Le suffrage universel

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Re: Le suffrage universel

par Hélène » sam. 18 août 2007, 20:12

popeye a écrit :
Christophe a écrit : Tout est dit ! :p
Et bien dit :)
Tout est dit qui finit bien :rire:

Re: Le suffrage universel

par Popeye » sam. 18 août 2007, 20:02

Christophe a écrit : Tout est dit ! :p
Et bien dit :)

Re: Le suffrage universel

par tartarin » sam. 18 août 2007, 16:52

typiquement révolutionnaire comme raisonnement

tu parles d'un royaliste

au fait au nom dequoi trois cartons ?

Re: Le suffrage universel

par Christophe » sam. 18 août 2007, 9:16

I. Tout pouvoir provient de Dieu

" Que si l'on veut déterminer la source du pouvoir dans l'Etat, l'Eglise enseigne avec raison qu'il la faut chercher en Dieu. C'est ce qu'elle a trouvé exprimé avec évidence dans les saintes Lettres et dans les monuments de l'antiquité chrétienne. [...]

Cette origine divine de l'autorité humaine est attestée de la façon la plus claire en maints passages de l'ancien Testament : " C'est par moi que règnent les rois, par moi que les souverains commandent, que les arbitres des peuples rendent la justice (Prov., VIII, 15-16)." [...]

Et, en effet, la doctrine et la morale de Jésus-Christ ont trouvé un écho fidèle dans la prédication des Apôtres. On connaît l'enseignement sublime et décisif que saint Paul donnait aux Romains, bien qu'ils fussent soumis à des empereurs païens. " Il n'y a de pouvoir que celui qui vient de Dieu (Tract. CXVI in Joan., n.5)." D'où l'Apôtre déduit, comme une conséquence, que " le souverain est le ministre de Dieu (Ad. Rom., XIII, 1, 4)."
"
S.S. le pape Léon XIII, Encyclique Diuturnum illud, "Sur l'origine du pouvoir civil" (1881)

:arrow: Dieu est la source unique et naturelle de toute autorité humaine. Dans l'ordre politique, le souverain est ministre de Dieu : la souveraineté est exercée au nom de Dieu et son seul objet est d’œuvrer à accomplir le bien commun, qui est la volonté de Dieu pour la Cité.


II. Tout régime politique concourant au bien commun est légitime

" Si l'autorité renvoie à un ordre fixé par Dieu, "la détermination des régimes politiques, comme la détermination de leurs dirigeants, doivent être laissées à la libre volonté des citoyens" (GS, n. 74). La diversité des régimes politiques est moralement admissible, pourvu qu'ils concourent au bien légitime de la communauté qui les adopte. Les régimes dont la nature est contraire à la loi naturelle, à l'ordre public et aux droits fondamentaux des personnes, ne peuvent réaliser le bien commun des nations auxquelles ils se sont imposés. "
(CEC, n. 1901)

" Toutefois, il importe de remarquer ici que, s'il s'agit de désigner ceux qui doivent gouverner la chose publique, cette désignation pourra dans certains cas être laissée au choix et aux préférences du grand nombre, sans que la doctrine catholique y fasse le moindre obstacle. Ce choix, en effet, détermine la personne du souverain, il ne confère pas les droits de la souveraineté; ce n'est pas l'autorité que l'on constitue, on décide par qui elle devra être exercée. Il n'est pas question davantage des différents régimes politiques : rien n'empêche que l'Église n'approuve le gouvernement d'un seul ou celui de plusieurs, pourvu que ce gouvernement soit juste et appliqué au bien commun. Aussi, réserve faite des droits acquis, il n'est point interdit aux peuples de se donner telle forme politique qui s'adaptera mieux ou à leur génie propre, ou à leurs traditions et à leurs coutumes. "
S.S. le pape Léon XIII, Encyclique Diuturnum illud, "Sur l'origine du pouvoir civil" (1881)

:arrow: Tout régime concourant au bien commun est légitime. Ceci suppose le respect de la loi naturelle, de l'ordre public et des droits fondamentaux des personnes. La détermination du régime politique est laissé à la libre volonté des citoyens.


