par Petit Matthieu » mer. 30 mars 2011, 15:25
Coluche est pour moi un homme en or. Un grand coeur qui ne se préoccupait pas une seule seconde de ce qu'on pouvait penser de lui.
Comme il le disait de lui-même, c'était un caractère excessif, et quand il faisait quelque chose, il le faisait trop. Drogues, fêtes, ribambelles d'amis et de pique-assiettes, Coluche ne se préoccupait pas vraiment de son équilibre, de son avenir. Il cachait certainement de très grandes angoisses et révoltes par une suractivité, une vie à 100 à l'heure.
Coeurderoy, je comprends votre position sur le français moyen, mais après tout, est-il si loin de la vérité quant à une certaine partie de la population ? Pour nuancer, dans le "jeu de la vérité", il disait de la France qu'elle n'était raciste. Et rappelons nous que la dénonciation du racisme démarre à cette époque là, et on ne connaît pas encore les dérives des associations comme SOS racisme qui feront et font toujours des accusations de racisme au moindre discours jugé suspect.
Voilà d'ailleurs ce qu'il disait de lui :
http://www.dailymotion.com/video/x8iqvq ... ste_webcam
L'abbé Pierre disait de lui "Si vous entendez des gens dire qu'il ne respectait rien, c'est faux. Je suis témoin".
A son époque, les grands comiques jouaient tous dans le même registre : Lamoureux, Fernand Raynaud, Fernandel, Devos. Ces derniers sont d'immenses artistes pour moi, mais Coluche a osé mélanger la grossièreté, le pipi-caca avec des thèmes bien plus brûlants que ses prédécesseurs. Avant Coluche, la politique n'était jamais touchée, la religion pas trop, l'immigration, la police et l'alcool absolument pas. Rappelons nous le célèbre "Gérard" où il montre que si le cannabis fait rougir dans les chaumières, l'alcool, qu'on le veuille ou non bien plus meurtrier et destructeur dans sa catégorie, est lui parfaitement accepté.
Coluche arrive à faire rire avec ces sujets qui concernent la France entière.
Il ne faudrait pas faire un mauvais procès à Coluche : ce n'est pas un théoricien, un militant politique qui expose ses idées : c'est un bouffon qui rit selon les circonstances, ses critiques politiques ne sont pas celles d'un érudit, d'un philosophe. C'est un mélange de bon sens populaire, de drôlerie, de moquerie simple.
C'est d'ailleurs cela que j'aime chez Coluche, il ne se prend pas au sérieux, et déstabilise ceux qui sont sûrs d'eux-même : l'humour est pour moi l'arme absolu contre la vanité. Quoi de plus dur que de rire d'un homme ? Quoi de plus humiliant ? Cela l'est souvent bien plus qu'une critique argumentée.
Sur la France, je ne crois pas du tout que Coluche avait la haine de la France, bien au contraire même ! Il se moquait de certaines rigidités, comme celle des anciens combattants où, si on ne se replace pas dans le contexte, ses phrases sont des plus choquantes.
Pour moi c'est un homme honnête, assez insondable, qui fuyait la réalité mais qui aimait sincèrement les gens, qui avait bien peu d'orgueil et même d'amour de soi. Je pense que le contexte des années 70 / 80 n'était pas à l'avantage d'une conversion au Christ. Mais les restos du coeur représentent bien pour moi le caractère de Coluche : instinctif, direct. L'amour n'est pas réflexion d'ailleurs.
La France a connu beaucoup de ces hommes là, violents, durs, excessifs : Coluche, Gainsbourg, Jean Yanne, Desproges. On pourra beaucoup les critiquer, avec raison parfois, assurément. Mais on ne pourra pas leur enlever à tous un même idéal recherché : la beauté, le vrai, le bon. Mêler cela à une personnalité qui ne s'aime pas, qui n'aime pas qu'on parle vraiment de son fond intérieur, et ajouter du génie, cela vous donne ces personnages.
