par archi » ven. 23 juil. 2010, 13:29
jeanbaptiste a écrit :C'est bien ce que je dis, ce qui est valable dans le contexte moderne ne l'était pas forcément hier et ne le sera pas forcément demain. Mais je n'ai pas eu cette impression en lisant DH, plutôt celle d'une volonté de poser un principe absolu.
Oui, sauf que vous répondez à côté.
Raistlin n'a pas dit que DH est un texte strictement "contextualisé". Il a rappelé, et il a eu raison de le faire, que DH s'inscrit dans la droite tradition de l'Église en rappelant que l'adhésion au Dieu vivant doit se faire sans contrainte, mais que le texte cherche aussi à répondre à des questions plus "actuelles".
Qu'est-ce que cela signifie ? Que si on lit le texte avec un peu de bonne volonté et en mettant ses préjugés de
côté on y lit la doctrine de l'Église multimillénaire. Point.
DH est valable aujourd'hui comme hier. Puisque ça n'est rien d'autre que la doctrine d'hier dite aujourd'hui.
Reprenons.
Le texte de DH reconnaît explicitement que la vraie religion "subsiste" dans l'Eglise catholique. Le "subsiste dans" a fait couler beaucoup d'encre, mais en l'interprétant comme le fait que l'Eglise a reçu le dépôt de la vraie religion, mais que des éléments de celle-ci peuvent aussi se trouver ailleurs, je ne vois pas de raison de m'y opposer.
Le texte de DH rappelle aussi que la foi requiert l'adhésion de la conscience, donc qu'elle ne doit pas être violée ou trompée par des moyens déloyaux. Rien à dire là-dessus.
Mais son objet premier, tel que déclaré dans son préambule, c'est bien la liberté religieuse (et pas seulement la liberté de conscience), c'est-à-dire, d'après ce qu'on lit dans le texte, des conditions juridiques qui font que toutes les religions doivent jouir de la liberté de culte et de propager leur doctrine. Ce qu'est une "religion"
n'est pas défini.
C'est, peu ou prou, la situation qui prévaut actuellement aux USA. C'est, dans une moindre mesure, la situation en France, bien que la liberté y soit plus limitée. Dans la situation actuelle, où le catholicisme est minoritaire, ce régime offre certainement des avantages. Mais il porte en lui un inconvénient majeur, qui est la relégation plus ou moins grande (selon la diversité religieuse qui règne) de la religion à la sphère privée, et la promotion d'une certaine indifférence dans le domaine public. En fin de compte, la "religion" qui finit par l'emporter dans ce système, c'est l'agnosticisme, du moins pratique comme aux USA quand ce n'est pas l'athéisme militant comme chez nous.
C'était aussi, aux débuts de l'Eglise, la situation qui prévalait dans l'Empire romain, pour la pléthore de cultes qui s'y mêlaient... à l'exception notable de la religion chrétienne, ce qui devrait mettre la puce à l'oreille.
Le fait est que la pensée des Pères, la vraie "doctrine d'hier" et de toujours, est très claire: le monde est sous l'emprise de Satan, et les cultes idolâtres sont des cultes adressés aux démons. La vie chrétienne est une lutte(relisez Saint Paul), le Christ a vaincu la mort et vaincu Satan, mais cette victoire ne sera consommée que lorsque ce monde sera passé. En attendant, l'Eglise est une Eglise militante, nous avons le devoir de lutter, certes sans utiliser les armes de l'adversaire que sont, entre autres, les procédés malhonnêtes dans le cadre de l'Evangélisation, d'autre part, la conversion forcée.
La doctrine de la liberté religieuse, si on veut en faire un principe général et pas seulement un moindre mal dans la situation actuelle, fait preuve d'un optimisme béat, où on suppose que tous les hommes peuvent "vivre-ensemble" quelle que soit leur religion (on voit bien maintenant les problèmes que pose l'islam!), et les religions dialoguer pacifiquement pour tenter chacune de convaincre de leur vérité. C'est toute la période post-conciliaire qui est impliquée là. On oublie complètement l'enseignement des Pères, le combat pour la Foi, aussi bien dans la perfection intérieure que dans l'Evangélisation. On oubli que Satan est l'ennemi de l'Eglise et que le terrain qu'on lui laisse, il l'utilisera pour attaquer et persécuter l'Eglise et réduire sa capacité à prêcher le Royaume.
Donc interpréter la liberté religieuse telle qu'exposée dans DH comme un moindre mal dans la situation actuelle... ça peut se tenir. Dire que c'est "la doctrine de toujours"... je ne vois vraiment pas comment.
In Xto,
archi.