III. Qu'est-ce que la démocratie chrétienne ?

" De la sorte, sous les auspices de l'Eglise, il s'est établi entre les catholiques une communauté d'action et une série d'œuvres destinées à venir en aide au peuple, exposé aux pièges et aux périls non moins souvent qu'à l'indigence et aux labeurs.

Au commencement, cette sorte de bienfaisance populaire ne se distinguait ordinairement par aucune appellation spéciale. Le terme de socialisme chrétien, introduit par quelques-uns, et d'autres expressions dérivées de celle-là, sont justement tombées en désuétude. Il plut ensuite à certains, et à bon droit, de l'appeler action chrétienne populaire. En certains endroits, ceux qui s'occupent de ces questions sont dits chrétiens sociaux. Ailleurs, la chose elle-même est appelée démocratie chrétienne, et ceux qui s'y adonnent sont les démocrates chrétiens ; au contraire, le système défendu par les socialistes est désigné sous le nom de démocratie sociale.

Or, des deux dernières expressions énoncées ci-dessus, si la première, " chrétiens sociaux ", ne soulève guère de réclamations, la seconde, " démocratie chrétienne ", blesse beaucoup d'honnêtes gens, qui lui trouvent un sens équivoque et dangereux, ils se défient de cette dénomination pour plus d'un motif. Ils craignent que ce mot ne déguise mal le gouvernement populaire ou ne marque en sa faveur une préférence sur les autres formes de gouvernement. [...]

Mais il serait condamnable de détourner à un sens politique le terme de démocratie chrétienne. Sans doute, la démocratie, d'après l'étymologie même du mot et l'usage qu'en ont fait les philosophes, indique le régime populaire ; mais, dans les circonstances actuelles, il ne faut l'employer qu'en lui ôtant tout sens politique, et en ne lui attachant aucune autre signification que celle d'une bienfaisante action chrétienne parmi le peuple.
"
S.S. le pape Léon XIII, Encyclique Graves de communi re, "Sur la démocratie-chrétienne" (1901)

:arrow: Il est préférable parler de " christianisme social " plutôt que de " démocratie chrétienne ". En effet, l'expression " démocratie chrétienne " porte à l'ambiguïté : elle semble indiquer une préférence pour le régime populaire alors qu'il ne faut lui accorder aucune autre signification qu'une bienfaisante action chrétienne parmi le peuple.


IV. Le Magistère défend aux chrétiens-sociaux de se lier à une forme de gouvernement

" En effet, les préceptes de la nature et de l'Evangile étant, par leur autorité propre, au-dessus des vicissitudes humaines, il est nécessaire qu'ils ne dépendent d'aucune forme de gouvernement civil ; ils peuvent pourtant s'accommoder de n'importe laquelle de ces formes, pourvu qu'elle ne répugne ni à l'honnêteté ni à la justice.

Ils sont donc et ils demeurent pleinement étrangers aux passions des partis et aux divers évènements, de sorte que, quelle que soit la constitution d'un État, les citoyens peuvent et doivent observer ces mêmes préceptes qui leur commandent d'aimer Dieu par-dessus toutes choses et leur prochain comme eux-mêmes. Telle fut la perpétuelle discipline de l'Église ; c'est celle qu'appliquèrent toujours les Pontifes romains vis-à-vis des États, quelle que fût pour ceux-ci la forme de gouvernement.

Ceci étant posé, les intentions et l'action des catholiques qui travaillent au bien des prolétaires ne peuvent, à coup sûr, jamais tendre à préférer un régime civil à un autre ni à lui servir comme de moyen de s'introduire. [...]

Mais ce qui importe par-dessus tout, c'est que, dans une affaire si capitale, il y ait chez les catholiques unité d'esprit, unité de volonté, unité d'action.
"
S.S. le pape Léon XIII, Encyclique Graves de communi re, "Sur la démocratie-chrétienne" (1901)

:arrow: l'Église défend aux fidèles de se lier à une quelconque forme de constitution civile.


