La confiance de sainte Thérèse de Lisieux
L’élément essentiel de la voie d’enfance, c’est la confiance qui consiste en « une disposition du cœur qui nous rend humbles et petits entre les bras de Dieu, conscients de notre faiblesse, et confiants jusqu’à l’audace en sa bonté de Père. » (NV 3.8.5)
C’est le cœur de l’Évangile : l’humilité, l’abandon, la joie, la simplicité avec cette confiance qui tient l’âme en équilibre. « Si vous ne devenez semblables à de petits enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. » La vie de Thérèse baigne dans la confiance, une confiance d’enfant comme celle de Jésus envers son Père.
Thérèse s’offre tout aimante dans ce brasier d’Amour miséricordieux et sanctificateur. L’abandon du petit qui compte éperdument sur la Force de Dieu, sa Toute-Puissance qui fait tout en nous : la sainteté, la charité, la conversion... La confiance fait des miracles.
Cette offrande totale à l’action de Dieu est la source de l’apostolat de Thérèse, qui se veut très actif au Cœur de l’Église sa Mère. Dans sa fonction de Maîtresse des novices, comme dans sa correspondance avec ses deux « frères » missionnaires, elle agit comme une enfant, convaincue que sa confiance toute simple remplacerait avantageusement la finesse des calculs et les agitations de la sagesse humaine.
Et quand, pour obéir à sa Prieure, elle commence à écrire l’histoire de son âme, c’est le même esprit et la même disposition qui l’accompagnent tout au long des pages et qui constituent le charme et l’édification de millions d’âmes.
Après avoir rappelé, en termes brûlants, l’Incarnation du Christ, la Maternité de la Vierge Marie, la Passion de Jésus et l’Eucharistie, Thérèse clôt le Manuscrit B sur cette expression de confiance : « Jésus, laisse-moi te dire que ton amour va jusqu’à la folie.... Comment veux-tu devant cette Folie, que mon cœur ne s’élance pas vers toi ? » (Ms B, 5v°) Non, l’espérance ne confond pas !
La vie tout ordinaire et confiante de Thérèse est comme la trame secrète de toute expérience humaine. C’est pour cela qu’elle rassure et entraîne. En effet, elle est convaincue que Dieu est d’une indulgence amoureuse pour qui compte sur Lui, non pour l’offenser, mais pour l’aimer d’un cœur plus confiant, d’un esprit plus libre et d’une âme plus éprise.
Confiance et abandon
« Ma voie est toute de confiance et d’amour.
Je ne comprends pas les âmes qui ont peur
d’un si tendre Ami. » (LT 226)
Les eaux de la confiance et de l’abandon ont porté Thérèse à mesure qu’elle a osé marcher sur elles et elle a osé jusqu’au bout dans la direction de l’amour de Dieu. Il semble bien que la cause de la plupart de nos faiblesses est à chercher dans ce fait que nous n’osons avoir confiance et nous abandonner, ni jusqu’au bout, ni assez large. S’arrêter de croire un moment trop tôt, ou se laisser intimider par les apparentes difficultés, c’est faire comme Pierre marchant sur les eaux et qui s’enfonce par manque de confiance, c’est risquer de ruiner l’édifice spirituel que nous construisons. Il faut, comme Petite Thérèse, croire éperdument à l’infinie puissance de la miséricorde et savoir que notre pire faiblesse est de ne pas oser avoir confiance.
Thérèse parle de « la confiance illimitée qu’elle sent en son cœur » (LT 197). Qu’est-ce qu’être sainte pour Thérèse sinon adhérer, à travers le maximum de son impuissance, au maximum de la puissance divine ? Elle s’est ainsi ouverte passionnément et activement au bien suprême offert qui est Jésus.
La pauvreté spirituelle
« Un soir après complies je cherchai vainement notre petite lampe... je compris qu’une sœur croyant prendre sa lampe avait pris la nôtre dont j’avais un très grand besoin ; au lieu de ressentir du chagrin d’en être privée, je fus bien heureuse, sentant que la pauvreté consiste à se voir privée non pas seulement des choses agréables mais encore des choses indispensables. » (Ms A, 74r°)
Le sens de la pauvreté spirituelle de la petite Thérèse se situe là, dans cet acte bien concret et éprouvant à travers lequel une joie intérieure intense l’a habitée. Elle exprime cela elle-même quand elle écrit : « ... Ainsi dans les ténèbres extérieures je fus illuminée intérieurement. »
Thérèse a vécu mille pauvretés de ce genre et ce furent des pauvretés cachées dont personne ne se douta dans sa communauté. La pauvreté n’est pas l’indigence mais elle est une aumône que l’on fait pour Dieu et qui est grande dans la mesure où elle est ignorée des autres et de... soi-même, volontairement. C’est la vraie pauvreté évangélique, celle que Jésus louera à l’occasion de l’obole de la pauvre veuve au Temple. Cette pauvreté est le signe d’une autre pauvreté plus essentielle, la pauvreté spirituelle.
