C'est la faute au concile

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Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par jean_droit » sam. 24 juil. 2010, 12:33

A l'interrogation :
Comment est-ce possible que l'application d'un Concile ait échappé à l'autorité de l'Eglise de façon aussi répandue et quasi unanime, sans que les Pères du Concile, ni PERSONNE dans le Clergé n'aient JAMAIS émis la moindre protestation, tandis qu'on mettait à l'écart les "traditionnalistes", et qu'on nettoyait tous les séminaires de toute hostilité au prétendu "esprit" du Concile ?
Il ne faut pas croire qu'aucune protestation n'ait été émise. Mais elle était inaudible.
Les évêques modernistes ou progressistes n'entendaient aucun conseil.
Surtout au début de l'après-Concile, c'était le temps de l'intolérance.
Et de l'orgueil : orgueil de vouloir "reconstruire" l'Eglise en la débarassant des "vieux horipeaux".

Tout y est passé depuis de braves erreurs, jusqu'aux "conneries" ( excusez moi ) pour aller vers des hérésies.

Mais comme toujours, bien sûr, il y a eu, aussi, des avancées notables.

Que voulez que l'on fasse ? Que voulez-vous que l'on dise ?

Il m'est arrivé deux ou trois fois de protester ou de faire remarquer qu'on allait dans le mur.
On me remballait comme une vieillerie et de toute façon "le Saint Esprit veillait".

Et les modérés se "la fermait" attendant des temps meilleurs.

Le malheur c'est durant tout ce temps les églises se vidaient, les séminaires entraient en révolution et 10.000 prêtres quitaient le sacerdoce.

Bien sûr on en paye actuellement les conséquences et au prix fort.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par jean_droit » sam. 24 juil. 2010, 12:19

A la question :
Question à laquelle PERSONNE ne répond JAMAIS : QUI a mal interprété le Concile ?
Je ne saurai vraiment répondre.

Par contre on peut tenter de répondre à "qui a pris prétexte du Concile".
Malheureusement beaucoup de monde, beaucoup d'évêques et le premier d'entre eux.
Paul VI est allé bien souvent bien au delà du Concile pensant être "dans la ligne du Concile" ou respecter "l'esprit du Concile".
Il s'en est assez rapidement mordu les doigts en voyant vers quelle impasse allait l'Eglise.
C'est une gloire pour Paul VI de l'avoir reconnu. Rares sont les évêques qui reconnaissent leurs erreurs.
Destin un peu tragique que celui de Paul VI à la si grande spiritualité, à l'évidente bonne volonté.
Le mal était fait et il n'a pu redresser vraiment la barre.
D'ailleurs le clan progressiste a vite compris ce changement dans la pensée de Paul VI.
Une période de désamour s'en est résultée qui a culminé avec l'encyclique Humanae Vitae.
On voit que cet épisode n'est pas encore clos puisque rares sont les évêques, en France, qui osent se déclarer "urbi et orbi" contre l'avortement.
Et puis il y a eu toute la bande des progressistes, évêques, prêtres et laïcs engagés, qui ont pris le pouvoir et dont certains essayent même maintenant de le garder.
Comme je crois l'avoir dit, à chaque décision on vous objectait : "Le Concile, le Concile". On sait maintenant que c'était souvent des mensonges ( pieux j'espère ).
Le Concile avait bon dos. Le Concile "prétexte".

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par philémon.siclone » sam. 24 juil. 2010, 1:17

Raistlin a écrit :
jean_droit a écrit :Il ne faut pas passer son temps à tourner autour du pot.
Oui mais ceux qui ne "tournent pas autour du pot" comme vous dites en sont souvent réduits à de la défiance envers un Concile authentique de l'Église catholique. Si on admet que l'Esprit-Saint guide les pères conciliaires à chaque concile, il n'y a pas de raison de douter de celui-ci, sauf à confesser une ou deux hérésies que je ne vous présente plus.