IV. L'enseignement de l'Église catholique sur la démocratie

" En réalité, la démocratie ne peut être élevée au rang d'un mythe, au point de devenir un substitut de la moralité ou d'être la panacée de l'immoralité. Fondamentalement, elle est un "système" et, comme tel, un instrument et non pas une fin. Son caractère "moral" n'est pas automatique, mais dépend de la conformité à la loi morale, à laquelle la démocratie doit être soumise comme tout comportement humain: il dépend donc de la moralité des fins poursuivies et des moyens utilisés. Si l'on observe aujourd'hui un consensus presque universel sur la valeur de la démocratie, il faut considérer cela comme un "signe des temps" positif, ainsi que le Magistère de l'Église l'a plusieurs fois souligné. Mais la valeur de la démocratie se maintient ou disparaît en fonction des valeurs qu'elle incarne et promeut. "
S.S. le pape Jean-Paul II, Evangelium Vitae, "Sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine" (1995)

" L'Eglise apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s'avère opportun. Cependant, l'Eglise ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l'État au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques.
Une démocratie authentique n'est possible que dans un Etat de droit et sur la base d'une conception correcte de la personne humaine. Elle requiert la réalisation des conditions nécessaires pour la promotion des personnes, par l'éducation et la formation à un vrai idéal, et aussi l'épanouissement de la "personnalité" de la société, par la création de structures de participation et de coresponsabilité. On tend à affirmer aujourd'hui que l'agnosticisme et le relativisme sceptique représentent la philosophie et l'attitude fondamentale accordées aux formes démocratiques de la vie politique.... A ce propos, il faut observer que, s'il n'existe aucune vérité dernière qui guide et oriente l'action politique, les idées et les convictions peuvent être facilement exploitées au profit du pouvoir. Une démocratie sans valeurs se transforme facilement en un totalitarisme déclaré ou sournois, comme le montre l'histoire.
"
S.S. le pape Jean-Paul II, Centesimus Annus, (1991)

:arrow: l'Église s'accommode du régime démocratique et l'apprécie dans la mesure où il assure la participation des citoyens à la vie politique. Néanmoins, nous rappelons que l'assentiment de la majorité ne constitue pas une garantie de moralité, ni donc de légitimité... Lorsque la démocratie tente de s'émanciper de la loi morale objective, elle se corrompt rapidement en une sorte de totalitarisme manifeste ou insidieux. Aussi, plutôt qu'insister sur la valeur de la démocratie, l'Église souhaite promouvoir la pénétration des doctrines évangéliques au sein des institutions, en rupture avec le relativisme sceptique qui mine la vie politique et trouve son paroxysme dans une conception erronée de la laïcité.

Tout est dit ! :p
Christophe

Re:

par tartarin » sam. 18 août 2007, 4:40

David-Alexandre a écrit :Merci Christophe :)

Je voulais dire que en droit, les catholiques sont incités à participer à la vie de la République [je me suis mal exprimé, plutôt que de dire républicain j'aurai dut dire participer au système en place] (depuis Léon XII). Mais si elle s'éteignait un jour, on aura pas à sortir de mouchoir.
Leon XIII n'a pas appelé à rallier la république mais à se concentrer sur la question des lois injustes et anti-catholiques plutot que sur la forme de régime qui le instaure.

La république est née en Haine des Chrétiens et des demeurés dits Chrétiens soutiennent ce régime

Re: Le suffrage universel

par tartarin » sam. 18 août 2007, 4:38

Le suffrage universel, la souverraineté populaire ..... innenvisageable:
LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE EST UNE HÉRÉSIE


par Charles MAIGNEN

Docteur en théologie, 1892




INTRODUCTION


Ce qui divise la France en deux camps, ce n'est pas la forme du gouvernement c'est le principe de l'autorité.

Nous sommes en présence de deux doctrines : celle de l'Eglise : «Tout pouvoir vient de Dieu», et celle de la Révolution : «Tout pouvoir vient du peuple».

