Crise de l'Église ?

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VexillumRegis
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Crise de l'Église ?

Message non lu par VexillumRegis » sam. 01 janv. 2005, 13:48

Bonjour à tous,

Je ne sais s'il est besoin de présenter Yves Chiron. Né en 1960, membre de la Société d'Histoire religieuse de la France, il a publié de très nombreux ouvrages sur l'histoire récente de l'Eglise, surtout des biographies : celles des papes Pie IX, Pie X et Paul VI, celle de S. Padre Pio.

Dans un entretien récent qu'il a accordé au journal Présent, voici ce qu'il a répondu à la question : Comment vous situez-vous dans la crise de l’Eglise ?

Vaste question et, en même temps, quel intérêt peut avoir ma "position" ? Il importe plus d’écouter et de lire Jean Madiran, l’abbé Claude Barthe, l’abbé de Tanoüarn, Mgr Fellay, Dom Gérard, et d’autres aussi. Et, en même temps, être toujours attentif à ce que dit vraiment Jean-Paul II. Dans l’analyse de la crise de l’Eglise – qui a commencé il y a environ un demi-siècle maintenant –, je suis particulièrement sensible à la durée et à l’espace. La considération sur la durée est double. D’abord, la crise de l’Eglise n’a pas commencé avec le concile Vatican II. Elle lui est bien antérieure, le concile a été, je crois, ce qu’on appelle en photographie, un "révélateur". Ensuite, cette crise n’est pas statique. L’Eglise, aussi bien en France que dans le monde, n’est pas aujourd’hui dans l’état où elle était en 1978, à la mort de Paul VI. Sur certains points, il y a eu aggravation, sur d’autres il y a eu restauration. Il y a eu, il y a et il y aura des actes de restauration doctrinale venus de Rome, il y a des foyers de résistance et de restauration qui ont surgi et qui rayonnent, il y a eu et il y aura des prises de conscience (dans le clergé diocésain et chez certains évêques). Relever ces signes est un devoir d’honnêteté mais c’est aussi un acte d’espérance, même si tant reste à faire. Quant à la considération sur l’espace, je regrette le "nombrilisme" de certaines analyses françaises. La situation de l’Eglise en France n’est pas celle de l’Eglise dans le monde, ni même celle que connaissent les autres pays d’Europe. Par exemple, une question aussi vitale que celle de la messe, de la réforme liturgique et de son application ne se pose pas de la même manière dans une paroisse de Saigon, pieuse, surveillée par la police, parfois persécutée, et dans une "célébration" désacralisée comme on en voit trop en France. Concrètement, donc, face à la crise de l’Eglise, je cherche à capter la lumière comme je le peux et à quelque endroit où j’en aperçois un rayon. Toutes les querelles de chapelles, un jour ou l’autre, apparaissent comme ridiculement disproportionnées. Et aussi, pour reprendre l’expression de Jean Madiran, qui vient de Péguy : "Quand il y a une éclipse, tout le monde est à l’ombre." Madiran ajoute : "Même ceux qui ne prennent pas l’ombre pour la lumière. Ils ont raison de n’être pas dupes. Mais ils ne sont pas assurés, dans l’ombre, de bien discerner le chemin."


Pour le reste de l'entretien : cliquer ici

Bien à vous,

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Jean-Pierre DALIBOT
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Crise de l'Église ?

Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT » mer. 23 févr. 2005, 19:23

CARNETS DE ROUTE (1995 - 2005)

Jacques GAILLOT
Il y a dix ans, la révocation de Monseigneur GAILLOT provoquait un véritable séisme dans l’Église de France. Les uns y lisaient la juste sanction d’un évêque "incontrôlable", les autres une "mise au pas" injustifiable.
L’ancien évêque d’Évreux vit aujourd’hui à Paris. Au jour le jour, il relate ses expériences, ses impressions de voyage, ses rencontres. Il confie ses prières. De ces Carnets de route se dégage le charme de l’écoute particulière de cet homme, de chaque page émane un authentique témoignage du don de soi et du partage de la Parole de Dieu. Pour celui qui a fait le choix des plus démunis, aucun combat n’est à exclure. Dix ans après sa révocation, il reste un infatigable semeur; toujours en chemin! Son immense tolérance est à l’image de son regard bleu, comme deux fenêtres ouvertes sur le monde ensoleillé par la foi.
Page 56: "Une ordination pas ordinaire, à la cathédrale d’Amiens, je regarde Daniel, un ami, sur qui les mains des prêtres n’en finissent pas de se poser. Que deviendra-t-il ? Pourra-t-il rester un homme libre ? Sa route ne sera pas facile dans l’Église telle qu’elle est aujourd’hui (...). Nous avons besoin de prêtres comme lui pour l’Église de demain".

