Bonsoir Emmanuel,
manu a écrit:
Non l'essence de la morale n'est pas intrinséquement religieuse, elle est intrinséquement universel.
Même dans des sociétés primitives dénuées de religiosité, les concepts de bien et mal existaient déjà. la religion (les religions) ont ensuite récupéré ces concepts, mais ils sont naturellement universel par essence même.
Je ne connais pas de société humaine dénuée de religiosité. L'Homme est un animal religieux.
Pouvez-vous expliquer en quoi les concepts de bien et de mal sont "naturellement universels par essence même" ?
Citer:
Oui l'appréciation personnelle n'est pas un critère suffisant. Des lois existent et sont considérés comme bonnes par certains et mauvaises pour d'autres.
Effectivement. Ce qui prouve que la conscience morale n'est pas un critère suffisant de discernement moral.
Citer:
je n'ai jamais dis que l'approbation de la majorité suffisait pour transformer le bien en mal, c'est un peu plus compliqué que cela il me semble.
Au moyen age par exemple, il était admis que l'exclavage existe. Et pourtant on sait que fondamentalement cette situation est contraire à tous les droits fondamentaux. Ce qui était donc considéré comme "bien" (largement répandue à l'époque) ne l'est plus maintenant. Est-ce uniquement la majorité qui aurait changé de camps ?
Non, la majorité ne suffit pas quand celle ci n'est pas conditionné à une évolution plus juste du respect de l'individu et de sa légitimité à exister elle-même.
Je ne crois pas que l'esclavage ait jamais été considéré - par le christianisme - comme un "bien". Serait-ce le cas, cela ne change rien au fait que l'esclavage est soit bon, soit mauvais mais sa valeur morale objective n'a absolument pas changé. Ce n'est pas parce que les hommes ont cru un temps que la Terre était plate que la géométrie réelle de la Terre en a été changé...
Citer:
Exemple concernant le cadre juridique l'infanticide. Une majorité à voulu cette loi permettant aux femmes de disposer de leur corps librement. Au dela des sentiments personnel que cela peut inspirer n'importe quel croyant, cette loi est considéré comme bonne parce que répondant à une demande et encadrant une situation problèmatique. Mais est-elle bonne fondamentalement ?
D'un point de vue philosophique, oui parce qu'elle correspond à une évolution ainsi qu'a une demande de la population pour le bien commun. D'un autre point de vue (théologique) non évidement, puisque contraire à l'enseignement de l'Eglise qui considère que le foetus recoit dès sa conception une âme qui le fait enfant de Dieu.
On se trouve donc devant deux problèmes. L'un (regard laïque) qui prends une décision demandée et l'autre (religieux) qui légalise le meurtre.
Votre philosophie n'a rien d'universel. Vous voulez cloisonner philosophie et théologie, libre à vous. Mais vos conceptions philosophiques sont incompatibles avec la théologie chrétienne. Pourtant le réel est unité et cohérence...
Vous affirmez "
D'un point de vue philosophique, oui parce qu'elle correspond à une évolution ainsi qu'a une demande de la population pour le bien commun". Je vous demande :
du point de vue de quelle philosophie vous placez vous ?Les deux "regards" que vous opposez, ce ne sont pas les regards "laïcs" et "religieux", mais athée et chrétien.
Supposer que la philosophie est nécessairement athée est un point de vue qui n'engage que vous...
Citer:
La morale que tu utilises à savoir le bien ou le mal, n'entre pas dans le stricte cadre de la métaphysique.
Effectivement. Lorsque j'ai écrit que la métaphysique ne pouvait être déconnecté de la morale à cause de finalité des choses (je n'ai pas dit en raison de leur cause première), c'est du
bien propre de chaque être dont je parlais, et non du suprême Bien.
Citer:
"Dieu ne veut pas être servi par des esclaves mais par des hommes libres" nous apprend t'on , non?
La liberté c'est celle (je pense) d'utiliser son intellect pour le découvrir. Rousseau :" la liberté c'est celle de pouvoir choisir ses chaines".
Un jour lors d'un cours de métaphysique, le père Marie-Dominique Philippe (docteur en philosophie par ailleurs), nous à raconter une discution qu'il avait eu un jour avec un de ces étudiants de l'université de Frigourb ou il enseignait.
" un élève est venu me voir un jour et m'a raconté un peu son parcours. Il était russe, parlait tres bien le français et comme tout les russes avaient été conditionné par le communisme et donc par l'idéologie marxiste-leniniste. Il m'a dit : père j'ai découvert la foi à un moment ou je ne l'attendais pas, mais dans sa grande bonté, Dieu m'a ouvert les yeux, mais il m'a laissé le soin de convertir mon intelligence". (fin de citation)
Vous voyez ce que je veux dire ?
Je vois parfaitement ce que vous voulez dire.
Mais d'une part, il faut éviter de citer Rousseau - père du totalitarisme - quand on traite de la liberté.
Ensuite, si effectivement, chacun doit utiliser sa "liberté de conscience" à rechercher le vrai, le bien et le beau, il est légitime que des professeurs aident les consciences à s'élever.
L'homme ne s'élève pas tout seul.Citer:
Un père de l'eglise (je ne me souviens plus duquel) disait :" qu'un homme qui ne sait pas qu'il pêche ne pêche pas". On ne pêche que si on sait qu'on a pêché. La chose plus grave est de pêché quand on sait qu'on le fait !. (mais je sors un peu du sujet la excusez moi !

).
Je pense que - si elle est conforme à l'enseignement de l'Eglise - la citation devait plutôt être du type : "
un homme qui ne sait pas qu'il pêche n'est pas coupable".
"Dans la tradition catholique, il faut toujours distinguer le péché et la culpabilité. Pour que le péché soit vraiment un acte humain, dont celui qui le commet est vraiment responsable et donc coupable, il faut qu'il agisse en toute liberté et en pleine connaissance de ce qu'il fait. Pour parler de manière simple, le péché, c'est faire quelque chose contre la volonté de Dieu (ou ne pas faire quelque choses que Dieu veut absolument qu'on fasse). Si, p. ex., il est contre la volonté de Dieu de voler la propriété d'autrui, une personne qui vole la propriété d'autrui agit contre la volonté de Dieu, il commet le péché. Mais si elle ne sait pas que le vol est contre la volonté de Dieu, ou qu'elle est contrainte par sa pauvreté à voler, ou qu'elle vole malgré elle, sa culpabilité est diminuée voire éliminée." Père Gareth Moore
Citer:
L'Eglise n'a vocation première de s'adresser aux païens ou aux autres religions.
Je pense que vous faites erreur : le devoir des chrétiens - que leur a donné le Christ - est d'annoncer la Bonne Nouvelle de l'Evangile à toutes les nations.
A bientôt
Christophe