[align=justify]Bonjour à tous
Le problème, me semble-t-il, est - comme l'a souligné Franck - que Elisseivna amalgame sous le nom de "théocratie" tout un panel de notions qui n'en relèvent pas nécessairement : droit divin, cléricalisme, confessionnalisme, théocratie
stricto sensu... de là le paradoxe que tout régime non "laïque" sera considéré par elisseivna comme théocratique.
Notons que la définition que donne de la théocratie l'Encyclop
aedia
Universalis est encore plus restreint et précis que celui donné par le Dictionnaire encyclopédique Larousse cité par Franck :
système politique dans lequel les prêtres exercent le pouvoir au nom de Dieu. Donc Franck, qui semble "
restreindre le sens de théocratie à un plan "structurel" en le limitant à un régime ou le pouvoir appartient aux curés" a parfaitement raison.
elisseievna a écrit :J'estime qu'un "royaume chretien" est une theocratie dans la mesure ou la norme supreme etant le dogme chretien, le conseil constitutionnel un conseil de theologiens - pretres ou non
D'une part, comme déjà écrit ci-dessus, cela ne correspond pas à la définition courante de la théocratie. D'autre part, c'est faux : cela ne correspond ni à la réalité de la royauté historique, ni aux aspiration des catholiques-sociaux royalistes.
Historiquement, sous l'Ancien Régime, il existe trois normes qui s'imposent à la personne du roi et qui limitent théoriquement sa souveraineté : la loi naturelle, la loi religieuse (
Décalogue), et la loi fondamentale du Royaume (constitution coutumière). Il n'existait pas de conseil constitutionnel
stricto sensu, mais le Parlement de Paris exerçait le rôle de gardien des lois fondamentales du Royaume. Il n'était constitué ni de prêtres, ni de théologiens, mais de magistrats car les Parlements sont des cours de justice bien avant d'être des assemblées politiques.
Je n'ai lu nul part sur ce forum un intervenant proposer de confier un conseil constitutionnel aux prêtres ou aux théologiens. Quant bien même, cette position serait cléricaliste et non pas théocratique. Quant à la norme morale supérieure, j'estime qu'elle doit effectivement être la loi naturelle et la loi chrétienne surnaturelle : c'est une position confessionnaliste et non théocratique.
Mais quelque soit le cénacle de "docteurs" de la loi religieuse qui ont le pouvoir normatif suprême, on aboutit toujours à un systeme totalitaire :
l'"oligarchie" des docteurs de la loi, concentre tous les pouvoirs donc tous les abus de pouvoirs,
et dans le meme temps, elle réprime la pensée, qui faute de pouvoir poser et penser tous les sujets, se sclérose et se transforme en RADOTAGE,
la "pensée" du peuple se raccornit à des "sentiments",
et faute de réflexion LIBRE et de debat LIBRE, ces sentiments se ramenent à la haine, et c'est le peuple qui terrorise le peuple.
Je rejoins complètement Franck. Le Royaume de France historique n'a jamais ressemblé à ce que vous décrivez : ni théocrate, ni totalitaire. La seule théocratie que l'Europe ait connue, hors l'Etat de la Cité du Vatican et les Etats pontificaux me semble être le Royaume d'Angleterre entre le moment du schisme anglican et la révolution anglaise qui a retirée au monarque la souveraineté absolue. On ne peut pas la qualifier de totalitaire.
Quelques aient été les tentations "gallicanistes" de l'Ancien Régime, elles sont dérisoires par rapport à celles de la France post-révolutionnaire. Que l'on pense à la "constitution civile du clergé" ou au projet de loi de 1905 de monsieur Combes prévoyant la création une sorte d'"Eglise nationale".
Pax vobiscum
Christophe[/align]