Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

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Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par Pierre-Antoine » lun. 22 févr. 2010, 8:54

philémon.siclone a écrit :Mais défendons hardiment notre religion !
Plus le temps passe et plus je vous lis, moins j'arrive à vous suivre.

Là encore, il me semble que vous passez à côté :

Vivons hardiment notre religion, aurait été beaucoup plus judicieux comme exhortation.

Car comment transmettre ce que nous ne vivons pas d'abord ? Comment défendre ce que nous ne vivons pas nous-même ?

Pour le reste remettons nous au psalmiste :
Psaume 90 a écrit :1Quand je me tiens sous l'abri du Très-Haut
et repose à l'ombre du Puissant,
2je dis au Seigneur : « Mon refuge,
mon rempart, mon Dieu, dont je suis sûr ! »

3C'est lui qui te sauve des filets du chasseur
et de la peste maléfique ; *
4il te couvre et te protège.
Tu trouves sous son aile un refuge :
sa fidélité est une armure, un bouclier.

5Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit,
ni la flèche qui vole au grand jour,
6ni la peste qui rôde dans le noir,
ni le fléau qui frappe à midi.

7Qu'il en tombe mille à tes côtés, +
qu'il en tombe dix mille à ta droite, *
toi, tu restes hors d'atteinte.

8Il suffit que tu ouvres les yeux,
tu verras le salaire du méchant.
9Oui, le Seigneur est ton refuge ;
tu as fait du Très-Haut ta forteresse.
10Le malheur ne pourra te toucher,
ni le danger, approcher de ta demeure :
11il donne mission à ses anges
de te garder sur tous tes chemins.

12Ils te porteront sur leurs mains
pour que ton pied ne heurte les pierres ;
13tu marcheras sur la vipère et le scorpion,
tu écraseras le lion et le Dragon.

14« Puisqu'il s'attache à moi, je le délivre ;
je le défends, car il connaît mon nom.
15Il m'appelle, et moi, je lui réponds ;
je suis avec lui dans son épreuve.

« Je veux le libérer, le glorifier ; +
16de longs jours, je veux le rassasier, *
et je ferai qu'il voie mon salut. »]

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par philémon.siclone » dim. 21 févr. 2010, 21:53

Vous ne trouvez pas, Laurent, que face à cette déferlante "évangélique", les catholiques feraient bien d'être mieux armés, théologiquement. Quand on voit la catéchèse assez médiocre qu'on nous sert, le catéchisme inexistant (qui se résume à un vague sentimentalisme béat), l'enseignement traditionnel de l'Eglise jamais transmis au profit d'un moralisme plein de compromissions, on ne peut que convenir que nos prélats se soucient assez peu de donner des bases solides aux fidèles. Ne serait-ce que face à l'Islam, c'est extrêmement inquiétant. Car les musulmans, ils ont leurs arguments prêts à être dégainés quand ils discutent de religion. Même ceux qui ont un modeste bagage intellectuel. Les catholiques, souvent, ne savent rien de leur religion ! Et sont donc bien incapables de la défendre face un musulman ou un évangélique. Rien que pour cette raison, Golias mériterait d'être anathématisé et condamné publiquement. Ces gens nous mettent en danger !

Sinon, le mouvement évangélique est, je crois, semblable à tout ce qui précède dans l'histoire du protestantisme. Cela ne repose sur rien. La feuille emportée par le vent finit par retomber. Donc, pas d'alarmes. Mais défendons hardiment notre religion ! Seulement, on nous y encourage guère. Je ne sais plus quel évêque s'est déclaré, récemment, prêt à se soumettre à l'Islam. Je caricature, mais ça revenait quasiment à ça. Vous qui suivez ce site, Laurent, ça doit vous dire quelque chose, j'imagine. Je trouve vraiment consternant ces évêques qui ont la charge du troupeau, mais sont prêts à le livrer clef en main à la loi mahométane. Vous ne trouvez pas que la parabole du faux pasteur prend tout son sens, actuellement ?

