par ti'hamo » dim. 06 nov. 2011, 19:07
Mes réponses recouperont sans doute celles qui vous ont déjà été faites :
. Concernant la connaissance des écritures saintes :
Votre remarque et votre question me semblent tout à fait sensées : en effet, on peut légitimement se demander comment faire confiance en une croyance étayée par des écritures qu'on ne se donne pas la peine de connaître. Et il est vrai que certains croyants ne cherchent pas suffisamment à mieux connaître les écrits sur lesquels s'appuie leur foi.
Cependant, comme il a été précisé, ces écritures sont connues à travers les lectures lues et proclamées à la Messe. Mais je dirais que c'est le minimum vital, et qu'en effet il est important, chez soi, d'approfondir cette connaissance.
Je me réjouis d'ailleurs que vous mettiez en lumière la grande culture religieuse de nos prédécesseurs qui bâtirent chapiteaux romans ou vitraux gothiques - eux étaient bien plus familiers de ces écritures que beaucoup d'entre nous ne le sommes aujourd'hui.
Notons aussi qu'il n'y a pas nécessité d'avoir lu intégralement la Bible et de la connaître dans tous ces détails avant de se dire croyant : c'est un peu fastidieux, parfois, la Bible, et certains passages sont plus essentiels que d'autres. Je dirais cependant que, en effet, si on se dit croyant, on doit en toute logique chercher à approfondir sa connaissance de ces écritures et s'y atteler régulièrement.
Cependant, il n'y a pas lieu de juger ceux qui n'ont pas encore cette soif de connaissance des écritures : elle peut leur venir plus tard - comme il a été précisé, notre foi se fonde avant tout sur une relation personnelle, sur une personne - si la foi dans le Christ leur a été annoncée, ils ont pu être convaincus et s'engager dans cette relation, en suivant l'exemple de personnes dont la vie portait témoignage de cette foi,
et leur volonté de mieux connaître les écritures peut venir plus tard. C'est aussi dans l'ordre des choses.
. Concernant le catéchisme :
Vous savez, c'est déjà un débat au sein même de l'église catholique - comment doit être organisé le catéchisme, sa forme actuelle est-elle suffisante ou non, faut-il faire apprendre ou plutôt montrer des témoignages de vie, etc...
Ne sous-estimez pas les enfants : ils ont soif de connaissance, et savent poser des questions pertinentes qui vont souvent au fond des choses (et sont parfois aussi complètement absurdes, soit, ça dépend aussi à quel âge).
Il ne me semble pas pertinent de dire que, parce qu'ils devraient pouvoir choisir librement, il faudrait leur faire connaître tout cela plus tard : d'une part, si on ne leur en parle pas, ils ne pourront pas choisir, de toute façon, d'autre part le fait de le leur apprendre n'empêche en rien l'exercice futur de leur liberté.
Que l'impact du catéchisme soit différent sur un enfant de 5 ans que sur un adulte ne veut pas dire non plus qu'il faudrait renoncer au catéchisme des enfants : je dirais plutôt que c'est là un argument en faveur de la continuation du catéchisme, à l'âge adulte (ce qui existe, d'ailleurs, et semble logique, mais que certains ne font pas, se contentant du catéchisme de leur enfance - à mon avis le meilleur moyen pour ne pas bien comprendre et finalement perdre la foi).
D'ailleurs, c'est vrai de tout enseignement, quel qu'il soit : l'impact n'est de toute façon jamais le même sur un enfant et sur un adulte ; cela n'empêche pas qu'on enseigne aux enfants.
C'est un peu, finalement, comme les droits de l'Homme ou les règles morales : vous comptez bien, tout de même, que chacun les apprenne à ses enfants ! Et cependant, cela n'empêche en rien que, plus tard, devenus grands, ils réfléchissent plus profondément à la valeur et à la signification de cet enseignement, que pourtant ils auront déjà commencé depuis leur enfance à mettre en pratique, et que chacun d'eux le fasse sien.