Ainsi, plutôt que montrer de la suspicion envers l'ensemble des évêques rassemblés autour du Pape lors d'un Concile, je préfère creuser au moins un minimum la question pour savoir s'il s'agit réellement d'un problème intrinsèque au Concile ou d'un problème d'interprétation. Vous savez pour quelle option je penche.

jean_droit a écrit :Donc j'en déduis que le Concile fut une très mauvaise chose pour la France.
Que signifie un Concile œcuménique qui ne serait valable que pour certains pays ? Ça n'a pas de sens. Voilà pourquoi il n'est peut-être pas si idiot de ne pas s'arrêter à l'équation "situation désastreuse = faute du Concile" mais de chercher un peu plus en profondeur.

Et puis, force est de constater que certaines initiatives, qui se font dans l'esprit du Concile, portent du fruit. C'est ce qui me fait dire notamment qu'il y a bien un problème d'interprétation.

Bien à vous,
Bref, vous ne répondez pas à la question de Jean Droit. Vous vous en sortez par une pirouette en disant : "mauvaise interprétation du Concile" ! "mauvaise interprétation du Concile" ! "mauvaise interprétation du Concile" !

Mais ce n'est pas suffisant comme explication.
Le personnel du Concile est bien le même qui a appliqué le Concile, sinon ça n'a pas de sens. Les auteurs du Concile, et les transmetteurs du Concile sur le terrain ne vivaient pas dans deux bulles séparées ignorant chacune ce qui se passait dans l'autre.

Votre explication ne tient pas la route.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par philémon.siclone » sam. 24 juil. 2010, 0:59

Raistlin a écrit :
Le but du Concile fut de faire entrer l'Eglise dans le IIIème millénaire. Je comprends que certains abus vous révoltent mais comme je l'ai déjà dit, vous n'avez ni la compétence ni l'autorité pour invalider un Concile. J'espère que vous aurez l'humilité de le reconnaître.
Compétence et autorité, peut-être pas. Mais au moins on a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, une tête pour réfléchir. C'est déjà ça. On reconnaît l'arbre à ses fruits. Pas la peine d'être un scribe et un pharisien constater que les fruits sont mauvais. Et les brebis reconnaissent leur pasteur. Quand un évêque dit : ceux qui croient à la Résurrection sont des crédules, les brebis que nous sommes peuvent alors réfléchir un minimum pour comprendre qu'il y a un truc qui cloche. Quand le fidèle qui va à la messe doit chanter des chants complètement idiots, ses sens et son intelligence peuvent l'alerter un minimum. Bref, on n'est pas des larves inertes.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par philémon.siclone » sam. 24 juil. 2010, 0:51

Raistlin a écrit :
Bref, je crois qu'il ne faut pas se tromper d'ennemi. L'ennemi ne saurait être un Concile dont rien ne permet de douter qu'il fut guidé par l'Esprit-Saint. ,
Heu... ben si justement : ce qu'il a donné sur le terrain, et qui est encore là bien présent dans nos paroisses et dans nos évêché. Si ça c'est pas une preuve qui "permet de douter", je sais pas ce qu'il faut...

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par philémon.siclone » sam. 24 juil. 2010, 0:48

jean_droit a écrit :Je ne sais quel est le nombre de personnes de ce forum qui ont vécu le Concile.
Pour ma part je me suis intéressé à l'Eglise un peu avant le décès de Pie XII et j'ai vécu toute la période du Concile et de l'après Concile. Au début intéressé favorablement puis, au fur et à mesure, catastrophé.
Heureusement que ce que j'appelle "les années noires de l'Eglise" sont en partie derrière nous.
Ce que je voulais souligner c'est l'influence très importante de l'Eglise de France dans ce Concile.
Bien sûr il faut faire attention au "cocorico" mais, enfin, nous avions de prestigieux théologiens, l'époque était très influencée par la pensée du père Theillard de Chardin, une partie importante de la Curie était francophile à commencer par Paul VI.
Le nombre d'évêques français était important puisqu'il y avait un nombre significatif d'évêques d'origine française et exerçant dans les colonies.
Même si c'est loin d'être exact on pouvait penser que c'était un "Concile français".
La majorité des "conseillers français" étaient "progressistes".
Après le Concile ce sont tous ces conseillers qui ont pris brutalement le pouvoir en France.
En en rajoutant un maximum sur les conclusions du Concile.
C'était la période où tout semblait venir du Concile. C'est, du moins, ce que l'on nous serinait du matin au soir. C'était la pleine période de la "rupture".
Il régnait une admosphère d'orgueil et d'intransigeance particulièrement pénible.
Quand on n'était pas dans la ligne, malheur !
Pauvres prêtres d'Algérie poursuivis par le mépris de monseigneur Duval.
C'est à ce moment là que chaque fois que l'on faisait remarquer que l'on allait dans le mur on nous répondait : "Le Saint Esprit veille".
Ah ! Avec un tel argument il n'y a plus qu'à se taire.
Ha bon... J'avais entendu dire que c'était un concile "allemand", au contraire. "Le Rhin se jette dans le Tibre", ça vous dit quelque chose ?

