par Johnny » lun. 27 janv. 2014, 22:28
Désolé de ramener le débat à des considérations un peu caricaturales et dénuées de sentimentalisme.
La question porte sur la souffrance de l'innocent . Mais n'oublions pas trop vite que d'autres ne le sont pas et sont la cause de cette souffrance :
- un enfant qui meurt du cancer meurt d'abord du péché des hommes : si toutes les sommes dépensées en armement et en futilités l'avaient été en recherche médicale, il y a bien longtemps que le cancer serait vaincu,
- depuis que l'on a inventé les médicaments anti-douleurs, on a quand même les moyens de supprimer la souffrance physique ; si ce n'est pas fait, c'est notre péché là aussi,
- quand on se "scandalise" qu'une jeune mère décède en laissant des orphelins, c'est en oubliant que la famille, les amis, devraient être là pour la suppléer et atténuer la douleur des orphelins.
D'autre part, la souffrance est aussi subjective : quand Anne-Dauphine Julliand relate la mort de son enfant : "C'est pas grave la mort. C'est triste mais c'est pas grave." , on voit bien que, même si elle souffre comme n'importe quelle mère, son Espérance lui permet de surmonter ce deuil (on pourrait même concevoir que mourir jeune est une Grâce, qui évite peut-être une vie de péché, et permet d'entrer en état de Sainteté dans la Vie de Dieu).
Enfin, nous savons que du Mal peut jaillir le Bien ("Là ou le péché abonde, la Grâce surabonde", Romains 5.20), mais comme l'échelle de temps n'est pas la même, nous ne voyons pas toujours le Bien induit. Par exemple, faisons un raisonnement statistique : la 2nde guerre mondiale a tué 60 Mio d'hommes, soit 3% de la population de l'époque, ou moins de 1 millième des 80 milliards d'hommes qui sont nés depuis le début de l'humanité : finalement, ce n'est "rien" à l'échelle de l'Histoire et de l'aventure humaine. Et pourtant, ce drame, en faisant entrevoir l'Enfer à toute l'humanité, a permis de comprendre que l'anéantissement total était possible. Conséquence : le monde vit globalement en paix depuis 70 ans, la chute du communisme n'a pas provoqué d'apocalypse nucléaire, et même s'il y a encore des génocides, des guerres civiles, leur condamnation est largement partagée, et la communauté internationale se sent quand même obligée d'agir (même si c'est tardif et loin d'être efficace...)
Donc, le raisonnement qui consiste à accuser Dieu de notre souffrance n'est, à mon humble avis, que le refus (conscient ou non) d'analyser en profondeur les responsabilités et le péché de l'Homme, de faire la balance du Bien et du Mal, et de l'orgueil que nous avons en considérant qu'une vie de pécheur sur Terre a une valeur supérieure à la Vie Éternelle.
Seules la Foi, l'Espérance et la Charité permettent de vivre avec la souffrance. L'intensité de cette souffrance n'est que la mesure de l'insuffisance de nos vertus.
Et finalement, le problème, c'est que tout ce que je viens d'écrire est bien sûr inaudible par quelqu'un qui vit cette souffrance.... et donc qu'elle restera insupportable.
Désolé de ramener le débat à des considérations un peu caricaturales et dénuées de sentimentalisme.
La question porte sur la souffrance de l'innocent . Mais n'oublions pas trop vite que d'autres ne le sont pas et sont la cause de cette souffrance :
- un enfant qui meurt du cancer meurt d'abord du péché des hommes : si toutes les sommes dépensées en armement et en futilités l'avaient été en recherche médicale, il y a bien longtemps que le cancer serait vaincu,
- depuis que l'on a inventé les médicaments anti-douleurs, on a quand même les moyens de supprimer la souffrance physique ; si ce n'est pas fait, c'est notre péché là aussi,
- quand on se "scandalise" qu'une jeune mère décède en laissant des orphelins, c'est en oubliant que la famille, les amis, devraient être là pour la suppléer et atténuer la douleur des orphelins.
D'autre part, la souffrance est aussi subjective : quand Anne-Dauphine Julliand relate la mort de son enfant : "C'est pas grave la mort. C'est triste mais c'est pas grave." , on voit bien que, même si elle souffre comme n'importe quelle mère, son Espérance lui permet de surmonter ce deuil (on pourrait même concevoir que mourir jeune est une Grâce, qui évite peut-être une vie de péché, et permet d'entrer en état de Sainteté dans la Vie de Dieu).
Enfin, nous savons que du Mal peut jaillir le Bien ("Là ou le péché abonde, la Grâce surabonde", Romains 5.20), mais comme l'échelle de temps n'est pas la même, nous ne voyons pas toujours le Bien induit. Par exemple, faisons un raisonnement statistique : la 2nde guerre mondiale a tué 60 Mio d'hommes, soit 3% de la population de l'époque, ou moins de 1 millième des 80 milliards d'hommes qui sont nés depuis le début de l'humanité : finalement, ce n'est "rien" à l'échelle de l'Histoire et de l'aventure humaine. Et pourtant, ce drame, en faisant entrevoir l'Enfer à toute l'humanité, a permis de comprendre que l'anéantissement total était possible. Conséquence : le monde vit globalement en paix depuis 70 ans, la chute du communisme n'a pas provoqué d'apocalypse nucléaire, et même s'il y a encore des génocides, des guerres civiles, leur condamnation est largement partagée, et la communauté internationale se sent quand même obligée d'agir (même si c'est tardif et loin d'être efficace...)
Donc, le raisonnement qui consiste à accuser Dieu de notre souffrance n'est, à mon humble avis, que le refus (conscient ou non) d'analyser en profondeur les responsabilités et le péché de l'Homme, de faire la balance du Bien et du Mal, et de l'orgueil que nous avons en considérant qu'une vie de pécheur sur Terre a une valeur supérieure à la Vie Éternelle.
Seules la Foi, l'Espérance et la Charité permettent de vivre avec la souffrance. L'intensité de cette souffrance n'est que la mesure de l'insuffisance de nos vertus.
Et finalement, le problème, c'est que tout ce que je viens d'écrire est bien sûr inaudible par quelqu'un qui vit cette souffrance.... et donc qu'elle restera insupportable.