par archi » mer. 15 juin 2011, 20:32
Silouane a écrit :Pour le reste comme je l'ai déja dit la primauté de Rome était lié à son statut de capitale, et ce n'est qu'au moment de son déclin, lié au déclin de l'empire d'Occident, que les évêques de Rome ont tenté de trouver une autre justification en inventant la doctrine du siège apostolique.
C'est vous qui l'affirmez gratuitement. Pensez-vous que le statut de capitale avait une importance pour Clément de Rome quand il réglait les dissensions de l'Eglise de Corinthe en 96, bien avant la conversion de Constantin?
Imaginez-vous vraiment que le statut de capitale ait eu plus d'importance pour les Apôtres et leurs successeurs immédiats que, notamment, le fait que Pierre et Paul y aient connu le martyre?
Mais celà n'a aucune fondement :
1) D'une part Pierre ne s'est jamais revendiqué vicaire du Christ (pas plus que les premiers évêques de Rome).
2) D'autre part, pourquoi l'évêque de Rome serait-il plus le successeur de Pierre que l'évêque d'Antioche ? (qui est aussi une église fondée par l'apôtre)
Pierre et les premiers évêques de Rome n'employaient pas l'expression "vicaire du Christ" mais ils géraient déjà avec autorité les conflits de l'Eglise... Cf le Concile de Jérusalem, cf l'Epître de Clément, etc...
Quant à la différence entre l'Eglise de Rome et celle d'Antioche... relevons déjà qu'Antioche n'a pas été co-fondée par St Paul, et elle n'a pas été le lieu du martyre des 2 apôtres. Relevons aussi que du vivant de Pierre, celui-ci s'était désigné des successeurs que la Tradition ininterrompue de l'Eglise de Rome place en tête de la liste des évêques de Rome (Lin et Clet).
Par ailleurs, quand je vois la masse de documents en faveur d'une autorité du Siège Apostolique pour trancher la doctrine tout au long du 1er millénaire (celui dont je me souviens le mieux est Saint Irénée, "l'Eglise de Rome avec laquelle toutes les églises doivent s'accorder", mais il y en a plein), ou pour régler les conflits dans l'Eglise, le fait qu'ils s'occuppent de ce qui se passe dans des contrées distantes et pas seulement dans leur diocèse ou dans les diocèses italiens... j'ai du mal à ne voir dans la primauté du Pape qu'une simple primauté d'honneur.
Permettez moi de remettre en cause cette affirmation car en réalité tous les témoignages antiques contredisent le soi-disant "vicairiat" du pape.(cf
l'affaire de la date de Paque, l'affaire du rebapteme ,etc.)
Quant à la citation d'Irénée que vous citez, il s'agit d'une traduction douteuse et partiale réfutée depuis longtemps par les orthodoxes. Si vous vous intéressez au sujet je peux vous conseiller quelques livres (qui sont d'ailleurs je crois disponible gratuitement sur google book).
Je veux bien vos sources... pour la part, les miennes, même du côté Orthodoxe (Olivier Clément), concordent dans leur transcription (ma citation de mémoire ne prétendait pas être exacte). Je cite ce qu'en dit Olivier Clément (in "Rome autrement"):
A cause de cette "plus puissante origine - propter potentiorem participalitaem", l'accord avec cette église garantit l'accord avec la foi évangélique.
Quant à l'affaire de la date de Pâques, je vois difficilement comment elle prouve votre point. Un évêque qui se permet de menacer d'excommunication (pour des motifs qu'on peut effectivement trouver bien excessifs) la moitié de l'Eglise jouit forcément d'une grande autorité:
Victor Ier a écrit :Le président de l'Eglise des Romains, Victor, entreprend de retrancher en masse de l'unité commune les chrétientés de toute l'Asie... les tenants pour hétérodoxes. Il le notifie par lettre et déclare que tous les frères de ces pays sont excommuniés"
Vous imaginez vraiment un homme se permettre une déclaration pareille si on ne lui reconnaît pas déjà l'autorité sur l'"unité commune"?