L'une et l'autre peuvent s'adapter aux différentes formes du pouvoir politique. La première a trouvé son application dans les républiques de Venise, de Gênes et des cantons Suisses, comme dans la monarchie française. La seconde a dominé les monarchies constitutionnelles, comme les trois républiques qui se sont succédées, en France, depuis la Révolution.

Tout n'est donc pas dit quand on s'est proclamé républicain ou monarchiste
; mieux vaudrait dire si l'on est partisan ou adversaire de la souveraineté du peuple.

Pourquoi, en pratique, la division se manifeste-t-elle plutôt, sur la forme que sur le principe de l'autorité ? Est-ce pure équivoque et malentendu ? Non.

C’est que, en réalité, si toutes les formes politiques sont conciliables avec l'une et l'autre doctrine, il en est cependant qui répondent plus complètement à l'une ou à l'autre.

La philosophie enseigne que la monarchie est la meilleure forme de gouvernement et si l'Eglise devait se prononcer un jour sur la question de principe, sans proscrire aucune forme régulière, c'est en ce sens qu'elle le ferait.

Nous savons, d'autre part, que les partisans de la souveraineté du peuple, préfèrent la république à la monarchie, même constitutionnelle, et l'établissent ou tendent à l'établir partout.

Il est donc naturel qu'en France, pays de la logique et des conséquences extrêmes, la lutte des deux principes se manifeste par la lutte des formes politiques qui en sont, chacune pour sa part, la plus parfaite expression.
Avant tout, il faut poser nettement la question, telle qu'elle s'agite dans les esprits, afin d'avoir une pierre de touche qui permette aux vrais enfants de l'Eglise de se reconnaître, et qui fasse l'union, en séparant le bon grain d'avec l'ivraie.

Si les catholiques sont divisés, c'est parce qu'ils ne sont pas assez séparés de leurs ennemis.

Plusieurs se laissent prendre aux apparences et aux formules ; il faut mettre en lumière et en évidence l'objet fondamental du débat et montrer où est l'ennemi, si vraiment on veut le vaincre.

Le dogme révolutionnaire de la souveraineté du peuple ; voilà l'ennemi !
Tant que cette erreur dominera les esprits, il n'y aura pas, dans le monde, un seul gouvernement qui puisse rester chrétien.


La monarchie chrétienne sera impossible, faute d'un peuple qui sache obéir, et d'un roi qui ose commander.

La république chrétienne sera plus impossible encore, parce qu'il est insensé d'établir un gouvernement populaire, là ou le peuple ne connaît pas de limites à sa souveraineté.

Il faut donc que tous les efforts de l'Eglise et des catholiques tendent à ce but : proclamer la déchéance de l'homme qui a usurpé, dans la société, la place de Dieu !

L'Eglise, un jour, le fera.


Elle frappera d'anathème, le dogme fondamental de la Révolution :
«Si quelqu'un dit que la souveraineté ne vient pas de Dieu, mais du peuple et réside essentiellement dans la nation, qu'il soit anathème».
Ce sera le jour du triomphe !

Mais, en attendant, nous catholiques, parlons, et proclamons hautement, en face de la bête révolutionnaire, ivre du sang des âmes qu'elle dévore, la royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, source unique et seul maître de toute souveraineté.

C'est là, je le reconnais, un programme qui serait peu goûté des électeurs, et voilà le souci qui a rendu insuffisants et inefficaces les programmes rédigés jusqu'ici par les catholiques.

Mais le programme du parti catholique, ne doit pas être un programme électoral.


L'Eglise ne peut pas établir le peuple juge de ses différends avec l'Etat.
Si nous soumettons ses droits et ses immunités au verdict du peuple souverain, nous sommes bien coupables.

Prenons part aux luttes politiques pour instruire et non pour séduire.
Apprenons au peuple que s'il veut de bons gouvernants, il faut qu'il consente à avoir des maîtres.

Rappelons lui qu'il détient contre le bon sens et la justice, les droits incessibles du pouvoir souverain, et, si nous descendons dans l'arène politique, que ce ne soit pas pour lui dire l'Ave César des gladiateurs, mais le Credo des martyrs.