Jean-Claude GAWSEWITCH, Éditeur - 180 pages

LETTRE OUVERTE AU PROCHAIN PAPE

Patrice GOURRIER
Prêtre du diocèse de Poitiers, l’auteur nous fait partager son regard sur l’Église. Un regard aimant mais lucide, qui ne craint pas de dire franchement les choses et d’exercer ce qu’il appelle son "devoir de révolte". L’aumônier d’étudiants constate combien le discours officiel de l’institution catholique est de plus en plus disqualifié : plus l’Église se focalise sur les questions de morale privée, plus son message social est ignoré, alors qu’il est novateur, voire avant-gardiste! Mais peine perdue car le "grand public" n’entend d’elle que ses interdits et sa conception figée de la morale.
Le père GOURRIER plaide vigoureusement pour une morale qui, sur des questions comme la sexualité, le sida ou encore le divorce, soit davantage en prise avec la réalité de la vie des hommes et des femmes d’aujourd’hui, offrant non la condamnation mais la compassion.
Un livre dont les accents polémistes pourront irriter mais qui a le mérite de poser "tout haut" un certain nombre de vraies questions...

Éditions FLAMMARION - 142 pages-

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VexillumRegis
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Message non lu par VexillumRegis » mer. 23 févr. 2005, 19:38

Sur ce livre du père Gourrier : http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=91793

"Il m'a semblé nécessaire de rappeler haut et fort, textes à l'appui, le discours social et écologique de l'Eglise qui devrait replacer l'homme au centre de tout, sans pour autant s'immiscer continuellement dans sa vie privée" [N'est-ce pas Dieu qui est au centre de tout ?] , a-t-il expliqué à l'Associated Press en ajoutant qu'il ne comprenait pas le silence du pape, par exemple, sur le port du préservatif.
"Il faut interdire aux évêques, et notamment les évêques espagnols de dire que l'usage du préservatif est contraire à la morale. Pour moi, ces paroles sont criminelles. En Espagne, le taux de pratique des jeunes chrétiens est tombé en quatre ans de 24% à 12%. Ils ont intérêt à s'interroger", lance-t-il.
Selon lui, Jean Paul II, compte tenu de son état de santé, aurait du démissionner : «A qui cela profite-t-il qu'il reste?», s'interroge-t-il [N'est-ce pas au pape de décider par lui-même ce qui est le mieux pour l'Eglise ?] . "Nous sommes dans une impasse. Tout le monde attend sa mort. C'est sordide! Dans le Droit canon, le droit de l'Eglise, un règlement dispose très précisément (c'est le canon 401) qu'un évêque doit démissionner à 75 ans. Si cet article s'était appliqué au pape, nous ne serions pas dans cette impasse», observe-t-il.
http://www.24heures.ch/home/journal/ind ... e_news=all


Bien à vous,

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Charles
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Message non lu par Charles » jeu. 24 févr. 2005, 0:11

Je trouve que c'est le comble que cette génération qui a vidé autant que possible l'Eglise de spiritualité et de Dieu, ose encore se poser en juge mais cette fois-ci pour faire porter sur d'autres la responsabilité de sa propre stérilité. Car c'est maintenant l'heure du bilan pour les Gaillot et autres, un bilan purement négatif. Les nouvelles générations de prêtres qui arrivent les dérangent, les catholiques pratiquants se détournent d'eux... ils restent seuls avec leur contestation post soixante-huitarde dont personne ne veut plus.

Eh bien tant pis pour eux. Aujourd'hui les jeunes attirés par le sacerdoce fuient leurs séminaires poussiéreux où c'est un scandale de porter une croix ou de demander l'adoration eucharistique (authentique). En fait, dans ces débris de séminaires, les séminaristes qui ont une demande de spiritualité sont découragés et poussés vers la sortie (authentique). Et donc ils changent de diocèse ou bien s'adressent à des communautés comme l'Emmanuel ou les Légionnaires du Christ qui chérissent leurs prêtres ou encore choisissent la vie religieuse dans des monastères en bonne santé spirituelle.