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par Laurent L. » dim. 21 févr. 2010, 21:38

D'autre part, le protestantisme est en mutation depuis quelques temps, avec l'essor considérable de la mouvance évangélique au détriment des communautés ecclésiales "traditionnelles", si je puis dire. Les évangéliques sont plus proches de nous sur des questions d'ordre moral mais ils vomissent l'œcuménisme. Nous sommes des idolâtres à convertir.
Pour ma part, je crois que l'œcuménisme a du bon s'il ne vise pas le syncrétisme à l'anglicane : une soi-disant communion dont certains membres ont des croyances radicalement opposées. C'est ainsi que récemment, les reliques de Sainte Thérèse ont été exposées dans une cathédrale anglicane. La tendance "high church" était d'accord mais la tendance "low church" a crié à l'idolâtrie.

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par philémon.siclone » dim. 21 févr. 2010, 21:37

archi a écrit :Ce n'était pas cela, le vrai esprit du Concile, je pense...
J'espère...

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par archi » dim. 21 févr. 2010, 21:30

philémon.siclone a écrit :
le gyrovague a écrit :Cher Philémon. siclone,

En réaction à votre brève mais profonde pensée ! :rire: , je souhaite préciser la mienne en reconnaissant avec vous que "l'apport" du protestantisme au catholicisme me semble relativement limité et qu'à mieux y réfléchir le seul véritable apport qui à eu "d'heureuses conséquences" pour l'Eglise catholique fut de redécouvrir au contact du protestantisme, la richesse infinie de l'ancien testament qui n'était plus enseigné aux fidèles depuis maintes générations (d'après des témoignages directs de membres catholiques de ma famille nés dans les années 1920-1930).
On aurait peut-être pu se dispenser de ce retour en arrière. Les Pères de l'Église interprétaient l'Ancien Testament à la lumière du Nouveau. Et les leçons à tirer de l'Ancien étaient contenues en substance dans l'enseignement du Nouveau. C'était le fruit de la Tradition. Mais les protestants, en révolte contre l'Eglise, ne reconnaissaient plus la Tradition. Ils retournèrent donc à l'Ancien (...)
C'est un peu plus compliqué que ça. La "Lectio Divina", la connaissance et la méditation des Ecritures par tout croyant - Ecritures qui comprennent l'Ancien ET le Nouveau - est une des bases de la Tradition patristique, celle de l'Eglise indivise, qui a été conservée en Orient. Ce n'est pas l'apanage des protestants. Et il faut bien reconnaître que cette notion s'était largement perdue chez nous, au point qu'à l'époque de l'apparition de l'imprimerie et de la Réforme, certaines décisions canoniques ont pu vouloir interdire frileusement la lecture des Ecritures par les croyants.

Je ne sais pas si le retour à l'Ecriture s'est fait grâce aux protestants ou sans eux. Mais il était certainement nécessaire. On peut seulement regretter qu'en guise de retour aux Ecritures et d'enrichissement du lectionnaire, le nouvel ordo nous propose des textes censurés des passages gênants et des traductions souvent édulcorées. Ce n'était pas cela, le vrai esprit du Concile, je pense...

In Xto,
archi.

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par philémon.siclone » dim. 21 févr. 2010, 21:04

le gyrovague a écrit :Cher Philémon. siclone,

En réaction à votre brève mais profonde pensée ! :rire: , je souhaite préciser la mienne en reconnaissant avec vous que "l'apport" du protestantisme au catholicisme me semble relativement limité et qu'à mieux y réfléchir le seul véritable apport qui à eu "d'heureuses conséquences" pour l'Eglise catholique fut de redécouvrir au contact du protestantisme, la richesse infinie de l'ancien testament qui n'était plus enseigné aux fidèles depuis maintes générations (d'après des témoignages directs de membres catholiques de ma famille nés dans les années 1920-1930).
On aurait peut-être pu se dispenser de ce retour en arrière. Les Pères de l'Église interprétaient l'Ancien Testament à la lumière du Nouveau. Et les leçons à tirer de l'Ancien étaient contenues en substance dans l'enseignement du Nouveau. C'était le fruit de la Tradition. Mais les protestants, en révolte contre l'Eglise, ne reconnaissaient plus la Tradition. Ils retournèrent donc à l'Ancien, reprenant au passage les noms hébraïques dont ils baptisèrent leurs enfants, avec une réception de la Loi assez semblable à celle des Pharisiens, où la Lettre prime sur l'Esprit. De là une catéchèse éclairée par le jugement personnel, origine de traditions humaines multiples et contradictoires. De là également une préférence pour les textes dit "originaux", fruits des traditions massorétiques, elles-mêmes héritières des traditions pharisiennes. Les protestants sont des judaïsants. Pourtant l'histoire de l'Eglise, à commencer par les troubles causés par le "parti de Jacques", nous mettent en garde contre les judaïsants, ceux qui veulent revenir à la Loi mosaïque. Il s'en fallait de peu, je pense, pour qu'ils ne rétablissent la circoncision et la viande cacher. Par ailleurs, leur adoration quasi idolâtrique du Livre, et de la Lettre qu'il contient, n'est pas sans rappeler le fanatisme pharisoïde.

