par Raistlin » mar. 02 août 2011, 14:15
Estel a écrit : 
Pourquoi cet univers là et pas un autre ?
Parce qu'il en fallait bien un. Quelque soit l'Univers créé par Dieu, cette question pourrait se poser, à moins de ne rien créer du tout.
Estel a écrit : 
Est ce que les valeurs qui nous paraissent universelles ( le bien et le mal, en gros ) seraient présentes dans un autre univers ?
Si oui, cela signifie que ces valeurs s'imposent à Dieu et donc lui sont supérieures ?!
Ce qui conduit à la question du titre :

Dieu est il bon parce que c'est dans sa nature, OK, mais d'où vient cette nature ?

Dieu est parfait, mais cette perfection en tant qu'absolu existe t elle en dehors de Lui ?
En fait, vous prenez le problème à l'envers : c'est Dieu qui est le Bien absolu et donc la source de notre référence du bien. Donc Dieu ne se réfère pas au bien mais le bien se réfère à Dieu.
Quant à la nature de Dieu, Dieu est bon comme Il est tout-puissant, éternel ou infini. La bonté est un des attributs divins (je reviens sur ce point plus bas).
Estel a écrit :
Donc ,est ce que Dieu est limité par sa perfection ?
Là, je ne vois pas ce que vous voulez dire.
Estel a écrit : 
s'Il décidait de devenir mauvais, Il le pourrait ?
Si non,ça veut dire qu'Il est lié par des valeurs supérieures donc il n'est pas tout puissant ...
Si oui, alors on est mal barré, et il me semble que Dieu est censé être immuable ?!
Premièrement, Il me semble que vous confondez toute-puissance et liberté. Car le fait de choisir le bien et le mal n’est pas tant un problème de puissance qu’un problème d’avoir la liberté de le faire. Or à ce sujet, vous noterez qu’on peut tout à fait envisager que Dieu puisse être libre de faire le mal mais qu’Il ne le veuille tout simplement pas parce qu’Il est infiniment bon (la Bible va même jusqu’à dire que les yeux de Dieu ne peuvent voir le mal). Est-ce que Dieu est alors limité dans Son agir par une valeur supérieure, celle du bien ? Non, pas du tout, puisqu’en raison de la simplicité divine, les attributs divins se confondent avec la nature divine : cela revient à dire que la nature divine EST bonté infinie. Le bien n’est donc pas une valeur supérieure à Dieu, Dieu est le bien.
En fait, vous reprenez ici l’erreur que la théologie musulmane qui dit qu’en raison de sa toute-puissance (prise dans le sens de « Dieu peut faire ce qu’Il veut et rien ne le contraint »), Dieu peut faire aussi bien le mal que le bien, pratiquer la justice aussi bien que l’injustice. Pire : le bien et la justice ne sont pas des principes immuables mais ne sont tels que parce que Dieu a décidé que c’était le cas. Si demain, Dieu ordonnait que soit appelé bien le fait de torturer des enfants innocents et de se repaître de leurs chairs, ce serait alors cela le bien. L’erreur – et l’horreur – de cette conception de la toute-puissance divine me semble sauter aux yeux de manière évidente.
Donc pour résumer, Dieu n’est pas contraint par des principes supérieures à Lui (le bien, la justice, etc.), Il est ces principes. Alors que nul homme, par exemple, ne peut dire qu’il est le bien ou la justice mais qu’il obéit à des principes de bonté et de justice. Vous saisissez la différence ?
[quote="Estel"] :?: Pourquoi cet univers là et pas un autre ? [/quote]
Parce qu'il en fallait bien un. Quelque soit l'Univers créé par Dieu, cette question pourrait se poser, à moins de ne rien créer du tout.
[quote="Estel"] :?: Est ce que les valeurs qui nous paraissent universelles ( le bien et le mal, en gros ) seraient présentes dans un autre univers ?
Si oui, cela signifie que ces valeurs s'imposent à Dieu et donc lui sont supérieures ?!
Ce qui conduit à la question du titre : :?: Dieu est il bon parce que c'est dans sa nature, OK, mais d'où vient cette nature ? :?: Dieu est parfait, mais cette perfection en tant qu'absolu existe t elle en dehors de Lui ?[/quote]
En fait, vous prenez le problème à l'envers : c'est Dieu qui est le Bien absolu et donc la source de notre référence du bien. Donc Dieu ne se réfère pas au bien mais le bien se réfère à Dieu.
Quant à la nature de Dieu, Dieu est bon comme Il est tout-puissant, éternel ou infini. La bonté est un des attributs divins (je reviens sur ce point plus bas).
[quote="Estel"]:?: Donc ,est ce que Dieu est limité par sa perfection ? [/quote]
Là, je ne vois pas ce que vous voulez dire.
[quote="Estel"] :?: s'Il décidait de devenir mauvais, Il le pourrait ?
Si non,ça veut dire qu'Il est lié par des valeurs supérieures donc il n'est pas tout puissant ...
Si oui, alors on est mal barré, et il me semble que Dieu est censé être immuable ?! [/quote]
Premièrement, Il me semble que vous confondez toute-puissance et liberté. Car le fait de choisir le bien et le mal n’est pas tant un problème de puissance qu’un problème d’avoir la liberté de le faire. Or à ce sujet, vous noterez qu’on peut tout à fait envisager que Dieu puisse être libre de faire le mal mais qu’Il ne le veuille tout simplement pas parce qu’Il est infiniment bon (la Bible va même jusqu’à dire que les yeux de Dieu ne peuvent voir le mal). Est-ce que Dieu est alors limité dans Son agir par une valeur supérieure, celle du bien ? Non, pas du tout, puisqu’en raison de la simplicité divine, les attributs divins se confondent avec la nature divine : cela revient à dire que la nature divine EST bonté infinie. Le bien n’est donc pas une valeur supérieure à Dieu, Dieu est le bien.
En fait, vous reprenez ici l’erreur que la théologie musulmane qui dit qu’en raison de sa toute-puissance (prise dans le sens de « Dieu peut faire ce qu’Il veut et rien ne le contraint »), Dieu peut faire aussi bien le mal que le bien, pratiquer la justice aussi bien que l’injustice. Pire : le bien et la justice ne sont pas des principes immuables mais ne sont tels que parce que Dieu a décidé que c’était le cas. Si demain, Dieu ordonnait que soit appelé bien le fait de torturer des enfants innocents et de se repaître de leurs chairs, ce serait alors cela le bien. L’erreur – et l’horreur – de cette conception de la toute-puissance divine me semble sauter aux yeux de manière évidente.
Donc pour résumer, Dieu n’est pas contraint par des principes supérieures à Lui (le bien, la justice, etc.), Il est ces principes. Alors que nul homme, par exemple, ne peut dire qu’il est le bien ou la justice mais qu’il obéit à des principes de bonté et de justice. Vous saisissez la différence ?