D'autre part les mouvement catholiques contestataires sont exsangues, ils ont atteint leur but : ils se sont vidés et ont vidé l'Eglise de leurs membres... seulement maintenant, on le sait, spécialement à Rome où pendant des années, ils ont fait illusion en perpétuant une fausse image, celle du temps de leur puissance. Aujourd'hui le Vatican sait que la JOC ou la JAC et autres ne représentent plus rien dans l'Eglise de France, mais ça fait peu de temps que les pendules ont été remises à l'heure : les intéressés ont prolongé l'illusion, jusqu'au bout, de leur importance des années 50-60. Mais c'est fini.

Concernant la pratique, il y a encore des pratiquants, mais ils ne sont plus de ceux sur lesquels ces mouvements ont bâti autrefois leur puissance : finalement, ils se plaignent d'avoir perdu leurs militants... qui à force d'entendre leur discours anti-pape, anti-spiritualité, anti-sacrements, anti-théologique, anti-catholique... ont abandonné l'Eglise et les ont abandonnés. Les amis de l'abbé Dalibot ont scié la branche sur laquelle ils étaient assis et maintenant accusent l'arbre, une fois de plus, de tous les maux... Il y a eu des périodes où une part plus ou moins grande du clergé était complètement pourrie. Gaillot et sa clique finiront aux poubelles de l'histoire de l'Eglise, ils commencent à s'en rendre compte et livrent leur dernier combat : dans 15 ans ce sera fini et une autre génération aura repris les commandes... "car le sarment qui ne donne pas de fruit, il l'émonde"... Alléluia ! Amen !

Et d'ailleurs ces branches pourries et dessèchées, l'Eglise les a repérées : elles sont stériles, n'attirent pas de catéchumènes et ne donnent pas de vocations. L'Eglise ne leur envoie plus de prêtres : les prêtres se font rares et les jeunes particulièrement, ils ne sont donc pas envoyés dans les étouffoirs d'esprit et de foi que sont ces derniers bastions d'une génération qui aura eu tout faux : de la croyance à la fin de l'Histoire annoncée par les communistes en leur temps, à la haine d'un des plus saints papes que l'Eglise ait eu... Les jeunes prêtres, comme la sève, sont appelés par Dieu et envoyés par la hiérarchie ecclésiastique dans les branches vivantes et portant du fruit... mais les branches mortes où aucune vocation ne se déclare, la hiérarchie ne leur livre désormais plus de jeunes qui y seraient bêtement gâchés...

Ce qui se passe est que, de plus en plus, les évêques confient des paroisses à des communautés vivantes (Emmanuel, Saint Vincent de Paul, Trinitaires, Fraternités de Jérusalem, etc.) et les catholiques font parfois des dizaines de kilomètres pour remplir à ras bord les églises de ces paroisses plutôt que d'assister dans leur propre paroisse à l'agonie de la génération Gaillot dans sa gesticulation, sa stérilité, son apostasie, sa méchanceté et sa bêtise...
Dernière modification par Charles le lun. 28 févr. 2005, 12:12, modifié 2 fois.

Charles
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Message non lu par Charles » jeu. 24 févr. 2005, 11:51

Les deux ouvrages cités par l'abbé Dalibot témoignent plus d'une crise des mouvements qui les inspirent que de l'Eglise catholique elle-même. D'un point de vue catholique, il n'est même pas sûr que le concept de crise de l'Eglise ait un sens : soit l'Eglise est sainte et inspirée par l'Esprit Saint et sa "crise" est absurde, soit elle est en crise permanente dès son origine et jusqu'à la fin des temps en tant qu'elle est un lieu de purification et de sanctification. S'il peut y avoir crise, c'est dans la non-fréquentation des sacrements et spécialement de celui de réconciliation et de pénitence... mais ce n'est pas alors une crise de l'Eglise proprement dite...

un curé de Poitiers publie un livre intitulé «Lettre ouverte au prochain pape», dans lequel il rappelle les missions essentielles de l'Eglise catholique et dénonce son fonctionnement.
«Demain il sera trop tard et nos descendants pourront dire: les salauds, ils n'ont rien fait»: c'est ainsi que le père Patrice Gourrier termine sa lettre, un véritable cri d'alarme pour tenter de faire bouger les choses.


