’une chose, qu’elle « dégage », et les parents ne sont jamais des gens tendres avec une enseignante haïe.
Je sais qu’elle part loin, exactement comme un truand repéré, pour aller recommencer ailleurs les mêmes turpitudes. Malgré ce, elle est dans une phase de réflexion, où malgré l’orgueil qui la tient, elle constate un échec et essaie d’en tirer des leçons. Pourvues que les conclusions soient les bonnes et la poussent dans les bras de Jésus, pourvu qu’elle trouve un chemin pour laisser l’enfant qui a souffert en elle remonter à la surface et lui donner envie d’explorer d’autre voies d’être au monde que celui de la perversité.


Et j’espère que d’avoir dis tout cela ici malgré la honte qu’il m’en aura coûté sera une voie d’espoir pour tous ceux qui souffrent.

Que la Miséricorde Divine soit grâce pour chaque âme,

Zélie

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par Griffon » mar. 01 juin 2010, 16:51

Eh bien Zélie, j'ai bien lu votre histoire. Horrible histoire, on peut le dire.
Et vous en sortez bien blessée, c'est évident.

En vous lisant, une image s'est présentée à mon esprit : l'enfant Jésus qui voulait venir dans vos bras.
Je pense que vous devriez prier avec Lui, que cela vous ferait du bien.
Pouvez-vous vous imaginer avec l'Enfant dans vos bras, Le tenir contre votre coeur, sans oublier qu'Il est le Sauveur. La vierge aussi voudrait vous aider...

Et moi, je prierai encore pour vous.

De tout coeur,

Griffon.


PS: excusez-moi de vous dire ainsi ce que je pourrais garder pour moi.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par Anonymus » mar. 01 juin 2010, 19:21

Je prie pour vous, votre collègue, votre école et votre ancienne directrice.

zélie
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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par zélie » mar. 01 juin 2010, 21:36

Merci à vous deux. :)
Griffon, pour ce qui est de Jésus-enfant, c'est vrai que ce n'est pas forcément la présentation christique qui me parle le plus, mais pourquoi pas... Il faut savoir accueillir les bonnes idées!

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par Anne » mer. 02 juin 2010, 2:25

Moi, en lisant ton témoignage, je n'ai pu qu'admirer ta persévérence et ta force dans l'épreuve!

Ce que tu racontes, c'est un marathon d'endurance! Grâce à toi, ce milieu de travail pourra enfin respirer et tu en sors grandie, même si ce n'est pas ta perception en ce moment...

Pour ceux et celles qui auraient de la peine à croire que pareil être existe: je ne peux que le confirmer! Ma supérieure présente n'est pas à la hauteur de la tienne (elle essaie mais, Dieu merci, elle n'est pas très douée), mais j'ai connu une famille, manipulée par un enfant, qui serait capable de "l'accoter" n'importe quand!

Il ne me reste qu'à espérer que ton prochain milieu de travail ne soit pas aussi désespérant que tu sembles le penser. Lors de ma propre petite "aventure", des deux écoles où il a fallu me rendre, celle que j'appréhendais le plus s'est avérée être la moins "pire" des deux!

Nous pouvons continuer à te porter dans nos prières (pour que tes blessures guérissent), ainsi que la bit :censure: qui t'en en fait voir de toutes les couleurs: elle en a bien besoin (mais ce sera plus difficile :exclamation: )!
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par DavidB » mer. 02 juin 2010, 7:08

Wow, Zélie,

Je suis jeté par terre. Vraiment, ce que tu as fait est très grand.

La fuite aurait été beaucoup plus facile, probablement.
En tout cas, prends soin de toi, j'espère que tu auras de belles vacances pour l'Été. Peut-être pourrais-tu venir visiter le Québec :-D on a plein de gens sympathiques ;)

En tout cas, prends soin de toi et union de prière.

Désolé de ne pas avoir davantage de mots. Je suis fatigué, mais je voulais souligner mon admiration pour ce que tu as fait. Ça demandait beaucoup de courage et de détermination.

