par archi » mer. 15 déc. 2010, 8:09
Petit Matthieu a écrit :Avant toute chose Archi, je pense que c'est culturel, comme le dit le pape. Moi aussi je préfère l'inhumation mais d'autres cultures avaient et ont cette coutume (dans l'Empire Romain c'était très développé, en Inde de nos jours).
Si l'Eglise le tolère c'est bien que ce n'est pas considéré comme sacrilège, à part comme l'a dit Laurent, si c'est fait dans un esprit athée.
Je détaille ce que je disais au cas où ça n'aurait pas été clair, le culte des reliques signifie bien que les restes - et parfois le corps miraculseusement incorrompu - d'un Saint défunt ne sont pas des restes vides, mais sont porteurs de la puissance spirituelle du Saint, donc du Saint Esprit dont il est le Temple, à un point plus élevé que celui du commun des mortels parce que sa sainteté a permis au Saint Esprit d'y être présent de façon bien plus forte. Mais si le Saint Esprit est particulièrement présent chez les Saints, il l'est aussi chez chacun d'entre nous, à un degré moindre, de par les sacrements reçus et notamment le Baptême et la Confirmation.
C'est cela que nous enseigne l'Eglise, par le biais de sa Tradition sacrée.
De ce point de vue, la pratique, qui est également ce qu'a toujours fait la Tradition de l'Eglise, d'enterrer les morts, aussi bien dans l'ancienne Tradition juive dont a hérité l'Eglise que chez les chrétiens, n'a rien de culturel, mais est bel et bien justifiée sur le plan théologique. Là où les coutumes païennes ne posent pas de problème, l'Eglise ne s'est jamais gênée pour les adopter et pour renoncer à certains usages juifs. Elle ne l'a jamais fait récemment. Le fait d'enterrer les morts a donc une valeur bien plus grande que celle d'une simple coutume.
La décision récente des évêques (et/ou du Pape, je ne sais pas à quel niveau s'est prise cette décision) de tolérer - et seulement de tolérer - la crémation aux conditions que vous avez rappelées, est une décision juridique et prudentielle du gouvernement de l'Eglise. Elle n'a rien d'infaillible, ce n'est pas un enseignement théologique, et elle s'écarte de façon manifeste de la Tradition ininterrompue de l'Eglise, ce qui n'est jamais bon. Je veux bien admettre que dans certains pays théoriquement chrétiens - c'était déjà le cas aux USA dès les années 20 - la pratique de la crémation ait été largement pratiquée et qu'il paraisse cruel de priver ceux qui y ont recours volontairement mais en non-connaissance de cause de sépulture chrétienne et des sacrements et sacramentels associés. Il me semble quand même que l'Eglise aurait mieux fait de rappeler plus fermement ce que l'Eglise a toujours enseigné et les motifs théologiques de sa pratique, de façon à ce que chaque croyant demande en connaissance de cause sache refuser l'incinération et demander à être enterré (ceux qui sont incinérés contre leur gré n'ayant évidemment aucune raison de se voir priver de quelque sacramentel que ce soit). La décision qui a été prise sème le doute dans les esprits, comme votre réflexion le prouve.
In Xto,
archi.
[quote="Petit Matthieu"]Avant toute chose Archi, je pense que c'est culturel, comme le dit le pape. Moi aussi je préfère l'inhumation mais d'autres cultures avaient et ont cette coutume (dans l'Empire Romain c'était très développé, en Inde de nos jours).
Si l'Eglise le tolère c'est bien que ce n'est pas considéré comme sacrilège, à part comme l'a dit Laurent, si c'est fait dans un esprit athée.[/quote]
Je détaille ce que je disais au cas où ça n'aurait pas été clair, le culte des reliques signifie bien que les restes - et parfois le corps miraculseusement incorrompu - d'un Saint défunt ne sont pas des restes vides, mais sont porteurs de la puissance spirituelle du Saint, donc du Saint Esprit dont il est le Temple, à un point plus élevé que celui du commun des mortels parce que sa sainteté a permis au Saint Esprit d'y être présent de façon bien plus forte. Mais si le Saint Esprit est particulièrement présent chez les Saints, il l'est aussi chez chacun d'entre nous, à un degré moindre, de par les sacrements reçus et notamment le Baptême et la Confirmation.
C'est cela que nous enseigne l'Eglise, par le biais de sa Tradition sacrée.
De ce point de vue, la pratique, qui est également ce qu'a toujours fait la Tradition de l'Eglise, d'enterrer les morts, aussi bien dans l'ancienne Tradition juive dont a hérité l'Eglise que chez les chrétiens, n'a rien de culturel, mais est bel et bien justifiée sur le plan théologique. Là où les coutumes païennes ne posent pas de problème, l'Eglise ne s'est jamais gênée pour les adopter et pour renoncer à certains usages juifs. Elle ne l'a jamais fait récemment. Le fait d'enterrer les morts a donc une valeur bien plus grande que celle d'une simple coutume.
La décision récente des évêques (et/ou du Pape, je ne sais pas à quel niveau s'est prise cette décision) de tolérer - et seulement de tolérer - la crémation aux conditions que vous avez rappelées, est une décision juridique et prudentielle du gouvernement de l'Eglise. Elle n'a rien d'infaillible, ce n'est pas un enseignement théologique, et elle s'écarte de façon manifeste de la Tradition ininterrompue de l'Eglise, ce qui n'est jamais bon. Je veux bien admettre que dans certains pays théoriquement chrétiens - c'était déjà le cas aux USA dès les années 20 - la pratique de la crémation ait été largement pratiquée et qu'il paraisse cruel de priver ceux qui y ont recours volontairement mais en non-connaissance de cause de sépulture chrétienne et des sacrements et sacramentels associés. Il me semble quand même que l'Eglise aurait mieux fait de rappeler plus fermement ce que l'Eglise a toujours enseigné et les motifs théologiques de sa pratique, de façon à ce que chaque croyant demande en connaissance de cause sache refuser l'incinération et demander à être enterré (ceux qui sont incinérés contre leur gré n'ayant évidemment aucune raison de se voir priver de quelque sacramentel que ce soit). La décision qui a été prise sème le doute dans les esprits, comme votre réflexion le prouve.
In Xto,
archi.