par jean_droit » lun. 27 févr. 2006, 10:58
L’Eglise en France
Si l’on veut agir pour le renouveau de l’Eglise de France il faut, bien sûr, en faire le diagnostic. Le sujet est délicat car on peut difficilement être impartial et, d’ailleurs, être impartial est peut-être être improductif.
Ce qu’il faut éviter c’est la langue de bois. Dire que tout va bien en sachant qu’il y a de belles zones d’ombre. Nos politiques ont passé leur temps à nous mener en bateau avec cet optimisme de façade, optimisme, d’ailleurs, que nous sollicitions. Comment ne pas se rappeler cette étude sur les retraites commandée par l’Etat à un éminent professeur et qui concluait qu’il n’y aurait pas de problème ….. si chaque année l’augmentation du PIB était de 3,5 % !
L’article de ZENIT, en début de cette entrée du forum, est conforme à ce état d’esprit. Circulez ! Tout va bien ! Il n’y a rien à dire !
Dans le même genre, le sermon de l’archevêque de Paris pour le 8 décembre qui expliquait très sérieusement que le Concile était le signe du renouveau de l’Eglise. Je me demande s’il y avait une seule personne qui vraiment croyait cette affirmation.
En sens inverse il y a la sinistrose qui s’est emparée de la France et qui fait que nous sommes complètement déboussolés, vivant, en bons gaulois, dans la peur que le ciel nous tombe sur la tête.
Je vais essayer de faire une description de l’état de l’Eglise de France à partir de mes constatations et de mes connaissances. C’est bien loin d’être exhaustif. Excusez moi ! A vous de m’aider à compléter et rectifier ce tableau !
Les clercs :
Le point le plus inquiétant dans la situation de l’Eglise de France c’est la diminution dramatique du nombre de prêtres et de sœurs. Je n’ai pas en tête les chiffres mais ils sont disponibles et l’on peut prévoir, ainsi, le futur.
Dans ma petite province du Périgord, dans le bourg qui est près de chez moi, il y a deux prêtres pour 15 paroisses. Conséquence : Dans mon village il y a une messe par mois.
Dans un autre bourg très proche, le curé, toujours actif, vit en maison de retraite à cause de son grand âge.
A Niort, chez ma belle sœur, on vient de « supprimer » les paroisses pour les remplacer par des « regroupements de paroisses ».
A Paris, le nombre de prêtres est relativement constant, au moins au niveau des prêtres diocésains. Le cardinal Lustiger a vraiment fait un très bon « travail » ! Grâce lui en soit rendu !
Pour ce qui est des ordres religieux masculins je suis peu au courant. Un certain nombre de signes me laissent penser que la diminution est importante. Par exemple la suppression de la bibliothèque des jésuites à Versailles ou la quasi disparition des prêtres enseignants.
L’augmentation du nombre de diacres est, par contre, une très bonne nouvelle même si le phénomène n’est, pour l’instant, pas très significatif.
Pour les ordres religieux féminins même constatation. La fermeture des maisons de religieuses en est la preuve.
Pour les ordres monastiques j’ai bien peur que l’âge moyen soit de plus en plus élevé. Un reportage de KTO sur des sœurs du Nord de la France le soulignait.
On en vient même à parler d’ordres qui vont disparaître.
En contre partie il y a des ordres nouveaux qui « font le plein » … relatif. Je pense aux frères et sœurs de la Fraternité de Jérusalem. J’ai vu sur KTO une messe où 2 ou 3 sœurs, un ou deux frères prononçaient leurs vœux. Joie ! Espérance !
L’état des vocations est tout, aussi, préoccupant. On a cité le cas de monseigneur Vingt-Trois qui était attristé par le fait que, dans son précédent évêché, il n’avait pas vu une seule vocation durant tout le temps qu’il y avait passé.
J’ai, aussi, le témoignage d’un séminariste du Nord qui me disait que les effectifs se réduisaient.
Par contre on parle de plus de 100 séminaristes à Paris. Un dépliant, disponible dans les églises, donne ce chiffre.
Les séminaires appartenant à des ordres ou des fraternités sont, peut être, un peu moins confrontés à la diminution des effectifs. Je pense, pour ce que je connais, à la fraternité Saint Martin, à ceux de la FSSP ou de la FSSPX … mais je n’en suis pas certain. Il se peut, aussi, que le recrutement augmente actuellement chez les jésuites.
Un autre phénomène peu connu est l’abandon de la prêtrise au bout de quelques années par un nombre significatif de jeunes prêtres. Le père Guy Gilbert en parle dans son dernier, et excellent, livre. Bien sûr on est loin de 8.000 prêtres, dit-on, qui sont partis durant les années noires de la période « soixante huitarde » mais tout de même.
Même chose chez les sœurs, confirmé dans une émission KTO.
Tout cela est extrêmement inquiétant et bien plus que l’on peut le penser.
Il me semble inutile d’en décrire les conséquences.
Il est vrai, optimisme béat, qu’un prêtre de Tunisie m’a dit, l’année dernière, que le manque de prêtres n’était pas un problème.
En finissant cette partie, je continue à dire : Courage ! N’ayons pas peur !
