Marie et le péché

Règles du forum
Initiation à la religion chrétienne, sous forme de questions & réponses, pour les chrétiens et les non-chrétiens. Cet espace n'est pas un lieu de débat mais d'exposé de la religion chrétienne ; les messages de ce forum sont modérés a priori et les réponses hétérodoxes ne seront pas publiées.

Répondre


Cette question vous permet de vous prémunir contre les soumissions automatisées et intensives effectuées par des robots indésirables.
Émoticônes
:?: :!: :arrow: :nule: :coeur: :) ;) :( :mal: :D :-D :oops: :cool: :/ :oui: :> :diable: <: :s :hypocrite: :p :amoureux: :clown: :rire: :-[ :sonne: :ciao: :zut: :siffle: :saint: :roule: :incertain: :clap: :fleur: :-@ :non: :cry: :bomb: :exclamation: :dormir: :wow: :boxe: :furieux: :toast: :dance: :flash:
Plus d’émoticônes

Le BBCode est activé
La balise [img] est activée
La balise [url] est activée
Les émoticônes sont activées

Relecture du sujet
   

Agrandir Relecture du sujet : Marie et le péché

Re: Marie et le péché

par Etrigan » ven. 20 nov. 2009, 11:15

Très, très intéressant même si discutable. Mais il faut bien reconnaître que cela se tient très bien.

Re: Marie et le péché

par La Chartreuse » jeu. 19 nov. 2009, 23:41

Fée Violine a écrit : Les Saintes Écritures ? Où ça ?
Quant à la Tradition de l'Église : non, justement, puisque st Thomas d'Aquin n'y croyait pas
Bonjour "Fée Violine" :)

La foi en l’Immaculée n’était pas nouvelle, d’autres papes s’étaient prononcés en sa faveur.

Ainsi :

En 1617 Paul V interdit d’exprimer en public une opinion contraire à l’Immaculée Conception.

En 1622 Grégoire XV interdit d’écrire en privé une opinion contraire à l’Immaculée Conception.

Le pape Alexandre VII publie :

Ancienne est la piété des fidèles du Christ à l’égard de la Bienheureuse Vierge Marie sa mère, qui pensent que son âme, au premier instant de sa création et de son infusion dans le corps a été par une grâce et une faveur spéciales de Dieu, en considération des mérites de Jésus-Christ son fils, Rédempteur du genre humain, pleinement préservée intacte de la tache du péché originel, et qui, dans cet esprit, honorent et célèbrent solennellement la fête de sa conception. Leur nombre s’est accru… au point que presque tous les catholiques l’ont adoptée.

Nous renouvelons les constitutions et décrets publiés par les Pontifes romains… en faveur de la croyance tenant que l’âme de la bienheureuse Vierge Marie a été, au moment de sa création et de son infusion dans le corps, ornée de la grâce du Saint Esprit et préservée du péché originel (bref SOLLICITUDO ECCLESIARUM)

En 1708 Clément XI institue la fête de l’Immaculée Conception pour l’Eglise universelle.

La réalité du dogme a donc été admise et célébrée bien avant la promulgation du dogme officiel par Pie IX.


Source : La foi catholique GERVAIS DUMEIGE éditons de l’orante pp229 à 231.


Extrait de la Bulle Innefabillis Deus
2e partie ‑ la tradition des Anciens et des Pères.


C'est qu'en effet cette doctrine de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge a toujours existé dans l'Eglise ; l'Eglise, par la très grave autorité de son sentiment, par son enseignement, par son zèle, sa science et son admirable sagesse, l'a de plus en plus mise en lumière, déclarée, confirmée et propagée d'une manière merveilleuse chez tous les peuples et chez toutes les nations du monde catholique ; mais, de tout temps, elle l'a possédée comme une doctrine reçue des Anciens et des Pères, et revêtue des caractères d'une doctrine révélée. Les plus illustres monuments de l'Eglise d'Orient et de l'Eglise d'Occident, les plus vénérables par leur antiquité, en sont le témoignage irrécusable. Toujours attentive à garder et à défendre les dogmes dont elle a reçu le dépôt, l'Eglise de Jésus‑Christ n'y change jamais rien, n'en retranche jamais rien, n'y ajoute jamais rien; mais portant un regard fidèle, discret et sage sur les enseignements anciens, elle recueille tout ce que l'antiquité y a mis, tout ce que la foi des Pères y a semé. Elle s'applique à le polir, à en perfectionner la formule de manière que ces anciens dogmes de la céleste doctrine reçoivent l'évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, en un mot, de façon qu'ils se développent sans changer de nature, et qu'ils demeurent toujours dans la même vérité, dans le même sens, dans la même pensée