Par ailleurs les papes eux-mêmes ne se croyaient pas infaillibles doctrinalement, sinon comment expliquer le fait que des papes aient acceptés d'anathémiser un de leur prédecesseur ? Si ils croyaient à l'infaillibilité pontificale ils auraient du en déduire que le concile oecuménique s'était trompé et que Honorius n'avait jamais défailli doctrinalement. Pourtant au lieu de ça, ils ont accepté le concile et la condamnation d'Honorius.
Il y a là un paradoxe insurmontable pour la théologie catholique : car puisque les papes ne croyaient pas à l'infaillibilité pontificale et pensaient que même un pape pouvait enseigner des doctrines erronées (comme en témoigne l'acceptation de la condamnation) , celà veut dire que ces papes étaient eux-mêmes doctrinalement dans l'erreur.
Vous méconnaissez la doctrine de l'infaillibilité (les Pères du Concile Vatican I connaissaient bien le cas d'Honorius, ne vous inquiétez pas): l'infaillibilité du Pape n'est que celle de l'Eglise en matière de foi et de moeurs et ne concerne que les déclarations obligatoires. Ce n'est nullement ce type de déclaration qui a valu à Honorius sa condamnation, mais uniquement des lettres (certains affirment d'ailleurs qu'il a simplement failli à son devoir de protéger la doctrine... ce qui ne change rien au fond des choses). Il est tout à fait possible qu'un Pape tienne individuellement des opinions erronées, pourvu que son opinion n'engage pas la foi de l'Eglise. Personne ne tient sérieusement le scandaleux Alexandre VI pour doctrinalement orthodoxe ni même simplement pour un chrétien digne de ce nom, mais il ne s'est jamais préoccuppé d'enseigner solennellement la doctrine.
In Xto,
archi.
[quote="Silouane"]Pour le reste comme je l'ai déja dit la primauté de Rome était lié à son statut de capitale, et ce n'est qu'au moment de son déclin, lié au déclin de l'empire d'Occident, que les évêques de Rome ont tenté de trouver une autre justification en inventant la doctrine du siège apostolique. [/quote]
C'est vous qui l'affirmez gratuitement. Pensez-vous que le statut de capitale avait une importance pour Clément de Rome quand il réglait les dissensions de l'Eglise de Corinthe en 96, bien avant la conversion de Constantin?
Imaginez-vous vraiment que le statut de capitale ait eu plus d'importance pour les Apôtres et leurs successeurs immédiats que, notamment, le fait que Pierre et Paul y aient connu le martyre?
[quote]Mais celà n'a aucune fondement :
1) D'une part Pierre ne s'est jamais revendiqué vicaire du Christ (pas plus que les premiers évêques de Rome).
2) D'autre part, pourquoi l'évêque de Rome serait-il plus le successeur de Pierre que l'évêque d'Antioche ? (qui est aussi une église fondée par l'apôtre)[/quote]
Pierre et les premiers évêques de Rome n'employaient pas l'expression "vicaire du Christ" mais ils géraient déjà avec autorité les conflits de l'Eglise... Cf le Concile de Jérusalem, cf l'Epître de Clément, etc...
Quant à la différence entre l'Eglise de Rome et celle d'Antioche... relevons déjà qu'Antioche n'a pas été co-fondée par St Paul, et elle n'a pas été le lieu du martyre des 2 apôtres. Relevons aussi que du vivant de Pierre, celui-ci s'était désigné des successeurs que la Tradition ininterrompue de l'Eglise de Rome place en tête de la liste des évêques de Rome (Lin et Clet).