Or qu'observe-t-on depuis Vatican II ? Délaissement du latin, au profit de l'hébreux :sonne: . Communautés nouvelles fondées par des protestants ralliés de fraîche date à l'Eglise :sonne: . Commission liturgique pour la rédaction du nouveau missel composée en partie de protestants même pas ralliés du tout à l'Eglise :sonne: . Et bien sûr retour en force d'une exégèse centrée sur l'Ancien Testament, comme si l'enseignement traditionnel de l'Eglise ne suffisait pas à éclairer les fidèles :sonne: .
En dehors de cet apport majeur, il faut bien reconnaître que l'imprégnation du protestantisme sur le catholicisme se révéla négatif pour l'Eglise catholique qui perdit à son contact le sens du sacré et de la belle liturgie, introduisit le doute et le relativisme concernant les dogmes, rendit "ringard" la dévotion à la Sainte-Vierge...

J'espère que ces quelques précisions de ma pensée raviront notre ami Philémon !!!
Je trouve qu'au lieu de perdre notre temps avec les protestants, qui sont dans l'hérésie, il faudrait le rappeler, on ferait mieux de se concentrer exclusivement sur les orthodoxes...

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par DavidB » dim. 21 févr. 2010, 20:50

Bien, je trouve que le patriarche nomme les difficultés, il affirme sa position et donne l'heure juste, sur sa position. Mais en même temps, l'implication qu'il fait de l'ensemble des Églises orthodoxe et la réaffirmation du désir de dialogue avec tous les chrétiens et du désir d'unité donne à espérer. Le désir et la volonté y sont. Le Seigneur ne saurait trahir une espérance qu'Il commande Lui-Même.

:)

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par Laurent L. » dim. 21 févr. 2010, 20:36

Merci nosiaréd! Ouh, ça chauffe. :-@ Il y a donc bien du grabuge chez les byzantins... Merci quand même au Patriarche œcuménique pour sa bienveillance.
Un extrait de cette encyclique :
Dans leur polémique, ces détracteurs de l’effort destiné à rétablir l’unité des chrétiens n’hésitent même pas à déformer la réalité pour tromper et soulever le peuple fidèle. Ainsi, ils taisent le fait que les dialogues théologiques sont menés par décision unanime de toutes les Églises orthodoxes, n’attaquant que le Patriarcat œcuménique. Ils font répandre de fausses rumeurs d’une union imminente entre catholiques romains et orthodoxes, alors qu’ils savent pertinemment que les divergences débattues dans le contexte du dialogue théologique en question sont encore nombreuses et que leur discussion prendra du temps ; alors qu’ils savent qu’il appartient aux synodes des Églises et non pas aux commissions des dialogues de décider de l’union. Ils prétendent que le Pape soumettra soi-disant les orthodoxes, car ceux-ci discutent avec les catholiques romains ! Ils taxent ceux qui mènent les dialogues d’« hérétiques » et de « traîtres » de l’orthodoxie, simplement et uniquement parce qu’ils discutent avec les hétérodoxes, en leur exposant la richesse et la vérité de notre foi orthodoxe. Ils dénigrent tout effort destiné à réconcilier les chrétiens divisés et à rétablir leur unité, le qualifiant d’« hérésie totale de l’œcuménisme » sans fournir aucune preuve que, dans ses contacts avec les non orthodoxes, l’Église orthodoxe ait nié les dogmes des conciles œcuméniques et des Pères de l’Église.

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par DavidB » dim. 21 févr. 2010, 18:35

En tout cas, voilà qui est très intéressant.