Il est déjà "trop tard" pour cette génération, elle n'a pas su remporter la victoire définitive contre l'Eglise bien qu'elle l'ait crue à sa portée. Et effectivement, l'alarme doit être sonnée dans les rangs décimés de la contestation... parce que le XX° siècle est fini, parce que l'URSS est déjà oubliée, parce que les causes et les combats de ces gens-là sombrent dans l'oubli et n'intéressent plus personne... et que c'est l'heure maintenant de l'Adoration Eucharistique...
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Dernière modification par Charles le jeu. 24 févr. 2005, 14:15, modifié 2 fois.

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L'Eucharistie selon Mgr Gaillot

Message non lu par VexillumRegis » jeu. 24 févr. 2005, 13:12

Trouvé sur le site de Partenia:

"...Et l'on rejoint ici la signification du pain et du vin du dernier repas de Jésus. Jésus se rend aussi disponible qu'une nourriture et une boisson pour combler les besoins humains. Il se met à la disposition des affamés et des altérés. Il s'offre jusqu'au bout. Là aussi il pratique la non domination. Et c'est cela qu'il demande que l'on fasse en mémoire de lui. On sent tout ce qu'il peut y avoir d'incongru dans les règles où l'on enferme l'eucharistie et dans les limitations que l'on met à son accès. Jésus, lui, a accepté tous les risques de notre liberté. Il ne met pas de limites à son don : 'Mangez en tous, buvez en tous, c'est pour la multitude.' Exclure quiconque de l'eucharistie lui ôte son caractère de gratuité, de don en abondance et de non domination."

Pourtant on trouve dès la Didachè (Ier siècle) : "Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie, si ce n'est les baptisés au nom du Seigneur; car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit: "Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens" (9,5).

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Message non lu par aramis » dim. 27 févr. 2005, 20:28

Concernant le Saint Père, j'estime qu'il nous donne actuellement une magnifique leçon. A l'heure où l'on considère qu'un homme n'est plus capable de travailler dès 50 ans, et où l'on encourage les malades à demander l'euthanasie, il nous rappelle que vieillesse et maladie n'otent pas à l'homme sa place dans le dessein de Dieu. Son courage est un exemple pour nous qui avons tendance à baisser les bras si vite. Donc, pour ma part, je ne souhaite pas qu'une limite d'age atteigne les Papes, ni les évèques, ni même les travailleurs qui souhaitent continuer de travailler. Pas de date de péremption pour l'être humain...

Concernant Monseigneur Gaillot, je demande à nouveau moins de sévérité à son égard.
Provocateur, il l'est. Parfois maladroit, et parfois inutilement.
Manipulé par l'extrême gauche ? Sans aucun doute.
Aux frontières de l'hérésie ? C'est bien possible...

Mais il reste évèque. Et un évèque disponible pour les plus pauvres des pauvres, ce qui n'est pas si fréquent. Sans doute certaines personnes sur ce forum pourraient lui donner des leçon en matière de dogme ou de théologie. Mais ces connaissances ne sont pas forcément preuve de sainteté.
"si je n'ai pas l'Amour, je ne suis que cymballe retentissante..."
Gaillot a l'Amour. J'en suis certain....

Quant à l'Eglise, elle doit à l'évidence évoluer.
On vient de m'informer qu'un évèque refusait d'accorder le baptême à une jeune femme qui s'est marié à un homme divorcé. Préfère-t-on qu'elle devienne musulmane, ou boudhiste ?
On a invoqué devant moi le droit canon.... J'ai répondu par Saint Ignace (mon préféré) : "En ces choses, il ne faut jamais vouloir établir une règle si rigide qu'il n'y ait de place pour les exceptions".

