par Christophe » ven. 13 oct. 2006, 20:50
[align=justify]Cher Christian,
Dans l'ordre métaphysique, pour que la justice soit sauve, tout péché demande pénitence. On parle de rédemption. Cela signifie que le mal a été racheté.
Dans l'ordre civil, pour que la justice sociale soit rendue, tout crime demande châtiment. Vous parlez de réparation. Mais la réparation - au sens moral - signifierait que les effets du mal ont été annulés. Ce qui est possible lorsque le crime est réversible, impossible lorsque le crime est irréversible. La victime d'un crime irréparable restera à jamais une victime dont le droit a été bafouée : elle n'obtiendra jamais pleinement réparation par la décision d'un juge, la justice humaine ne pouvant au mieux que satisfaire son désir de vengeance, la rassurer par le fait que le criminel sera empêché de récidiver ou par le caractère dissusif de la peine appliquée.
Mais seul le pardon que la victime offrira à son aggresseur peut la restaurer pleinement dans son droit en effaçant le préjudice commis.
Dans l'ordre théologique, Dieu a offert - par amour pour l'humanité - la rédemption au genre humain (prenant sur Lui, victime innocente, tout le poid moral de leurs péché). Il a offert la Rédemption, et Il a offert le pardon. La Nouvelle Alliance établie par le sacrifice du Christ entre Dieu et les hommes était nécessaire afin que les hommes puissent être sauvés, que leurs péchés soient rachetés. Sans la miséricorde divine, aucun "Je-vous-salue-Marie" répété 10 fois ne pourrait sauver aucun quidam.
Christian a écrit :Je ne vois pas pourquoi vous pensez que la réparation n’est manifestement pas possible. La victime (ou ses ayants droit) attend bien que justice lui soit rendue. Elle n’espère pas nécessairement une compensation financière. Ce serait même insultant pour la victime d’un viol, par exemple, de se voir offrir de l’argent. La victime peut demander des excuses publiques, une marque infamante imposée au coupable (suivie d’une réintégration), un bannissement, un travail forcé du coupable en sa faveur ou en faveur d’une tiers (telle une association caritative), ou une combinaison de ces ‘réparations’ matérielles et symboliques.
Je pense que la réparation n'est
manisfestement pas toujours possible. La victime d'un viol n'obtiendra jamais réparation dans une cour de justice : elle pourra y assouvir un besoin de vengeance, ou satisfaire à un besoin d'être reconnu comme victime. Mais la guérison des blessures intérieures ne viendra que d'elle-même et du pardon qu'elle saura, ou non, offrir à son aggresseur.
Vous avez assez répété que ce qui n'est pas libre n'est pas moral. Alors assumez : comment une peine contrainte, comme l'est une peine judiciaire, pourrait-elle laver une injustice et rétablir la victime dans son bon droit ? Comment la justice humaine pourrait-elle offrir autre chose qu'une
compensation matérielle à un préjudice qui n'est pas toujours - loin s'en faut - matériellement réparable ?
Que Dieu vous bénisse.
Christophe[/align]
[align=justify]Cher Christian,
Dans l'ordre métaphysique, pour que la justice soit sauve, tout péché demande pénitence. On parle de rédemption. Cela signifie que le mal a été racheté.
Dans l'ordre civil, pour que la justice sociale soit rendue, tout crime demande châtiment. Vous parlez de réparation. Mais la réparation - au sens moral - signifierait que les effets du mal ont été annulés. Ce qui est possible lorsque le crime est réversible, impossible lorsque le crime est irréversible. La victime d'un crime irréparable restera à jamais une victime dont le droit a été bafouée : elle n'obtiendra jamais pleinement réparation par la décision d'un juge, la justice humaine ne pouvant au mieux que satisfaire son désir de vengeance, la rassurer par le fait que le criminel sera empêché de récidiver ou par le caractère dissusif de la peine appliquée.
Mais seul le pardon que la victime offrira à son aggresseur peut la restaurer pleinement dans son droit en effaçant le préjudice commis.
Dans l'ordre théologique, Dieu a offert - par amour pour l'humanité - la rédemption au genre humain (prenant sur Lui, victime innocente, tout le poid moral de leurs péché). Il a offert la Rédemption, et Il a offert le pardon. La Nouvelle Alliance établie par le sacrifice du Christ entre Dieu et les hommes était nécessaire afin que les hommes puissent être sauvés, que leurs péchés soient rachetés. Sans la miséricorde divine, aucun "Je-vous-salue-Marie" répété 10 fois ne pourrait sauver aucun quidam.
[quote="Christian"]Je ne vois pas pourquoi vous pensez que la réparation n’est [i]manifestement [/i]pas possible. La victime (ou ses ayants droit) attend bien que justice lui soit rendue. Elle n’espère pas nécessairement une compensation financière. Ce serait même insultant pour la victime d’un viol, par exemple, de se voir offrir de l’argent. La victime peut demander des excuses publiques, une marque infamante imposée au coupable (suivie d’une réintégration), un bannissement, un travail forcé du coupable en sa faveur ou en faveur d’une tiers (telle une association caritative), ou une combinaison de ces ‘réparations’ matérielles et symboliques.[/quote]
Je pense que la réparation n'est [i]manisfestement[/i] pas toujours possible. La victime d'un viol n'obtiendra jamais réparation dans une cour de justice : elle pourra y assouvir un besoin de vengeance, ou satisfaire à un besoin d'être reconnu comme victime. Mais la guérison des blessures intérieures ne viendra que d'elle-même et du pardon qu'elle saura, ou non, offrir à son aggresseur.
Vous avez assez répété que ce qui n'est pas libre n'est pas moral. Alors assumez : comment une peine contrainte, comme l'est une peine judiciaire, pourrait-elle laver une injustice et rétablir la victime dans son bon droit ? Comment la justice humaine pourrait-elle offrir autre chose qu'une [i]compensation[/i] matérielle à un préjudice qui n'est pas toujours - loin s'en faut - matériellement réparable ?
Que Dieu vous bénisse.
Christophe[/align]