Découragé "ben raide"

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Re: Découragé "ben raide"

par stephlorant » lun. 11 juil. 2011, 17:36

DavidB a écrit :Peut-être que l'âge force l'acceptation parce que l'on se sent moins l'énergie de se battre contre les contrariétés de la vie, alors nous les prenons avec un grain de sel... Mais à 28 ans, l'esprit et le désirs sont encore très impétueux. Le secousses dans la volonté, dans les désirs de tout genre, c'est difficile d'accepter de ne pas être les artisans de soi-même, de se laisser façonner par la vie... Ça donne des hauts le cœur, la chair a encore ses soubresauts et ses accents sauvages et elle refuse avec rage les brides de l'esprit...
Figurez-vous qu'à 55 ans, les "soubresauts et les accents sauvages" de la chair surviennent encore au moment où l'on ne s'y attend pas - mais la différence, sans doute, c'est que l'on a appris à reconnaître ces révoltes et que l'on est mieux préparé, comme ces marins qui revêtent leurs cirés et leurs bottes bien décidés à faire face. Mais c'est la seule différence: il suffit que Jésus se fasse un peu 'absent', et il en faut de la volonté, et beaucoup ! Que cela ne vous effraie pas : la joie revient toujours ensuite...

Re: Découragé "ben raide"

par DavidB » lun. 11 juil. 2011, 17:05

Re: Découragé "ben raide"

par Sapin » lun. 11 juil. 2011, 14:47

DavidB a écrit :la communauté de l'Emmanuel a organisé une messe pour les jeunes le dimanche soir.
La communauté de l'Emmanuel est-elle présente à Québec maintenant? :incertain:

Re: Découragé "ben raide"

par Griffon » lun. 11 juil. 2011, 11:52

Bonjour David,

C'est dur d'accepter,... de s'accepter...
Et pourtant, c'est la que réside le secret : s'accepter pour se donner tel qu'on est, pauvre et faible.

C'est dans notre faiblesse que le Seigneur déploie sa puissance.
Si bien que tout ce qui est difficile, voire impossible pour nous, nous pouvons le lui remettre.

Alors, voilà qu'il devient pour nous le Sauveur.
Cela n'est plus un vain mot, mais une réalité vivante qui nous transforme.

Courage !

Griffon.

Re: Découragé "ben raide"

par DavidB » lun. 11 juil. 2011, 6:24

Bonjour père Guy,

merci pour ce message qui me fait beaucoup de bien. Je prends conscience qu'on m'a, lorsque j'étais enfant, souvent demandé d'être plus mature que mon âge et que cela a occasionné des fractions en moi et disons que je me sens souvent comme obligé de grandir plus vite que moi.

J'aimerais être comme ces gens que l'on rencontre parfois passé la soixantaine, ils ont une telle paix intérieure, une sagesse qui leur permet d'avoir un regard plus détendu de la vie. Je discutais avec ma grand-mère qui vit seule depuis 2 ans et demis et qui a dû vendre sa maison, a dû accepter de ne plus pouvoir faire les souper du temps des fêtes, accepter de ne plus être capable de faire seule son grand ménage, accepter... La vie la détache et la dépouille petit à petit, et maintenant, quand la santé semble vouloir vaciller, elle est capable de dire avec un brin d'humour qu'elle devra bien mourir de quelque chose comme tout le monde... Je lui disais combien je la trouvais forte d'assumer tous ces deuils en gardant son aplomb. Elle m'a répondu que les deuils, nous devons savoir en faire tout au long de notre vie et que le Seigneur nous donne de les assumer...

Peut-être que l'âge force l'acceptation parce que l'on se sent moins l'énergie de se battre contre les contrariétés de la vie, alors nous les prenons avec un grain de sel... Mais à 28 ans, l'esprit et le désirs sont encore très impétueux. Le secousses dans la volonté, dans les désirs de tout genre, c'est difficile d'accepter de ne pas être les artisans de soi-même, de se laisser façonner par la vie... Ça donne des hauts le coeur, la chair a encore ses soubresauts et ses accents sauvages et elle refuse avec rage les brides de l'esprit...

