par Cinci » lun. 22 août 2011, 2:17
Dans le dictionnaire encyclopédique du judaïsme :
«... une véritable communauté juive ne se constituera que plus tard.
À la suite de la conquête de la Judée par Pompée en 63 av. J.C., des milliers d'esclaves affluent, selon toute vraisemblance, vers la capitale. Rapidement affranchis, ils acquièrent la citoyenneté romaine et s'intègrent de façon apparemment facile à la vie sociale de la ville, aidés par une politique de tolérance religieuse jamais démentie pendant l'époque païenne. Tout en gardant des liens communautaires forts et une identité religieuse évidente, les Juifs de Rome s'habillent comme les autres, portent des noms grecs et latins, qu'ils associent parfois à des noms hébraïques.
Ils jouissent même de quelques privilèges : si la distribution publique de blé ou d'argent tombe un samedi, ils ont le droit de la toucher le lendemain et, de même, en aucun cas, les percepteurs des impôts ne peuvent les importuner pendant leurs fêtes. En règle générale, ils sont considérés comme des individus et non en tant que collectivité. Ce n'est qu'en 70, après l'introduction par Vespasien du fiscus judaïcus, qu'une mesure discriminatoire les frappe. Mais leur condition reste foncièrement stable jusqu'aux empereurs chrétiens, et les guerres de 70 et 135, avec la chute définitive de la Judée, ne semblent pas avoir trop de conséquences.
[...]
Le judaïsme postérieur à 70 fut essentiellement pharisien. Yohannan ben Zakkaï, disciple de Hillel, fut autorisé à s'établir à Jamnia où il fonda une école et s'entoura d'un conseil jouant le rôle d'une sorte de sanhédrin. Celui-ci fixa le canon de la Bible hébraïque et centra le judaïsme sur l'enseignement et la pratique de la Loi. À la fin du Ier siècle et au début du IIe , le chef de l'Académie de Jamnia fut Gamaliel II, entouré de Yehoshua ben Hannaniah, Éliezer ben Hyrcanos et bientôt le rabbi Aquiba. Même après 70 le judaïsme semble avoir continué de bénéficier de la tolérance des autorités romaines en tant que religio licita.
A la fin du règne de Trajan, en 115-117, plusieurs sources convergent. Elles attestent qu'une révolte armée juive éclata en Égypte, Cyrénaïque, Chypre et Mésopotamie. En Égypte, le chef de la révolte semble avoir été un certain Lucuas et ces affrontements furent très meurtriers; cependant ils ne semblent pas avoir touché la Judée.
[...]
Pour écraser cette insurrection nationale [de l'an 132-135], Hadrien fit appel à l'un de ses meilleurs généraux, Lullius Severus, qui avait fait ses preuves en Angleterre. Selon la tradition rabbinique et chrétienne, le dernier refuge de Bar Koshba et de ses troupes fut la place forte de Beitar, environ 10 km au Sud-Ouest de Jérusalem, qui sembla avoir été prise le 9 avril 135 et restera célèbre pour le nombre de ses tués (Talmud de Jérusalem, Taan 4,8), dont le Rabbi Aquiba lui-même (Talmud de Babylone, Ber 6,1)
Le pays sorti anéanti de cette guerre et il fut interdit aux Juifs d'entrer dans Aelia Capitolina où un temple de Jupiter Capitolin fut érigé à l'emplacement du Temple. Cependant, quelque temps après, Antonin le Pieux (138-161) autorisa à nouveau les Juifs à pratiquer la circoncision et le judaïsme put survivre dans l'Empire romain».
Une volonté génocidaire ? particulièrement malveillante et raciste ?
«D'après ce que nous apprennent nos rares sources, les Juifs romains appartiennent aux couches moyennes-basses et basses de la société. On rencontre parmi eux des artisans, souvent mentionnés comme mendiants [...]
L'existence de groupes de Juifs est attestée [surtout] à partir du IIe siècle dans quelques villes importantes le long de la côte, surtout dans les région méridionnales, ainsi que dans quelques centres importants de l'intérieur.
[...]
La fin de l'empire romain n'apportera pas de changements substantiels. Le roi goth Théodoric se pose en continuateur du droit romain et en champion de la tolérance religieuse. Sous son règne, chaque groupe ethnique peut se régir selon ses propres lois. Les conséquences de cette mesure sont importantes et durables : d'un côté, l'autonomie des Juifs est reconnue; de l'autre, leur séparation du corps politique est officialisée et définitive, et constituera désormais une condition normale.
Les sources juives pour cette époque sont rarissimes, et c'est grâce à des documents ecclésiastiques que nous connaissons l'existence d'au moins deux autres communautés importantes à côté de Rome, Ravenne et Milan».
Source : Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme, dir. Geoffrey Wigoder (éditeur de l'Encyclopedica Judaïca), adapté en français sous la direction de Sylvie Anne Goldberg, Édition du Cerf/Robert Laffont, «Esquisse de l'histoire du peuple juif, le monde antique et médiéval», 1993, pp. 1131-1132
Référence pour l'article : E. Schürer, The History of the Jewish People in the Age of Jesus Christ (175 B.C. - 135 A.D.), 1973; C. Perrot et C. Saulnier, Histoire d'Israël , de la conquête d'Alexandre à la destruction du Temple 331 a.è.c - 135 a.d., Paris, 1985; H. Shank (dir.), Ancient Israel, a Short History from Abraham to the Roman Destruction of the Temple; André Lemaire, Histoire du peuple hébreu, Que sais-je ?, 1992
Il ne semble pas se trouver un Empire romain attaché à vouloir ''génocider'' les Juifs siècles après siècles.
Dans le dictionnaire encyclopédique du judaïsme :
[color=#004080]«... une véritable communauté juive ne se constituera que plus tard.
