Bonjour Nico !
- La messe dite en semaine est-elle une "réplique" de celle du dimanche ? Est-elle différente ? Si oui, en quoi ?
Sauf exceptions, la messe du dimanche est chantée (comme dans la vidéo que vous avez vue) tandis que la messe en semaine est lue. Il s'agit du même missel, mais c'est quand même différent du point de vue des fidèles, notamment au début de la messe :
* dans la messe chantée, les fidèles suivent le chant d'introït (avant le kyrie) tandis que le prêtre et le servant récitent les prières au bas de l'autel et récitent le Confitéor (je confesse à Dieu) l'un après l'autre, puis le prêtre lit l'introït, qui finit d'être chanté par la chorale.
* dans la messe lue, les prières sont dialoguées entre le prêtre et les fidèles (il est donc TRÈS utile d'avoir un missel ou à défaut l'ordinaire de la messe), qui peuvent se joindre au servant ; les prières au bas de l'autel et le Confitéor sont donc aussi récitées par les fidèles, à genoux.
En gros, la messe lue est bien plus austère que la messe chantée mais les fidèles accèdent davantage au rite, à un plus grand nombre de prières qui sont confinées dans le chœur pendant la messe chantée, qui est donc plus simple du point de vue des fidèles.
Quant aux lectures et prières propres de la messe en semaine, soit il y a une liturgie propre au temporal (pendant le carême, les octaves notamment), soit on fête un saint (textes et prières au sanctoral), soit on lit la messe du dimanche précédent (jour "de la férie"). (Il y a des histoires de classes, de priorité de telle fête sur telle autre, etc.)
Bref, consultez
l'ordo liturgique : à droite, la couleur blanche des ornements (chasuble, étole, manipule, etc.) signifie la résurrection, la joie et la pureté, le triomphe du christ et des saints ; on l'utilise, notamment, les dimanches et féries du temps pascal. Aujourd'hui, on fête la saint Justin, la couleur rouge des ornements symbolise le sang des martyrs. (Pour la Pentecôte, en revanche, le rouge symbolise le feu du Saint-Esprit)
Je vais essayer de vous expliquer le déroulement de la messe :
En rentrant dans l'église, on se signe après avoir trempé le majeur et l'index dans le bénitier pour chasser les démons, nous rappeler notre baptême et confirmer notre foi. On fait une génuflexion (genou droit par terre) en direction du tabernacle en signe d'adoration en arrivant à sa place.
Avant la messe dominicale, le prêtre procède à l'aspersion des fidèles revêtu de la chape (la chasuble est réservée à la messe) tandis que l'on chante le
Vidi Aquam pendant le temps pascal (et donc en ce moment) et l'
Asperges me le reste de l'année, nous sommes ainsi symboliquement lavés dans l'eau bénite, nous commémorons notre baptême.
Ensuite vient la messe, divisée en deux grandes parties : la messe des catéchumènes (ou liturgie eucharistique) et le Sacrifice proprement dit (ou messe des fidèles, ou liturgie eucharistique).
La messe commence par les prières au bas de l'autel (psaume
judica me et confiteor), qui est une préparation à la messe. (La chorale chante l'introït)
Puis le prêtre monte à l'autel, récite l'introït, on chante le kyrie (prière de supplication) et le gloria (chant de louange) pour préparer nos cœurs.
Ensuite, on écoute l'épître (du nouveau Testament, ou une lecture de l'AT en semaine, parfois), le graduel et l'alléluia ou le trait (chants de méditation) puis on se lève pour écouter l'Evangile. Ces instructions préparent notre foi. Enfin, on s'assoit pour entendre le sermon et on se lève pour proclamer notre foi (chant du credo : symbole de Nicée-Constantinople), on s'agenouille à "et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est" : "par le Saint-Esprit, Il a pris chair de la Vierge Marie et s'est fait homme.