CHAPITRE II


Conclusion pratique.

La république actuelle, avec ses hommes et ses lois, est le châtiment de la France.

La France, nation préférée, fille aînée de l'Eglise, comblée des dons naturels et surnaturels de Dieu, la France a péché. Dans une même heure de révolte et de folie, elle a renié le Christ, son Dieu, elle a tué son père le Roi très chrétien.

La France est punie.

Depuis ce jour de crime la nation n'est pas seulement divisée, elle est mutilée, décapitée.

« C'est en punition du péché que les impies arrivent au pouvoir avec la permission de Dieu. »

Ainsi conclut saint Thomas quand il examine les moyens de remédier à la tyrannie :
« Il faut cesser de pécher pour que cesse la plaie des tyrans. »
« Tollenda est igitur culpa ut cesset tyrannorum plaga. »

Voilà le principe d'ou il faut partir pour trouver un remède à nos maux.
Tollenda est culpa!

Le péché de la France moderne est double.

Il y a en elle un péché d'origine : l'apostasie et le régicide en un mot, la Révolution.

Il y a en elle un péché actuel : la prétention du peuple à la souveraineté, la méconnaissance de toute autorité qui n'émane point de lui ; c'est-à-dire, l'impénitence dans le péché de révolution.

Dieu qui aime la France, lui fait sentir le poids de sa colère.
« Regnare facit hominen hypocritam propter peccata populi. » (Job, XXXIV, 30).

Le juif et le franc-maçon, l'homme hypocrite, règnent sur nous.

Il faut faire comprendre au peuple pourquoi et comment il est puni, si l'on veut qu'il se convertisse et que Dieu lui pardonne.

Prêchez donc, vous qui parlez de Dieu, prêchez la grandeur du crime et la justice de l'expiation. Ne laissez pas le peuple oublier qu'il est coupable. Héritier d'un bien mal acquis, il faut qu'il le sache et qu'il le rende: à César ce qui est à César, à Dieu ce qui est à Dieu.


A César, c'est-à-dire à celui qui gouverne sur terre, le peuple doit rendre le pouvoir souverain, dans l'ordre temporel : l'autorité de faire et d'imposer la loi.

A Dieu, le peuple doit de le reconnaître pour son juge et de professer, comme nation, le culte qu'il a Lui-même institué.

Il faut prêcher l'obéissance à Dieu, d'abord, puis à tous ceux qui commandent en son nom et suivant sa loi.

Il faut que les catholiques apprennent à haïr la Révolution ; il faut la leur montrer sous son vrai jour, avec ses hontes, ses infamies et ses crimes.
Il faut que les catholiques apprennent à mépriser « la civilisation moderne, le progrès et le libéralisme », avec lesquels l’Eglise, leur mère, « ne doit pas et ne peut pas se réconcilier ni transiger ».

Il faut qu'ils rompent, enfin, avec les erreurs et les illusions du siècle, dont la plupart subissent inconsciemment l'oppression.

Il faut qu'ils sachent résister autrement que par des paroles ; non seulement en protestant contre les lois impies, mais en les violant.
Il faut qu'ils revendiquent les libertés de l'Eglise, non pas en se plaçant sur le terrain condamné du droit commun, mais au nom des droits supérieurs de la vérité et de la Justice, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Roi des Rois.

Il faut qu'ils appellent le parlementarisme un mensonge, la liberté des cultes un délire, le libéralisme une peste et la souveraineté du peuple une hérésie.

Le jour où le peuple catholique de France, serré autour de ses chefs, saura penser, parler et agir de la sorte, la révolution sera finie et la patrie sauvée.

Alors, il sera facile de s'entendre sur le choix d'un chef ou d'une forme de gouvernement. Ceux qui nous auront conduits à la victoire, par un tel chemin, sauront faire leur devoir jusqu'au bout.

Dieu comblera la France catholique de ses dons, et vainqueur de ses ennemis, nous donnera des maîtres selon son cœur.

Sedem ducum superborum destruxit Deus, et sedere fecit mites pro eis. (Eccli., X, 17.)