L’Eglise en France
Si l’on veut agir pour le renouveau de l’Eglise de France il faut, bien sûr, en faire le diagnostic. Le sujet est délicat car on peut difficilement être impartial et, d’ailleurs, être impartial est peut-être être improductif.
Ce qu’il faut éviter c’est la langue de bois. Dire que tout va bien en sachant qu’il y a de belles zones d’ombre. Nos politiques ont passé leur temps à nous mener en bateau avec cet optimisme de façade, optimisme, d’ailleurs, que nous sollicitions. Comment ne pas se rappeler cette étude sur les retraites commandée par l’Etat à un éminent professeur et qui concluait qu’il n’y aurait pas de problème ….. si chaque année l’augmentation du PIB était de 3,5 % !
L’article de ZENIT, en début de cette entrée du forum, est conforme à ce état d’esprit. Circulez ! Tout va bien ! Il n’y a rien à dire !
Dans le même genre, le sermon de l’archevêque de Paris pour le 8 décembre qui expliquait très sérieusement que le Concile était le signe du renouveau de l’Eglise. Je me demande s’il y avait une seule personne qui vraiment croyait cette affirmation.
En sens inverse il y a la sinistrose qui s’est emparée de la France et qui fait que nous sommes complètement déboussolés, vivant, en bons gaulois, dans la peur que le ciel nous tombe sur la tête.
Je vais essayer de faire une description de l’état de l’Eglise de France à partir de mes constatations et de mes connaissances. C’est bien loin d’être exhaustif. Excusez moi ! A vous de m’aider à compléter et rectifier ce tableau !
Les clercs :
Le point le plus inquiétant dans la situation de l’Eglise de France c’est la diminution dramatique du nombre de prêtres et de sœurs. Je n’ai pas en tête les chiffres mais ils sont disponibles et l’on peut prévoir, ainsi, le futur.
Dans ma petite province du Périgord, dans le bourg qui est près de chez moi, il y a deux prêtres pour 15 paroisses. Conséquence : Dans mon village il y a une messe par mois.
Dans un autre bourg très proche, le curé, toujours actif, vit en maison de retraite à cause de son grand âge.
A Niort, chez ma belle sœur, on vient de « supprimer » les paroisses pour les remplacer par des « regroupements de paroisses ».
A Paris, le nombre de prêtres est relativement constant, au moins au niveau des prêtres diocésains. Le cardinal Lustiger a vraiment fait un très bon « travail » ! Grâce lui en soit rendu !
Pour ce qui est des ordres religieux masculins je suis peu au courant. Un certain nombre de signes me laissent penser que la diminution est importante. Par exemple la suppression de la bibliothèque des jésuites à Versailles ou la quasi disparition des prêtres enseignants.
L’augmentation du nombre de diacres est, par contre, une très bonne nouvelle même si le phénomène n’est, pour l’instant, pas très significatif.
Pour les ordres religieux féminins même constatation. La fermeture des maisons de religieuses en est la preuve.
Pour les ordres monastiques j’ai bien peur que l’âge moyen soit de plus en plus élevé. Un reportage de KTO sur des sœurs du Nord de la France le soulignait.
On en vient même à parler d’ordres qui vont disparaître.
En contre partie il y a des ordres nouveaux qui « font le plein » … relatif. Je pense aux frères et sœurs de la Fraternité de Jérusalem. J’ai vu sur KTO une messe où 2 ou 3 sœurs, un ou deux frères prononçaient leurs vœux. Joie ! Espérance !
L’état des vocations est tout, aussi, préoccupant. On a cité le cas de monseigneur Vingt-Trois qui était attristé par le fait que, dans son précédent évêché, il n’avait pas vu une seule vocation durant tout le temps qu’il y avait passé.
J’ai, aussi, le témoignage d’un séminariste du Nord qui me disait que les effectifs se réduisaient.
Par contre on parle de plus de 100 séminaristes à Paris. Un dépliant, disponible dans les églises, donne ce chiffre.
Les séminaires appartenant à des ordres ou des fraternités sont, peut être, un peu moins confrontés à la diminution des effectifs. Je pense, pour ce que je connais, à la fraternité Saint Martin, à ceux de la FSSP ou de la FSSPX … mais je n’en suis pas certain. Il se peut, aussi, que le recrutement augmente actuellement chez les jésuites.
Un autre phénomène peu connu est l’abandon de la prêtrise au bout de quelques années par un nombre significatif de jeunes prêtres. Le père Guy Gilbert en parle dans son dernier, et excellent, livre. Bien sûr on est loin de 8.000 prêtres, dit-on, qui sont partis durant les années noires de la période « soixante huitarde » mais tout de même.
Même chose chez les sœurs, confirmé dans une émission KTO.
Tout cela est extrêmement inquiétant et bien plus que l’on peut le penser.
Il me semble inutile d’en décrire les conséquences.
Il est vrai, optimisme béat, qu’un prêtre de Tunisie m’a dit, l’année dernière, que le manque de prêtres n’était pas un problème.
En finissant cette partie, je continue à dire : Courage ! N’ayons pas peur !