La Vulgate de Saint-Jérôme

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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par AdoramusTe » mar. 20 avr. 2010, 10:56

Theophane a écrit : Pour ce qui est de la Néovulgate, je vous recommande un article fort intéressant : La Vulgate à l'aune de la Néovulgate : l'exemple du quatrième évangile de Christophe Rico, qui enseigne à l'université de Jérusalem.
Cet homme (un type formidable) est d'ailleurs le seul jusqu'à présent avec qui j'ai pu avoir une conversation dans la langue de Cicéron. :) :-D
Si certains sont intéressés, je peux leur envoyer cet article par mail.
Je me permet de reprendre ce fil à partir d'un article pointé par Theophane.
Après avoir lu cet article, et ne connaissant pas même le grec (je demande l'aide d'un prêtre en cas de besoin :-), je ne peux que m'incliner devant cette étude remarquable.
Elle démontre la profondeur et la justesse de la traduction de saint Jérôme et les dénaturations qu'ont introduit les réviseurs de la Neo-Vulgate.
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par Théophane » mar. 20 avr. 2010, 20:51

Je me permet de reprendre ce fil à partir d'un article pointé par Theophane.
Après avoir lu cet article, et ne connaissant pas même le grec (je demande l'aide d'un prêtre en cas de besoin :-), je ne peux que m'incliner devant cette étude remarquable.
Cela ne vous étonnera sans doute pas si je vous dis que son auteur parle l'anglais, l'italien, le latin, le grec ancien et moderne, l'arabe et l'hébreu. C'est du moins les seules langues que je l'ai entendu parler en ma présence. ;)
Elle démontre la profondeur et la justesse de la traduction de saint Jérôme et les dénaturations qu'ont introduit les réviseurs de la Neo-Vulgate.
Attention aux affirmations hâtives ! La Néovulgate a été approuvée par le Pape Jean-Paul II. En outre, c'est cette version qui est désormais utilisée lorsque les lectures de la Messe sont faites en latin.
Je ne pense pas qu'on puisse parler de dénaturation, loin s'en faut. Ma sœur m'avait offert une édition de poche de la Néovulgate dans laquelle le texte de l'ancienne Vulgate est annoté en bas de page. J'utilise généralement cette version pour ma méditation personnelle. Dans plusieurs cas, il faut reconnaître que la Néovulgate corrige le texte pour le rendre plus lisible, plus compréhensible et pour supprimer les lourdeurs et imperfections. Malgré tout, quelques maladresses subsistent ; je pense par exemple à l'impératif négatif ou à la proposition infinitive pour lesquels saint Jérôme utilise souvent la tournure issue du bas latin.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par AdoramusTe » mer. 21 avr. 2010, 9:41

Théophane a écrit :[
Elle démontre la profondeur et la justesse de la traduction de saint Jérôme et les dénaturations qu'ont introduit les réviseurs de la Neo-Vulgate.
Attention aux affirmations hâtives ! La Néovulgate a été approuvée par le Pape Jean-Paul II. En outre, c'est cette version qui est désormais utilisée lorsque les lectures de la Messe sont faites en latin.
Je ne pense pas qu'on puisse parler de dénaturation, loin s'en faut.
L'article montre bien que plusieurs passages ont perdu leur sens, donc il s'agit bien de dénaturation à mon sens.
Cela ne rend pas pour autant la traduction invalide. Cela rabaisse juste cette traduction au rang des traductions critiques du 20ème siècle comme la Bible de Jérusaleme, tout en restant catholique.
La promulgation par Jean-Paul II n'est pas une garantie de qualité supérieure mais une garantie de catholicité ce qui n'est pas conteste.
Néanmoins, n'oublions pas que le pape Sixte V en son temps publia une révision de la Vulgate qui fit scandale et qui fut vite remplacée par la révision du pape Clément VIII.