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par philémon.siclone » sam. 24 juil. 2010, 0:33

Raistlin a écrit :
Dragon du Roy a écrit :Il faut que le Saint-Siège renonce à V2, et ce sera encore plus encourageant pour le Catholicisme.
Seriez-vous hérétique ? Dans le cas contraire il vous faut admettre que le Saint Concile Vatican II fut mené sous l'inspiration de l'Esprit-Saint (à moins que vous ayez une explication théologique satisfaisante pour expliquer comment un concile présidé par le Saint-Père a pu se retrouver sans l'assistance de l'Esprit) et vous n'avez ni la compétence ni l'autorité pour demander à ce que l'Eglise y renonce.
Raistlin, on n'est pas hérétique parce qu'on se méfie de Vatican II ! Je vous rappelle que ce n'est pas un concile doctrinal. De plus, la liberté de conscience est reconnue par l'Eglise. Voilà typiquement un cas où la liberté de conscience est possible.
Ainsi, ce à quoi il faut renoncer, ce sont les mauvaises interprétations du Concile. Rien dans le Concile n'autorisait à massacrer la liturgie ou à bâcler le catéchisme par exemple.

Dragon du Roy a écrit :On juge l'arbre à ses fruits.
Exactement. Et les fruits pourris récoltés dans la période post-conciliaire sont ceux de la libre interprétation des textes du Concile, de l'orgueil et de la volonté de s'acoquiner avec les idéologies de cette société à la dérive. Mais ce n'est pas pour autant qu'il faille imputer au Concile la folie de ceux qui n'en ont fait qu'à leur tête.

Cordialement,
Question à laquelle PERSONNE ne répond JAMAIS : QUI a mal interprété le Concile ?
Voilà des années que j'attends impatiemment qu'on me fournisse la moindre réponse à cette question pourtant simple.
Comment est-ce possible que l'application d'un Concile ait échappé à l'autorité de l'Eglise de façon aussi répandue et quasi unanime, sans que les Pères du Concile, ni PERSONNE dans le Clergé n'aient JAMAIS émis la moindre protestation, tandis qu'on mettait à l'écart les "traditionnalistes", et qu'on nettoyait tous les séminaires de toute hostilité au prétendu "esprit" du Concile ?

J'ATTENDS TOUJOURS UNE EXPLICATION.

Et bien sûr, vous ne m'en fournirez aucune, parce que précisément il n'y a pas eu de trahison du Concile. C'est bien le Concile qui a été appliqué sur le terrain exactement comme le souhaitaient les auteurs de ce Concile. C'est de très loin la seule explication logique.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par jean_droit » ven. 23 juil. 2010, 19:30

Je ne sais quel est le nombre de personnes de ce forum qui ont vécu le Concile.
Pour ma part je me suis intéressé à l'Eglise un peu avant le décès de Pie XII et j'ai vécu toute la période du Concile et de l'après Concile. Au début intéressé favorablement puis, au fur et à mesure, catastrophé.
Heureusement que ce que j'appelle "les années noires de l'Eglise" sont en partie derrière nous.
Ce que je voulais souligner c'est l'influence très importante de l'Eglise de France dans ce Concile.
Bien sûr il faut faire attention au "cocorico" mais, enfin, nous avions de prestigieux théologiens, l'époque était très influencée par la pensée du père Theillard de Chardin, une partie importante de la Curie était francophile à commencer par Paul VI.
Le nombre d'évêques français était important puisqu'il y avait un nombre significatif d'évêques d'origine française et exerçant dans les colonies.
Même si c'est loin d'être exact on pouvait penser que c'était un "Concile français".
La majorité des "conseillers français" étaient "progressistes".
Après le Concile ce sont tous ces conseillers qui ont pris brutalement le pouvoir en France.
En en rajoutant un maximum sur les conclusions du Concile.
C'était la période où tout semblait venir du Concile. C'est, du moins, ce que l'on nous serinait du matin au soir. C'était la pleine période de la "rupture".
Il régnait une admosphère d'orgueil et d'intransigeance particulièrement pénible.
Quand on n'était pas dans la ligne, malheur !
Pauvres prêtres d'Algérie poursuivis par le mépris de monseigneur Duval.
C'est à ce moment là que chaque fois que l'on faisait remarquer que l'on allait dans le mur on nous répondait : "Le Saint Esprit veille".
Ah ! Avec un tel argument il n'y a plus qu'à se taire.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par Raistlin » ven. 23 juil. 2010, 16:31