La petite Thérèse voulait paraître devant Dieu les mains vides, vides de tout ce qu’elle pouvait s’attribuer de bien, vides de tout jugement de valeur sur son âme... même de ses propres péchés. Dans cette pauvreté elle se voulait libre, libre de s’élever à Dieu par la confiance et par l’amour.
La petite voie
La petite voie de Thérèse est une voie réservée aux petites âmes, comme elle le dit elle-même. Cette petite voie vers Dieu, n’est pas nécessairement plus facile, mais plus courte, plus directe, en vue de favoriser l’accès à la sainteté.
Il ne faut pas s’y tromper, sa petite voie est aussi la voie étroite de l’Évangile dont Jésus dit que peu s’y engagent.
Inspirée par le Seigneur, Thérèse donne à cette voie un élan nouveau, fondé sur l’esprit d’enfance. C’est une voie toute simple qui ouvre le cœur à l’initiative divine.
Thérèse « veut chercher le moyen d’aller au Ciel par une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle. » (Ms C, 2v°)
Cette petite voie, qu’elle compare à l’ascenseur, c’est dans l’Écriture qu’elle la trouve, ce qui lui confère une valeur incomparable quant à la doctrine et une force quant à l’esprit.
Pour appuyer sa doctrine de la petite voie, Thérèse cite le prophète Isaïe ainsi que le Livre des Proverbes : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous porterai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux. » (Is 66, 13, 12) et « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi. » (Pr 9, 4).
C’est la réponse que Thérèse cherchait et qui a « dépassé son attente ». Mais, concrètement, quelle est donc cette petite voie de Thérèse ?
C’est elle qui le dit : « la voie de la confiance simple et amoureuse. » (LT 261)
Rien ne pourra lui faire quitter cette petite voie.
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La petite voie de Thérèse
La parabole de l’escalier
À travers le témoignage de sa novice, sœur Marie de la Trinité, nous percevons la pédagogie de Thérèse qui veut faire comprendre la pratique de la « petite voie ».
L’enfant de Dieu se sait incapable de gravir par lui-même le rude escalier de la perfection. Il doit se laisser emporter dans les bras de son Dieu.
Un « laisser-faire » qui ne supprime pas l’effort humain, au contraire.
D’où la célèbre parabole que Thérèse invente à partir de ses propres souvenirs d’enfant à Alençon :
« Vous me faites penser au tout petit enfant qui commence à se tenir debout, mais ne sait pas encore marcher.
Voulant absolument atteindre le haut d’un escalier pour retrouver sa maman, il lève son petit pied afin de monter la première marche. Peine inutile ! Il retombe toujours sans pouvoir avancer.
Eh bien ! Consentez à être ce petit enfant : par la pratique de toutes les vertus, levez toujours votre petit pied pour gravir l’escalier de la sainteté.
Vous n’arriverez même pas à monter la première marche, mais le bon Dieu ne demande de vous que la bonne volonté.
Du haut de cet escalier, Il vous regarde avec amour. Bientôt, vaincu par vos efforts inutiles, Il descendra Lui-même et, vous prenant dans ses bras, vous emportera pour toujours dans son royaume où vous ne Le quitterez plus.
Mais si vous cessez de lever votre petit pied, Il vous laissera longtemps sur la terre.
« Le jour bienheureux où Jésus descendra Lui-même pour vous emporter dans ses bras, serez-vous plus avancée d’avoir gravi cinq ou six marches par vos propres forces ?
Est-il plus difficile à Jésus de vous prendre au bas plutôt qu’à la moitié de l’escalier ?
Il y a encore un avantage pour vous à ne pas pouvoir monter, c’est de rester toute votre vie dans l’humilité, tandis que, si vos efforts étaient couronnés de succès, vous ne feriez pas pitié à Jésus, Il vous laisserait monter toute seule et il y aurait tout à craindre que vous ne tombiez dans la complaisance en vous-même. »
Que je devienne une grande sainte
Thérèse enfant s’enthousiasmait pour les œuvres éclatantes des saints et des saintes, en particulier celles de la « Vénérable Jeanne d’Arc ». Elle avait un grand désir de l’imiter ; elle pensait qu’elle aussi « était née pour la gloire ». Mais quelle gloire ? Elle a reçu une grâce qu’elle regarde rétrospectivement « comme l’une des plus grandes de sa vie ».
