par stephlorant » jeu. 08 sept. 2011, 21:06
Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,39-42.
Jésus s'adressait à la foule en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère.
Dans ce bref passage de l’Évangile de Luc, le disciple bien formé qui est comme son maître... c'est en réalité le plus humble de tous -humble comme le maître est humble. En effet, de toutes les personnes susceptibles de porter un jugement sur autrui, et de voir la paille ou la poutre dans l'oeil de l'autre, la plus qualifiée, c'est Jésus lui-même.
C'est le même Jésus qui, en pleine justice, eût pu jeter la première pierre à la femme adultère. Mais qui s'en est abstenu, tout en faisant reconnaître à la femme qu'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire : tous ceux qui l'avaient accusées et s'apprêtaient la faire mourir, se sont retirés ! Il ne souligne même pas sa faute, mais dit simplement: "Moi non plus, je ne te juge pas : va et ne pèche plus". De même, lorsqu'il se rend chez Zachée, plutôt que de le montrer du doigt, un doigt accusateur signifiant : tu as beau grimper sur les arbres, je te vois !", il lui parle et dit :"Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille chez toi !"
Et donc, nous avons tout intérêt à nous méfier de nous-mêmes, quant il s'agit de pratiquer la "correction fraternelle".
J'ai eu la chance de rencontrer un jour un ancien professeur de philosophie. Il venait tous les matin, ils prenait un tabouret, toujours disponible pour lui, mais me demandait chaque fois s'il ne dérangeait pas. Je le considérais comme un ami, lui qui avait 85 ans à l'époque et moi à peine 26... Or, un jour, un voisin nous a pris en photo: il a passé la tête par la porte de la boutique et "flash", avant que nous ayons eu le temps de réagir, la photo est prise. Quelques jours plus tard, lorsque je lui ai montré cette photo, il m'a demandé: "Vous - car il me vouvoyait, vous ne remarquez rien sur cette photo ?" "Eh bien, non, nous regardons vers l'appareil-photo tous les deux, je n'y vois rien qu'une bonne photo, un souvenir." "Regardez encore !" Je regarde, je cherche un détail, je ne vois rien et je le luis dis : je ne comprends pas, expliquez-moi ! "Eh bien, vous souriez sur cette photo, vous souriez largement, tandis que moi, non, je regarde le photographe qui nous a surpris, je le fixe sans sourire..." C'était exact, mais je ne comprenais toujours pas où il voulait en venir. C'était à ceci: il est imprudent d'avoir tout le temps le sourire aux lèvres devant le premier venu, que l'on ne connaît pas encore. C'est imprudent d'autant plus lorsqu'on achète et revend des marchandises d'occasion.
Et il avait tout à fait raison, mon vieux visiteur. J'ai dû apprendre à devenir sévère, car combien de fois je me suis fait tromper ! Je trouve que cette petite histoire vécue donne une bonne idée de la façon de procéder dans la correction fraternelle: il faut amener l'autre à comprendre de lui-même en quoi consiste son erreur. Jésus le dit bien : "Si ton frère a péché, va le trouver seul t 18:15-, " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère." Oui, il s'agit vraiment, non d'avoir raison, mais d'avoir gagné son frère.
[b]Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,39-42.
Jésus s'adressait à la foule en paraboles : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne tomberont-ils pas tous deux dans un trou ? Le disciple n'est pas au-dessus du maître ; mais celui qui est bien formé sera comme son maître. Qu'as-tu à regarder la paille dans l'œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : 'Frère, laisse-moi retirer la paille qui est dans ton œil', alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Esprit faux ! enlève d'abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour retirer la paille qui est dans l'œil de ton frère.[/b]
[color=indigo][i]Dans ce bref passage de l’Évangile de Luc, le disciple bien formé qui est comme son maître... c'est en réalité le plus humble de tous -humble comme le maître est humble. En effet, de toutes les personnes susceptibles de porter un jugement sur autrui, et de voir la paille ou la poutre dans l'oeil de l'autre, la plus qualifiée, c'est Jésus lui-même.
C'est le même Jésus qui, en pleine justice, eût pu jeter la première pierre à la femme adultère. Mais qui s'en est abstenu, tout en faisant reconnaître à la femme qu'il s'est passé quelque chose d'extraordinaire : tous ceux qui l'avaient accusées et s'apprêtaient la faire mourir, se sont retirés ! Il ne souligne même pas sa faute, mais dit simplement: "Moi non plus, je ne te juge pas : va et ne pèche plus". De même, lorsqu'il se rend chez Zachée, plutôt que de le montrer du doigt, un doigt accusateur signifiant : tu as beau grimper sur les arbres, je te vois !", il lui parle et dit :"Zachée, descends vite : aujourd'hui il faut que j'aille chez toi !"
Et donc, nous avons tout intérêt à nous méfier de nous-mêmes, quant il s'agit de pratiquer la "correction fraternelle".
J'ai eu la chance de rencontrer un jour un ancien professeur de philosophie. Il venait tous les matin, ils prenait un tabouret, toujours disponible pour lui, mais me demandait chaque fois s'il ne dérangeait pas. Je le considérais comme un ami, lui qui avait 85 ans à l'époque et moi à peine 26... Or, un jour, un voisin nous a pris en photo: il a passé la tête par la porte de la boutique et "flash", avant que nous ayons eu le temps de réagir, la photo est prise. Quelques jours plus tard, lorsque je lui ai montré cette photo, il m'a demandé: "Vous - car il me vouvoyait, vous ne remarquez rien sur cette photo ?" "Eh bien, non, nous regardons vers l'appareil-photo tous les deux, je n'y vois rien qu'une bonne photo, un souvenir." "Regardez encore !" Je regarde, je cherche un détail, je ne vois rien et je le luis dis : je ne comprends pas, expliquez-moi ! "Eh bien, vous souriez sur cette photo, vous souriez largement, tandis que moi, non, je regarde le photographe qui nous a surpris, je le fixe sans sourire..." C'était exact, mais je ne comprenais toujours pas où il voulait en venir. C'était à ceci: il est imprudent d'avoir tout le temps le sourire aux lèvres devant le premier venu, que l'on ne connaît pas encore. C'est imprudent d'autant plus lorsqu'on achète et revend des marchandises d'occasion.
Et il avait tout à fait raison, mon vieux visiteur. J'ai dû apprendre à devenir sévère, car combien de fois je me suis fait tromper ! Je trouve que cette petite histoire vécue donne une bonne idée de la façon de procéder dans la correction fraternelle: il faut amener l'autre à comprendre de lui-même en quoi consiste son erreur. Jésus le dit bien : "Si ton frère a péché, va le trouver seul t 18:15-, " Si ton frère vient à pécher, va le trouver et reprends-le, seul à seul. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère." Oui, il s'agit vraiment, non d'avoir raison, mais d'avoir gagné son frère[/i].[/color]