jean_droit a écrit :Il ne faut pas passer son temps à tourner autour du pot.
Oui mais ceux qui ne "tournent pas autour du pot" comme vous dites en sont souvent réduits à de la défiance envers un Concile authentique de l'Église catholique. Si on admet que l'Esprit-Saint guide les pères conciliaires à chaque concile, il n'y a pas de raison de douter de celui-ci, sauf à confesser une ou deux hérésies que je ne vous présente plus.

Ainsi, plutôt que montrer de la suspicion envers l'ensemble des évêques rassemblés autour du Pape lors d'un Concile, je préfère creuser au moins un minimum la question pour savoir s'il s'agit réellement d'un problème intrinsèque au Concile ou d'un problème d'interprétation. Vous savez pour quelle option je penche.

jean_droit a écrit :Donc j'en déduis que le Concile fut une très mauvaise chose pour la France.
Que signifie un Concile œcuménique qui ne serait valable que pour certains pays ? Ça n'a pas de sens. Voilà pourquoi il n'est peut-être pas si idiot de ne pas s'arrêter à l'équation "situation désastreuse = faute du Concile" mais de chercher un peu plus en profondeur.

Et puis, force est de constater que certaines initiatives, qui se font dans l'esprit du Concile, portent du fruit. C'est ce qui me fait dire notamment qu'il y a bien un problème d'interprétation.

Bien à vous,

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par jean_droit » ven. 23 juil. 2010, 15:33

Raistlin,
Il ne faut pas passer son temps à tourner autour du pot.
On passe son temps à vouloir isoler le Concile de tout le reste : de l'humeur du temps, de son application, de "l'esprit du Concile".
L'application du Concile fut désastreuse alors qu'en France elle était dans les mains de ces mêmes pères conciliaires qui ont voté les constitutions et toutes les annexes. Curieux n'est-ce pas ? Auraient-ils tourné casaque entre temps ?
Ils ont montré, pour le moins, un manque total de fermeté.
Pourquoi n'ont pas réagi tout de suite dans les séminaires pris en ottages par quelques séminaristes 68ars.
Pourquoi ont-ils laissé 10 à 15.000 prêtres quitter l'Eglise.
La liste est longue ....
Et ces évêques sont les mêmes que ceux qui étaient au Concile.
Donc j'en déduis que le Concile fut une très mauvaise chose pour la France.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par Raistlin » ven. 23 juil. 2010, 14:53

jean_droit a écrit :Avez vous remarqué que l'application ( ou la non application du Concile, selon ) n'a pas eu les mêmes effets suivant les pays et les continents.
L'acceptation et la mise en oeuvre du Concile n'a pas posé de problème en Afrique, en Amérique du Sud, et dans quelques pays européens.
Par contre en France et dans de nombreux pays européens ou américains il en fut bien différemment.
C'est bien pourquoi je parle d'un problème d'interprétation du Concile, et non pas du Concile proprement dit.

Jean_droit a écrit :En France le Concile fut, à mes yeux, une catastrophe et nous en payons tous les jours le prix, le prix fort, bien sûr.
Vous devriez vous montrer plus prudent dans vos propos car, comme vous l'avez fait remarquer précédemment, ce n'est pas tant le Concile que la manière dont il a été appliqué qui a posé problème dans certains pays.