CHAPITRE III


L'obstacle.


Plusieurs parmi les lecteurs, trouveront assurément les lignes précédentes trop mystiques et ne verront rien de moins pratique qu'une telle conclusion pour un tel travail.

Vous qui pensez ainsi, vous êtes l'obstacle au salut.

L'obstacle au salut, ce sont les catholiques qui songent uniquement aux moyens humains, en un péril où Dieu seul peut nous sauver.

Or, les moyens humains, ne sont pas seulement impuissants à nous sauver, ils hâteront notre ruine.

Quels moyens avons-nous, humainement, de sauver la religion et la France ?

Ceux que nous donne la Constitution.

Et quel moyen la Constitution nous donne-t-elle ?

Le suffrage universel, seulement.

C'est-à-dire, précisément ce qui perpétue et enracine au cœur de la France le péché mortel de révolution.


C'est-à-dire, la grâce du peuple souverain, grâce promise au prix de quelles humiliations et de quelles bassesses! grâce toujours révocable et sans cesse rachetée.

Comment jetterez-vous l'anathème sur le dogme de la souveraineté populaire, si vous attendez d'elle le salut ?

Comment proclamerez-vous les droits imprescriptibles et divins de l’Eglise, si le programme du parti que vous fondez pour la défendre est un programme électoral, destiné à rallier la majorité des hommes de ce temps ?

O infernale ruse de l’esprit de mensonge qui nous accule dans ce défilé!
Passez, Ô catholiques, sous les fourches caudines des votes populaires! il n’y a pas d’autres issue!

Alors les défaillances se préparent ; on s’étudie à gagner l’opinion, on réduit le bagage importun des principes au strict nécessaire ; on est « libéral » ami du « progrès » admirateur passionné de la « civilisation moderne ».

« Qu’est-ce que le peuple, dit saint Jean Chrysostome, quelque chose rempli de tumulte et de trouble... Est-il plus misérable que celui qui le sert ? Que des gens du monde y prétendent, cela est tolérable, bien qu’en vérité intolérable ; mais que ceux qui disent avoir quitté le monde souffrent d’un tel mal, cela est plus intolérable encore » .

Et parmi ceux qui ont quitté le monde, il en est qui souffrent de ce mal du monde et que le monde n’a pas quittés ; il en est qui prétendent tout concilier, tout unir : la vérité avec le mensonge, la lumière avec les ténèbres, la souveraineté du peuple avec les droits de Dieu.

On célèbre déjà le triomphe de leurs doctrines ; tout en restant ennemis de l’Eglise, ceux qui persécutent se font leurs amis ; les âmes périssent et la paix règne entre les loups et les pasteurs.

Il ne faut pas réveiller les colères du peuple, le maître va parler, l’heure des élections approche ; silence !

En nous faisant bien humbles, bien petits, nous tiendrons peut-être l’indulgence dont nous avons besoin, pour nous faire pardonner le crime d'exister encore.

Et pendant que l’on se tait, l’erreur parle, les mille voix de la presse déversent sur les âmes un flot de boue et de mensonge, et l'on n'entend plus que le bruit de ce flot, et l'on oublie tout, jusqu'à la langue dans laquelle se parle la vérité ; en sorte que si une voix la proclame, et qu'on l'entende, sa parole inconnue produit un scandale ou se perd dans la nuit.

Voilà l'obstacle au salut : c'est le libéralisme catholique.
Il n'y a rien à ajouter, tout y est. [/quote]

par David-Alexandre » mer. 28 mars 2007, 21:29

Merci Christophe :)

Je voulais dire que en droit, les catholiques sont incités à participer à la vie de la République [je me suis mal exprimé, plutôt que de dire républicain j'aurai dut dire participer au système en place] (depuis Léon XII). Mais si elle s'éteignait un jour, on aura pas à sortir de mouchoir.

par Christophe » mer. 28 mars 2007, 21:23

Bonjour et bienvenue, David-Alexandre
David-Alexandre a écrit :jusqu'à nouvel ordre les catholiques sont républicains
Que voulez-vous dire précisément par là ?