Oh là là... Je parlais au père Christian Beaulieu de ce que je vis, il trouvais ça touchant d'un côté, mais il s'est aussi esclaffé de rire de voir combien je suis de ma génération, tant je suis pressé. Ma génération : tout, tout de suite, sans trop d'efforts, autant que possible... Il y a bien des réflexes de "cette génération perverse" qui sont à déprogrammer... Et je sais que je suis très loin d'être le seul dans cette situation...


À part ça, Père Guy, comment va la pastorale jeunesse dans votre paroisse? Réussissez-vous à les rejoindre un peu? Ici, la communauté de l'Emmanuel a organisé une messe pour les jeunes le dimanche soir. L'église est souvent assez fréquentée et la moyenne d'âge est peut-être de 35 ans... C'est étonnant, pendant l'été, d'habitude, ça devient beaucoup plus tranquille, mais cette année, il y a encore plus d'une centaine de jeunes...

Quoiqu'il en soit, un sincère merci.

David

Re: Découragé "ben raide"

par papillon » lun. 11 juil. 2011, 6:11

Oui, en effet magnifique, lumineux et apaisant.
Un baume pour tous.

Merci, merci, merci. :fleur:

Re: Découragé "ben raide"

par Anne » lun. 11 juil. 2011, 4:33

Lumineux est le mot qui convient !

Merci Père Guy pour ce message qui est à propos dans bien des situations ! :coeur:

Re: Découragé "ben raide"

par C.-J. » dim. 10 juil. 2011, 22:54

Guy a écrit :Bonjour David,

Je viens de lire tout ce que vous partagez sur ce fil, j'ai pris le temps aussi de consulter d'autres messages pour me mettre à jour un peu. Ce que je peux constater en vous lisant c'est que vous n'êtes absolument pas prêt à vivre cette vie héroïque pour laquelle vous aspirez en ce moment. Vous voulez devenir en un clin d’œil un Hercule alors que vous n'êtes qu'un nain, comme vous l'avez si bien dit. Pourquoi vous torturer ainsi, on parvient à atteindre un idéal dans la vie chrétienne en y allant étape par étape, sinon vous risquez de foncer tout droit sur un mur et cela vous fera mal, très mal. Et vous oubliez que vous avez toute votre vie pour réaliser cet idéal de perfection, alors qu'est-ce qui vous presse tant? Pour Dieu le temps n'existe pas, cela n'a pas d'importance!

Alors, acceptez que pour certains aspects de votre vie, vous n'êtes pas prêt de les vivre dans la radicalité, du moins pour le moment. Et le reconnaître est déjà un pas dans la bonne direction! Ainsi, un jour vous serez prêt à vivre des abandons importants dans votre vie et à faire des pas de plus, et l'élément qui vous l'indiquera sera la paix dans votre cœur. Mais je constate que vous n'avez pas cette paix dans votre coeur et vous voulez dès maintenant faire des pas de géants, c'est ridicule! Impossible d'avancer. Vivez ce que vous devez vivre en ce moment en offrant à Dieu vos faiblesses, en lui disant en toute humilité que vous n'êtes pas prêts à vivre avec autant de radicalité, ceci ou cela. Mais avec le temps, la prière, les sacrements et son aide et sa grâce, le temps venu, voyant les signes en votre faveur, dont celui de la paix, vous pourrez nager un peu plus loin en eau profonde.

Paix

Guy
Merci pour ce magnifique message.

Il vient de m'apporter une grande lumière. Je vous ai suivi et je viens d'offrir à Dieu mes faiblesses.

Re: Découragé "ben raide"

par Sapin » dim. 10 juil. 2011, 22:26

Bonjour David,

Je viens de lire tout ce que vous partagez sur ce fil, j'ai pris le temps aussi de consulter d'autres messages pour me mettre à jour un peu. Ce que je peux constater en vous lisant c'est que vous n'êtes absolument pas prêt à vivre cette vie héroïque pour laquelle vous aspirez en ce moment. Vous voulez devenir en un clin d’œil un Hercule alors que vous n'êtes qu'un nain, comme vous l'avez si bien dit. Pourquoi vous torturer ainsi, on parvient à atteindre un idéal dans la vie chrétienne en y allant étape par étape, sinon vous risquez de foncer tout droit sur un mur et cela vous fera mal, très mal. Et vous oubliez que vous avez toute votre vie pour réaliser cet idéal de perfection, alors qu'est-ce qui vous presse tant? Pour Dieu le temps n'existe pas, cela n'a pas d'importance!