« Le Bon Dieu me fit comprendre que ma gloire à moi ne paraîtrait pas aux yeux mortels, qu’elle consisterait à devenir une grande Sainte !!! » (Ms A, 32)
Non pas des prouesses éclatantes et connues de son vivant, mais une grande sainteté.
Thérèse évoque ensuite « la confiance audacieuse de devenir une grande Sainte » qu’elle a gardée toute sa vie, mais en découvrant progressivement tout ce que cette sainteté impliquait.
Le désir de la sainteté apparaît ainsi comme une constante dans le cheminement de Thérèse. En mars 1888, quelques jours avant d’entrer au Carmel (elle a alors 15 ans), Thérèse écrit à sœur Agnès de Jésus (sa sœur Pauline) : « Je veux être une sainte. » (LT 45).
Ce « je veux », répété, dénote un certain volontarisme ! Elle écrit à son père au début de son postulat au Carmel : « Je tâcherai de faire ta gloire en devenant une grande sainte » (LT 52). Mère Marie de Gonzague, à cette époque, verse de l’huile sur le feu : « Vous devez devenir une deuxième sainte Thérèse ! » Rien de moins !
Elle se recommande à la prière de sœur Marthe de Jésus : « Demandez à Jésus que je devienne une grande sainte. » (LT 80)
Il est important de noter que pour Thérèse le contenu de la sainteté, c’est l’amour.
Dans une lettre à sœur Agnès de Jésus, elle s’exclame : « Jésus… Je voudrais tant l’aimer !… L’aimer plus qu’il n’a jamais été aimé !… Mon seul désir est de faire toujours la volonté de Jésus ! » (LT 74)
Le P. Conrad De Meester résume bien la pensée de Thérèse : « La sainteté, c’est la pleine floraison de toutes les possibilités d’amour chez l’homme. » (Les mains vides, Foi Vivante, no 144, p.77)
Qu’importe si je tombe à chaque instant!
Dans une lettre à Céline, Thérèse cite une conférence de retraite du P. Pichon : « La sainteté ! Il faut la conquérir à la pointe de l’épée, il faut souffrir… il faut agoniser !… » (LT 89)
Dans ces propos du jésuite, la sainteté apparaît comme une conquête héroïque !
Plus intéressant est ce que nous dit Thérèse sur l’expérience de sa faiblesse : « Qu’importe, mon Jésus, si je tombe à chaque instant, je vois par là ma faiblesse et c’est pour moi un grand gain… Vous voyez par là ce que je puis faire et maintenant vous serez plus tenté de me porter en vos bras… Si vous ne le faites pas, c’est que cela vous plaît de me voir par terre… Alors je ne vais pas m’inquiéter, mais toujours je tendrai vers vous des bras suppliants et pleins d’amour !... Je ne puis croire que vous m’abandonniez ! » (LT 89)
L’expérience de sa faiblesse n’empêche pas Thérèse de désirer la sainteté, ou la perfection évangélique.
Elle encourage sa sœur Céline : « Je ne te dirai pas de viser à la sainteté séraphique (de sainte Thérèse), mais bien d’être parfaite comme ton Père céleste est parfait ! Ah ! Céline, nos désirs infinis ne sont donc ni des rêves, ni des chimères puisque Jésus nous a lui-même fait ce commandement ! » (LT 107)
On peut rapprocher ces lignes de Thérèse et la discussion qu’elle a eue avec le P. Blino, lors de la retraite de 1890. Le prédicateur croit déceler de l’orgueil et de la présomption :
— Modérez vos désirs téméraires !
— Pourquoi, mon Père, puisque Notre Seigneur a dit : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" ! (Guy Gaucher, Histoire d’une vie, p. 114)
Thérèse éprouve fortement le contraste entre son désir de sainteté, de perfection, son désir d’aimer Jésus à la folie et l’expérience constante de sa faiblesse, de sa pauvreté (avec ses «fautes », ses « infidélités », les petits sacrifices qu’elle laisse échapper…), bref son incapacité à parvenir à cette sainteté, cette perfection si désirée.
Progressivement, Thérèse comprend que la sainteté n’est pas le résultat d’un effort volontariste ou le trophée d’une conquête, mais ne peut advenir que comme un don reçu gratuitement, une sainteté reçue de Celui qui seul est Saint.
La volonté de conquête se transforme petit à petit en réceptivité pour le don.
Ce changement de perspective, qui prépare la découverte de la « petite voie », se situe dans les années 1893-1894. Il apparaît de manière assez claire dans la correspondance de Thérèse. C’est ainsi qu’elle écrit à Céline, en juillet 1893 (LT 142) : « Le mérite ne consiste pas à faire ni à donner beaucoup, mais plutôt à recevoir, à aimer beaucoup… »
L’amour est perçu ici comme un amour reçu.
