par Emmanuel Lyasse » lun. 19 sept. 2011, 15:48
Quelques précisions
S'agissant de la Salette, il faut distinguer soigneusement ce qui a été reconnu par l'Église (ce qui n'en fait pas un article de foi, mais implique des fidèles la reconnaissance d'une décision légitime de l'autorité) de ce qui a été ajouté après cette reconnaissance.
Mélanie et Maximin ont dit avoir vu Marie le 19 septembre 1846, et avoir reçu d'elle un message. Voir le site officiel du sanctuaire de la Salette
http://lasalette.cef.fr/spip.php?article379. Cette apparition, et ce message, ont été assez rapidement reconnus, cinq ans plus tard, comme authentiques par l' évêque de Grenoble. La Vierge leur aurait également confié des secrets qui, comme leur nom l'indique, n'avaient pas vocation à être révélés.
Mélanie et Maximin ont eu ensuite une vie assez agitée, suite au culte malsain autour d'eux qui s'est développé. Ils ont, en particulier, été pris en main un moment par les naundorffistes (partisans de Naundorff, le plus fameux des gens qui ont prétendu être Louis XVII miraculeusement échappé du Temple, dont les prétentions ont été définitivement détruites par les récents analyses ADN). C'est dans ce contexte qu'ils ont publié des textes présentés comme ceux de leurs "secrets". Ces textes contiennent des choses qui étaient déjà vérifiées à l'époque, en particulier que le pape aurait beaucoup à souffrir. Dans le contexte de l'unification de l'Italie par la famille de Savoie contre le pape, c'est ce qui s'appelle prédire le présent: pas besoin d'être la Sainte Vierge pour cela. Ils contiennent aussi des choses effrayantes: que Paris et Marseille seront détruites par le feu, qui ne se sont pas produites à ce jour.
Ces "secrets" n'ont JAMAIS ÉTÉ RECONNUS PAR L'ÉGLISE. Certains salopards (Désolé. je ne trouve pas d'autre mot) entretiennent la confusion à ce sujet en tentant de faire croire que puisque l'apparition est reconnue, les "secrets" le sont aussi. Rien n'est plus faux. Quand l'Église reconnaît comme vrai le témoignage d'un voyant, cela ne signifie pas qu'elle le canonise de son vivant, moins encore qu'elle valide par avance toute parole qui sortira de sa bouche par la suite. Nous avons tous été créés libres. Ceux qui voient la Sainte Vierge n'en devienennt pas pour autant différents, et restent libres de sombrer dans l'erreur et le mensonge.
Un mot sur le Curé d'Ars. Théophane ne nous dit pas d'où il tient sa version, que je ne connaissais pas. Ce que j'en ai lu, c'est que Jean-Marie Vianney a reçu la visite de Maximin en 1850, que l'entretien s'est très mal passé (sans qu'on sache exactement ce qu'ils se sont dit), et qu'il l'a finalement chassé avec pertes et fracas, et a affirmé ensuite son opposition aux apparitions de la Salette, jusqu'au jugement épiscopal, puis son scepticisme ensuite, jusqu'en 1858, où il a eu soudainement la conviction que cela était vrai, et l'a fait savoir. (Je n'ai vu nulle part "qu'il mourut en confessant sa foi en l'apparition". Cela me paraît surprenant, et, quoi qu'il en soit, l'expression serait impropre puisque ces choses là ne sont pas de foi). L'histoire me semble significative: le saint curé n'a pas cru à Maximin, mais a cru à l'apparition.
Sur ce point, voir le livre de P. Boutry sur le curé d'Ars, p. 77 sq. Il est sur GoogleBooks
http://books.google.fr/books?id=C5jU6qp ... n&f=false
Enfin, la comparaison avec Lourdes est instructive, sur deux points.
1) Il est de bon ton de s'indigner de toutes les précautions qui ont été prises par les sœurs de Nevers pour mettre Bernadette à l'abri de toute tentation d'orgueil (voir en particulier le mauvais film de Jean Delannoy). C'est oublier le contexte, précisément celui où les voyants de la Salette, traités en vedettes et en saints vivants, ont été manipulés par des gens mal intentionnés. On a justement tout fait pour protéger Bernadette, parce qu'on avait cet exemple.
2) Bernadette a, elle aussi, dit avoir reçu des secrets de la Vierge. Toutes les tentatives pour les lui faire révéler ont été vaines. Elle a seulement consenti à dire à la commission épiscopale qu'ils ne concernaient ni le Pape, ni l'Église, ni la France.
L'hypothèse la plus probable sur les secrets de la Salette est que, comme apparemment ceux de Bernadette, ils étaient pour les voyants seulement et ne concernaient qu'eux seuls, et que la pression de ceux qui les ont manipulés contre l'autorité de l'Église les a conduits à déclarer, ou à signer, des choses qui n'avaient aucun rapport.
Donc, pour résumer, la Salette, c'est
— une apparition reconnue par l'évêque, reconnaissance jamais démentie depuis.
— un message également reconnu, qui ne comporte rien qui aille contre la Foi catholique, qui nous rappelle en particulier qu'il faut respecter le repos du dimanche et s'efforcer de prier tous les jours.
— des fantasmes entretenus par des gens aux buts divers sur des "secrets" que l'Église n'a jamais reconnus, qu'il serait préférable d'oublier.