Moi je dis merci Coluche !
Coluche est pour moi un homme en or. Un grand coeur qui ne se préoccupait pas une seule seconde de ce qu'on pouvait penser de lui.
Comme il le disait de lui-même, c'était un caractère excessif, et quand il faisait quelque chose, il le faisait trop. Drogues, fêtes, ribambelles d'amis et de pique-assiettes, Coluche ne se préoccupait pas vraiment de son équilibre, de son avenir. Il cachait certainement de très grandes angoisses et révoltes par une suractivité, une vie à 100 à l'heure.
Coeurderoy, je comprends votre position sur le français moyen, mais après tout, est-il si loin de la vérité quant à une certaine partie de la population ? Pour nuancer, dans le "jeu de la vérité", il disait de la France qu'elle n'était raciste. Et rappelons nous que la dénonciation du racisme démarre à cette époque là, et on ne connaît pas encore les dérives des associations comme SOS racisme qui feront et font toujours des accusations de racisme au moindre discours jugé suspect.
Voilà d'ailleurs ce qu'il disait de lui :
http://www.dailymotion.com/video/x8iqvq_coluche-je-suis-raciste_webcam
L'abbé Pierre disait de lui "Si vous entendez des gens dire qu'il ne respectait rien, c'est faux. Je suis témoin".
A son époque, les grands comiques jouaient tous dans le même registre : Lamoureux, Fernand Raynaud, Fernandel, Devos. Ces derniers sont d'immenses artistes pour moi, mais Coluche a osé mélanger la grossièreté, le pipi-caca avec des thèmes bien plus brûlants que ses prédécesseurs. Avant Coluche, la politique n'était jamais touchée, la religion pas trop, l'immigration, la police et l'alcool absolument pas. Rappelons nous le célèbre "Gérard" où il montre que si le cannabis fait rougir dans les chaumières, l'alcool, qu'on le veuille ou non bien plus meurtrier et destructeur dans sa catégorie, est lui parfaitement accepté.
Coluche arrive à faire rire avec ces sujets qui concernent la France entière.
Il ne faudrait pas faire un mauvais procès à Coluche : ce n'est pas un théoricien, un militant politique qui expose ses idées : c'est un bouffon qui rit selon les circonstances, ses critiques politiques ne sont pas celles d'un érudit, d'un philosophe. C'est un mélange de bon sens populaire, de drôlerie, de moquerie simple.
C'est d'ailleurs cela que j'aime chez Coluche, il ne se prend pas au sérieux, et déstabilise ceux qui sont sûrs d'eux-même : l'humour est pour moi l'arme absolu contre la vanité. Quoi de plus dur que de rire d'un homme ? Quoi de plus humiliant ? Cela l'est souvent bien plus qu'une critique argumentée.
Sur la France, je ne crois pas du tout que Coluche avait la haine de la France, bien au contraire même ! Il se moquait de certaines rigidités, comme celle des anciens combattants où, si on ne se replace pas dans le contexte, ses phrases sont des plus choquantes.
Pour moi c'est un homme honnête, assez insondable, qui fuyait la réalité mais qui aimait sincèrement les gens, qui avait bien peu d'orgueil et même d'amour de soi. Je pense que le contexte des années 70 / 80 n'était pas à l'avantage d'une conversion au Christ. Mais les restos du coeur représentent bien pour moi le caractère de Coluche : instinctif, direct. L'amour n'est pas réflexion d'ailleurs.
La France a connu beaucoup de ces hommes là, violents, durs, excessifs : Coluche, Gainsbourg, Jean Yanne, Desproges. On pourra beaucoup les critiquer, avec raison parfois, assurément. Mais on ne pourra pas leur enlever à tous un même idéal recherché : la beauté, le vrai, le bon. Mêler cela à une personnalité qui ne s'aime pas, qui n'aime pas qu'on parle vraiment de son fond intérieur, et ajouter du génie, cela vous donne ces personnages.
Moi je dis merci Coluche !