L'auteur de l'article préconise que la Vulgate reste une référence en matière d'herméneutique ce qui est un argument très fort.
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par Théophane » mer. 21 avr. 2010, 12:24

L'article montre bien que plusieurs passages ont perdu leur sens, donc il s'agit bien de dénaturation à mon sens.
Je suis d'accord pour la plupart des affirmations contenues dans cet article. Pourtant, dans de très nombreux passages, on se rend compte que la Néovulgate améliore la traduction de saint Jérôme. La question se pose alors de savoir si ces modifications sont dues à l'avancée des recherches exégétiques ou à la prise en compte de l'évolution de la langue latine depuis l'Antiquité jusqu'au XXème siècle.
Il y aurait beaucoup à dire sur le verset de Jean 1, 9. Selon Christophe Rico, le remplacement de l'accusatif venientem par le nominatif veniens ne colle pas au texte grec. C'est un argument de type linguistique. Il serait très intéressant cependant de s'interroger sur la valeur théologique de cette correction. Faut-il croire que le Verbe éclaire les hommes en venant dans le monde ou que les hommes sont éclairés par le Verbe au moment où ils viennent au monde ?
Christophe Rico critique la solution de la Néovulgate parce qu'elle lui paraît peu naturelle et maladroite par rapport au texte grec. Pourtant, il ne conteste pas la validité grammaticale de cette traduction. En outre, à l'instar du français, le participe présent en grec ne s'accorde pas, contrairement au latin. Par conséquent, le participe erchomenon est invariable, contrairement au latin veniens. De ce fait, on peut le rattacher à to phôs comme a panta anthrôpon.
Cela ne rend pas pour autant la traduction invalide. Cela rabaisse juste cette traduction au rang des traductions critiques du 20ème siècle comme la Bible de Jérusalem, tout en restant catholique.
À mon avis, cette traduction possède une valeur supérieure aux autres, pour la simple raison qu'il s'agit d'une version officielle qui émane du Saint-Siège. Il en est de même pour la Tradution officielle pour la liturgie qui, même si elle n'est pas parfaite, peut se prévaloir de l'approbation des Églises locales dans les pays francophones.
Je n'ai pas vérifié si la Bible de Jérusalem possède le nihil obstat et l'imprimatur mais, si je ne m'abuse, il s'agit simplement d'un ouvrage privé, qui n'engage pas l'autorité de l'Église.
L'auteur de l'article préconise que la Vulgate reste une référence en matière d'herméneutique ce qui est un argument très fort.
Il faudrait combiner, pour l'étude théologique, la Vulgate, la Néovulgate et les textes grecs ou hébreux. Cette diversité permettrait sans doute une analyse plus riche.
En revanche, dans le domaine de la liturgie, c'est toujours la Néovulgate qui doit être utilisée si les lectures sont en latin.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par Laurent L. » mer. 21 avr. 2010, 12:35

Théophane a écrit :Ma sœur m'avait offert une édition de poche de la Néovulgate dans laquelle le texte de l'ancienne Vulgate est annoté en bas de page. J'utilise généralement cette version pour ma méditation personnelle.
Pourriez-vous nous donner les références, s'il vous plaît, cher Théophane ? :)

Pour rebondir sur le message de AdoramusTe et la discussion que nous avons eue sur le forum de liturgie, la Vulgate est imprégnée de la Tradition et la Tradition s'imprègne de la Vulgate, tel un lierre s'entrelace avec un chêne, sans que l'on sache forcément où est le lierre et où est le chêne...
Le passage de la Vulgate (supprimé dans la Néo) de Genèse 3, 15 en est un bon exemple : c'est l'un des principaux fondements scripturaires du dogme de l'Immaculée Conception, répété inlassablement par le pape Pie IX dans sa bulle dogmatique Ineffabilis Deus.
En remplaçant Ipsa par Ipsum, la Néo-Vulgate néglige ce pan de Tradition.
D'ailleurs, la Bible de Jérusalem précise en note pour ce verset : http://bibliotheque.editionsducerf.fr/p ... _livre.htm#
"Avec le Messie, Sa Mère est impliquée, et l'interprétation mariologique de la traduction latine ipsa conteret est devenue traditionnelle dans l'Eglise."
Dei Verbum - Vatican II a écrit :
9. Le rapport réciproque entre la Tradition et l’Écriture

La sainte Tradition et la Sainte Écriture sont donc reliées et communiquent étroitement entre elles. Car toutes deux, jaillissant de la même source divine, ne forment pour ainsi dire qu’un tout et tendent à une même fin. En effet, la Sainte Écriture est la Parole de Dieu en tant que, sous l’inspiration de l’Esprit divin, elle est consignée par écrit ; quant à la sainte Tradition, elle porte la Parole de Dieu, confiée par le Christ Seigneur et par l’Esprit Saint aux Apôtres, et la transmet intégralement à leurs successeurs, pour que, illuminés par l’Esprit de vérité, en la prêchant, ils la gardent, l’exposent et la répandent avec fidélité : il en résulte que l’Église ne tire pas de la seule Écriture Sainte sa certitude sur tous les points de la Révélation. C’est pourquoi l’une et l’autre doivent être reçues et vénérées avec un égal sentiment d’amour et de respect [13].