Voici le lien de la lettre synodale patriarcale de Constantinople, justement sur l'importance du dialogue pour l'unité des chrétiens, en date d'aujourd'hui même. :D

http://www.ec-patr.org/docdisplay.php?l ... 168&tla=fr

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par FMD » dim. 21 févr. 2010, 18:03

Bonjour,

Il me semble que le préalable à toute "réunification" de ce genre réside dans le rétablissement de la pleine communion entre les Églises orthodoxes chalcédoniennes et les Églises orthodoxes non-chalcédoniennes. On oublie un peu hâtivement que Coptes et Russes, par exemple, ne sont pas en pleine communion. Les différences séparant ces deux communions sont bien plus faibles que celles séparant orthodoxes et catholiques mais, pourtant, le chemin vers l'unité est encore long.

Une précision, tout de même :
Laurent L. a écrit :En matières de mœurs, le mariage des prêtres n'est pas un problème, en revanche, je ne crois pas que leur laxisme en matière de divorce soit accepté.
Le divorce n'est pas admis dans l'Église d’Orient. Il me semble tout au plus que l'évêque peut reconnaître, sous certaines conditions, que la grâce n'a pas été reçue/a disparu et tolérer ainsi de bénir un éventuel remariage. Cette bénédiction, limitée à deux remariages, relève d'une tolérance proportionnée à la faiblesse de la nature humaine et tire sa légitimité d'écrits patristiques. Je rappelle toutefois que cette règle était déjà en vigueur avant 1054, comme l'illustre l'affaire de la tétragamie de Léon VI le Sage, et ne dérangeait pas outre-mesure l'Église d'Occident.

En Christ,
Franck

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par philémon.siclone » sam. 20 févr. 2010, 23:10

le gyrovague a écrit : Depuis le concile "Vatican II" L'Eglise catholique s'est beaucoup rapprochée du Protestantisme entraînant d'heureuses conséquences
ouais bof...

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par Laurent L. » sam. 20 févr. 2010, 11:02

Il n'empêche que pour que les orthodoxes se rallient aux dogmes catholiques, il faut bien qu'on fasse un concile, de toute façon. Ne serait-ce que pour trouver une façon de les formuler qui convienne à l'esprit oriental. On est bien obligé de faire un geste, sinon ce n'est pas la peine de rêver d'unité. On ne peut quand même pas leur dire : messieurs les orthodoxes, voulez-vous bien enfin vous soumettre à l'autorité du pape, et accepter sans discuter la totalité des dogmes et des enseignements de la Sainte Église Catholique Apostolique & Romaine, Amen.
Mais tout ce que vous voulez sur la forme, tant que le fond reste ce qu'il est. Par définition, un dogme est valable toujours et partout. Il n'y a pas de dogme valable pour les uns et pas pour d'autres. Sinon, on tomberait dans le syncrétisme, et non plus l'œcuménisme ; et "l'unité" serait factice. On n'est pas chez les anglicans. Pas d'union dans la diversité des dogmes, ça n'a aucun sens.
Or, "l'orthodoxie" s'est construite sur la condamnation de "l'hérésie papiste". Il y a donc du grabuge chez les orientaux.

Bref, il faut surtout prier. Une petite image de rêve :
Image.

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par archi » sam. 20 févr. 2010, 10:37

Tiens, la traduction d'un document de travail de la commission mixte orthodoxe-catholique sur le sujet (trouvé via la lecture du Forum Catholique): http://orthodoxie.typepad.com/Fichiers_ ... enaire.pdf

Le site http://www.orthodoxie.com qui l'a mis en ligne précise ceci:
A la suite de sa mise en ligne, le Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens a publié un communiqué pour signaler que ce texte n'a ni "autorité", ni "caractère officiel", qu'il est "en train d'être examiné" et que ce document préparatoire consiste en "une liste de thèmes à étudier et à approfondir".


On voit tout de même bien apparaître l'idée que ce qui fait le Pape... c'est qu'il est sur le siège de Rome. Pas question de fantaisies du style Pape tournant (je ne parle pas des conditions de sa désignation où il est certain que les orientaux devraient être impliqués)... Pour ce qui est du rite, il est tout de même normal que l'Evêque de Rome célèbre normalement dans le rite romain, qui est précisément, à l'origine, celui de l'évêché de Rome :!: même si la juridiction universelle l'autorise déjà maintenant à célébrer dans tous les rites légitimes de la chrétienté.