Maintenant, il serait bon de ne pas non plus oublier le contexte historique qu'a connu la France (et qu'elle connaît encore). Quand bien même l'interprétation que les évêques de France ont fait du Concile serait mauvaise (et je partage cet avis), il convient également de rappeler que d'autres facteurs comme l'évolution de la société ont joué. Comment aurait évolué l'Église de France sans le Concile ? Bien malin qui pourrait le dire et il n'est pas certain qu'elle se serait mieux portée...

Bref, la situation est bien plus complexe qu'il n'y paraît et tirer à boulets rouges sur le Concile me paraît assez discutable. C'est certain que vu l'état de l'Église de France, il est normal de chercher une explication (pour remédier à cette situation), mais il convient alors de le faire avec un esprit critique et de ne pas sauter sur la première explication venue (surtout si elle a pour conséquence d'éveiller en nous de la défiance vis-à-vis d'un Concile authentique de l'Église).

Pour ma part, l'état de l'Église de France tient en trois choses :
:arrow: Evolution de la société vers des idéologies résolument incompatibles avec la foi (qui se sont accompagnées du militantisme anticlérical qu'on connaît)
:arrow: Abus liturgiques
:arrow: Prostitution doctrinale et affadissement de la Vérité

Les deux derniers points sont directement sous la responsabilité de l'Église de France, même si ça me fait mal de le reconnaître. Mais vous ne trouverez rien dans le Concile qui ait préconisé de commettre des abus liturgiques ou de cacher la Lumière sous le boisseau.

Cordialement,

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par jean_droit » ven. 23 juil. 2010, 14:35

Avez vous remarqué que l'application ( ou la non application du Concile, selon ) n'a pas eu les mêmes effets suivant les pays et les continents.
L'acceptation et la mise en oeuvre du Concile n'a pas posé de problème en Afrique, en Amérique du Sud, et dans quelques pays européens.
Par contre en France et dans de nombreux pays européens ou américains il en fut bien différemment.
En France le Concile fut, à mes yeux, une catastrophe et nous en payons tous les jours le prix, le prix fort, bien sûr.
Parce que ce Concile, qui était dans une bonne mesure un Concile "français", avait en arrière fond de nombreux débats où les français, une partie d'entre eux du moins, menaient la bataille du progressisme.
Pour de nombreux pays ce ne fut pas le cas. En Afrique le "progressisme" était peu ou pas présent. L'application du Concile s'est faite naturellement. La messe était de deux heures et elle continue à être de deux heures. En général le relais entre missonnaires et prêtres autochtones n'a pas posé trop de problèmes. On peut dire même que le Concile a vraiment apporté à ce continent. Par exemple par la supression du latin.
En Europe et en France il en fut très différemment car le progressisme était à ce moment là triomplant et l'application du Concile a été fortement perturbée par le fameux "esprit du Concile".
On retrouve, encore, sous une autre forme le problème des lectures du Concile : rupture ou continuité ?

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par archi » ven. 23 juil. 2010, 13:29

jeanbaptiste a écrit :
C'est bien ce que je dis, ce qui est valable dans le contexte moderne ne l'était pas forcément hier et ne le sera pas forcément demain. Mais je n'ai pas eu cette impression en lisant DH, plutôt celle d'une volonté de poser un principe absolu.

Oui, sauf que vous répondez à côté.

Raistlin n'a pas dit que DH est un texte strictement "contextualisé". Il a rappelé, et il a eu raison de le faire, que DH s'inscrit dans la droite tradition de l'Église en rappelant que l'adhésion au Dieu vivant doit se faire sans contrainte, mais que le texte cherche aussi à répondre à des questions plus "actuelles".

Qu'est-ce que cela signifie ? Que si on lit le texte avec un peu de bonne volonté et en mettant ses préjugés de
côté on y lit la doctrine de l'Église multimillénaire. Point.

DH est valable aujourd'hui comme hier. Puisque ça n'est rien d'autre que la doctrine d'hier dite aujourd'hui.

Reprenons.

Le texte de DH reconnaît explicitement que la vraie religion "subsiste" dans l'Eglise catholique. Le "subsiste dans" a fait couler beaucoup d'encre, mais en l'interprétant comme le fait que l'Eglise a reçu le dépôt de la vraie religion, mais que des éléments de celle-ci peuvent aussi se trouver ailleurs, je ne vois pas de raison de m'y opposer.