David
Comme un petit enfant, moi aussi, je veux me laisser prendre dans les bras de Dieu, mon Père en Jésus-Christ, me laisser asseoir sur ses épaules, et voir enfin, devant moi, au loin, s'élargir mes horizons.

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par petite fleur » mer. 02 juin 2010, 16:06

Bonjour Zélie,

je viens de lire toute votre histoire.
Vous avez été admirable, et surtout, persévérante dans la prière.
Il y a beaucoup de manipulateurs, voir "pervers narcissiques".
Ma propre mère hélas en fait partie (vous m'aviez soutenue dans mon fil "être délivrée d'une mère manipulatrice et destructrice").
Il est difficile de comprendre ces personnes.Ce sont des âmes souffrantes, qui ont souvent eu des blessures d'amour et sont incapables d'aimer à leur tour.
Dominer et détruire les autres est pour eux leur seul moyen de survie.
Je vous conseille le livre "Les manipulateurs sont parmi nous" (que vous avez sans doute déjà lu).
C'est un livre qui explique très bien le fonctionnement psychologique du manipulateur, et qui m'a permis de relativiser la puissance destructrice de ma pauvre mère.
Il faut beaucoup prier pour eux.Je vous avoue que moi, j'ai souvent beaucoup de mal à prier pour ma mère.

Vous avez beaucoup souffert ma pauvre Zélie. Parfois, le Seigneur permet que nous descendions très bas, pour mieux "renaître" avec la force de l'Esprit Saint.
Je vous renvoie à l'ouvrage formidable du père Joël Guibert "Renaître de l'Esprit".

Soyez assurée de ma fervente prière !

petite fleur
"Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie."
Jean 8, 12

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par Griffon » mer. 02 juin 2010, 17:32

zélie a écrit :Griffon, pour ce qui est de Jésus-enfant, c'est vrai que ce n'est pas forcément la présentation christique qui me parle le plus, mais pourquoi pas... Il faut savoir accueillir les bonnes idées!
Merci de vore réponse.
En fait, elle m'a confirmée : je comprends pourquoi la vierge a insisté pour que ce soit elle qui vous donne l'enfant Jésus. De vous même, vous ne le feriez pas.

Je dois dire que moi-même, je n'ai pas du tout l'habitude de penser à Jésus enfant (ou bébé). Normalement, je l'imagine dans sa gloire, ou alors, en homme adulte et tellement beau, et accueillant, et souriant,...

Mais voilà... C'est ainsi.
Je ne pensais plus à ce message... et j'en ai vu le titre sur mon iphone au bureau.
Et boum... voilà que cela me reprend.
Je ne sais pas le dire autrement : la vierge veut que j'insiste.

Alors, que puis-je faire, sinon vous raconter la chose ?

Je ne vois pas ce que je puis faire d'autres.
Je me propose de prier encore pour vous.

J'allais quitter en vous disant : Courage !
Mais ce n'est pas de cela dont vous avez besoin : vous avez été profondément blessée.

Je suis de tout coeur avec vous,

Griffon.


PS: Ne croyez pas que vous deviez me répondre quelque chose.
Et quoi donc ?
Moi, je devais parler. C'est tout. C'est même gênant.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par zélie » mer. 02 juin 2010, 20:26

le gyrovague a écrit :Bonjour Zélie,

Vous avez fait preuve d'un très grand sens du combat
Pour répondre à tous ceux qui on émis cette idée: il faut dire "nous".
Dans mon aventure, j'ai surtout été "l'épouvantail", juste à cause d'une apparence, mais l'esprit de l'entreprise, ce n'était pas moi, ce fut une association de plus d'une dizaine de cerveaux contre une seule, mais redoutable.
Comme c'est moi qui raconte l'aventure, on pourrait croire que c'est moi qui ait tout fait; il n'en est rien, mais ayant mis tout au "je" je m'aperçois que j'ai un peu biaisé la narration. Je le corrige donc:

"nous", c'est à dire ma collègue, une poignée de parents rentre-dedans et moi, nous nous réunissions au resto ou chez quelqu'un, ou par mail, et on convenait d'une attitude ou d'une contre-offensive. Ma collègue et moi sondions le terrain avant, et on jouait les imbéciles qui posent toutes les questions assommantes et stupides pour avoir des réponses, de guerre lasse, et renforcer le sentiment d'intelligence de la directrice. Ensuite on passait au débriefing, et parfois on était tous tétanisés, perdus. Puis quand les réunions d'école avaient lieu, on mettait grain de sel après grain de sel dans les rouages, et comme j'étais le fusible, la cible favorite de toute façon, quand "Pinochet" attaquait, je lui allumais le mouchard sous le nez et je contre-attaquais ferme, au pied à pied. Mais pour en arriver là on s'est même prêtés au jeu de rôle avec répétition des attaques, et plusieurs cerveaux m'aidaient à travailler mes "aces".

Je savais en outre repérer finement quand elle mentait ou extrapolait à son avantage. A chaque mensonge de ma directrice, je laissais passer la vague. Ensuite j'allais chercher les textes légaux ou les preuves la démontant, (ça c'est ma spécialité). Le lendemain je diffusais par mail sur liste de diffusion la preuve et le démontage du mensonge. Tous les abusés finissaient forcés de se ranger à nos arguments. On a même induit l'idée qu'un dossier sur elle était sur le bureau d'un avocat et que c'était lui qui nous conseillait...

Chacun de nous avait ses atouts et les faisaient fonctionner; certains c'était les relations, d'autres c'était la capacité d'envoyer une balle de match au moment où je m'essouflais. Mais c'est vrai que la première ligne, c'était moi, mais bien malgré moi! Et ce n'a été moi que parce que ma directrice le voulait ainsi, parce que selon ses critères, j'étais à la fois "intelligente mais naïve", un jouet plus intéressant qu'un autre... Sinon je me serais bien cachée derrière d'autres comme d'autres se sont cachés derrière moi pour survivre à un tel enfer!

Le véritable cerveau de l'équipe, ce fut ma collègue que je décris angélique. Parce qu'elle était la mémoire de ce lieu, parce qu'avoir cotoyé dix ans cette directrice lui en donnait une connaissance affinée et parce que son bagage en psycho était impressionnant; cette bataille l'a fait éclore. En associant mon coté bulldozer et son intuition des choses, de deux femmes à l'opposé l'une de l'autre on a fait une dream-team; elle a enfin pu mettre des mots sur ses maux en se sentant aimée, je lui donnais la signification sociale du méfait, et elle reliait enfin ce sens qui lui échappait à tout un réseau de connaissances théoriques; j'ai eu les réponses que je cherchais pour mettre des mots sur mes bleus assez rapidement pour ne pas me faire avoir au point de me mettre en faute.

In fine, ma collègue a récemment réussi, sans passer par moi, a remettre sur le nez de ma directrice une longue liste de méfaits impunis du tac au tac; le même jour j'ai téléphoné à un de ses "amis" de l'inspection qui n'a eu d'autre choix que de lui remonter les bretelles pour ne pas se mettre en faute, et enfin les délégués des parents lui sont tombés dessus en hurlant et en lui signifiant bien qu'une plainte lui pendait au nez si l'an prochain elle touchait un cheveu de leurs enfants. Le soir même elle demandait sa mutation; ça s'appelle vraiment un travail d'équipe!

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par zélie » mer. 02 juin 2010, 21:04

Et pour finir, je vous remercie tous, de vos mots, de vos idées, de vos prières et de votre incitation à la foi, à la prière, à l'élévation.

Ce que j'aimerais qu'on retienne de cette horreur, c'est que la vraie victoire, la seule qui compte, je m'en rends compte maintenant que je sais que je renonce vraiment à aller en justice pour finir de la noyer, c'est que la haine n'ai pas gagné, ni sur moi, ni sur ma collègue.

Notre pire erreur aurait été là; à répondre à notre persécutrice sans doser ni retenir nos coups, on aurait fini par devenir comme elle, des êtes sans foi ni loi, à induire un monde où tous les coups sont permis, où aucune loi n'existe en dehors du désir de l'être, à devenir des Néron sanguinaires.