10. Tradition, Écriture, Peuple de Dieu et Magistère

La sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église ; en s’attachant à lui, le peuple saint tout entier uni à ses pasteurs reste assidûment fidèle à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières (cf. Ac 2, 42 grec), si bien que, pour le maintien, la pratique et la profession de la foi transmise, s’établit, entre pasteurs et fidèles, un remarquable accord [14].

La charge d’interpréter de façon authentique la Parole de Dieu, écrite ou transmise [15], a été confiée au seul Magistère vivant de l’Église [16] dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ. Pourtant, ce Magistère n’est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais il est à son service, n’enseignant que ce qui a été transmis, puisque par mandat de Dieu, avec l’assistance de l’Esprit Saint, il écoute cette Parole avec amour, la garde saintement et l’expose aussi avec fidélité, et puise en cet unique dépôt de la foi tout ce qu’il propose à croire comme étant révélé par Dieu.

Il est donc clair que la sainte Tradition, la Sainte Écriture et le Magistère de l’Église, selon le très sage dessein de Dieu, sont tellement reliés et solidaires entre eux qu’aucune de ces réalités ne subsiste sans les autres, et que toutes ensemble, chacune à sa manière, sous l’action du seul Esprit Saint, elles contribuent efficacement au salut des âmes.
Pie XII - encyclique Ad Cœli Reginam a écrit : 23 — Cependant la Bienheureuse Vierge doit être proclamée Reine non seulement à cause de sa maternité divine mais aussi parce que selon la volonté de Dieu, elle joua dans l'œuvre de notre salut éternel, un rôle des plus éminents. "Quelle pensée plus douce, — écrivait Notre Prédécesseur d'heureuse mémoire, Pie XI —, pourrait Nous venir à l'esprit que celle-ci ; le Christ est notre Roi non seulement par droit de naissance mais aussi par un droit acquis, c'est-à-dire par la Rédemption ? Que tous les hommes oublieux du prix que nous avons coûté à notre Rédempteur s'en souviennent : "Vous n'avez pas été rachetés par l'or ou l'argent qui sont des biens corruptibles, ... mais par le sang précieux du Christ, Agneau immaculé et sans tache" (43). Nous n'appartenons donc plus à nous-mêmes, parce que c'est "d'un grand prix" (44) que le Christ nous a rachetés" (45).

24 — Dans l'accomplissement de la Rédemption, la Très Sainte Vierge fut certes étroitement associée au Christ ; aussi chante-t-on à bon droit dans la Sainte Liturgie : "Sainte Marie, Reine du ciel et maîtresse du monde, brisée de douleur, était debout près de la Croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ" (46). Et un pieux disciple de saint Anselme pouvait écrire au Moyen-âge : "Comme... Dieu, en créant toutes choses par sa puissance, est Père et Seigneur de tout, ainsi Marie, en restaurant toutes choses par ses mérites, est la Mère et la Souveraine de tout : Dieu est Seigneur de toutes choses parce qu'il les a établies dans leur nature propre par son ordre, et Marie est Souveraine de toutes choses en les restaurant dans leur dignité originelle par la grâce qu'elle mérita" (47). En effet, "Comme le Christ pour nous avoir rachetés est notre Seigneur et notre Roi à un titre particulier, ainsi la Bienheureuse Vierge est aussi notre Reine et Souveraine à cause de la manière unique dont elle contribua à notre Rédemption, en donnant sa chair à son Fils et en l'offrant volontairement pour nous, désirant, demandant et procurant notre salut d'une manière toute spéciale" (48).

25 — De ces prémisses, on peut tirer l'argument suivant : dans l'œuvre du salut spirituel, Marie fut, par la volonté de Dieu, associée au Christ Jésus, principe de salut, et cela d'une manière semblable à celle dont Eve fut associée à Adam, principe de mort, si "ce fut elle qui, exempte de toute faute personnelle ou héréditaire, bien que l'on peut dire de notre Rédemption qu'elle s'effectua selon une certaine "récapitulation" (49) en vertu de laquelle le genre humain, assujetti à la mort par une vierge, se sauve aussi par l'intermédiaire d'une vierge ; en outre on peut dire que cette glorieuse Souveraine fut choisie comme Mère de Dieu précisément "pour être associée à lui dans la rédemption du genre humain" (50) ; réellement toujours étroitement unie à son Fils, l'a offert sur le Golgotha au Père Eternel, sacrifiant en même temps son amour et ses droits maternels, comme une nouvelle Eve, pour toute la postérité d'Adam, souillée par sa chute misérable" (51) ; on pourra donc légitimement en conclure que, comme le Christ, nouvel Adam, est notre Roi parce qu'il est non seulement Fils de Dieu, mais aussi notre Rédempteur, il est également permis d'affirmer, par une certaine analogie, que la Sainte Vierge est Reine, et parce qu'elle est Mère de Dieu et parce que comme une nouvelle Eve, elle fut associée au nouvel Adam.