Or, les Pères et les écrivains ecclésiastiques, nourris des paroles célestes, n'ont rien eu plus à cœur, dans les livres qu'ils ont écrits pour expliquer l'Ecriture, pour défendre les dogmes et instruire les fidèles, que de louer et d'exalter à l'envi, de mille manières et dans les termes les plus magnifiques, la parfaite sainteté de Marie, son excellente dignité, sa préservation de toute tache du péché et sa glorieuse victoire sur le cruel ennemi du genre humain. C'est ce qu'ils ont fait en expliquant les paroles par lesquelles Dieu, annonçant dès les premiers jours du monde les remèdes préparés par sa miséricorde pour la régéné­ration et le salut des hommes, confondit l'audace du serpent trompeur, et releva d'une façon si consolante l'espérance de notre race. Ils ont enseigné que par ce divin oracle : « Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et la sienne.» (Gen. III, 15.) Dieu avait clairement et ouvertement montré à l'avance le miséricordieux Rédempteur du genre humain, son Fils unique, Jésus­-Christ, désigné sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et nettement exprimé l'inimitié de l'un et de l'autre contre le démon. En sorte que, comme le Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, détruisit, en prenant la nature humaine, l'arrêt de condamnation qui était contre nous et l'attacha triomphalement à la croix ; ainsi la Très Sainte Vierge, unie étroitement, unie inséparablernent avec lui, fut, par lui et avec lui, l'éternelle ennemie du serpent venimeux, le vainquit, le terrassa sous son pied virginal et sans tache, et lui brisa la tête

L'application des figures bibliques.

Cette éclatante et incomparable victoire de la Vierge, cette innocence, cette pureté, cette sainteté par excellence, cette exemption de tout péché, cette grandeur et cette ineffable abondance de toutes les grâces, de toutes les vertus, de tous les privilèges dont elle fut comblée, les mêmes Pères les ont vus, soit dans cette arche de Noé qui seule, divinement édifiée, a complètement échappé au commun naufrage du monde entier (Gn VI-IX) ; soit dans l'échelle que contempla Jacob, dans cette échelle qui s'éleva de la terre jusqu'au ciel, dont les anges de Dieu montaient et descendaient les degrés, et sur le sommet de laquelle s'appuyait Dieu lui‑même (Gn XXVIII, 12) ; soit dans ce buisson ardent que Moïse vit brûler dans un lieu saint, et qui, loin d'être consumé par les flammes pétillantes, loin d'en éprouver même la moindre altération, n'en était que plus vert et plus florissant (Exode III, 2) ; soit dans cette tour inexpugnable à l'ennemi et de laquelle pendent mille boucliers et toute l'armure des forts (Cant. IV, 4) ; soit dans ce jardin fermé qui ne saurait être profané et qui ne craint ni les souillures, ni les embûches (Cant. IV, 12) ; soit dans cette cité de Dieu tout étincelante de clartés et dont les fondements sont assis sur les montagnes saintes (Ps 86,1); soit dans cet auguste temple de Dieu tout rayonnant des splendeurs divines et tout plein de la gloire du Seigneur (Is.VI, 1-4); soit enfin dans une foule d'autres figures de ce genre qui, suivant les Pères, ont été les emblèmes éclatants de la haute dignité de la Mère de Dieu, de sa perpétuelle innocence, et de cette sainteté qui n'a jamais souffert la plus légère atteinte.