Ensuite, les modalités de l'exercice de sa "primauté" sur les Eglises d'Orient... restent à ma connaissance à définir.

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par philémon.siclone » sam. 20 févr. 2010, 10:30

Laurent L. a écrit :
Philémon a écrit :je propose une alternance entre un pape oriental et un pape occidental, avec un changement de capitale et de rite à chaque alternance.
Je trouve votre idée farfelue, cher Philémon... Qu'entendez-vous par "changement de rite", vous parlez du rite du pape ou du rite de l'Église entière ? Il y a toujours eu, et il y a encore une multitude de rites vénérables dans l'Église catholique ; les chartreux, les milanais et les uniates ne sont pas des catholiques de seconde zone. Les rites sont liés à l'histoire et la culture des Églises locales et le Rite Romain n'est pas supérieur aux autres.
D'autre part, si toutes les Églises, au premier millénaire, reconnaissaient la primauté de l'Évêque de Rome sur les autres Églises, c'était aussi parce que Rome est le lieu du martyre des deux colonnes de l'Église, Saint Pierre et Saint Paul. (Le Roc a tout de même été crucifié sur la colline du Vatican !) Les orthodoxes sont très attachés à la Tradition, pas sûr qu'ils apprécieraient votre idée.
En revanche, on étendrait certainement le cardinalat aux orthodoxes (même en appelant ça autrement que "cardinalat" pour ne pas froisser les sensibilités), si d'aventure l'Unité était rétablie. Il y a des cardinaux uniates au Conclave, d'ailleurs.
Mmh... Je n'ai pas dû m'exprimer clairement. Je ne propose pas que l'Eglise toute entière, jusque dans le moindre de ses replis les plus secrets, se soumette tout à coup au rite romain, ou au rite orthodoxe. Je parlais uniquement du pape et de la cour pontificale. Si on alterne entre un pape occidental et un pape oriental. Maintenant, s'il faut que le pape reste à Rome, et que les orthodoxes sont d'accord, tant mieux. Mais il faut bien qu'on se mette d'accord.
Philémon a écrit : C'est complètement mon avis. Un tel événement ne pourrait aller sans un grand concile pour annuler 1000 ans de schisme (la moitié de la vie de l'Eglise, tout de même), s'accorder un pardon mutuel, annuler les anathèmes et excommunications diverses, et bien sûr définir un dogme commun.
Euh... Ça fait 45 ans que les anathèmes mutuels ont été levés ("communion imparfaite", Paul VI et Athénagoras, ça ne vous dit rien ? ;) ).
Quant au Dogme, vous m'effrayez quelque peu. Sous-entendriez-vous que les DOGMES du Purgatoire, de l'Immaculée Conception, de l'Infaillibilité Pontificale ou de l'Assomption seraient NÉGOCIABLES ? Explicités, certes. Négociables, :non: .
[+] Texte masqué
CEC a écrit :890 La mission du Magistère est liée au caractère définitif de l’alliance instaurée par Dieu dans le Christ avec son Peuple ; il doit le protéger des déviations et des défaillances, et lui garantir la possibilité objective de professer sans erreur la foi authentique. La charge pastorale du Magistère est ainsi ordonnée à veiller à ce que le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs du charisme d’infaillibilité en matière de foi et de mœurs. L’exercice de ce charisme peut revêtir plusieurs modalités :
891 " De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs (...). L’infaillibilité promise à l’Église réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son Magistère suprême en union avec le successeur de Pierre ", surtout dans un Concile Œcuménique (LG 25 ; cf. Vatican I : DS 3074). Lorsque par son Magistère suprême, l’Église propose quelque chose " à croire comme étant révélé par Dieu " (DV 10) et comme enseignement du Christ, " il faut adhérer dans l’obéissance de la foi à de telles définitions " (LG 25). Cette infaillibilité s’étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine (cf. LG 25).
Quant à l'Ecclésiologie, la manière de penser la foi, elle diffère en Orient, même chez les Uniates. Je pense comme vous que c'est sans doute une vraie richesse bien plus qu'une contrainte, même si cela est déroutant...
Il n'empêche que pour que les orthodoxes se rallient aux dogmes catholiques, il faut bien qu'on fasse un concile, de toute façon. Ne serait-ce que pour trouver une façon de les formuler qui convienne à l'esprit oriental. On est bien obligé de faire un geste, sinon ce n'est pas la peine de rêver d'unité. On ne peut quand même pas leur dire : messieurs les orthodoxes, voulez-vous bien enfin vous soumettre à l'autorité du pape, et accepter sans discuter la totalité des dogmes et des enseignements de la Sainte Église Catholique Apostolique & Romaine, Amen.