À un moment, en fait, se fait le passage d'une foi reçue, transmise, à une foi acceptée, choisie, intégrée à la personne. Sur ce point, c'est pareil pour la morale et pour la foi.
. Concernant la foi :
On n'a pas foi en la science : au sens propre du terme, au sens exact, on a foi dans des personnes : "avoir foi" c'est "accorder sa confiance" : ainsi, vos connaissances scientifiques vous viennent de ce que vous avez foi dans les personnes qui vous les ont transmises - vous n'avez pas vous-même refait intégralement toutes les expériences et les calculs, mais vous avez cru, de bonne foi, ceux qui vous les rapportaient et vous les expliquaient, parce que vous aviez de sérieuses raisons, rationnelle, de les estimer dignes de confiance : c'est ça, la foi.
(mais jamais la preuve irréfutable forçant votre assentiment, notez bien : si vous vouliez vous construire une croyance paranoïaque que tout le monde vous ment et cherche à vous tromper sur la nature du monde et de l'univers, vous pourriez très bien vous en persuader de façon tout à fait logique).
C'est donc en cela aussi que la foi ne s'oppose pas à la raison : elle s'appuie sur la raison et ne va pas contre la raison.
La foi religieuse est également synonyme de confiance dans le sens qu'on lui trouve dans la relation d'amitié et d'amour - d'ailleurs, C'EST une relation d'amour : si vous aimez une personne au point d'en faire votre ami, voire de choisir librement de passer votre vie avec elle, ce n'est pas sur un coup de tête, mais parce que de sérieuses raisons vous montrent à la fois que cette personne est digne de confiance et que vous pourrez construire une relation réelle ; cependant, rien ne vient vous "prouver" de façon mathématique la valeur de cet engagement ;
vous ne pouvez pas mesurer ni calculer la confiance que vous pouvez accorder à une telle personne : c'est vous seul qui l'évaluez, et cependant c'est bien avec votre raison.
Ainsi, la foi ne s'oppose pas à la raison : elle s'appuie sur la raison, pour aller plus loin.
Mes réponses recouperont sans doute celles qui vous ont déjà été faites :
. Concernant la connaissance des écritures saintes :
Votre remarque et votre question me semblent tout à fait sensées : en effet, on peut légitimement se demander comment faire confiance en une croyance étayée par des écritures qu'on ne se donne pas la peine de connaître. Et il est vrai que certains croyants ne cherchent pas suffisamment à mieux connaître les écrits sur lesquels s'appuie leur foi.
Cependant, comme il a été précisé, ces écritures sont connues à travers les lectures lues et proclamées à la Messe. Mais je dirais que c'est le minimum vital, et qu'en effet il est important, chez soi, d'approfondir cette connaissance.
Je me réjouis d'ailleurs que vous mettiez en lumière la grande culture religieuse de nos prédécesseurs qui bâtirent chapiteaux romans ou vitraux gothiques - eux étaient bien plus familiers de ces écritures que beaucoup d'entre nous ne le sommes aujourd'hui.
Notons aussi qu'il n'y a pas nécessité d'avoir lu intégralement la Bible et de la connaître dans tous ces détails avant de se dire croyant : c'est un peu fastidieux, parfois, la Bible, et certains passages sont plus essentiels que d'autres. Je dirais cependant que, en effet, si on se dit croyant, on doit en toute logique chercher à approfondir sa connaissance de ces écritures et s'y atteler régulièrement.
Cependant, il n'y a pas lieu de juger ceux qui n'ont pas encore cette soif de connaissance des écritures : elle peut leur venir plus tard - comme il a été précisé, notre foi se fonde avant tout sur une relation personnelle, sur une personne - si la foi dans le Christ leur a été annoncée, ils ont pu être convaincus et s'engager dans cette relation, en suivant l'exemple de personnes dont la vie portait témoignage de cette foi,
et leur volonté de mieux connaître les écritures peut venir plus tard. C'est aussi dans l'ordre des choses.