3. L'application des paroles symboliques.

Pour décrire ce même assemblage de tous les dons célestes et cette originelle intégrité de la Vierge, de laquelle est né Jésus, les mêmes Pères, empruntant les paroles des prophètes, ont célébré cette auguste Vierge, comme la colombe pure, comme la sainte Jérusalem, comme le trône élevé de Dieu, l'arche de la sanctification et la demeure que s'est bâtie l'éternelle Sagesse ; comme la Reine qui, comblée des plus riches trésors et appuyée sur son bien-aimé, est sortie de la bouche du Très‑Haut, parfaite, éclatante de beauté, entièrement agréable à Dieu, sans aucune tache, sans aucune flétrissure.

4. L'interprétation de la salutation

De l'archange Gabriel et d'Elisabeth.

Ce n'est pas tout, les mêmes Pères, les mêmes écrivains ecclésiastiques ont médité profondément les paroles que l'ange Gabriel adressa à la Vierge Bienheureuse lorsque, lui annonçant qu'elle aurait l'honneur insigne d'être la Mère de Dieu, il la nomma « Pleine de grâces » (Lc I, 28), et considérant ces paroles prononcées au nom de Dieu même et par son ordre, ils ont enseigné que par cette solennelle salutation, salutation singulière et inouïe jusque‑là, la Mère de Dieu nous était montrée comme le siège de toutes les grâces divines, comme ornée de toutes les faveurs de l'Esprit divin, bien plus, comme un trésor presque infini de ces mêmes faveurs, comme un abîme de grâce et un abîme sans fond, de telle sorte qu'elle n'avait jamais été soumise à la malédiction, mais avait partagé avec son Fils la perpétuelle bénédiction qu'elle avait méritée d'entendre de la bouche d'Elisabeth, inspirée par l'Esprit-Saint‑ : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. » (Lc I, 42) [17]

5. L'antithèse de la première

et de la seconde l’Ève.

De là ces pensées, exprimées aussi unanimement qu'éloquemment par les mêmes Pères, que la très glorieuse Vierge, Celle en qui le Tout‑Puissant a fait de grandes choses, a été comblée d'une telle effusion de tous les dons célestes, d'une telle plénitude de grâces, d'un tel éclat de sainteté, qu'elle a été comme le miracle ineffable de Dieu, ou plutôt le chef‑d'œuvre de tous les miracles ; qu'elle a été la digne Mère de Dieu, qu'elle s'est approchée de Dieu même autant qu'il est permis à la nature créée, et qu'ainsi elle est au‑dessus de toutes les louanges, aussi bien de celles des anges, que de celles des hommes. C'est aussi pour cela, qu'afin d'établir l'innocence et la justice originelle de la Mère de Dieu, non seulement ils l'ont très souvent comparée avec Eve encore vierge, encore innocente, encore exempte de corruption, avant qu'elle eût été trompée par le piège mortel de l'astucieux serpent, mais, avec une admirable variété de pensées et de paroles, ils la lui ont même unanimement préférée. Eve, en effet, pour avoir misérablement obéi au serpent, perdit l'innocence originelle et devint son esclave ; mais la Vierge Bienheureuse, croissant toujours dans la grâce originelle, ne prêta jamais l'oreille au serpent, et ébranla profondément sa puissance et sa force par la vertu qu'elle avait reçue de Dieu.
Note de la Bulle
13] Célèbre entre toutes est la décision prise par la Sorbonne le 3 mars 1496. Par cette décision, elle décrétait que tous ceux qui se présentaient aux grades de l'Université devaient s'engager par serment à défendre l'Immaculée Conception de Marie. Ce à quoi elle tint rigoureusement dans la suite.