Pire, je me suis rendue compte par le vécu combien il était nécessaire à la survie de Dieu que Jésus reste silencieux, obéissant, soumis, doux et humble dans tous les instants de sa Passion; parce que quand on est trop frappé, humilié, défiguré, pantelant et qu'on s'aperçoit un jour qu'on pourrait, si on voulait, infliger pire que ce qu'on a reçu, qu'on a en soit la puissance nécessaire à se défaire du joug et à abattre son ennemi, on nourrit instantanément un sentiment de toute-puissance pire que toute drogue; l'addiction est immédiate. Si Jésus avait rechigné à aller à la Croix, s'il avait cédé aux insinuation d'Hérode et des pharisiens, il serait devenu instanément un démon...

C'est l'Amour qui sauve... l'Amour, qui est patient, qui comprend, qui excuse, qui est longanime, et dont Saint Paul parle bien mieux que moi.

C'est l'Amour le frein et le tremplin de tout, celui qui va permettre à mon amie de freiner aussi sa machine, comme pour moi...
Je souhaite que ce chemin soit pour elle une conversion enfin aboutie, et moi je ne peux que me reconstruire dans la louange d'avoir eu, tout au long de ce chemin la Parole de Jésus pour compagne, et le secours du Ciel.

Vous avez raison Griffon: Marie Mère du Perpétuel Secours, Jésus-Christ Roi, Saint-Michel et son armée d'anges, c'est la dream-team céleste! :)

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par Souricette » ven. 04 juin 2010, 22:24

Ca alors ! Je ne connaissais pas les détails de votre histoire, car vous n'avez jamais été aussi explicite. Je ne sais quoi dire, si ce n'est vous féliciter pour votre immense courage et vous encourager par la prière. A côté de la vôtre, ma directrice était une enfant de choeur !
En croyant à des fleurs, parfois on les fait naître.
(Edmond Rostand)

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par zélie » ven. 04 juin 2010, 23:53

Merci Souricette, je veux bien de vos prières en ce moment. Personne n'arrive à comprendre exactement de quoi je sors, et même moi je reste bien souvent sans mots pour expliquer mon ressenti, mon état d'esprit. Je sais par expérience que mes "blancs" sont le signe d'une protection psychologique que je mets en place quand je ne peux pas tout affronter dans l'immédiat. Mais en clair ça veut dire que je prends une claque cruelle qui risque de durer.
J'ai envie de mourir souvent, il faut que je me bouge, mais je suis pantelante, KO debout, je suis comme un fruit sec. Je me sens au bord d'un barrage sous pression.

Le quotidien de ce que j'ai vécu, je le compare aux témoignage des déportés. Non qu'en durée ou intensité, j'ai souffert comme eux, ce serait une injure pour eux de soutenir cela.
Mais ça en a eu le goût... Il y a eu des jours, des jours et encore des jours, une infinité de jours où j'allais au travail en ratant systématiquement la porte, continuant la rue jusqu'à me perdre, et puis errer et arriver en retard.
Des jours où je priais tant et avec tant d'angoisse que je n'entendais plusce qu'on me disait, et comme personne ne répétait, je restais perdue à n'avoir même plus les informations nécessaires à mon travail.
Des jours où ma collègue et moi, dans la cour, on se tenait en secret dans les bras l'une de l'autre pour étouffer nos pleurs, des jours où on se savait épiées par tout le monde, tant ma directrice avait persuadé l'entourage que nous espionner et tout lui rapporter était vital pour l'école.
Des jours qui ont succédés à des jours où je n'ai plus ni mangé ni dormi (ou très peu) sans même m'en apercevoir, et où je finissais gelée dehors sans sentir le froid, des jours à perdre complètement pied. Des jours où mon médecin passait à la maison ou m'engueulait comme vieux chapeau; même lui j'ai réussi à le faire vieillir de souci, et il m'embrasse à chacune de ses visites.