Cela dit, il faudrait pour commencer faire le ménage dans l'église, et mettre au pas les fanatiques de l'Opus Dei.
Je sais bien que ces propos déplaieront. Mais ce soir, je suis faché, trés faché.
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Message non lu par aramis » lun. 28 févr. 2005, 12:45

Mon cher Charles,

Je ne dis pas que Gaillot ne soit pas mal entouré. Je ne pense pas non plus qu'il ai raison lorsqu'il parle de ce que devrait être l'Eglise. Quant au site "Partenia", j'ai déjà écrit que ce n'était pas ma tasse de thé.
Mais à la question peut-on être gauchiste et chrétien, je réponds : oui surement.
Et je pense que Monseigneur Gaillot a toute sa place dans notre Eglise. D'ailleurs, si tel n'était pas le cas, j'imagine qu'il aurait été exclu. Au contraire, j'ai cru comprendre que Monseigneur Barbarin avait fait appel à lui pour diriger un groupe de prière.

On peut ne pas partager les idées de Monseigneur Gaillot, ( c'est mon cas ), mais continuer de voir en lui un homme d'Eglise sincère.
N'oublie pas enfin, que de nombreux chrétiens se retrouvent en lui. On peut certes le regretter, mais je regretterai encore plus que ces chrétiens, se sentant incompris quittent notre Eglise.

Je suis bien obligé de reconnaître que tu as raison. Mais tu parles en homme cultivé.
Ors les "gauchistes" que je connais, que je cotoie tous les jours sur mon lieu de travail, n'ont aucune culture politique et c'est ce que j'essaie de leur faire comprendre.
Je connais des jeunes qui militent au Dal, qui émarge à Lutte Ouvrière, et qui vont à la messe plus souvent que moi. En toute bonne conscience.
Mon diagnostique est donc qu'ils sont paumé, et que c'est à nous de les ramener sur le droit chemin, par la douceur et la patience. Pour nombre d'entre eux, Monseigneur Gaillot est une icône. Je ne dirai donc pas de mal d'une icône. Et qui sait... Est-il totalement dupe, ou essaie-t-il d'apporter un peu de lumière chez ces jeunes, si généreux, qui sans lui n'entendrait pas parler du Christ, mais seulement de Révolution et de lutte des classes ?

Amitié.
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Message non lu par piotr » mer. 02 mars 2005, 14:00

"Je trouve que c'est le comble que cette génération qui a vidé autant que possible l'Eglise de spiritualité et de Dieu, ose encore se poser en juge mais cette fois-ci pour faire porter sur d'autres la responsabilité de sa propre stérilité. Car c'est maintenant l'heure du bilan pour les Gaillot et autres, un bilan purement négatif. Les nouvelles générations de prêtres qui arrivent les dérangent, les catholiques pratiquants se détournent d'eux... ils restent seuls avec leur contestation post soixante-huitarde dont personne ne veut plus. "
propos de Charles ...
A force d'accuser ceux et celles qui ne font que leur possible ...à force de tenir des propos de ce genre ...propos que vous tenez pour des propos d'amour, de fraternité et d'amitié ...vous vous imaginez que cela ira mieux ? je ne connais pas l'abbé Dalibot, ni Mgr Gaillot et je n'ai pas à porter de jugement mais à constater ce qu'ils disent et font.

Être chrétien, ce n'est pas vouloir imposer sa vision de l'évangile mais être sensible à tel ou tel aspect du message du Christ. Ce message est tellement riche, tellement extraordinaire, que chacun peut prendre une voie, un chemin différent de ses frères. Dès la départ saint Paul s'est heurté à la communauté de Jérusalem menée par Jacques le frère du Seigneur et Pierre au comportement peu courageux. Dès le départ, il y a eu des sensibilités différentes ...certains se sentent proches de François d'Assise, d'autres de saint José Maria, d'autres de G. de Montfort, c'est cela la richesse du catholicisme ....la croyance en un Dieu trinitaire, la croyance en un Christ Cosmique et glorieux (pour reprendre les termes de Theilhard de Chardin) et en devenir.

Que chacun vive sa foi selon ce qu'il ressent au fonds de son coeur ....toi en suivant le fondateur des Jésuites et ses exercices, toi en suivant le fondateur de l'Oeuvre, moi en me sentant si proche (intellectuellement car il est très dur de le suivre réellement) de François et toi mon frère qui me lis ...en suivant, j'en suis sûr un autre phare que Dieu a placé dans notre vie pour accomplir Ses desseins.