[14] Les circonstances historiques soulignent la valeur de cette interprétation de la pensée du Concile de Trente (1546). Le texte primitif sur l'universelle transmission du péché originel, sans correctif, aurait pu laisser des doutes sur la Conception Immaculée de Marie. Dans les débats qu'il occasionna, plus des deux tiers des membres de l'Assemblée, à commencer par son premier président, le cardinal del Monte, proposèrent différentes additions pour qu'il apparût bien qu'il n'y incluaient pas la Sainte Vierge. Le correctif adopté ne constitue pas néanmoins une définition par le biais : les Pères du Concile avaient déclaré qu'ils ne voulaient pas aborder ce problème.

[15] Ces lignes indiquent parfaitement le rôle de l'Eglise elle ne crée pas la Tradition, dans laquelle, comme dans l'Ecriture, sont contenues les vérités révélées par Dieu : « Elle n'y change jamais rien, n'en retranche jamais rien, n'y ajoute jamais rien. » Elle en donne le sens authentique dans des formules plus précises : « De manière que ces anciens dogmes de la céleste doctrine reçoivent l'évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre. »

[16] On n'en finirait pas de donner les multiples opinions des commentateurs sur le protévangile. Dégageons seulement l'idée générale qui importe ici : « La femme de la Genèse et son lignage désignent, à tout le moins principalement, Marie et son divin Fils, l'inimitié annoncée et voulue efficacement par Dieu se présente comme commune à l'un et à l'autre ; elle sera pour la Mère comme pour le Fils, complète, absolue. C'est là ce qui donne au plan de revanche divin toute sa signification et toute sa portée ; au groupe des vaincus, Adam et Eve, est substitué le groupe des vainqueurs, qui se compose aussi d'un homme et d'une femme. La première, Eve, repentante et relevée, a repris, il est vrai, les hostilités contre le serpent ; mais dans cette femme d'abord vaincue et n'ayant pas retrouvé l'innocence originelle, la revanche ne peut être que partielle et relative ; il n'y aura de revanche totale et absolue, que le jour où l'Eve primitive, celle qui sortit toute pure des mains du Créateur, revivra pour ainsi dire en une autre elle-même et se retrouvera près du nouvel Adam pour la lutte suprême. » (X.-M. LE BACHELET, Dict. de théol. cath., t. VII, col 859.)

A bien noter aussi la rédaction de la Bulle de Pie IX. Le texte « contient deux phrases nettement distinctes : une première, narrative, où l'on attribue aux Pères et aux écrivains ecclésiastiques le susdit enseignement, docuere (ils ont enseigné) ; une seconde déductive, quocirca (c'est pourquoi) où les Pères ne sont plus directement en scène ; ce sont les rédacteurs de la Bulle et Pie IX avec eux, qui, partant des enseignements des Pères comme fournissant le principe, tirent la conséquence et font l'application ». (LE BACHELET, art. cité, col. 860.)

[17] Avec le protévangile, la double salutation de Gabriel et d'Elisabeth est la seconde preuve de la Sainte Ecriture, apportée par les théologiens en faveur de l'Immaculée Conception. Mais, comme la première, elle vaut surtout par la Tradition qui l'a interprétée en ce sens. Autrement dit, cette double salutation ne suffirait-elle pas, à la considérer indépendamment, à prouver le privilège : mais elle le prouve si l'on tient compte de l'interprétation des Pères. Pour eux, Jésus et Marie sont unis dans la même bénédiction divine et la plénitude de grâce ne se trouve pas en Marie seulement au moment où elle devient Mère ; elle existe en elle depuis toujours comme condition préalable à sa maternité divine et à son rôle. Il est remarquable que la Bulle Ineffabilis présente ces deux textes, le protévangile et la salutation, dans la preuve de la Tradition, seule directement invoquée par Pie IX. « Dans la Bulle qui contient la définition du mystère, Pie IX n'insista pas sur les témoignages de l'Ecriture comme s'ils formaient un argument à part ; mais il les lie, si je puis parler ainsi, aux témoignages des Pères qui en ont déterminé le sens. » (MGR MALOU : l'Immaculée Conception, 1857, t. 1, p.246.)