Quelques précisions
S'agissant de la Salette, il faut distinguer soigneusement ce qui a été reconnu par l'Église (ce qui n'en fait pas un article de foi, mais implique des fidèles la reconnaissance d'une décision légitime de l'autorité) de ce qui a été ajouté après cette reconnaissance.
Mélanie et Maximin ont dit avoir vu Marie le 19 septembre 1846, et avoir reçu d'elle un message. Voir le site officiel du sanctuaire de la Salette [url]http://lasalette.cef.fr/spip.php?article379[/url]. Cette apparition, et ce message, ont été assez rapidement reconnus, cinq ans plus tard, comme authentiques par l' évêque de Grenoble. La Vierge leur aurait également confié des secrets qui, comme leur nom l'indique, n'avaient pas vocation à être révélés.
Mélanie et Maximin ont eu ensuite une vie assez agitée, suite au culte malsain autour d'eux qui s'est développé. Ils ont, en particulier, été pris en main un moment par les naundorffistes (partisans de Naundorff, le plus fameux des gens qui ont prétendu être Louis XVII miraculeusement échappé du Temple, dont les prétentions ont été définitivement détruites par les récents analyses ADN). C'est dans ce contexte qu'ils ont publié des textes présentés comme ceux de leurs "secrets". Ces textes contiennent des choses qui étaient déjà vérifiées à l'époque, en particulier que le pape aurait beaucoup à souffrir. Dans le contexte de l'unification de l'Italie par la famille de Savoie contre le pape, c'est ce qui s'appelle prédire le présent: pas besoin d'être la Sainte Vierge pour cela. Ils contiennent aussi des choses effrayantes: que Paris et Marseille seront détruites par le feu, qui ne se sont pas produites à ce jour.
Ces "secrets" n'ont JAMAIS ÉTÉ RECONNUS PAR L'ÉGLISE. Certains salopards (Désolé. je ne trouve pas d'autre mot) entretiennent la confusion à ce sujet en tentant de faire croire que puisque l'apparition est reconnue, les "secrets" le sont aussi. Rien n'est plus faux. Quand l'Église reconnaît comme vrai le témoignage d'un voyant, cela ne signifie pas qu'elle le canonise de son vivant, moins encore qu'elle valide par avance toute parole qui sortira de sa bouche par la suite. Nous avons tous été créés libres. Ceux qui voient la Sainte Vierge n'en devienennt pas pour autant différents, et restent libres de sombrer dans l'erreur et le mensonge.
Un mot sur le Curé d'Ars. Théophane ne nous dit pas d'où il tient sa version, que je ne connaissais pas. Ce que j'en ai lu, c'est que Jean-Marie Vianney a reçu la visite de Maximin en 1850, que l'entretien s'est très mal passé (sans qu'on sache exactement ce qu'ils se sont dit), et qu'il l'a finalement chassé avec pertes et fracas, et a affirmé ensuite son opposition aux apparitions de la Salette, jusqu'au jugement épiscopal, puis son scepticisme ensuite, jusqu'en 1858, où il a eu soudainement la conviction que cela était vrai, et l'a fait savoir. (Je n'ai vu nulle part "qu'il mourut en confessant sa foi en l'apparition". Cela me paraît surprenant, et, quoi qu'il en soit, l'expression serait impropre puisque ces choses là ne sont pas de foi). L'histoire me semble significative: le saint curé n'a pas cru à Maximin, mais a cru à l'apparition.
Sur ce point, voir le livre de P. Boutry sur le curé d'Ars, p. 77 sq. Il est sur GoogleBooks
[url]http://books.google.fr/books?id=C5jU6qpCWOkC&pg=PA77&lpg=PA77&dq=%22curé+d'ars%22+%22la+salette%22+maximin+devie&source=bl&ots=nqyqUInERe&sig=Z5nvzKaOvvaj-i-eLA9nFScBkZs&hl=fr#v=onepage&q=salette%20maximin&f=false
[/url]
Enfin, la comparaison avec Lourdes est instructive, sur deux points.
1) Il est de bon ton de s'indigner de toutes les précautions qui ont été prises par les sœurs de Nevers pour mettre Bernadette à l'abri de toute tentation d'orgueil (voir en particulier le mauvais film de Jean Delannoy). C'est oublier le contexte, précisément celui où les voyants de la Salette, traités en vedettes et en saints vivants, ont été manipulés par des gens mal intentionnés. On a justement tout fait pour protéger Bernadette, parce qu'on avait cet exemple.
2) Bernadette a, elle aussi, dit avoir reçu des secrets de la Vierge. Toutes les tentatives pour les lui faire révéler ont été vaines. Elle a seulement consenti à dire à la commission épiscopale qu'ils ne concernaient ni le Pape, ni l'Église, ni la France.
L'hypothèse la plus probable sur les secrets de la Salette est que, comme apparemment ceux de Bernadette, ils étaient pour les voyants seulement et ne concernaient qu'eux seuls, et que la pression de ceux qui les ont manipulés contre l'autorité de l'Église les a conduits à déclarer, ou à signer, des choses qui n'avaient aucun rapport.
Donc, pour résumer, la Salette, c'est
— une apparition reconnue par l'évêque, reconnaissance jamais démentie depuis.
— un message également reconnu, qui ne comporte rien qui aille contre la Foi catholique, qui nous rappelle en particulier qu'il faut respecter le repos du dimanche et s'efforcer de prier tous les jours.
— des fantasmes entretenus par des gens aux buts divers sur des "secrets" que l'Église n'a jamais reconnus, qu'il serait préférable d'oublier.