Ou encore : « C’est Jésus qui fait tout et moi je ne fais rien. » Il faut bien comprendre : c’est Jésus qui donne et Thérèse qui reçoit.
Thérèse découvre la petite voie
La montagne et le grain de sable
S’adressant à Mère Marie de Gonzague, Thérèse lui redit son désir profond et constant de la sainteté.
Mais, paradoxe !, en se comparant aux saints, elle a toujours perçu entre eux et elle la même différence qu’entre une montagne et un grain de sable.
Certes, on pourrait discuter et contester l’objectivité de cette « constatation » de Thérèse. Mais ce qui importe ici, c’est bien le sentiment de Thérèse, sa perception d’une telle distance entre les saints et elle.
Thérèse va-t-elle se décourager ? Va-t-elle renoncer à ses désirs de sainteté qui paraissent tellement disproportionnés ? Non.
Puisque ces désirs viennent de Dieu, Il saura bien les exaucer, malgré « sa petitesse », malgré «toutes ses imperfections » !
Avec audace, Thérèse va rechercher un moyen d’aller au Ciel par « une petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle ».
Après dix-neuf siècles de christianisme, découvrir une petite voie « toute nouvelle », n’est-ce pas prétentieux ? !…
À la recherche d’un ascenseur
Thérèse a conscience de vivre dans un « siècle d’inventions » (qu’aurait-elle dit du nôtre ?) et elle pense à une invention récente et fort pratique : l’ascenseur.
Se voyant incapable de gravir « le rude escalier de la perfection », elle va donc chercher un ascenseur pour le Ciel !
Où va-t-elle le chercher ? Elle le cherchera et le trouvera dans l’Écriture, dans la Parole de Dieu, qui constitue la nourriture quotidienne de sa vie spirituelle.
C’est aussi dans l’Écriture qu’elle cherchera et découvrira sa vocation au cœur de l’Église.
En septembre 1894, Céline, elle aussi, est entrée au Carmel.
Elle a apporté un petit carnet dans lequel elle avait recopié des beaux passages de l’Ancien Testament.
C’est une aubaine pour Thérèse qui n’a pas accès à cette partie de la Bible (on veut éviter aux sœurs de tomber sur des récits « choquants » !).
Grâce à ce carnet de Céline, elle va découvrir sa « petite voie » à la lumière de plusieurs textes de l’Ancien Testament (Pr 9, 4 ; Sg 6, 7 ; Is 40, 11 ; 66, 12-13) reliés bien sûr aux paroles du Seigneur dans l’Évangile.
Si quelqu’un est tout petit…
Thérèse ne cite ici que deux passages de l’Ancien Testament qui apportent la réponse cherchée.
Tout d’abord, l’appel lancé par la Sagesse hospitalière qui invite à sa table : « Si quelqu’un est tout petit, qu’il vienne à moi » (Pr 9, 4).
Cette invitation enchante Thérèse qui prend l’expression « tout petit » dans un sens positif (alors que, dans son sens originel, elle signifie : si quelqu’un est encore un enfant, c’est-à-dire dépourvu de sagesse et d’expérience).
L’autre texte complète et précise le premier : « Comme une mère caresse son enfant, ainsi je vous consolerai sur mon sein et je vous balancerai sur mes genoux ! » (Is 66, 13-12). Magnifique expression de l’amour maternel de Dieu pour son peuple !
En réunissant les deux passages, Thérèse a trouvé la réponse : l’ascenseur, ce sont les bras de Jésus. La condition, c’est de rester petite, et même de le devenir de plus en plus.
Désormais, souvent, elle signera ses lettres : « la toute petite Thérèse ».
Devenir comme un enfant
Thérèse retrouve et développe un enseignement qui est fondamental dans l’Évangile (cf. Mt 18, 1-4 ; 19, 13-15 et parallèles), à savoir : l’enfance spirituelle.
Il faut bien distinguer l’enfance spirituelle de l’enfance psychologique, pour ne pas confondre esprit d’enfance et enfantillages !
Du point de vue psychologique, il faut quitter l’enfance et accéder progressivement à l’âge adulte.
C’est dans ce sens psychologique que saint Paul recommande de ne pas demeurer des enfants (1 Co 13, 11 ; 14, 20 ; Ep 4, 14).
À Noël 1886 (cf. Ms A, 45), Thérèse a « reçu la grâce de sortir de l’enfance » (psychologique).
Du point de vue spirituel, au contraire, il faut devenir comme les enfants : c’est une condition pour entrer dans le Royaume des cieux (Mt 18, 3).
L’enfance spirituelle se caractérise par l’humilité, la simplicité, la confiance, l’abandon… C’est en ce sens que Thérèse veut rester petite, le devenir de plus en plus.
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