Cessons de porter des jugements sur nos frères qui ont suivi une autre route et cessons de les accuser d'être la cause de tous les meaux dont souffre notre Eglise. Nous portons chacun notre part de responsabilité.
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Message non lu par wanderer » jeu. 03 mars 2005, 14:39

J'aimerais connaître votre confession Piotr si ce n'est pas indiscret. De plus, je crois que vous devez des excuses aux catholiques de ce site pour votre attitude.

Je voudrais enfin connaître l'intérêt prétendu que l'abbé Dalibot prête aux ouvrages mentionnés.

Merci à vous deux. :)

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Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT » jeu. 03 mars 2005, 15:28

"Je voudrais enfin connaître l'intérêt prétendu que l'abbé Dalibot prête aux ouvrages mentionnés"
Simple ouverture d'esprit et non manifester un sectarisme primaire. Pour élever le débat je vous propose un troisième livre.

[font=Arial][align=center]LE FAIT RELIGIEUX AUJOURD’HUI EN FRANCE,
les trente dernières années (1974-2004) [/align]
[/font]

Gérard CHOLVY et Yves-Marie HILAIRE
La France d’aujourd’hui est celle des églises vides, du clergé vieillissant... Le constat est connu. Deux historiens ont réussi à faire une "revue" de ces années capitales où se sont joués tant de tourments autour d’un renouveau du spirituel et du déclin de l’institution. La France, rappellent-ils, a connu depuis la Révolution de 1789 une alternance de flux et de reflux religieux.
Depuis trente ans, l’affaiblissement du catholicisme est indéniable. Il est sorti malmené de sa confrontation avec la société moderne, qui se revendique de valeurs souvent aux antipodes des siennes. En même temps, le concile Vatican II n’a pas épuisé ses effets, et la foi chrétienne s’exprime sous des formes nouvelles.
Ce livre, qui ne se limite pas au christianisme, mais traite aussi du judaïsme, de l’islam, du bouddhisme et même de la franc-maçonnerie, est d’une clarté exemplaire et d’une information sans faille. Pour quiconque souhaite échapper aux idées reçues.

Éditions LE CERF - 416 pages -

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Message non lu par wanderer » jeu. 03 mars 2005, 17:51

Vous savez cher père, pour être parfaitement honnête, on ne sait jamais sur quel pied danser avec vous et ce n'est pas très agréable.

"Simple ouverture d'esprit". Voilà une réflexion qui donne un intérêt à tous les ouvrages de "Mein Kampf" à "Martine à l'école".

Si vous avez aimé ces livres et bien parlez-en au lieu de nous recopier la couverture, ce sera plus instructif. Si un livre a un contenu, pour donner envie aux autres de le connaître, il faut en parler, non? Ensuite nous parlerons correctement des positions de Mgr Gaillot. Pour ce que j'en connais, et bien ça ne m'intéresse pas. Je suis bien d'accord avec Charles pour dire que la mouvance Gaillot a fait bien du tort à l'Eglise. Si vous commencez à dire que l'Eglise est arriérée, alors la critique à tout va s'installe. C'est d'autant plus vrai que Mgr Gaillot a des positions, me semble-t-il, directement contraire à l'Evangile. ET bien ce qui se passe, c'est que les gens cessent de croire que l'Evangile est divin et ils consomment la foi. J'en suis sûr.

Quand on a tendance à tomber dans le sectarisme du non-sectarisme, ne tombe-t-on pas soit même dans le sectarisme primaire? Si on est sectaire quand on est critique vis à vis de ceux qui militent contre l'Eglise et bien évidemment, je ne peux plus rien dire.

Quand on monte les catholiques contre la doctrine sexuelle de l'Eglise, il ne faut pas s'étonner si après on entend des catholiques dire que l'Eglise est une institution humaine. Il faudra des années et des années pour réparer le mal qui a été fait.

Pouvez-vous dès lors monsieur Dalibot nous expliquer ce que vous pensez des positions de Mgr Gaillot puisque vous avez lancé le débat?

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Message non lu par aramis » jeu. 03 mars 2005, 21:45

Attention Wanderer, si nous sommes deux à défendre Monseigneur Gaillot, les débat risquent de devenir trés virulents. C'est sans doute pour cela que Monsieur l'abbé Dalibot reste prudement sur la réserve. Mais il est vrais que Jésus a dit être venu apporter non la paix, mais l'épée...

