par stephlorant » ven. 29 avr. 2011, 8:46
Je sais bien que l'on réduit parfois l'amour à un ensemble de phénomène physico-chimiques. Mais que quelqu'un aille donner sa vie - et donc mourir, pour qu'un inconnu survive, quel est le phénomène mesurable et quantifiable scientifiquement qui est intervenu ? Je dis cela parce que je songe à saint Maximilien Kolbe aujourd'hui (et aujourd'hui, parce que chaque vendredi, j'ai plus difficile à vivre que les autres jours.
L'histoire retiendra son martyre: Dénoncé pour activités anti-allemandes, il est arrêté le 17 février 1941 par la Gestapo. Il sera enfermé à la prison de Pawiak jusqu'à fin mai 1941. Là il sera frappé par un officier nazi qui saisit son rosaire et son crucifix. «Et toi, tu y crois à ça? --J'y crois et comment!» Ses camarades de cellule le relèvent et cherchent à le réconforter: «Cela, ce n'est rien du tout, c'est tout pour la petite Mère.» Le Père Kolbe supporte les coups et les brimades des SS et déjà il rayonne auprès des autres prisonniers par son calme et sa bonté. Même les gardes allemands sont l'objet de sa sollicitude. Le 28 mai, il est transféré au camp d'Auschwitz. Inutile de dire les souffrances qui ont été les siennes dans ce camp de la mort où périrent tant de victimes, notamment des milliers de juifs innocents, sous la barbarie nazie. A la fin du mois de juillet, un prisonnier s'est évadé du bloc 14. Dix hommes seront condamnés à mourir de faim et de soif, enfermés dans un bunker, par mesure de représailles. Après avoir maintenu les prisonniers du bloc 14 au garde-à-vous en plein soleil pendant une journée, le chef du camp désigne les condamnés. «Adieu, adieu ma pauvre femme, adieu, mes pauvres enfants», dit en sanglotant le sergent François Gajowniczek. Les condamnés sont rassemblés. Or, un homme s'avance vers le commandant SS Fritsch: - «Qu'est-ce qu'il me veut, ce cochon de Polonais?» Le Père Maximilien désigna F. Gajowniczek et répondit: - « Je suis prêtre catholique polonais; je suis vieux, je veux prendre sa place, parce qu'il a femme et enfants.» Stupéfait le commandant accepte. Dans le souterrain de la mort, commence alors une terrible agonie. Là comme ailleurs le Père Kolbe apaise et réconforte les condamnés en priant avec eux. Du bunker s'élèvent des cantiques à la Vierge Marie. Le prêtre accompagne dans leurs derniers instants les malheureux suppliciés et les prépare à la mort. Cette mort, il la recevra le dernier, le 14 août. Il est achevé par une piqûre d'alcool. Un détenu chargé de nettoyer le bunker témoigne: «Quand j'ouvris la porte de fer, il avait cessé de vivre; mais il me paraissait vivant. Le visage était radieux, d'une manière insolite; les yeux grands ouverts et fixés sur un point. Tout le visage était comme en extase. Ce spectacle, je ne l'oublierai jamais.» Quelle grâce a-t-il reçue de sa «petite Mère» à ses derniers instants, en cette veille de l'Assomption? C'est le 15 août que son corps fut brûlé au crématoire.( Jean-Louis Benoit)
Je sais bien que l'on réduit parfois l'amour à un ensemble de phénomène physico-chimiques. Mais que quelqu'un aille donner sa vie - et donc mourir, pour qu'un inconnu survive, quel est le phénomène mesurable et quantifiable scientifiquement qui est intervenu ? Je dis cela parce que je songe à saint Maximilien Kolbe aujourd'hui (et aujourd'hui, parce que chaque vendredi, j'ai plus difficile à vivre que les autres jours.
L'histoire retiendra son martyre: Dénoncé pour activités anti-allemandes, il est arrêté le 17 février 1941 par la Gestapo. Il sera enfermé à la prison de Pawiak jusqu'à fin mai 1941. Là il sera frappé par un officier nazi qui saisit son rosaire et son crucifix. «Et toi, tu y crois à ça? --J'y crois et comment!» Ses camarades de cellule le relèvent et cherchent à le réconforter: «Cela, ce n'est rien du tout, c'est tout pour la petite Mère.» Le Père Kolbe supporte les coups et les brimades des SS et déjà il rayonne auprès des autres prisonniers par son calme et sa bonté. Même les gardes allemands sont l'objet de sa sollicitude. Le 28 mai, il est transféré au camp d'Auschwitz. Inutile de dire les souffrances qui ont été les siennes dans ce camp de la mort où périrent tant de victimes, notamment des milliers de juifs innocents, sous la barbarie nazie. A la fin du mois de juillet, un prisonnier s'est évadé du bloc 14. Dix hommes seront condamnés à mourir de faim et de soif, enfermés dans un bunker, par mesure de représailles. Après avoir maintenu les prisonniers du bloc 14 au garde-à-vous en plein soleil pendant une journée, le chef du camp désigne les condamnés. «Adieu, adieu ma pauvre femme, adieu, mes pauvres enfants», dit en sanglotant le sergent François Gajowniczek. Les condamnés sont rassemblés. Or, un homme s'avance vers le commandant SS Fritsch: - «Qu'est-ce qu'il me veut, ce cochon de Polonais?» Le Père Maximilien désigna F. Gajowniczek et répondit: - « Je suis prêtre catholique polonais; je suis vieux, je veux prendre sa place, parce qu'il a femme et enfants.» Stupéfait le commandant accepte. Dans le souterrain de la mort, commence alors une terrible agonie. Là comme ailleurs le Père Kolbe apaise et réconforte les condamnés en priant avec eux. Du bunker s'élèvent des cantiques à la Vierge Marie. Le prêtre accompagne dans leurs derniers instants les malheureux suppliciés et les prépare à la mort. Cette mort, il la recevra le dernier, le 14 août. Il est achevé par une piqûre d'alcool. Un détenu chargé de nettoyer le bunker témoigne: «Quand j'ouvris la porte de fer, il avait cessé de vivre; mais il me paraissait vivant. Le visage était radieux, d'une manière insolite; les yeux grands ouverts et fixés sur un point. Tout le visage était comme en extase. Ce spectacle, je ne l'oublierai jamais.» Quelle grâce a-t-il reçue de sa «petite Mère» à ses derniers instants, en cette veille de l'Assomption? C'est le 15 août que son corps fut brûlé au crématoire.( Jean-Louis Benoit)