Alors, acceptez que pour certains aspects de votre vie, vous n'êtes pas prêt de les vivre dans la radicalité, du moins pour le moment. Et le reconnaître est déjà un pas dans la bonne direction! Ainsi, un jour vous serez prêt à vivre des abandons importants dans votre vie et à faire des pas de plus, et l'élément qui vous l'indiquera sera la paix dans votre cœur. Mais je constate que vous n'avez pas cette paix dans votre coeur et vous voulez dès maintenant faire des pas de géants, c'est ridicule! Impossible d'avancer. Vivez ce que vous devez vivre en ce moment en offrant à Dieu vos faiblesses, en lui disant en toute humilité que vous n'êtes pas prêts à vivre avec autant de radicalité, ceci ou cela. Mais avec le temps, la prière, les sacrements et son aide et sa grâce, le temps venu, voyant les signes en votre faveur, dont celui de la paix, vous pourrez nager un peu plus loin en eau profonde.

Paix

Guy

Re: Découragé "ben raide"

par stephlorant » sam. 09 juil. 2011, 20:57

Estel a écrit : @ stephlorant, soufflez quand-même un peu ! Il semble à vous lire que vous ne prenez pas de vacances ...
Il était prévu que je parte en emmenant ma mère dans un centre de revalidation, où d'autres auraient pris soin d'elle, pendant que j'aurais goûté aux charmes de l'air marin et à une nourriture peut-être (sans doute, même certainement !) plus conséquente et variée. La marche sur la digue, il y a si longtemps... Mais il a fallu annuler: trois chutes, la voix très faible, mais aussi : pas assez de garanties reçues de l'établissement en question. Par exemple, un fauteuil électrique avait été promis... mais il n'y en a pas sur place; de même, il n'y a pas d'aide-soignante spécialement affectée au service de ma mère (contre deux l'an dernier, ailleurs). J'ai estimé que le risque avait sensiblement augmenté. Et j'ai senti un 'ouf' de soulagement lorsque j'ai posé directement la question à ma mère: elle ne désirait pas partir, et cela depuis le début, je crois...

Re: Découragé "ben raide"

par Estel » sam. 09 juil. 2011, 17:08

stephlorant a écrit :Croyez-le ou pas David, c'est toujours une corvée, comme la toute première fois, d'accomplir cette démarche: oh, je sais bien la Joie qui m'attend au bout, mais quant à me décider, il faut que je me pousse et je me tire, ah la sale bête qui ne veut pas avancer !!!
C'est bizarre, je n'ai jamais eu cette impression de recul avant la confession ... ça doit venir du fait que c'est toujours à des moments où je suis avec des jeunes de mon âge (l'été, Vendredi Saint après la procession , Noël ..) et donc c'est une manière de montrer que je prend "ça" au sérieux ...

@David, je viens de penser à une phrase, je crois de St Jean Bosco à Dominique Savio, qui pourrait vous aider : "avant de penser à sauver les autres, il faut d'abord se sauver soi-même "

@ stephlorant, soufflez quand-même un peu ! Il semble à vous lire que vous ne prenez pas de vacances ...

Re: Découragé "ben raide"

par stephlorant » sam. 09 juil. 2011, 17:03

Découvert chez Julien Green, cet aveu qu'il fait et qui doit nous réconforter.

"Pensé à ce journal où reflue sans cesse la faim charnelle désormais insatisfaite à jamais, ces lourds souvenirs. Je tiens à dire que ce que j'écris alors est involontaire. Je suis la victime d'une force énorme qui est l'instinct, contre lequel je ne puis lutter. Ma liberté d'agir est menacée, sinon parfois sans doute suspendue. Comment ne verrais-je pas là quelque chose de plus que l'obsession: une sorte de mainmise du mauvais ? Cela se produit presque invariablement après des élans spirituels, des prières plus longues, et je le dis en tremblant: après la communion. Il y a là un obstacle que le démon ne supporte pas. En temps ordinaire, je n'aurais pas recopié ce passage qui représente assez bien le genre de coupures que je me crois tenu de faire. On ne livre pas ces choses au public. Cependant, je pense que nous arrivons à un moment où nous n'avons que juste le temps de dire ce qui nous tient à coeur avant que le silence ne nous soit imposé."