À la suite de la conquête de la Judée par Pompée en 63 av. J.C., des milliers d'esclaves affluent, selon toute vraisemblance, vers la capitale. Rapidement affranchis, ils acquièrent la citoyenneté romaine et s'intègrent de façon apparemment facile à la vie sociale de la ville, aidés par une politique de tolérance religieuse jamais démentie pendant l'époque païenne. Tout en gardant des liens communautaires forts et une identité religieuse évidente, les Juifs de Rome s'habillent comme les autres, portent des noms grecs et latins, qu'ils associent parfois à des noms hébraïques.
Ils jouissent même de quelques privilèges : si la distribution publique de blé ou d'argent tombe un samedi, ils ont le droit de la toucher le lendemain et, de même, en aucun cas, les percepteurs des impôts ne peuvent les importuner pendant leurs fêtes. En règle générale, ils sont considérés comme des individus et non en tant que collectivité. Ce n'est qu'en 70, après l'introduction par Vespasien du [i]fiscus judaïcus[/i], qu'une mesure discriminatoire les frappe. Mais leur condition reste foncièrement stable jusqu'aux empereurs chrétiens, et les guerres de 70 et 135, avec la chute définitive de la Judée, ne semblent pas avoir trop de conséquences.
[...]
Le judaïsme postérieur à 70 fut essentiellement pharisien. Yohannan ben Zakkaï, disciple de Hillel, fut autorisé à s'établir à Jamnia où il fonda une école et s'entoura d'un conseil jouant le rôle d'une sorte de sanhédrin. Celui-ci fixa le canon de la Bible hébraïque et centra le judaïsme sur l'enseignement et la pratique de la Loi. À la fin du Ier siècle et au début du IIe , le chef de l'Académie de Jamnia fut Gamaliel II, entouré de Yehoshua ben Hannaniah, Éliezer ben Hyrcanos et bientôt le rabbi Aquiba. Même après 70 le judaïsme semble avoir continué de bénéficier de la tolérance des autorités romaines en tant que [i]religio licita[/i].
A la fin du règne de Trajan, en 115-117, plusieurs sources convergent. Elles attestent qu'une révolte armée juive éclata en Égypte, Cyrénaïque, Chypre et Mésopotamie. En Égypte, le chef de la révolte semble avoir été un certain Lucuas et ces affrontements furent très meurtriers; cependant ils ne semblent pas avoir touché la Judée.
[...]
Pour écraser cette insurrection nationale [de l'an 132-135], Hadrien fit appel à l'un de ses meilleurs généraux, Lullius Severus, qui avait fait ses preuves en Angleterre. Selon la tradition rabbinique et chrétienne, le dernier refuge de Bar Koshba et de ses troupes fut la place forte de Beitar, environ 10 km au Sud-Ouest de Jérusalem, qui sembla avoir été prise le 9 avril 135 et restera célèbre pour le nombre de ses tués (Talmud de Jérusalem, Taan 4,8), dont le Rabbi Aquiba lui-même (Talmud de Babylone, Ber 6,1)
Le pays sorti anéanti de cette guerre et il fut interdit aux Juifs d'entrer dans [i]Aelia Capitolina[/i] où un temple de Jupiter Capitolin fut érigé à l'emplacement du Temple. Cependant, quelque temps après, Antonin le Pieux (138-161) autorisa à nouveau les Juifs à pratiquer la circoncision et le judaïsme put survivre dans l'Empire romain». [/color]
Une volonté génocidaire ? particulièrement malveillante et raciste ?
[color=#004080]«D'après ce que nous apprennent nos rares sources, les Juifs romains appartiennent aux couches moyennes-basses et basses de la société. On rencontre parmi eux des artisans, souvent mentionnés comme mendiants [...]
L'existence de groupes de Juifs est attestée [surtout] à partir du IIe siècle dans quelques villes importantes le long de la côte, surtout dans les région méridionnales, ainsi que dans quelques centres importants de l'intérieur.
[...]
La fin de l'empire romain n'apportera pas de changements substantiels. Le roi goth Théodoric se pose en continuateur du droit romain et en champion de la tolérance religieuse. Sous son règne, chaque groupe ethnique peut se régir selon ses propres lois. Les conséquences de cette mesure sont importantes et durables : d'un côté, l'autonomie des Juifs est reconnue; de l'autre, leur séparation du corps politique est officialisée et définitive, et constituera désormais une condition normale.
Les sources juives pour cette époque sont rarissimes, et c'est grâce à des documents ecclésiastiques que nous connaissons l'existence d'au moins deux autres communautés importantes à côté de Rome, Ravenne et Milan».
Source : [u]Dictionnaire Encyclopédique du Judaïsme[/u], dir. Geoffrey Wigoder (éditeur de l'Encyclopedica Judaïca), adapté en français sous la direction de Sylvie Anne Goldberg, Édition du Cerf/Robert Laffont, «Esquisse de l'histoire du peuple juif, le monde antique et médiéval», 1993, pp. 1131-1132
Référence pour l'article : E. Schürer, [i]The History of the Jewish People in the Age of Jesus Christ[/i] (175 B.C. - 135 A.D.), 1973; C. Perrot et C. Saulnier, [i]Histoire d'Israël , de la conquête d'Alexandre à la destruction du Temple 331 a.è.c - 135 a.d.[/i], Paris, 1985; H. Shank (dir.), [i]Ancient Israel, a Short History from Abraham to the Roman Destruction of the Temple[/i]; André Lemaire, [i]Histoire du peuple hébreu, Que sais-je[/i] ?, 1992 [/color]
Il ne semble pas se trouver un Empire romain attaché à vouloir ''génocider'' les Juifs siècles après siècles.