Amitiés.... ;-)
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Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT » ven. 04 mars 2005, 12:04

Pour Aramis.
"Mais il est vrais que Jésus a dit être venu apporter non la paix, mais l'épée... "
Mais Jésus a dit aussi à l'un des compagnons qui le suivait au moment de l'arrestation " Rengaine ton glaive; car tous ceux qui prennent le gaive périront pat le glaive" Mt 26,52.
Je partage aussi des nuances que vous avez apportées au sujet de Mgr GAILLOT.
Pour Wandener
Vous savez cher père, pour être parfaitement honnête, on ne sait jamais sur quel pied danser avec vous et ce n'est pas très agréable.
Vous attendez peut-être de moi que je me manifeste pour être de Droite ou de Gauche, Gaillot ou Lefebvre, pour mon Eglise ou contre. Et bien NON je ne répondrai je l'espère jamais sans y apporter des nuances. Pour la bonne raison, par honnêteté, que je n'ai pas la vérité mais que je la cherche, que personne n'est parfait et que nous avons tous un chemin à parcourir, celui de la conversion.
Je pense en ce moment à ce passage de l'Evangile Jn 8,1-11

Dans ma vie j'ai persécuté l'Eglise. D'origine je suis mécanicien, essayeur automobile dans une grande marque. J'ai fait les trottoirs de grandes villes comme éducateur. J'ai côtoyé et je côtoie encore beaucoup la misère. Je passe du temps dans mes églises (55 l'an dernier) mais je vais aussi manger à la table de ceux que je ne vois jamais aux cérémonies que je préside. Je suis ce que je suis aujourd'hui après avoir rencontrer de nombreuses personnes.
De grâce je vous le demande à vous comme à Charles, aidons-nous à chercher et respecter les chemins qui convergent vers l'UNIQUE SOMMET.

J'accepte ma maladresse dans mes réponses par une rapidité d'intervention, mais le forum qui m'est confié aujourd'hui c'est l'ensemble des communes que mon Evêque m'a confié.

MERCI de vos interventions

wanderer
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Message non lu par wanderer » ven. 04 mars 2005, 14:20

Vous attendez peut-être de moi que je me manifeste pour être de Droite ou de Gauche
Non, ça m'est égal.
Pour la bonne raison, par honnêteté, que je n'ai pas la vérité mais que je la cherche, que personne n'est parfait et que nous avons tous un chemin à parcourir, celui de la conversion.
Que la conversion soit l'oeuvre d'une vie, tout le monde en est ici persuadée, je ne dis pas avoir tout compris. En revanche, l'Eglise est ma mère dans la foi et je sais qu'elle détient la vérité et qu'elle tire cette vérité de l'assistance du Saint Esprit. Quand je vois les positions de Mgr Gaillot, je n'ai pas de mal à dire que c'est le contraire de ce qu'enseigne l'Eglise. Mais si l'Eglise est mère de vertue, faire ce qu'elle défend ne peut pas faire de bien. je ne suis pas en train d'envoyer Mgr Gaillot au paradis ou en enfer et je sais bien que ce n'est pas mon rôle. par contre, on a le droit de juger si une doctrine est bonne ou pas, c'est Jésus qui nous demande de le faire.

C'est bien ce que je disais, le sectarisme du non sectarisme qui fait que l'on ne peut plus juger de rien.
De grâce je vous le demande à vous comme à Charles, aidons-nous à chercher et respecter les chemins qui convergent vers l'UNIQUE SOMMET.
Quelqu'un a-t-il dit le contraire? Nous avons sans doute une manière très différente de le vivre en revanche.
Dans ma vie j'ai persécuté l'Eglise. D'origine je suis mécanicien, essayeur automobile dans une grande marque. J'ai fait les trottoirs de grandes villes comme éducateur. J'ai côtoyé et je côtoie encore beaucoup la misère. Je passe du temps dans mes églises (55 l'an dernier) mais je vais aussi manger à la table de ceux que je ne vois jamais aux cérémonies que je préside. Je suis ce que je suis aujourd'hui après avoir rencontrer de nombreuses personnes.
Je ne vois pas le rapport, mais c'est très bien d'annoncer le Christ et l'Eglise à toute créature. Je vais aussi dans le monde et j'y suis bien obligé en tant que je vis dans un milieu familial exclusivement athée. je ne suis pas relativiste pour autant.

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