Ca et bien d'autres choses, personne de mon entourage ne l'a su, parce que j'ai un entourage fragile ,à protéger. Le devoir de silence fut lancinant parfois aussi.
Je me sens à plat, là, pas comme d'habitude. Il faut que je me bouge, mais je sais que les reconstructions sont parfois longues et bien plus douloureuses qu'il n'y parait.
Je vourais arriver à renouer avec une prière spontané et permanente , mais pour l'instant , ça vient pas. J'ai encore trop de colère, encore trop envie de sabrer ma directrice, parce que même morte à l'école, elle reste haineuse. J'en peux plus de la voir , ne serait-ce qu'une seconde à 100 mètres; j'ai l'impression que jamais je ne pourrais oublier que j'ai vu sur elle le visage du démon à plusieur reprises, un visage qui se déformait au point de ressembler à un chien prêt à mordre quand je découvrais ses manigances et qu'elle se sentait percée à jour, et même qui a eu ressemblé.. à quelque chose qui tient du serpent et de la glace, un sourire à vous pétrifier de peur tellement il était le visage du diable... Le mensonge et l'orgueil l'ont tellement habitée, qu'il sont devenus elle, et qu'elle est devenue eux. Je ne trouve pas les mots pour le dire, mais après l'avoir vue, aucun film d'horreur ne peut plus faire peur. Alors qu'elle, si un inconnu la voit arriver, il a déjà peur, avant même qu'elle soit bien proche de lui. Il faudrait inventer un mot pour décrire son visage, mais ce mot-là, je préfère encore ne pas le chercher.

Cotoyer un tel démon provoque un dégoût tel, une telle sensation d'abîme froid, pluvieux, noir et glacé dans son âme, qu'ensuite on a envie de mourir pour que ça s'arrête... On finit par avoir peur de ne plus être capable de ressentir la joie, on vit dans des rituels illusoires pour tenter de conjurer le stress et la peur; on n'est plus libre, parce qu'une tristesse sale et glaciale nous emprisonne. Un pas de plus et j'aurais peut-être développé des phobies! J'ai besoin d'un lavage de l'âme et du coeur, là..

Voilà, tout ça je ne voulais pas le dire tellement j'en ai honte, mais je ne dois pas faire passer l'image d'une combattante qui sort de là les forces neuves, ce serait malhonnête et ce serait laisser la voie libre, pour ceux qui souffrent de la même peine, de penser qu'on peut sortir en rigolant de tout ça. Non. "Avec un pervers narcissique, on ne peut faire l'économie d'un conflit", m'a seriné mon psychiatre,parce que sinon,lui , "comme il ne connait aucune limite ni morale, il vous tuera, exactement comme un pervers sexuel , qui n'est ni plus ni moins un autre type de pervers, loin d'être pire que le pervers narcissique". le suicide d'une victime n'arrête jamais un pervers narcissique, tout simplement parce qu'il ne se sent responsable de rien, encore moins de la "stupidité" d'un collaborateur,voir les entrperises où les suicides ont été pluriels.
Au final, c'est vrai, le conflit coûte moins que de subir, mais il coûte. Très cher.

Mais cette femme c'est Amon Goeth, je ne peux pas m'enlever cette idée. Prier pour une telle âme, c'est à la fois spontané et urgent, à la fois plus lourd que soulever le monde.

Toutes mes pensées vont ce soir à Petite Fleur.
Z2lie

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par Fée Violine » sam. 05 juin 2010, 6:48

Chère Zélie, tu dis que tu restes souvent sans mots. Mais il me semble que tu as quand même beaucoup de mots pour exprimer tout ça, et heureusement. C'est certainement une aide pour pouvoir te reconstruire, de pouvoir exprimer tout ce que tu nous partages.
Je pense bien à toi. :coeur:

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Re: J'ai tellement besoin d'aide et de prière...

Message non lu par zélie » sam. 05 juin 2010, 7:49

Fée, je veux dire que je ne trouve pas le mot exact. Toi qui dois être une amoureuse des mots bien plus que moi, je pense que tu peux comprendre ce sentiment, de manquer de relief, d'exactitude, parce que le mot manque. De fait, si la teinte exacte manque, on reste avec l'impression d'avoir tourné autour, mais pas d'être allé au fond des choses extirper l'essence de la perception.
Mais les mots dans leur ensemble, non, ils ne m'ont jamais vraiment manqués, c'est plutôt l'inverse, il faut que je me calme sur ce point!

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