Paul Victor a écrit :Virgile, je comprends très bien que pour certains, dont je respecte les opinions soyez-rassurés, la messe face aux fidèles peut-être discutable mais je constate que leurs SS Jean-Paul II célébrait et Benoit XVI, célèbre face aux fidèles, ma mémoire me fait défaut pour Paul VI et Jean-Paul Ier, devons-nous discuter de la manière dont les Papes célèbrent et jeter l’anathème sur eux. Je ne le pense pas.
????
Cher Paul Victor,
... non seulement à Saint-Pierre, mais aussi dans la basilique patriarcale de Sainte-Marie Majeure, à Saint-Jean de Latran, à Saint-Paul hors-les Murs, l'autel est orienté de telle façon que la messe soit dite face au peuple.
Cela fait près de quatre siècle que les papes successifs disent la messe de cette façon... face au peuple.
La question n'est donc pas là.
Des motifs discutables, pastoraux et... idéologiques, n'est-ce pas, ont été à l'origine de l'attitude de certains à vouloir imposer de façon arbitraire, brutale et inconditionnelle une pratique qui a l'immense désavantage d'être ce que vous pourrez lire à la fin de ce message. Cette pratique "obligatoire" a été imposée à une époque précise et dans un contexte précis.
De cela, il serait impossible de discuter?
Les initiateurs de cette pratique "obligatoire" sont des gens dont il faudrait peut-être rappeler qui ils sont exactement (un autre fil, pourquoi pas?)... les catholiques ont la mémoire bien courte!
Mais peut-être ne faudrait-il pas rappeler ce qui c'est passé, et surtout comment?
Pourtant, en y réfléchissant, ce serait certainement une bonne idée: les jeunes chrétiens très sérieux d'aujourd'hui seraient sans doute effarés, choqués, révoltés ou scandalisés même de lire ce que l'on osait écrire dans les années 60 dans un certain nombre de revues, de livres et d'imprimés sur ce genre de question; au moins auraient-ils une plus claire vision de la raison pour laquelle ils vivent leur foi dans une "Eglise sans prêtres"...
Et il faudrait se garder d'en rien dire?
Bref...
Le fait est que la quasi-totalité des catholiques pensent que cette pratique est la "seule possible", voire la "seule autorisée"... et ne font jamais preuve, ou guère, d'une quelconque ouverture d'esprit sur la question - bien au contraire!
Encore aujourd'hui, vouloir entreprendre d'en faire un objet de débat, de critique, ou de questionnement revient la plupart du temps à se faire... anathémiser - le mot est encore assez faible!
Et il faudrait donc trouver cela normal et se taire?
Pourtant, dans le Concile Vatican - inutile de chercher - on y trouve nulle part la moindre allusion au fait que l'on doive absoluement célébrer la messe exclusivement face au peuple.
Pourtant, il suffit d'ouvrir le Missale Romanum de 2002, et de prendre la peine d'en lire la rubrique numéro 124... pour se rendre compte que les choses ne sont pas aussi simples que cela...
Pourtant, on peut ouvrir tous les éditions successives du missel romain, y compris l'editio typica tertia de 2002, pour s'apercevoir que nulle part n'est mentionné qu'il faille absolument, impérativement, uniquement et seulement dire la messe face au peuple.
Pourtant, le pape actuel a une position très nette et sans ambiguïté sur cette question.
La connaissez-vous?
Par un hasard extraordinaire, elle est identique à la mienne!
La messe "face au peuple" est bien une option: elle est discutable dans ses présupposés idéologiques et dans la conception de la liturgie, de l'homme, de la messe qu'elle sous-entend... on peut très bien en discuter.
Il faut en discuter.
Elle peut très bien, évidemment, être discutée - pourquoi ne pourrait-elle pas l'être?
Ce serait bien curieux de ne pouvoir le faire... pourquoi ne pourrait-on le faire?
Que craignent donc tant ceux qui s'oppose à toute forme de dialogue sur la question?
Il y aurait donc les choses que l'on faisait "avant" et qui sont "interdites"... puis une rupture complète et "salutaire" avec tout cela, et puis un "après" où il faudrait faire "autre chose" d'indiscutablement "bien mieux"...
c'est tout de même extrêmement curieux que la messe "dos au peuple" ait disparu de nos églises: pour quelles curieuses raisons?
Du Cardinal Ratzinger, dans
L'esprit de la liturgie, à la page 65, souligné par mes soins:
Après le Concile, qui lui-même ne mentionne pas de "se tourner vers le peuple", on disposa partout de nouveaux autels, tant et si bien que l'orientation de la célébration "versus populum" parait être aujourd'hui la conséquence du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II. En fait l'orientation "versus populum" est l'effet le plus visible d'une transformation qui ne touche pas seulement l'aménagement extérieur de l'espace liturgique, mais implique une conception nouvelle de l'essence de la liturgie : la célébration d'un repas en commun. Cette notion résulte non seulement d'une fausse interprétation du sens de la basilique romaine et de la disposition de son autel, mais aussi d'une compréhension pour le moins approximative de ce que fut la sainte Cène".
C'est sur ces bases, et sur elles seules, qu'il convient d'ouvrir toute discussion sur le sujet de l'orientation de l'autel. Et à chaque fois rappeler que s'exprimer favorablement sur cette très surprenante nouveauté que constitue la "messe face eu peuple", c'est également prendre le parti d'une "opinion", discutable, qu'il faut par conséquent tout de même étayer par des arguments précis et recevables.
Ou alors ne rien écrire du tout à ce sujet.
Amicalement.
Virgile.
