par coeurderoy » dim. 08 nov. 2009, 15:56
Il existe des restaurations douces car réversibles : un exemple : le cloître Notre-Dame en Vaux, à Châlons-en-Champagne, merveille du XII ème siècle redécouvert à partir des année 60 par Léon Pressouyre ( médiéviste que j'ai pu personnellement rencontrer). Les merveilleuses statues colonnes (vers 1170) retrouvées "en morceaux" remployées en pierres de fondations ont pu être reconstituées ("recollées" en fait) tels les éléments d'un puzzle géant. Un matériau neutre remplace les manques : si le morceau perdu réapparait lors d'une fouille (voire d'un don), il peut retrouver sa place originelle. Je connais en revanche le cas des statues de la galerie des rois de la cathédrale de Reims, affreux pastiches des années 20 ayant remplacé des statues du XIVème très érodées. Les sculpteurs du XXème ont gommé tout caractère "sémite" prononcé (beaucoup étaient des Rois de Juda) au profit d'oeuvres alambiquées, contournées, ridicules...C'est vraiment une dénaturation de cette partie de l'édifice. Reims subissait déjà des restaurations sous Louis XIII (voussures des portails) suite à la tendreté du matériau, calcaire coquillier qui se délite rapidement. Et Rodin (encore lui) disant "ils se sont acharnés sur Reims", vise les restitutions du XIXème qui ont touché les statues surmontant la Grande Rose. Aujourd'hui (et depuis 20 ans) on a vu surgir une nouvelle génération d'Architectes en Chef des M.H qui, pour des raisons de "prestige régional" ont recrénelé les remparts de Provins, reconstruit le château de Blandy-les-Tours, Sucinio, dénaturé Murol, Tournoël, etc. Le médiévalisme troubadour contemporain veut des monuments intacts, rapidement consommables et compréhensibles : on y perd tout ce que la qualité de certaines ruines permet d'apréhender sur telle technique constructive, telle nuance régionale : la France s'uniformise et la valeur poétique et esthétique de certaines ruines ne sera plus à rechercher que dans les lithos des "Voyages pittoresques et romantiques dans l'Ancienne France". Disons tout-de-même que "l'ingénierie culturelle", le mauvais goût et l'inculture des Conseils Régionaux comptent parmi les principaux responsables du travestissement de notre patrimoine monumental...
Il existe des restaurations douces car réversibles : un exemple : le cloître Notre-Dame en Vaux, à Châlons-en-Champagne, merveille du XII ème siècle redécouvert à partir des année 60 par Léon Pressouyre ( médiéviste que j'ai pu personnellement rencontrer). Les merveilleuses statues colonnes (vers 1170) retrouvées "en morceaux" remployées en pierres de fondations ont pu être reconstituées ("recollées" en fait) tels les éléments d'un puzzle géant. Un matériau neutre remplace les manques : si le morceau perdu réapparait lors d'une fouille (voire d'un don), il peut retrouver sa place originelle. Je connais en revanche le cas des statues de la galerie des rois de la cathédrale de Reims, affreux pastiches des années 20 ayant remplacé des statues du XIVème très érodées. Les sculpteurs du XXème ont gommé tout caractère "sémite" prononcé (beaucoup étaient des Rois de Juda) au profit d'oeuvres alambiquées, contournées, ridicules...C'est vraiment une dénaturation de cette partie de l'édifice. Reims subissait déjà des restaurations sous Louis XIII (voussures des portails) suite à la tendreté du matériau, calcaire coquillier qui se délite rapidement. Et Rodin (encore lui) disant "ils se sont acharnés sur Reims", vise les restitutions du XIXème qui ont touché les statues surmontant la Grande Rose. Aujourd'hui (et depuis 20 ans) on a vu surgir une nouvelle génération d'Architectes en Chef des M.H qui, pour des raisons de "prestige régional" ont recrénelé les remparts de Provins, reconstruit le château de Blandy-les-Tours, Sucinio, dénaturé Murol, Tournoël, etc. Le médiévalisme troubadour contemporain veut des monuments intacts, rapidement consommables et compréhensibles : on y perd tout ce que la qualité de certaines ruines permet d'apréhender sur telle technique constructive, telle nuance régionale : la France s'uniformise et la valeur poétique et esthétique de certaines ruines ne sera plus à rechercher que dans les lithos des "Voyages pittoresques et romantiques dans l'Ancienne France". Disons tout-de-même que "l'ingénierie culturelle", le mauvais goût et l'inculture des Conseils Régionaux comptent parmi les principaux responsables du travestissement de notre patrimoine monumental...