Le texte de DH rappelle aussi que la foi requiert l'adhésion de la conscience, donc qu'elle ne doit pas être violée ou trompée par des moyens déloyaux. Rien à dire là-dessus.

Mais son objet premier, tel que déclaré dans son préambule, c'est bien la liberté religieuse (et pas seulement la liberté de conscience), c'est-à-dire, d'après ce qu'on lit dans le texte, des conditions juridiques qui font que toutes les religions doivent jouir de la liberté de culte et de propager leur doctrine. Ce qu'est une "religion"
n'est pas défini.

C'est, peu ou prou, la situation qui prévaut actuellement aux USA. C'est, dans une moindre mesure, la situation en France, bien que la liberté y soit plus limitée. Dans la situation actuelle, où le catholicisme est minoritaire, ce régime offre certainement des avantages. Mais il porte en lui un inconvénient majeur, qui est la relégation plus ou moins grande (selon la diversité religieuse qui règne) de la religion à la sphère privée, et la promotion d'une certaine indifférence dans le domaine public. En fin de compte, la "religion" qui finit par l'emporter dans ce système, c'est l'agnosticisme, du moins pratique comme aux USA quand ce n'est pas l'athéisme militant comme chez nous.

C'était aussi, aux débuts de l'Eglise, la situation qui prévalait dans l'Empire romain, pour la pléthore de cultes qui s'y mêlaient... à l'exception notable de la religion chrétienne, ce qui devrait mettre la puce à l'oreille.

Le fait est que la pensée des Pères, la vraie "doctrine d'hier" et de toujours, est très claire: le monde est sous l'emprise de Satan, et les cultes idolâtres sont des cultes adressés aux démons. La vie chrétienne est une lutte(relisez Saint Paul), le Christ a vaincu la mort et vaincu Satan, mais cette victoire ne sera consommée que lorsque ce monde sera passé. En attendant, l'Eglise est une Eglise militante, nous avons le devoir de lutter, certes sans utiliser les armes de l'adversaire que sont, entre autres, les procédés malhonnêtes dans le cadre de l'Evangélisation, d'autre part, la conversion forcée.

La doctrine de la liberté religieuse, si on veut en faire un principe général et pas seulement un moindre mal dans la situation actuelle, fait preuve d'un optimisme béat, où on suppose que tous les hommes peuvent "vivre-ensemble" quelle que soit leur religion (on voit bien maintenant les problèmes que pose l'islam!), et les religions dialoguer pacifiquement pour tenter chacune de convaincre de leur vérité. C'est toute la période post-conciliaire qui est impliquée là. On oublie complètement l'enseignement des Pères, le combat pour la Foi, aussi bien dans la perfection intérieure que dans l'Evangélisation. On oubli que Satan est l'ennemi de l'Eglise et que le terrain qu'on lui laisse, il l'utilisera pour attaquer et persécuter l'Eglise et réduire sa capacité à prêcher le Royaume.

Donc interpréter la liberté religieuse telle qu'exposée dans DH comme un moindre mal dans la situation actuelle... ça peut se tenir. Dire que c'est "la doctrine de toujours"... je ne vois vraiment pas comment.

In Xto,
archi.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par jeanbaptiste » jeu. 22 juil. 2010, 23:27

C'est bien ce que je dis, ce qui est valable dans le contexte moderne ne l'était pas forcément hier et ne le sera pas forcément demain. Mais je n'ai pas eu cette impression en lisant DH, plutôt celle d'une volonté de poser un principe absolu.
Oui, sauf que vous répondez à côté.

Raistlin n'a pas dit que DH est un texte strictement "contextualisé". Il a rappelé, et il a eu raison de le faire, que DH s'inscrit dans la droite tradition de l'Église en rappelant que l'adhésion au Dieu vivant doit se faire sans contrainte, mais que le texte cherche aussi à répondre à des questions plus "actuelles".

Qu'est-ce que cela signifie ? Que si on lit le texte avec un peu de bonne volonté et en mettant ses préjugés de côté on y lit la doctrine de l'Église multimillénaire. Point.