Bien à vous
Christophe

par David-Alexandre » mer. 28 mars 2007, 21:14

Le texte date de 1892, or depuis le 20 février 1892, les catholiques sous l'injonction de Léon XIII ont rallié la République. Pour le meilleur et surtout le pire, mais jusqu'à nouvel ordre les catholiques sont républicains. Mais ce qui est toujours d'actualité ce sont les séquelles doctrinales des fidèles et la nécessité de toujours plus approfondir notre foi (dogmatiquement parlant).

par Larmorencourt » mer. 23 août 2006, 17:20

Christian a écrit :Soljenitsyne est un bon exemple de dissident admirable devenu le champion de la bigoterie orthodoxe obscurantisme et nationaliste.
Il me plait bien ce Solzhenitsyn. Et je ne peux que me réjouir, qu'en Russie, une église nouvelle surgisse de terre quasiment toutes les heures. Je préfère cet obsurantisme-là à notre suffisance laïque mortifère. Savez-vous tout le gouvernement russe, y compis le premier ministre Fradkov, pourtant juif, assiste à la veillée pascale en la basilique du Saint-Sauveur? Si L'habit religieux ne fait pas toujours le moine, la nudité laïque fait souvent la pute. Qu'un premier ministre juif veuille assister à une veillée orthodoxe sans y trouver à redire, reflète bien que l'orthodoxie est partie intégrante de la Russie, le tatare musulman n'est pas choqué outre mesure de ce que les églises moscovites arborent des croix qui dominent le croissant car les tatares se sentent, à quelques rares exceptions, profondément russes.

par Christian » mer. 23 août 2006, 14:36

Bonjour Larmorencourt,
puisqu'il faut rendre à césar ce qui est à césar, puissions nous, autant que possible, choisir un César qui est de Dieu, plutôt qu'un autre.
J’ai dit dans une autre intervention ce qu’il faut penser de ce « Rendre à César… » qui a couvert tant d’infamies.
Je pense que le passage de l'évangile a un sens plus trivial que celui de la simple séparation de la politique et du religieux: maintenons un système,même injuste, pour autant qu'il garantit une certaine stabilité
Non. Tout l’enseignement du Christ consiste à refuse ce genre de compromissions. A le refuser jusqu’à la mort. Faire du Christ un collaborateur des autorités, c’est n’avoir rien compris à Son message.
[…] en démocratie ce système est soumis régulièrement à l'approbabtion du peuple, autant en dénoncer les lacunes et l'améliorer
Pour un chrétien, « faire de la politique » consiste toujours et partout à la débusquer, la dénoncer et s’opposer à ses effets. Un système démocratique libéral augmente la tentation du péché (la participation au Pouvoir) et décroît en même temps le coût de résister à cette tentation. Nous sommes constamment appelés à légitimer par notre vote la répression et la spoliation, mais en même temps, on ne risque rien à refuser cette légitimation, à ne pas voter. Personne ne vous punira si vous ne militez pas dans tel ou tel parti. Mais tout le monde, même les chrétiens, éprouvent la tentation de réclamer du Pouvoir qu’il contraigne des innocents à vivre autrement qu’ils ne veulent.

En revanche, dans les régimes autoritaires, le coût de ne pas faire de la politique est élevé. Refuser d’adhérer au Parti peut causer la perte d’avantages professionnels, la privation de logement ou d’une bonne école pour les enfants. Mais une fois cette décision prise, le « dissident » agit chrétiennement. Toute son action va consister à dénoncer plus ou moins ouvertement le Pouvoir, aider autrui à y échapper, etc.

Ce n’est que lorsque se présente la perspective d’un changement de pouvoir que le dissident est repris par la tentation de devenir oppresseur à son tour (même si moins violent). Soljenitsyne est un bon exemple de dissident admirable devenu le champion de la bigoterie orthodoxe obscurantisme et nationaliste.

Christian



Augmentons le chômage parmi les hommes de l'Etat.

par Larmorencourt » mar. 22 août 2006, 19:23

Christian a écrit :

En se remémorant sans cesse Son exemple et Son message : pas de politique.