[18] Référence à la parole de saint Augustin, qui après avoir rejeté les assertions de Pélage sur certains personnages qui auraient vécu absolument sans aucun péché, ajoute « exception faite pour la Sainte Vierge, dont je ne veux pas qu'il soit aucunement question quand il s'agit de péchés, et cela pour l'honneur du Seigneur : qu'elle ait, en effet, reçu une grâce surabondante pour remporter une victoire absolue sur le péché, nous le savons de ce qu'elle a mérité de concevoir et d'enfanter Celui qui fut incontestablement sans péché ». (De la nature et de la grâce. C. XXXVI, P. L., t. XLIV, col. 267.) Même si saint Augustin ne parle ici que des péchés personnels, il n'en affirme pas moins que Marie est exempte de tout péché, pour l'honneur du Seigneur et le péché originel en Marie ne porterait pas moins atteinte à l'honneur du Seigneur.

Re: Marie et le péché

par Fée Violine » jeu. 19 nov. 2009, 22:14

La Chartreuse a écrit :Pour le dogme de l'Immaculée Conception, Les Saintes Écritures parlent de ce privilège... les Saints-Pères aussi, toute la Tradition de la sainte Église.
Les Saintes Écritures ? Où ça ?
Quant à la Tradition de l'Église : non, justement, puisque st Thomas d'Aquin n'y croyait pas

Re: Marie et le péché

par La Chartreuse » jeu. 19 nov. 2009, 17:44

Bonjour Sofia, :)

Pour le dogme de l'Immaculée Conception, Les Saintes Écritures parlent de ce privilège... les Saints-Pères aussi, toute la Tradition de la sainte Église.

Par ce privilège unique, la Très Sainte Vierge n'avait aucun penchant pour le mal. Ce qui nous incline au mal, est le péché originel, quoiqu’effacé par le Baptême, nous gardons en nous la faiblesse et l'attrait pour le mal, se sont les conséquences du péché originel. Or la Vierge Marie ayant été préservée en prévision des mérites de son Divin Fils, n'avait en elle aucune trace de ces conséquences, elle était confirmée en grâce, c'est ce qu'expriment les paroles de l'Ange Gabriel: pleine de grâce..

La Très Sainte Vierge Marie était une créature libre, elle n'était pas un robot programmé de toute éternité, car si cela était, elle n'aurait pas pu acquérir aucun mérite ici-bas et ne pourrait aimer Dieu.

Mais, il faut comprendre ce qu'est la liberté. Aujourd'hui une très grave déformation philosophique et théologique sévit, selon cette déformation la liberté se situerait au niveau du choix qu'un individu peut faire entre le bien et le mal ou entre la vérité et l'erreur, or cela est faux la liberté consiste à choisir le bien, car le mal est une tyrannie et vient de l'esclavage du démon.

Dès que nos optons pour le mal ou l'erreur, nous cessons d'être libre et devenons des esclaves.

Amicalement

Re: Marie et le péché

par Sofia » mer. 18 nov. 2009, 18:11

Merci Fée Violine ! Grâce à vous et à saint Thomas d'Aquin, je suis une nulle un peu moins nulle ;-)

Cordialement,

P.S. : pour le tableau, j'ai lu comme Etrigan qu'il s'agissait d'une prostituée, peut-être morte noyée. Mais j'aime beaucoup cette représentation de la Vierge ; et je préfère ce tableau aux statues un peu "kitsh" où elle est excessivement souriante (ou au contraire très froide), colorée, avec une énorme couronne.

Re: Marie et le péché

par Etrigan » mer. 18 nov. 2009, 14:13

La composition est des plus surprenantes, reconnaissez-le ! mais elle est aussi humaine et loin des visions d'une Vierge déesse qui, finalement, peuvent aussi mettre mal à l'aise.

Re: Marie et le péché

par Fée Violine » mer. 18 nov. 2009, 0:51

La Bible, les Pères de l'Église... parlent-ils de l'Immaculée Conception (d'où sort ce dogme si vous préférez) ?
Je ne sais pas ce qu'ont dit les Pères, mais st Thomas d'Aquin en parle (Quodlibet 6, question 5, article 1):

<Article 1 [7]> Premièrement : il semble qu’il soit permis de célébrer la conception de Notre Dame.