26 — Sans doute, seul Jésus-Christ, Dieu et homme est Roi, au sens plein, propre et absolu du mot ; Marie, toutefois, participe aussi à sa dignité royale, bien que d'une manière limitée et analogique parce qu'elle est la Mère du Christ Dieu et qu'elle est associée à l'œuvre du Divin Rédempteur dans sa lutte contre les ennemis et au triomphe qu'il a obtenu sur eux tous. En effet par cette union avec le Christ Roi Elle atteint une gloire tellement sublime qu'elle dépasse l'excellence de toutes les choses créées : de cette même union avec le Christ, découle la puissance royale qui l'autorise à distribuer les trésors du Royaume du Divin Rédempteur ; enfin cette même union avec le Christ est source de l'efficacité inépuisable de son intercession maternelle auprès du Fils et du Père.

27 — Aucun doute par conséquent que la Sainte Vierge ne dépasse en dignité toute la création et n'ait sur tous, après son Fils, la primauté. "Toi enfin — chante St-Sophrone — tu as dépassé de loin toute créature. Que peut-il exister de plus élevé que cette grâce dont toi seule as bénéficié de par la volonté de Dieu ?" (52). Et St Germain va encore plus loin dans la louange : "Ta dignité te met au-dessus de toutes les créatures ; ton excellence te rend supérieure aux anges" (53). St Jean Damascène ensuite en vient jusqu'à écrire cette phrase : "La différence entre les serviteurs de Dieu et sa Mère est infinie" (54).

28 — Pour nous aider à comprendre la dignité sublime que la Mère de Dieu a atteinte au dessus de toutes les créatures, nous pouvons considérer que la Sainte Vierge depuis le premier instant de sa conception, fut comblée d'une telle abondance de grâces qu'elle dépassait la grâce de tous les Saints. Aussi — comme l'écrivait Notre Prédécesseur Pie IX d'heureuse mémoire, dans sa Bulle "Ineffabilis Deus" — "bien au-dessus de tous les Anges et de tous les Saints", le Dieu ineffable "a enrichi Marie avec munificence de tous les dons célestes, puisés au trésor de la divinité ; aussi, toujours préservée des moindres souillures du péché, toute belle et parfaite, elle a atteint une telle plénitude d'innocence et de sainteté qu'on ne peut en imaginer de plus grande en dessous de Dieu et que jamais personne, sauf Dieu lui-même, ne réussira à la comprendre" (55).

29 — En outre, la Bienheureuse Vierge n'a pas seulement réalisé le suprême degré, après le Christ, de l'excellence et de la perfection, mais elle participe aussi en quelque sorte à l'action par laquelle on dit avec raison que son Fils, notre Rédempteur, règne sur les esprits et les volontés des hommes. En effet, si le Verbe opère les miracles et répand la grâce par le moyen de son humanité, s'il se sert des Sacrements et des Saints comme d'instruments pour le salut des âmes, pourquoi ne peut-il pas se servir de sa Mère très Sainte pour nous distribuer les fruits de la Rédemption ? Vraiment, c'est avec un cœur maternel — comme dit encore Notre Prédécesseur Pie IX — que, traitant l'affaire de notre salut, elle se préoccupe de tout le genre humain, ayant été établie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre et se trouvant exaltée au-dessus de tous les chœurs des Anges et de tous les Saints du ciel à la droite de son Fils unique, Jésus-Christ Notre Seigneur ; elle obtient audience par la puissance de ses supplications maternelles, elle reçoit tout ce qu'elle demande et n'éprouve jamais de refus (56). A ce propos, un autre de Nos Prédécesseurs, Léon XIII, d'heureuse mémoire, déclara que la Bienheureuse Vierge Marie dispose d'un pouvoir "presque sans limites" (57) pour concéder des grâces, et St Pie X ajoute que Marie remplit cet office "pour ainsi dire par droit maternel" (58).