[quote="jeanbaptiste"][quote]C'est bien ce que je dis, ce qui est valable dans le contexte moderne ne l'était pas forcément hier et ne le sera pas forcément demain. Mais je n'ai pas eu cette impression en lisant DH, plutôt celle d'une volonté de poser un principe absolu.[/quote]
Oui, sauf que vous répondez à côté.
Raistlin n'a pas dit que DH est un texte strictement "contextualisé". Il a rappelé, et il a eu raison de le faire, que DH s'inscrit dans la droite tradition de l'Église en rappelant que l'adhésion au Dieu vivant doit se faire sans contrainte, mais que le texte cherche aussi à répondre à des questions plus "actuelles".
Qu'est-ce que cela signifie ? Que si on lit le texte avec un peu de bonne volonté et en mettant ses préjugés de
côté on y lit la doctrine de l'Église multimillénaire. Point.
DH est valable aujourd'hui comme hier. Puisque ça n'est rien d'autre que la doctrine d'hier dite aujourd'hui.[/quote]
Reprenons.
Le texte de DH reconnaît explicitement que la vraie religion "subsiste" dans l'Eglise catholique. Le "subsiste dans" a fait couler beaucoup d'encre, mais en l'interprétant comme le fait que l'Eglise a reçu le dépôt de la vraie religion, mais que des éléments de celle-ci peuvent aussi se trouver ailleurs, je ne vois pas de raison de m'y opposer.
Le texte de DH rappelle aussi que la foi requiert l'adhésion de la conscience, donc qu'elle ne doit pas être violée ou trompée par des moyens déloyaux. Rien à dire là-dessus.
Mais son objet premier, tel que déclaré dans son préambule, c'est bien la liberté religieuse (et pas seulement la liberté de conscience), c'est-à-dire, d'après ce qu'on lit dans le texte, des conditions juridiques qui font que toutes les religions doivent jouir de la liberté de culte et de propager leur doctrine. Ce qu'est une "religion"
n'est pas défini.
C'est, peu ou prou, la situation qui prévaut actuellement aux USA. C'est, dans une moindre mesure, la situation en France, bien que la liberté y soit plus limitée. Dans la situation actuelle, où le catholicisme est minoritaire, ce régime offre certainement des avantages. Mais il porte en lui un inconvénient majeur, qui est la relégation plus ou moins grande (selon la diversité religieuse qui règne) de la religion à la sphère privée, et la promotion d'une certaine indifférence dans le domaine public. En fin de compte, la "religion" qui finit par l'emporter dans ce système, c'est l'agnosticisme, du moins pratique comme aux USA quand ce n'est pas l'athéisme militant comme chez nous.
C'était aussi, aux débuts de l'Eglise, la situation qui prévalait dans l'Empire romain, pour la pléthore de cultes qui s'y mêlaient... à l'exception notable de la religion chrétienne, ce qui devrait mettre la puce à l'oreille.
Le fait est que la pensée des Pères, la vraie "doctrine d'hier" et de toujours, est très claire: le monde est sous l'emprise de Satan, et les cultes idolâtres sont des cultes adressés aux démons. La vie chrétienne est une lutte(relisez Saint Paul), le Christ a vaincu la mort et vaincu Satan, mais cette victoire ne sera consommée que lorsque ce monde sera passé. En attendant, l'Eglise est une Eglise militante, nous avons le devoir de lutter, certes sans utiliser les armes de l'adversaire que sont, entre autres, les procédés malhonnêtes dans le cadre de l'Evangélisation, d'autre part, la conversion forcée.
La doctrine de la liberté religieuse, si on veut en faire un principe général et pas seulement un moindre mal dans la situation actuelle, fait preuve d'un optimisme béat, où on suppose que tous les hommes peuvent "vivre-ensemble" quelle que soit leur religion (on voit bien maintenant les problèmes que pose l'islam!), et les religions dialoguer pacifiquement pour tenter chacune de convaincre de leur vérité. C'est toute la période post-conciliaire qui est impliquée là. On oublie complètement l'enseignement des Pères, le combat pour la Foi, aussi bien dans la perfection intérieure que dans l'Evangélisation. On oubli que Satan est l'ennemi de l'Eglise et que le terrain qu'on lui laisse, il l'utilisera pour attaquer et persécuter l'Eglise et réduire sa capacité à prêcher le Royaume.
Donc interpréter la liberté religieuse telle qu'exposée dans DH comme un moindre mal dans la situation actuelle... ça peut se tenir. Dire que c'est "la doctrine de toujours"... je ne vois vraiment pas comment.
In Xto,
archi.