Résurrection de la chair

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Barbarus
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Re: Résurrection de la chair

Message non lu par Invité » dim. 19 janv. 2020, 9:14

Trinité a écrit :
sam. 04 janv. 2020, 15:37
Ce passage d'Esaïe 11, fait il référence à la résurrection de la chair avec la proximité d'animaux, dans le cadre de la nouvelle Jérusalem?

La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins. Le loup habitera avec l'agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte; Et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille.…
Isaïe décrit ici l'établissement d'un règne de paix à partir d'images. Il signifie ici que la violence cessera, remplacée par une osmose. Un monde nouveau.

Il me semble évident que ce ne sont pas des animaux dont il est question ici mais de l'humanité. Car les préoccupations d'Isaïe ne concernent pas les loups, les agneaux, les vaches ou les ours mais bien la violence des hommes, leurs guerres, etc.

Et ce règne de paix sera instauré par cet homme habité par la justice et la fidélité qui n'est autre que le Christ.

Altior
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Re: Résurrection de la chair

Message non lu par Altior » dim. 19 janv. 2020, 15:02

Carhaix a écrit :
jeu. 09 janv. 2020, 0:08
C'est seulement que je ne comprends pas l'idée. Dieu a-t-il un corps de mammifère ? Ça me semble incompréhensible.
C'est le mystère de l'Incarnation et, dans tout mystère, il y a quelque chose, je ne dirais pas d'incompréhensible, mais au delà de la compréhension. Oui, Dieu s'est incarné en homme. Ayant deux mains, deux pieds, un coeur humain. Ayant même des glandes mammaires. Non-fonctionnelles, car il est homme. Avec ce corps il a ressuscité et, après quelques semaines, pour qu'il soit bien vu des siens, il est monté au Ciel, où il a les mêmes deux mains, deux pieds, le même coeur. Et les mêmes glandes mammaires.
Vous voyez, la phrase «Dieu a un corps de mammifère», quoique saugrenue, est tout à fait orthodoxe. Le seul hic est que les gens humains ne peuvent pas être encadrés dans la classe des mammifères que du point de vue strictement biologique. Du point de vu ontologique, entre les mammifères et les êtres humains il y a (dans la conception traditionnelle) un fossé larg comme un précipice.

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Carhaix
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Re: Résurrection de la chair

Message non lu par Carhaix » dim. 19 janv. 2020, 17:00

Altior a écrit :
dim. 19 janv. 2020, 15:02
Carhaix a écrit :
jeu. 09 janv. 2020, 0:08
C'est seulement que je ne comprends pas l'idée. Dieu a-t-il un corps de mammifère ? Ça me semble incompréhensible.
C'est le mystère de l'Incarnation et, dans tout mystère, il y a quelque chose, je ne dirais pas d'incompréhensible, mais au delà de la compréhension. Oui, Dieu s'est incarné en homme. Ayant deux mains, deux pieds, un coeur humain. Ayant même des glandes mammaires. Non-fonctionnelles, car il est homme. Avec ce corps il a ressuscité et, après quelques semaines, pour qu'il soit bien vu des siens, il est monté au Ciel, où il a les mêmes deux mains, deux pieds, le même coeur. Et les mêmes glandes mammaires.
Vous voyez, la phrase «Dieu a un corps de mammifère», quoique saugrenue, est tout à fait orthodoxe. Le seul hic est que les gens humains ne peuvent pas être encadrés dans la classe des mammifères que du point de vue strictement biologique. Du point de vu ontologique, entre les mammifères et les êtres humains il y a (dans la conception traditionnelle) un fossé larg comme un précipice.
Bien sûr. Dieu a "assumé" le genre humain. C'est parfaitement conforme au dogme catholique. Ce qui ne l'est pas, c'est de présenter le corps humain comme divin en soi.

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Re: Résurrection de la chair

Message non lu par Cinci » dim. 19 janv. 2020, 18:39

Personne ne prétend que le corps humain est divin en soi.

Mais, à partir du moment ou Dieu fait de notre corps humain son corps, l'on peut dire que notre corps est à l'image de celui du Fils, du Verbe incarné. L'image ... Un icône. Puis "Qui m'a vu a vu le Père".

Léon Bloy disait qu'était riche celui-là qui pouvait regarder un pauvre sans être capable de reconnaître en lui le visage du Christ.




Les yeux des pauvres

Ah ! vous voulez savoir pourquoi je vous hais maintenant. Il vous sera sans doute moins facile de le comprendre qu'à moi de vous l'expliquer; car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d'imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer.

Nous avions passé ensemble une longue journée qui m'avait paru courte. Nous nous étions bien promis que toutes nos pensées nous seraient communes à l'un et l'autre, et que nos deux âmes désormais n'en feraient plus qu'une; - un rêve qui n,a rien d'original, après tout, si ce n'est que, rêvé par tous les hommes, il n'a été réalisé par aucun.

Le soir, un peu fatigué, vous voulûtes vous asseoir devant un café neuf qui formait le coin d'un boulevard neuf, encore tout plein de gravois et montrant déjà glorieusement ses splendeurs inachevées. Le café étincellait. Le gaz lui-même y déployait toute l'ardeur d'un début, et éclairait de toutes ses forces les murs aveuglants de blancheur, les nappes éblouissantes des miroirs, les ors des baguettes et des corniches, les pages aux joues rebondies traînés par les chiens en laisse, les dames riant au faucon perché sur leur poing, les nymphes et les déesses portant sur leur tête des fruits, des pâtés et du gibier, les Hébés et les Ganymèdes présentant à bras tendu la petite amphore à bavaroises ou l'obélisque bicolore des glaces panachées : toute l'histoire et toute la mythologie mises au service de la goinfrerie.

Droit devant nous, sur la chaussée, était planté un brave homme d'une quarantaine d'années, au visage fatigué, à la barbe grisonnante, tenant d'Une main un petit garçon et portant sur l'autre bras un petit être trop faible pour marcher. Il remplissait l'office de bonne et faisait prendre à ses enfants l'air du soir. Tous en guénilles. Ces trois visages étaient extraordinairement sérieux, et ces six yeux contemplaient fixement le café nouveau avec une admiration égale, mais nuancée diversement par l'âge.

Les yeux du père disaient : "Que c'est beau ! que c'est beau ! on dirait que tout l'or du pauvre monde est venu se porter sur ces murs," - Lesw yeux du petit garçon : "Que c'est beau ! Que c'est beau ! mais c'est une maison ou seuls peuvent entrer les gens qui ne sont pas comme nous !" - Quant aux yeux du plus petit, ils étaient trop fascinés pour exprimer autre chose qu'une joie stupide et profonde.

Les chansonniers disent que le plaisir rend l'âme bonne et amollit le coeur. La chanson avait raison ce soir-là, relativement à moi. Non seulement j'étais attendri par cette famille d'yeux, mais je me sentais un peu honteux de nos verres et de nos carafes, plus grands que notre soif. Je tournais nes regards vers les vôtres, cher amour, pour y lire ma pensée; je plongeais dans vos yeux si beaux et si bizarrement doux, dans vos yeux verts, habités par le caprice et inspirés par la lune, quand vous me dîtes : "Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères ! Ne pourriez-vous pas prier le maître du café de les éloigner d'ici ?"

Tant il est difficile de s'entendre, mon cher ange, et tant la pensée est incommunicable, même entre gens qui s'aiment !

- Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, XXVI


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