Bien à vous

Christian
Mais dans un système démocratique, chaque citoyen est presque forcé à faire de la politique, et puisqu'il faut rendre à césar ce qui est à césar, puissions nous, autant que possible, choisir un César qui est de Dieu, plutôt qu'un autre. Je pense que le passage de l'évangile a un sens plus trivial que celui de la simple séparation de la politique et du religieux: maintenons un système,même injuste, pour autant qu'il garantit une certaine stabilité, mais puisqu'en démocratie ce système est soumis régulièrement à l'approbation du peuple, autant en dénoncer les lacunes et l'améliorer. Le passage nous mets aussi en garde de toute tentation de faire régner la justice divine ou d'écarter avant terme l'ivraie du bon grain, mais ne nous dispense pas de faire régner une justice humaine d'inspiration divine

Structures de péché

par Christophe » jeu. 17 août 2006, 19:42

[align=justify]
le bon Seb a écrit :
Christian a écrit :Il existe, comme le montrait lumineusement Jean-Paul II, des structures de péché.
Vous avez attisé ma curiosité. Avez-vous la référence de cette citation ?
Si vous avez le CDSE sous les yeux, cherchez dans l'index sous l'entrée "péché". De nombreux articles du Compendium traitent du sujet. Je crois - sans certitude - que le concept a été utilisé pour la première fois par Jean-Paul II dans l'encyclique Sollicitudo rei socialis (1987).[/align]

par Christian » jeu. 17 août 2006, 12:03

le bon Seb
L'allusion à la tentation du Christ au désert est tellement évidente que je ne peux m'empêcher de la relever pour montrer que vous faites dire à ce texte ce qu'il ne dit pas.
[…]
Ce que les évangiles disent ce n'est pas qu'il faut s'abstenir de faire de la politique mais que, au contraire, quand on en fait il faut toujours faire passer le spirituel avant le temporel.
[…]
Il faut non pas refuser de participer mais le faire de manière chrétienne
Il existe, comme le montrait lumineusement Jean-Paul II, des structures de péché. Si « spirituel » qu’un individu puisse être, sa simple participation à ces structures constitue en elle-même un péché. On ne peut pas être à la fois un chrétien ET membre de la Mafia, proxénète, gardien de goulag, etc.

Les chrétiens ne doivent certes pas s’abstraire de l’action politique (ils la subissent, quoiqu’ils fassent). Mais ils ne peuvent moralement y participer que pour la critiquer. Etre ministre, préfet, etc., c’est nécessairement ordonner ou couvrir de son autorité des actions que la simple morale réprouve : confiscations, brutalités, arbitraire, corruption…
rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu
Nous sommes plusieurs à avoir traité de cette bonne blague sur ce fil

Cordialement

Christian


"La politique est l'art d'obtenir de l'argent des riches et des suffrages des pauvres, sous prétexte de les protéger les uns des autres"

par Christian » mer. 16 août 2006, 18:13

le bon Seb :
Et pourtant il faut bien :
Et non, il ne faut pas. Surtout pas.

La citation du DES est toute empreinte de retenue. Il y a de quoi : l’Eglise s’est si lourdement trompée au cours de l’Histoire en s’acoquinant aux pires pouvoirs, menteurs, voleurs et massacreurs, qu’il faut lui rendre cette justice, elle en retient la leçon.

Elle ne parle plus d’exercer le pouvoir, mais d’y participer.

Mais c’est quand même rester complice du pouvoir.

Des religieux ont trouvé le bon prétexte de sauver les âmes afin d’exploiter les hommes (nombre de palais d’évêques manifestent l’appât du lucre, nombre de cimetières témoignent de la passion politique du clergé).

Car il n’est pas de plus formidable tentation que celle du pouvoir sur autrui. Satan est là qui nous souffle « Tu vas faire le bien d’autrui ». Comment résister ?

En se remémorant sans cesse Son exemple et Son message : pas de politique.

Bien à vous

Christian

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