[quote="Paul Victor"]Virgile, je comprends très bien que pour certains, dont je respecte les opinions soyez-rassurés, la messe face aux fidèles peut-être discutable mais je constate que leurs SS Jean-Paul II célébrait et Benoit XVI, célèbre face aux fidèles, ma mémoire me fait défaut pour Paul VI et Jean-Paul Ier, devons-nous discuter de la manière dont les Papes célèbrent et jeter l’anathème sur eux. Je ne le pense pas.[/quote]
????
Cher Paul Victor,
... non seulement à Saint-Pierre, mais aussi dans la basilique patriarcale de Sainte-Marie Majeure, à Saint-Jean de Latran, à Saint-Paul hors-les Murs, l'autel est orienté de telle façon que la messe soit dite face au peuple.
Cela fait près de quatre siècle que les papes successifs disent la messe de cette façon... face au peuple.
La question n'est donc pas là.
Des motifs discutables, pastoraux et... idéologiques, n'est-ce pas, ont été à l'origine de l'attitude de certains à vouloir imposer de façon arbitraire, brutale et inconditionnelle une pratique qui a l'immense désavantage d'être ce que vous pourrez lire à la fin de ce message. Cette pratique "obligatoire" a été imposée à une époque précise et dans un contexte précis.
De cela, il serait impossible de discuter?
Les initiateurs de cette pratique "obligatoire" sont des gens dont il faudrait peut-être rappeler qui ils sont exactement (un autre fil, pourquoi pas?)... les catholiques ont la mémoire bien courte!
Mais peut-être ne faudrait-il pas rappeler ce qui c'est passé, et surtout comment?
Pourtant, en y réfléchissant, ce serait certainement une bonne idée: les jeunes chrétiens très sérieux d'aujourd'hui seraient sans doute effarés, choqués, révoltés ou scandalisés même de lire ce que l'on osait écrire dans les années 60 dans un certain nombre de revues, de livres et d'imprimés sur ce genre de question; au moins auraient-ils une plus claire vision de la raison pour laquelle ils vivent leur foi dans une "Eglise sans prêtres"...
Et il faudrait se garder d'en rien dire?
Bref...
Le fait est que la quasi-totalité des catholiques pensent que cette pratique est la "seule possible", voire la "seule autorisée"... et ne font jamais preuve, ou guère, d'une quelconque ouverture d'esprit sur la question - bien au contraire!
Encore aujourd'hui, vouloir entreprendre d'en faire un objet de débat, de critique, ou de questionnement revient la plupart du temps à se faire... anathémiser - le mot est encore assez faible!
Et il faudrait donc trouver cela normal et se taire?
Pourtant, dans le Concile Vatican - inutile de chercher - on y trouve nulle part la moindre allusion au fait que l'on doive absoluement célébrer la messe exclusivement face au peuple.
Pourtant, il suffit d'ouvrir le Missale Romanum de 2002, et de prendre la peine d'en lire la rubrique numéro 124... pour se rendre compte que les choses ne sont pas aussi simples que cela...
Pourtant, on peut ouvrir tous les éditions successives du missel romain, y compris l'editio typica tertia de 2002, pour s'apercevoir que nulle part n'est mentionné qu'il faille absolument, impérativement, uniquement et seulement dire la messe face au peuple.
Pourtant, le pape actuel a une position très nette et sans ambiguïté sur cette question.
La connaissez-vous?
Par un hasard extraordinaire, elle est identique à la mienne!
La messe "face au peuple" est bien une option: elle est discutable dans ses présupposés idéologiques et dans la conception de la liturgie, de l'homme, de la messe qu'elle sous-entend... on peut très bien en discuter.
Il faut en discuter.
Elle peut très bien, évidemment, être discutée - pourquoi ne pourrait-elle pas l'être?
Ce serait bien curieux de ne pouvoir le faire... pourquoi ne pourrait-on le faire?
Que craignent donc tant ceux qui s'oppose à toute forme de dialogue sur la question?
Il y aurait donc les choses que l'on faisait "avant" et qui sont "interdites"... puis une rupture complète et "salutaire" avec tout cela, et puis un "après" où il faudrait faire "autre chose" d'indiscutablement "bien mieux"...
c'est tout de même extrêmement curieux que la messe "dos au peuple" ait disparu de nos églises: pour quelles curieuses raisons?
Du Cardinal Ratzinger, dans [u]L'esprit de la liturgie[/u], à la page 65, souligné par mes soins:
[quote]Après le Concile, qui lui-même ne mentionne pas de "se tourner vers le peuple", on disposa partout de nouveaux autels, tant et si bien que l'orientation de la célébration "versus populum" parait être aujourd'hui la conséquence du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II. En fait [b]l'orientation "versus populum"[/b] est l'effet le plus visible d'une transformation qui ne touche pas seulement l'aménagement extérieur de l'espace liturgique, mais [b]implique une [u]conception nouvelle[/u] de l'essence de la liturgie [/b]: la célébration d'un repas en commun. [u]Cette notion [b]résulte[/b] non seulement [b]d'une fausse interprétation du sens de la basilique romaine[/b] et de la disposition de son autel, mais aussi [b]d'une compréhension pour le moins approximative de ce que fut la sainte Cène[/b][/u]".[/quote]
C'est sur ces bases, et sur elles seules, qu'il convient d'ouvrir toute discussion sur le sujet de l'orientation de l'autel. Et à chaque fois rappeler que s'exprimer favorablement sur cette très surprenante nouveauté que constitue la "messe face eu peuple", c'est également prendre le parti d'une "opinion", discutable, qu'il faut par conséquent tout de même étayer par des arguments précis et recevables.
Ou alors ne rien écrire du tout à ce sujet.
Amicalement.
Virgile.