Re: Comment réaliser la "réunification" de l'Eglise

par Laurent L. » sam. 20 févr. 2010, 3:14

Philémon a écrit :je propose une alternance entre un pape oriental et un pape occidental, avec un changement de capitale et de rite à chaque alternance.
Je trouve votre idée farfelue, cher Philémon... Qu'entendez-vous par "changement de rite", vous parlez du rite du pape ou du rite de l'Église entière ? Il y a toujours eu, et il y a encore une multitude de rites vénérables dans l'Église catholique ; les chartreux, les milanais et les uniates ne sont pas des catholiques de seconde zone. Les rites sont liés à l'histoire et la culture des Églises locales et le Rite Romain n'est pas supérieur aux autres.
D'autre part, si toutes les Églises, au premier millénaire, reconnaissaient la primauté de l'Évêque de Rome sur les autres Églises, c'était aussi parce que Rome est le lieu du martyre des deux colonnes de l'Église, Saint Pierre et Saint Paul. (Le Roc a tout de même été crucifié sur la colline du Vatican !) Les orthodoxes sont très attachés à la Tradition, pas sûr qu'ils apprécieraient votre idée.
En revanche, on étendrait certainement le cardinalat aux orthodoxes (même en appelant ça autrement que "cardinalat" pour ne pas froisser les sensibilités), si d'aventure l'Unité était rétablie. Il y a des cardinaux uniates au Conclave, d'ailleurs.
Philémon a écrit : C'est complètement mon avis. Un tel événement ne pourrait aller sans un grand concile pour annuler 1000 ans de schisme (la moitié de la vie de l'Eglise, tout de même), s'accorder un pardon mutuel, annuler les anathèmes et excommunications diverses, et bien sûr définir un dogme commun.
Euh... Ça fait 45 ans que les anathèmes mutuels ont été levés ("communion imparfaite", Paul VI et Athénagoras, ça ne vous dit rien ? ;) ).
Quant au Dogme, vous m'effrayez quelque peu. Sous-entendriez-vous que les DOGMES du Purgatoire, de l'Immaculée Conception, de l'Infaillibilité Pontificale ou de l'Assomption seraient NÉGOCIABLES ? Explicités, certes. Négociables, :non: .
[+] Texte masqué
CEC a écrit :890 La mission du Magistère est liée au caractère définitif de l’alliance instaurée par Dieu dans le Christ avec son Peuple ; il doit le protéger des déviations et des défaillances, et lui garantir la possibilité objective de professer sans erreur la foi authentique. La charge pastorale du Magistère est ainsi ordonnée à veiller à ce que le Peuple de Dieu demeure dans la vérité qui libère. Pour accomplir ce service, le Christ a doté les pasteurs du charisme d’infaillibilité en matière de foi et de mœurs. L’exercice de ce charisme peut revêtir plusieurs modalités :
891 " De cette infaillibilité, le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit du fait même de sa charge quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs (...). L’infaillibilité promise à l’Église réside aussi dans le corps des évêques quand il exerce son Magistère suprême en union avec le successeur de Pierre ", surtout dans un Concile Œcuménique (LG 25 ; cf. Vatican I : DS 3074). Lorsque par son Magistère suprême, l’Église propose quelque chose " à croire comme étant révélé par Dieu " (DV 10) et comme enseignement du Christ, " il faut adhérer dans l’obéissance de la foi à de telles définitions " (LG 25). Cette infaillibilité s’étend aussi loin que le dépôt lui-même de la Révélation divine (cf. LG 25).
Quant à l'Ecclésiologie, la manière de penser la foi, elle diffère en Orient, même chez les Uniates. Je pense comme vous que c'est sans doute une vraie richesse bien plus qu'une contrainte, même si cela est déroutant...

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