30 — Que tous les fidèles chrétiens se glorifient donc d'être soumis à l'empire de la Vierge Mère de Dieu qui dispose d'un pouvoir royal et brûle d'amour maternel.
Petit topo sur la corédemption : http://www.revue-kephas.org/02/4/Margerie79-94.html.

Ô Notre-Dame, Reine du Ciel, Nouvelle Ève, Corédemptrice, Médiatrice de toutes les grâces et notre Avocate, priez pour nous !
Théophane a écrit :En revanche, dans le domaine de la liturgie, c'est toujours la Néovulgate qui doit être utilisée si les lectures sont en latin.
Toujours ? En êtes-vous sûr ? ;)

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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par Théophane » mer. 21 avr. 2010, 13:52

Laurent L. a écrit :Pourriez-vous nous donner les références, s'il vous plaît, cher Théophane ? :)
Avec plaisir !
Novum Testamentum et psalterium, libreria editrice vaticana, 2002
Petit topo sur la corédemption : http://www.revue-kephas.org/02/4/Margerie79-94.html.

Ô Notre-Dame, Reine du Ciel, Nouvelle Ève, Corédemptrice, Médiatrice de toutes les grâces et notre Avocate, priez pour nous !
Dans une autre discussion, j'ai abordé le thème de la corédemption. Peut-être faudrait-il ouvrir un nouveau sujet ?
Théophane a écrit :En revanche, dans le domaine de la liturgie, c'est toujours la Néovulgate qui doit être utilisée si les lectures sont en latin.
Toujours ? En êtes-vous sûr ? ;)
En tout cas, lorsque j'assite à la Messe et que les lectures sont en latin, il me semble qu'il s'agit de la Néovulgate.

Une des coutumes des membres de l'Opus Dei est de réciter le psaume II le mardi (en latin ou en français, selon ce que l'on préfère). J'ai vérifié, et le texte du livret qu'on m'a remis est celui de la Néovulgate.
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par AdoramusTe » mer. 21 avr. 2010, 14:10

Théophane a écrit :
Cela ne rend pas pour autant la traduction invalide. Cela rabaisse juste cette traduction au rang des traductions critiques du 20ème siècle comme la Bible de Jérusalem, tout en restant catholique.
À mon avis, cette traduction possède une valeur supérieure aux autres, pour la simple raison qu'il s'agit d'une version officielle qui émane du Saint-Siège. Il en est de même pour la Tradution officielle pour la liturgie qui, même si elle n'est pas parfaite, peut se prévaloir de l'approbation des Églises locales dans les pays francophones.
Je n'ai pas vérifié si la Bible de Jérusalem possède le nihil obstat et l'imprimatur mais, si je ne m'abuse, il s'agit simplement d'un ouvrage privé, qui n'engage pas l'autorité de l'Église.
L'autorité de la Neovulgate est supérieure à celle des autres non officielles, c'est certain, si c'est cela que vous entendez par supériorité.
Théophane a écrit :
L'auteur de l'article préconise que la Vulgate reste une référence en matière d'herméneutique ce qui est un argument très fort.
Il faudrait combiner, pour l'étude théologique, la Vulgate, la Néovulgate et les textes grecs ou hébreux. Cette diversité permettrait sans doute une analyse plus riche.
Oui, la confrontation des traductions est conseillée.

Ce qui est contesté aujoud'hui, c'est le mélange des traditions.
En ce qui concerne la NeoVulgate, certains passages ont été retraduits à partir du grec ou de l'hébreu.
La révision, telle qu'elle doit être faite, consiste à corriger à partir de manuscrits issus de la même tradition, comme avaient fait les papes Sixte et Clément.
Théophane a écrit : En revanche, dans le domaine de la liturgie, c'est toujours la Néovulgate qui doit être utilisée si les lectures sont en latin.
C'est certain.
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par AdoramusTe » mer. 21 avr. 2010, 14:14

Théophane a écrit :
Laurent L. a écrit :Pourriez-vous nous donner les références, s'il vous plaît, cher Théophane ? :)
Avec plaisir !
Novum Testamentum et psalterium, libreria editrice vaticana, 2002
Existe-t-il une édition ou l'on aurait les deux versions à la fois (avec en notes de bas de page les différences) ?
Théophane a écrit :
Petit topo sur la corédemption : http://www.revue-kephas.org/02/4/Margerie79-94.html.