Si ce n’est pas permis, ce ne peut être que parce qu’elle a été conçue dans le péché originel. Or, elle n’a pas été conçue dans le péché originel, semble-t-il, car la bienheureuse Vierge est devenue d’une manière spéciale la demeure de Dieu (Ep 2, 22). Elle devait donc être préparée à cela d’une manière spéciale. Or, elle n’a pas été préparée d’une manière spéciale selon son corps, qui a été conçu par l’union sexuelle, ni selon son âme, car on lit que d’autres saints aussi ont été sanctifiés in utero. Il reste donc qu’elle a été préparée d’une manière spéciale par la préservation du péché originel. Et ainsi il est permis de célébrer sa conception.

Cependant, il est dit que le Christ seul a eu le privilège d’être conçu sans le péché originel. Cela ne convient donc pas à la bienheureuse Vierge, et ainsi sa conception ne doit pas être célébrée.

Réponse. Ici sont présentées deux questions : l’une principale et l’autre accessoire, à savoir : la bienheureuse Vierge a-t-elle été conçue avec [le péché] originel, [question] qu’il faut d’abord trancher ? [La question accessoire porte sur la célébration particulière de la conception de la Vierge.]
Il faut donc considérer que chacun contracte le péché originel par le fait même d’avoir été en Adam selon une raison séminale. Or, tous ceux-là sont en Adam selon une raison séminale qui, non seulement ont reçu leur chair de lui, mais ont aussi été produits selon le mode naturel d’origine. Or, la bienheureuse Vierge est ainsi venue d’Adam, car elle est née de l’union sexuelle comme les autres. Et ainsi, elle a été conçue avec le péché originel et elle fait partie de l’ensemble de ceux dont Paul dit, dans Rm 5, 12 : En qui tous ont péché, ensemble auquel seul le Christ fait exception, lui qui n’était pas en Adam selon une raison séminale. Autrement, si cela convenait à un autre qu’au Christ, elle n’aurait pas besoin de la rédemption du Christ. Et ainsi nous ne devons pas accorder à la mère ce qui est soustrait à l’honneur du Fils, qui est le sauveur de tous les hommes, comme le dit l’Apôtre, 1 Tm 4, 10.
Mais même si la bienheureuse Vierge a été conçue dans [le péché] originel, on croit cependant qu’elle a été sanctifiée dans le sein avant de naître, et ainsi, à propos de la célébration de sa conception, des coutumes diverses se sont développées dans les Églises. Car l’Église romaine et plusieurs autres, estimant que la conception de la Vierge s’est réalisée dans le péché originel, ne célèbrent pas la fête de sa conception. Mais certaines, prenant en compte sa sanctification dans le sein, dont le moment est inconnu, célèbrent sa conception. En effet, on a cru qu’aussitôt après la conception et l’infusion de l’âme, elle a été sanctifiée. C’est pourquoi cette célébration ne doit pas être mise en rapport avec la conception en raison de la conception, mais plutôt en raison de la sanctification.
Ainsi donc, la conception mentionnée ne doit pas être célébrée parce que [la bienheureuse Vierge] a été conçue sans le péché originel. En effet, on n’écarte pas par là qu’elle ait été préparée d’une manière plus particulière que d’autres, du fait que, par sa sanctification même, «elle a reçu le don de la grâce plus abondamment que les autres, non seulement afin d’être purifiée du péché originel, mais afin que toute sa vie soit rendue exempte de tout péché tant mortel que véniel», comme le dit Anselme.