. Concernant le catéchisme :
Vous savez, c'est déjà un débat au sein même de l'église catholique - comment doit être organisé le catéchisme, sa forme actuelle est-elle suffisante ou non, faut-il faire apprendre ou plutôt montrer des témoignages de vie, etc...
Ne sous-estimez pas les enfants : ils ont soif de connaissance, et savent poser des questions pertinentes qui vont souvent au fond des choses (et sont parfois aussi complètement absurdes, soit, ça dépend aussi à quel âge).
Il ne me semble pas pertinent de dire que, parce qu'ils devraient pouvoir choisir librement, il faudrait leur faire connaître tout cela plus tard : d'une part, si on ne leur en parle pas, ils ne pourront pas choisir, de toute façon, d'autre part le fait de le leur apprendre n'empêche en rien l'exercice futur de leur liberté.
Que l'impact du catéchisme soit différent sur un enfant de 5 ans que sur un adulte ne veut pas dire non plus qu'il faudrait renoncer au catéchisme des enfants : je dirais plutôt que c'est là un argument en faveur de la continuation du catéchisme, à l'âge adulte (ce qui existe, d'ailleurs, et semble logique, mais que certains ne font pas, se contentant du catéchisme de leur enfance - à mon avis le meilleur moyen pour ne pas bien comprendre et finalement perdre la foi).
D'ailleurs, c'est vrai de tout enseignement, quel qu'il soit : l'impact n'est de toute façon jamais le même sur un enfant et sur un adulte ; cela n'empêche pas qu'on enseigne aux enfants.
C'est un peu, finalement, comme les droits de l'Homme ou les règles morales : vous comptez bien, tout de même, que chacun les apprenne à ses enfants ! Et cependant, cela n'empêche en rien que, plus tard, devenus grands, ils réfléchissent plus profondément à la valeur et à la signification de cet enseignement, que pourtant ils auront déjà commencé depuis leur enfance à mettre en pratique, et que chacun d'eux le fasse sien.
À un moment, en fait, se fait le passage d'une foi reçue, transmise, à une foi acceptée, choisie, intégrée à la personne. Sur ce point, c'est pareil pour la morale et pour la foi.
. Concernant la foi :
On n'a pas foi en la science : au sens propre du terme, au sens exact, on a foi dans des personnes : "avoir foi" c'est "accorder sa confiance" : ainsi, vos connaissances scientifiques vous viennent de ce que vous avez foi dans les personnes qui vous les ont transmises - vous n'avez pas vous-même refait intégralement toutes les expériences et les calculs, mais vous avez cru, de bonne foi, ceux qui vous les rapportaient et vous les expliquaient, parce que vous aviez de sérieuses raisons, rationnelle, de les estimer dignes de confiance : c'est ça, la foi.
(mais jamais la preuve irréfutable forçant votre assentiment, notez bien : si vous vouliez vous construire une croyance paranoïaque que tout le monde vous ment et cherche à vous tromper sur la nature du monde et de l'univers, vous pourriez très bien vous en persuader de façon tout à fait logique).
C'est donc en cela aussi que la foi ne s'oppose pas à la raison : elle s'appuie sur la raison et ne va pas contre la raison.
La foi religieuse est également synonyme de confiance dans le sens qu'on lui trouve dans la relation d'amitié et d'amour - d'ailleurs, C'EST une relation d'amour : si vous aimez une personne au point d'en faire votre ami, voire de choisir librement de passer votre vie avec elle, ce n'est pas sur un coup de tête, mais parce que de sérieuses raisons vous montrent à la fois que cette personne est digne de confiance et que vous pourrez construire une relation réelle ; cependant, rien ne vient vous "prouver" de façon mathématique la valeur de cet engagement ;
vous ne pouvez pas mesurer ni calculer la confiance que vous pouvez accorder à une telle personne : c'est vous seul qui l'évaluez, et cependant c'est bien avec votre raison.
Ainsi, la foi ne s'oppose pas à la raison : elle s'appuie sur la raison, pour aller plus loin.