DH est valable aujourd'hui comme hier. Puisque ça n'est rien d'autre que la doctrine d'hier dite aujourd'hui.

Re: Ouverture du Prieuré Saint Nicolas à Nancy

par archi » jeu. 22 juil. 2010, 20:23

Raistlin a écrit :Si vous parlez de Dignitatis Humanae, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a déjà répondu aux dubia de Mgr Lefebvre en précisant les intentions des pères conciliaires.
Je n'ai jamais vu ces réponses, auriez-vous un lien?
Et il est bon de rappeler que les pères conciliaires ont souhaité répondre à une toute autre question que celle qui se posait au XIXème siècle, au moment où certains pays cherchaient à extirper la foi catholique des consciences. La problématique du Concile Vatican II a été de donner une réponse dans un contexte de sociétés multiculturelles et de flux de population croissants. Ainsi, mettre en parallèle les condamnations des papes au XIXème siècle et les déclarations du Concile Vatican II, sans aucune précaution, n'est pas très pertinent.
C'est bien ce que je dis, ce qui est valable dans le contexte moderne ne l'était pas forcément hier et ne le sera pas forcément demain. Mais je n'ai pas eu cette impression en lisant DH, plutôt celle d'une volonté de poser un principe absolu.

On pourrait d'ailleurs en dire autant des condamnations solenelles de Grégoire XVI... mais il était clair que Grégoire XVI condamnait les erreurs de son temps, de sorte qu'on peut assez facilement se douter (même si tous ne le font pas) que leur application à l'époque moderne et à son vocabulaire n'est pas forcément automatique. Avec les déclarations "positives" du Concile, style "il faut que", "tout homme a droit", je trouve que c'est moins clair.

Sur un domaine aussi délicat, il me semblerait essentiel d'être prudent. Si la Parole du Christ et son Eglise ont pu connaître un tel succès, c'est par l'action du Saint Esprit, certes, c'est en grande partie parce qu'un empereur romain a décidé de faire du christianisme la religion d'Etat (sa conversion étant d'ailleurs à compter au nombre des actions divines, cf l'histoire de la bataille du Pont Milvus). Egratignant au passage la place des autres religions de l'Empire.

Il y a un aspect collectif dans le choix de la religion que DH néglige. On choisit rarement telle religion parce que sa volonté s'impose à nous, mais parce qu'on a grandi dans un cadre qui nous a conduit à la pratiquer ou du moins, à nous y intéresser. Même aux USA où la liberté religieuse est totale... est-ce-que je choisirai la Vérité du Christ, pour l'avoir reconnue, ou bien l'erreur des TJ ou d'un quelconque gourou hindouisant? Mon éducation, le milieu où j'ai grandi, les c***ies entendues dans les médias, la façon dont les défauts et des qualités individuelles des ministres de chaque religion qui m'ont approché, etc... risquent d'orienter mes recherches bien avant que j'ai pu approfondir les doctrines de chacun et que j'aie pu me dépouiller suffisamment des préjugés que j'ai inévitablement. Même si à la fin l'aide du Ciel n'est jamais absente.

Pour en revenir au Concile, il y a quand même un optimisme assez hallucinant qui a présidé à tout ça, qui ressort dans les textes, surtout des textes aussi "utopiques" que DH, mais surtout dans l'ambiance de l'époque, à commencer par la décision de Jean XXIII de ne pas écouter les "prophètes de malheur", ou celles de Paul VI de réformer à tour de bras pour mettre en oeuvre le Concile, sans prendre un recul suffisant dans une période de folie.

Alors, l'oeuvre du Saint Esprit dans les intuitions, et dans les textes non irréformables (donc non à l'abri des erreurs des hommes) du Concile? Peut-être. Il y avait des évolutions vraiment nécessaires, après tout, et je pense par exemple qu'un texte comme Lumen Gentium est un trésor, très loin d'avoir été exploité jusqu'ici. Mais il va falloir le temps pour la discerner, cette action. Et je ne pense pas que c'est en faisant taire les critiques par un "il est interdit de critiquer le Concile" comme ça a été fait plus haut, qu'on va accélérer la sortie de crise.

In Xto,
archi.

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