Ô Notre-Dame, Reine du Ciel, Nouvelle Ève, Corédemptrice, Médiatrice de toutes les grâces et notre Avocate, priez pour nous !
Dans une autre discussion, j'ai abordé le thème de la corédemption. Peut-être faudrait-il ouvrir un nouveau sujet ?
Pourquoi pas.
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par Théophane » mer. 21 avr. 2010, 14:26

Existe-t-il une édition ou l'on aurait les deux versions à la fois (avec en notes de bas de page les différences) ?
C'est le cas dans cette édition. Il s'agit de la Néovulgate avec en bas de page le texte de l'ancienne Vulgate lorsque celui-ci a été modifié.
Sauf pour les psaumes, où le texte est seulement celui de la Néovulgate. Cela tient sans doute au fait que les modifications apportées aux psaumes sont beaucoup plus nombreuses que dans tout le reste de l'Écriture.
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par Laurent L. » mer. 21 avr. 2010, 16:37

Merci, Théophane !

A quand une traduction dans notre langue ?

Quoiqu'il en soit, même en faisant abstraction de la querelle vulgate / néo-vulgate, force est de constater que la Bible latine n'a pas un grand succès, n'est pas traduite (enfin, théoriquement dans la Bible liturgique, mais est-ce vraiment appliqué ? Le psautier officiel de l'AELF ne fait pas très "vulgate", même "néo") et n'est pas promue par les autorités ecclésiastiques. Dans les églises ou les librairies religieuses, c'est la BJ qui est présentée comme étant l'alpha et l'oméga biblique. (D'ailleurs, si l'on en crois les remarques acerbes de Fayard lors de la publication de la Bible des peuples, le Cerf aurait l'intention de garder le quasi-monopole des bibles cathos...)
Or un simple catholique de base, comme moi, n'a pas forcément envie de jouer aux exégètes et de collectionner les bibles mais juste d'avoir une bonne Bible annotée pour méditer la Parole de Dieu.
Sans dédaigner l'étude critique de la Bible et les traductions "scientifiques", sans dire que la Vulgate est la seule version convenable, ce serait bien que les catholiques puissent profiter de la Bible "typique", comme on dit, que ce soit l'actuelle ou la précédente mouture...

Or la Bible de référence est vraiment mise sous le boisseau, je ne vois pas d'autres termes.

jeanbaptiste
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par jeanbaptiste » jeu. 22 avr. 2010, 9:56

Oui, vous avez raison Laurent. Il y a un problème avec les traductions de la Bible en France.

La BJ est très bien, mais elle est trop rugueuse, c'est une traduction pour éxégètes.

La TOB est un peu plus "littéraire" mais certains choix de traductions (au nom de l'œcuménisme) sont étranges. Elle n'a pas l'imprimatur (contrairement à la BJ).

La Osty est excellente, plus belle et moins rugueuse que la BJ, mais encore plus exigeante.

Il y a la Bible des peuples dont j'ai entendu du bien mais que je ne connais pas (est-ce la solution ?).

Et puis il y a toutes les Bibles en "français courant" qui ne sont une solution qu'à des problèmes bien précis et ne se suffisent pas vraiment à elles-mêmes.

Ne parlons pas de la Bible Bayard ni de la Chouraqui, elles sont hors-sujet.

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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par Laurent L. » lun. 26 avr. 2010, 11:54

D'après ce qu'on ma dit en librairie, la Bible de la Liturgie devrait bientôt être publiée...

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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par AdoramusTe » mar. 18 janv. 2011, 0:20

Bonjour,

Connaissez-vous cette version de la Vulgate ?

Image

Disponible ici : http://www.amazon.fr/Biblia-Sacra-Vulga ... 456&sr=8-1
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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par La Cité Libre » mer. 19 janv. 2011, 3:32

C'est la Stuttgart, j'ai un attachement irrationnel pour cette bible! Je la trouve presque parfaite!!

Son format, son papier, sa reliure... pour un prix que je considère raisonnable. Son seul problème, son absence de ponctuation qui me rend la lecture plus difficile!
AdoramusTe a écrit :Bonjour,

Connaissez-vous cette version de la Vulgate ?
Je suis l'Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.

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Re: La Vulgate de Saint-Jérôme

Message non lu par AdoramusTe » mer. 19 janv. 2011, 9:53

La Cité Libre a écrit :C'est la Stuttgart, j'ai un attachement irrationnel pour cette bible! Je la trouve presque parfaite!!

Son format, son papier, sa reliure... pour un prix que je considère raisonnable. Son seul problème, son absence de ponctuation qui me rend la lecture plus difficile!
Merci !
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