Ensuite, c'est la messe des fidèles :
- l'offertoire : la préparation du Sacrifice : l'offrande du pain et du vin pour le sacrifice, les fidèles s'y associent par la quête et par l'offrande de nous-même. La chorale chante le chant d'offertoire. Enfin, le prêtre se tourne vers les fidèles et dit la prière "Orate fratres", à laquelle répond le servant et parfois les fidèles.
- la préface (debout) : dialogue avec le prêtre (Dominus vobiscum - et cum spiritu tuo - sursum corda - habemus ad dominum - gratias agamus Domino Deo nostro - dignum et justum est) qui souligne l'imminence et l'importance du Sacrifice puis le prêtre chante le chant d'action de grâces de la préface (commençant par "Vere dignum et justum est, æquum et salutare, nos tibi semper et ubique gratias agere, Domine sancte Pater, omnipotens æterne Deus." : "Il est vraiment juste et nécessaire, c'est notre devoir et c'est notre salut, de vous rendre grâces toujours et partout, Seigneur, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant.")
- l'acclamation du Sanctus (acclamation angélique lors de la Nativité du Sauveur : "Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu Sabbaoth (des Armées Célestes) ; le Ciel et la Terre sont emplis de votre gloire !" et acclamation d'Israël lors de l'entrée du Messie à Jérusalem : "Hosanna (cri de joie) au plus haut des Cieux, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des Cieux !", le servant sonne la clochette pour signifier l'union avec les Chœurs angéliques.
- le Canon (règle fixe), partie invariable et capitale de la messe, on s'agenouille en signe d'adoration : le Sacrifice du Christ est actualisé de manière non sanglante, le pain et le vin se transforment mystérieusement en le corps et le sang du Christ Ressuscité, pour être la nourriture de notre âme. Nous adorons le Christ réellement présent sous l'apparence du pain et du vin lors des élévations (on peut dire à voix basse : "Mon Seigneur et mon Dieu", tel St Thomas touchant les plaies du Christ ressuscité).
- la communion (participation au Sacrifice) : préparation avec le Pater, puis le prêtre récite le Libera nos, puis fractionne l'Hostie et laisse tomber une partie d'Hostie dans le calice, unissant ainsi le Corps et le Sang du Christ pour signifier la résurrection et la glorification du Christ.
- Agnus dei : nous demandons pardon à Jésus-Christ pour nos fautes, lui qui est le véritable Agneau immolé pour nos péchés.
- A genoux : communion du prêtre puis communion des fidèles : le prêtre se tourne vers nous pour nous montrer le Corps et le Sang du Christ et dit : "Ecce Agnus Dei, ecce qui tollit peccata mundi" : "voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui enlève les péchés du monde ; puis nous disons trois fois en nous frappant la poitrine avec le poing droit les paroles adaptées de celles du centurion à Jésus, modèle de foi : "Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea" : "Seigneur, je ne suis pas digne que vous entriez sous mon toit, mais dites seulement une parole et mon âme sera guérie".
-communion et action de grâces à genoux (à sa place)
- fin de la messe : oraison d'après la communion, ite missa est, bénédiction finale (à genoux) et dernier évangile. (Souvent, on chante l'antienne mariale du temps : en ce moment, c'est le Regina Cœli : "Regina Cœli, lætare, alleluia, quia quem merruisti portare, alleluia, resurrexit sicut dixit, alleluia, ora pro nobis Deum, alleluia".)
- Si elle est donnée,dois-je (puis-je ? je suis seulement baptisé) recevoir la communion (je n'aurais eu la possibilité de me confesser ni avant ni après la messe) ?
Non, le Sacrement de l'Eucharistie doit se préparer, afin de pouvoir en discerner la grandeur : aller parler à un prêtre (ou téléphonez), il vous dirigera vers un catéchisme pour adultes. C'est important ! Un chrétien ne doit pas se passer d'un si grand sacrement. On vous apprendra aussi à vous confesser comme il faut.
P.S. Si je peux me permettre, il serait préférable que vous alliez à une messe Saint Pie V qui soit licite (FSSP, ICRSP, IBP, paroisse "motu proprio"), la FSSPX n'étant toujours pas "en pleine communion"...