Je trouve cet aveu de Julien Green assez important pour qu'il serve de réconfort à tous ceux et toutes celles qui revenant vers l'Eglise, éprouvent une très grande contradiction, rencontrent des pensées nauséabondes qui refluent et vont, évidemment, se demander s'il n'est pas trop tard, si tout n'est pas déjà perdu d'avance, Or, c'est là qu'est le piège ! Dans le dégoût de nous-mêmes que le démon nous inspire. Je compte donc placer ce message ici et là, lorsque je trouverai des 'recommençants' que la honte paralyse... D'autres ont vécu cela, mais il suffit de fermer les yeux et de foncer: les ténèbres s'évanouiront !!!

Re: Découragé "ben raide"

par stephlorant » sam. 09 juil. 2011, 10:06

Merci Fée Violine

Hier et ce samedi matin, je remarque que çà y est, ce sont les congés, c'est-à-dire que même ici, sur le forum, il n'y a plus que de rares visiteurs. Ce n'est pas grave, j'occupe le terrain, je m'installe, je plante mon drapeau et j'ai pris des provisions. Voulez-vous camper avec moi ?

Bonjour David,

Ce matin, j'ai marché et pu prier huit dizaines de chapelet. J'étais dans l'idée de me rendre au sacrement de réconciliation dans la cathédrale, hélas, les horaires sont toujours aussi décalés: 1Oh45... à 12hOO et messe à 12hOO, il faut vraiment que je me coupe en deux pour être à la maison de repos pour le repas de midi, et à la cathédrale pour l'Eucharistie ! Okay, la semaine prochaine, je prends congé le samedi matin, pour "aller à confesse". Croyez-le ou pas David, c'est toujours une corvée, comme la toute première fois, d'accomplir cette démarche: oh, je sais bien la Joie qui m'attend au bout, mais quant à me décider, il faut que je me pousse et je me tire, ah la sale bête qui ne veut pas avancer !!!

Re: Découragé "ben raide"

par Fée Violine » sam. 09 juil. 2011, 8:52

Cher David, en vous lisant je pense à cette phrase de Léon Bloy, "Il n'y a qu'une tristesse, c'est de ne pas être des saints".
Et aussi, à une phrase du Père Bernard Bro, qui dit (à peu près), que la lumière de Dieu en même temps nous montre notre péché et nous guérit. Faites attention de ne pas tomber dans le désespoir, c'est-à-dire de ne voir que votre impuissance à être saint. C'est facile à dire, je sais bien.
Bonne journée!
Bon courage aussi à Steph!

Re: Découragé "ben raide"

par stephlorant » sam. 09 juil. 2011, 8:05

Prendre soin de deux personnes n'était plus possible... du moins si je voulais préserver ma santé. J'ai dû laisser ma tante au bon soin de son infirmière, sa femme de ménage, une sacristine et nombre de personnes qui viennent la visiter. Ce qui est pénible, c'est qu'elle s'accroche à moi et me relance en toute occasion... Je me sens harcelé par une personne de 75 ans, au secours ! Ce qui me cause de la peine en plus, c'est qu'elle épie chaque jour, depuis sa fenêtre la chapelle où je viens (où j'allais) communier... j'ai essayé de m'y rendre un matin, en arrivant presque en retard, rien n'y a fait: elle a appelé une voisine, l'a contrainte à l'aider à traverser et puis s'est assise à côté de moi et m'a embrassé... Curieuse manifestation d'affection, écrasante preuve d'affection, il faudrait dire ! Je me suis aussitôt relevé et je suis reparti. Maintenant, je n'ai plus de messe en semaine, et çà, plus que l'Eucharistie du dimanche, c'est dur...

Mais je prie souvent, très souvent, au moins deux heures par jour. Ne soyez pas trop inquiet pour moi, je vais encore 'passer au travers'. Sur le forum, je vois bien que ce sont les vacances aussi: moins de messages, et je me remets à lire mes livres, je prends patience. Soyez patients avec vous-même aussi. Bernanos écrivait qu'il faut s'aimer soi-même aussi... comme n'importe lequel des membres souffrant de Jésus-Christ.

Union de prière.

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