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Par ailleurs, quand je vois la masse de documents en faveur d'une autorité du Siège Apostolique pour trancher la doctrine tout au long du 1er millénaire (celui dont je me souviens le mieux est Saint Irénée, "l'Eglise de Rome avec laquelle toutes les églises doivent s'accorder", mais il y en a plein), ou pour régler les conflits dans l'Eglise, le fait qu'ils s'occuppent de ce qui se passe dans des contrées distantes et pas seulement dans leur diocèse ou dans les diocèses italiens... j'ai du mal à ne voir dans la primauté du Pape qu'une simple primauté d'honneur.
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Permettez moi de remettre en cause cette affirmation car en réalité tous les témoignages antiques contredisent le soi-disant "vicairiat" du pape.(cf [b]l'affaire de la date de Paque[/b], l'affaire du rebapteme ,etc.)
Quant à la citation d'Irénée que vous citez, il s'agit d'une traduction douteuse et partiale réfutée depuis longtemps par les orthodoxes. Si vous vous intéressez au sujet je peux vous conseiller quelques livres (qui sont d'ailleurs je crois disponible gratuitement sur google book).[/quote]
Je veux bien vos sources... pour la part, les miennes, même du côté Orthodoxe (Olivier Clément), concordent dans leur transcription (ma citation de mémoire ne prétendait pas être exacte). Je cite ce qu'en dit Olivier Clément (in "Rome autrement"):
[quote]A cause de cette "plus puissante origine - [i]propter potentiorem participalitaem[/i]", l'accord avec cette église garantit l'accord avec la foi évangélique.[/quote]
Quant à l'affaire de la date de Pâques, je vois difficilement comment elle prouve votre point. Un évêque qui se permet de menacer d'excommunication (pour des motifs qu'on peut effectivement trouver bien excessifs) la moitié de l'Eglise jouit forcément d'une grande autorité:
[quote="Victor Ier"]Le président de l'Eglise des Romains, Victor, entreprend de retrancher en masse de l'unité commune les chrétientés de toute l'Asie... les tenants pour hétérodoxes. Il le notifie par lettre et déclare que tous les frères de ces pays sont excommuniés"[/quote]
Vous imaginez vraiment un homme se permettre une déclaration pareille si on ne lui reconnaît pas déjà l'autorité sur l'"unité commune"?
[quote]Par ailleurs les papes eux-mêmes ne se croyaient pas infaillibles doctrinalement, sinon comment expliquer le fait que des papes aient acceptés d'anathémiser un de leur prédecesseur ? Si ils croyaient à l'infaillibilité pontificale ils auraient du en déduire que le concile oecuménique s'était trompé et que Honorius n'avait jamais défailli doctrinalement. Pourtant au lieu de ça, ils ont accepté le concile et la condamnation d'Honorius.
Il y a là un paradoxe insurmontable pour la théologie catholique : car puisque les papes ne croyaient pas à l'infaillibilité pontificale et pensaient que même un pape pouvait enseigner des doctrines erronées (comme en témoigne l'acceptation de la condamnation) , celà veut dire que ces papes étaient eux-mêmes doctrinalement dans l'erreur.[/quote]
Vous méconnaissez la doctrine de l'infaillibilité (les Pères du Concile Vatican I connaissaient bien le cas d'Honorius, ne vous inquiétez pas): l'infaillibilité du Pape n'est que celle de l'Eglise en matière de foi et de moeurs et ne concerne que les déclarations obligatoires. Ce n'est nullement ce type de déclaration qui a valu à Honorius sa condamnation, mais uniquement des lettres (certains affirment d'ailleurs qu'il a simplement failli à son devoir de protéger la doctrine... ce qui ne change rien au fond des choses). Il est tout à fait possible qu'un Pape tienne individuellement des opinions erronées, pourvu que son opinion n'engage pas la foi de l'Eglise. Personne ne tient sérieusement le scandaleux Alexandre VI pour doctrinalement orthodoxe ni même simplement pour un chrétien digne de ce nom, mais il ne s'est jamais préoccuppé d'enseigner solennellement la doctrine.
In Xto,
archi.