Re: Marie et le péché

par coeurderoy » mar. 17 nov. 2009, 21:39

Bonsoir,
je ne me souviens plus si effectivement une prostituée servit de modèle, si cela est vrai...je trouve cela très beau : j'aime beaucoup les représentations de Marie, au pied de la croix, soutenue par Marie Madeleine par exemple. La douleur de Marie Madeleine (ici au premier plan) est un beau sujet de méditation. Marie était bien de notre race et ce type de toile réaliste est aussi profondément humaniste en restant absolument chrétienne. Que des artistes aient réussi à se passer des codes iconographiques venus de Byzance ne me choque pas : j'ai beaucoup plus de mal à accepter certaines icônes raidies où la sainte Vierge est très mal-aimable malgré les ors ou le nimbe.
Enfin n'oublions pas que, si nous connaissons ces oeuvres dont les reproductions ont été multipliées, elles ne choquèrent à l'époque que le petit public très restreint qui put les découvrir, et les Italiens avaient tendance à penser que le bon goût et les règles en matière d'Art gravitaient forcément autour de la Péninsule. Ceci dit je peux comprendre que le caractère prosaïque, presque banal de la scène ait de quoi choquer des âmes attendant une Madone plus conventionnelle.

Re: Marie et le péché

par Etrigan » mar. 17 nov. 2009, 14:48

Vous dites des choses vraies mais vous ne savez peut-être pas que ce fut une prostituée qui servit de modèle sur le tableau et qu'on ne repère aucun signe de sainteté autour de Marie et donc un profond désespoir comme si cette mort était définitive. Raisons qui poussèrent l'Eglise à demander au Caravage de garder sa peinture avec lui !

Re: Marie et le péché

par pajaro » lun. 16 nov. 2009, 14:01

Coeurderoy, vous résumez en quelques mots, comment devait être Marie à l'heure de sa mort, et vos paroles soulignent parfaitement l'humilité de cette sainte femme. La dévotion à la Sainte Vierge doit toujours nous rappeler dans nos mémoires, que c'est la femme qui incarne, la bonté, l'humilité et la discrétion.

Re: Marie et le péché

par coeurderoy » dim. 15 nov. 2009, 23:24

Oui, parce que Marie avait les pieds sales, que sa peau était bronzée : la piété baroque des abbés amateurs d'opéras à l'italienne préférait des madones éthérées, roses et bleues, fades et rassurantes mais je pense qu'au pied du Calvaire le visage de Marie devait être poussiéreux, ravagé par les larmes et que ses pieds n'étaient pas ceux d'une soubrette d'opéra ! J'aime beaucoup le Caravage...

(Moi c'est le goût New-Age ou TJ des Christs douceâtres asexués et dégoulinants qu'une certaine piété douteuse nous impose qui me choque...sans parler de Marie qui plane à des années-lumière dans des gloires d'un kitsch très...gay !)

Re: Marie et le péché

par Etrigan » dim. 15 nov. 2009, 21:34

Tableau qui choqua l'Eglise.

Re: Marie et le péché

par Sofia » dim. 15 nov. 2009, 19:18

Merci.

Re: Marie et le péché

par coeurderoy » dim. 15 nov. 2009, 0:53

La mort étant conséquence du péché originel, le mot de dormition évoque une mort paisible, sans souffrances, c'est le terme traditionnel conservé par l'Eglise orthodoxe : dans la doctrine catholique l'Eglise enseigne que Marie fut préservée des conséquences corporelles de la mort (corruption) et fut élevée dans la Gloire Céleste corps et âme.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dormition

http://www.serviam.net/histoire/assompt2.html


Oui, elle fut "assumée" parce que sans péché.

L'encyclique de Pie XII ne précise pas cependant si a elle a connu la mort (mais son Fils l'ayant précédée sur cette voie, pourquoi sa Mère échapperait-elle au sort commun à la nature humaine ? ce n'est pas une déesse...)

La mort de la Vierge, Le Caravage, 1606
Image

Re: Marie et le péché

par Sofia » sam. 14 nov. 2009, 22:40

Ok. Merci Christophe.
Je me pose une autre question : la mort est entrée dans le monde à cause du péché originel. Or Marie en a été préservée; ainsi que des séquelles de ce péché. Donc pourquoi n'était-elle pas immortelle ?
Est-ce parce qu'elle est sans péché qu'elle a été "élevée au Ciel" (Assomption) ?
Peut-on dire ou non qu'elle est passée par la mort ?

Bien à vous,

Haut